Соколов Владимир Дмитриевич -- составитель: другие произведения.

Мадам Бовари (на итязыке)

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Краткая коллекция текстов на французском языке

G. Fleubert/Г. Флобер

Madame Bovary/Госпожа Бовари

Часть первая

G. Fleubert. Madame Bovary

Часть первая

1

Italiano France
Stavamo studiando, quando entrò il preside seguito da un nuovo alunno vestito in borghese e dal bidello che trasportava un grosso banco. Quelli che dormivano si svegliarono e si alzarono in piedi come sorpresi in piena attività. Nous étions à l'Etude, quand le Proviseur entra suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail
Il preside ci fece cenno di star comodi, poi si rivolse all'insegnante: Le Proviseur nous fit signe de nous rasseoir ; puis, se tournant vers le maître d'études :
"Professor Roger," disse sottovoce "le raccomando questo allievo. Viene ammesso alla quinta, ma se il profitto e la condotta lo renderanno meritevole, passerà fra i grandi, come richiederebbe la sua età". -- Monsieur Roger, lui dit-il à demi-voix, voici un élève que je vous recommande, il entre en cinquième. Si son travail et sa conduite sont méritoires, il passera dans les grands , où l'appelle son âge.
Il 'nuovo', un giovane e robusto campagnolo d'una quindicina di anni circa, alto di statura più di ognuno di noi, rimaneva in un angolo dietro la porta, di modo che lo vedevamo appena. Aveva i capelli tagliati diritti sulla fronte, come un chierichetto di paese: sembrava assennato e molto intimorito. Benché non avesse le spalle larghe, dava l'impressione che la giacchetta di panno verde con i bottoni neri lo stringesse sotto le ascelle; gli spacchi dei risvolti delle maniche lasciavano vedere i polsi arrossati a furia di rimanere scoperti. Le gambe calzate di blu sbucavano da un paio di pantaloni giallastri sostenuti con troppa energia dalle bretelle. Portava scarpe chiodate robuste e mal lucidate. Resté dans l'angle, derrière la porte, si bien qu'on l'apercevait à peine, le nouveau était un gars de la campagne, d'une quinzaine d'années environ, et plus haut de taille qu'aucun de nous tous. Il avait les cheveux coupés droit sur le front, comme un chantre de village, l'air raisonnable et fort embarrassé. Quoiqu'il ne fût pas large des épaules, son habit-veste de drap vert à boutons noirs devait le gêner aux entournures et laissait voir, par la fente des parements, des poignets rouges habitués à être nus. Ses jambes, en bas bleus, sortaient d'un pantalon jaunâtre très tiré par les bretelles. Il était chaussé de souliers forts, mal cirés, garnis de clous
Cominciammo a recitare le lezioni. Egli stava tutto orecchi ad ascoltarle, attento come se ascoltasse un sermone, senza osare nemmeno incrociare le gambe o appoggiarsi al gomito, e alle due, quando suonò la campana, il professore dovette chiamarlo perché si mettesse in fila con noi. On commença la récitation des leçons. Il les écouta de toutes ses oreilles, attentif comme au sermon, n'osant même croiser les cuisses, ni s'appuyer sur le coude, et, à deux heures, quand la cloche sonna, le maître d'études fut obligé de l'avertir, pour qu'il se mît avec nous dans les rangs.
Avevamo l'abitudine entrando in classe di gettare a terra i berretti per restare con le mani più libere; bisognava lanciarli stando sulla soglia fin sotto il banco, in modo che battessero contro il muro e sollevassero più polvere possibile; così era 'l'uso'. Nous avions l'habitude, en entrant en classe, de jeter nos casquettes par terre, afin d'avoir ensuite nos mains plus libres ; il fallait, dès le seuil de la porte, les lancer sous le banc, de façon à frapper contre la muraille en faisant beaucoup de poussière ; c'était là le genre .
Ma, sia che non avesse notato la manovra o che non avesse osato metterla in pratica, alla fine della preghiera, il 'nuovo' teneva ancora il berretto sulle ginocchia. Si trattava di uno di quei copricapi non ben definibili, nei quali è possibile trovare gli elementi del cappuccio di pelo, del colbacco, del cappello rotondo, del berretto di lontra e del berretto da notte, una di quelle povere cose, insomma, la cui bruttezza silenziosa ha la stessa profondità d'espressione del viso d'un idiota. Di forma ovoidale e tenuto teso dalle stecche di balena, cominciava con tre salsicciotti rotondi, poi, separate da una striscia rossa, si alternavano losanghe di velluto e di pelo di coniglio; veniva in seguito una specie di sacco che terminava con un poligono sostenuto da cartone ed era coperto da un complicato ricamo di passamaneria, dal quale pendeva, al termine di un lungo e troppo sottile cordone, un ciuffetto di fili d'oro a guisa di nappina. Il berretto era nuovo di zecca e la visiera splendeva. Mais, soit qu'il n'eût pas remarqué cette manoeuvre ou qu'il n'eût osé s'y soumettre, la prière était finie que le nouveau tenait encore sa casquette sur ses deux genoux. C'était une de ces coiffure d'ordre composite, où l'on retrouve les éléments du bonnet à poil, du chapska du chapeau rond, de la casquette de loutre et du bonnet de coton, une de ces pauvres choses, enfin, dont la laideur muette a des profondeurs d'expression comme le visage d'un imbécile. Ovoïde et renflée de baleines, elle commençait par trois boudins circulaires ; puis s'alternaient, séparés par une bande rouge, des losanges de velours et de poils de lapin ; venait ensuite une façon de sac qui se terminait par un polygone cartonné, couvert d'une broderie en soutache compliquée, et d'où pendait, au bout d'un long cordon trop mince, un petit croisillon de fils d'or, en manière de gland. Elle était neuve ; la visière brillait.
"Si alzi" disse il professore. -- Levez-vous, dit le professeur.
Lo scolaro si alzò: il berretto cadde per terra. Tutta la classe scoppiò a ridere. Il se leva ; sa casquette tomba. Toute la classe se mit à rire.
Egli si chinò per raccoglierlo. Un compagno con una gomitata lo fece di nuovo cadere: il ragazzo ancora una volta lo raccattò. Il se baissa pour la reprendre. Un voisin la fit tomber d'un coup de coude, il la ramassa encore une fois.
"Si sbarazzi del suo casco" disse il professore che era un uomo di spirito. -- Débarrassez-vous donc de votre casque, dit le professeur, qui était un homme d'esprit.
Un'altra clamorosa risata della scolaresca sconcertò il povero ragazzo, tanto che egli non seppe più se dovesse tenere il berretto in mano, lasciarlo per terra o metterselo in testa. Il y eut un rire éclatant des écoliers qui décontenança le pauvre garçon, si bien qu'il ne savait s'il fallait garder sa casquette à la main, la laisser par terre ou la mettre sur sa tête.
Si rimise a sedere e lo posò sulle ginocchia. Il se rassit et la posa sur ses genoux
"Si alzi," riprese il professore "e mi dica il suo nome". -- Levez-vous, reprit le professeur, et dites-moi votre nom.
Il 'nuovo', farfugliando, pronunciò un nome incomprensibile. Le nouveau articula, d'une voix bredouillante, un nom inintelligible.
"Ripeta!" -- Répétez !
Si udì lo stesso farfugliamento di sillabe, sommerso dagli schiamazzi della classe. Le même bredouillement de syllabes se fit entendre, couvert par les huées de la classe.
"Più forte," gridò l'insegnante "più forte!" -- Plus haut ! cria le maître, plus haut !
Il 'nuovo', prendendo una decisione eroica, aprì una bocca smisurata e gridò a pieni polmoni, come per chiamare qualcuno, questa parola: "Charbovari". Le nouveau , prenant alors une résolution extrême, ouvrit une bouche démesurée et lança à pleins poumons, comme pour appeler quelqu'un, ce mot : Charbovari .
Di colpo si levò uno strepito che salì in crescendo con acuti scoppi di voce (chi urlava, chi abbaiava, chi pestava i piedi, mentre tutti ripetevano: "Charbovari, Charbovari!") per smorzarsi poi in note isolate, e riprendere all'improvviso in una fila di banchi, ove qualche risata soffocata si levava ancora, simile a un petardo non del tutto spento. Ce fut un vacarme qui s'élança d'un bond, monta en crescendo , avec des éclats de voix aigus ( on hurlait, on aboyait, on trépignait, on répétait : Charbovari ! Charbovari ! ) , puis qui roula en notes isolées, se calmant à grand-peine, et parfois qui reprenait tout à coup sur la ligne d'un banc où saillissait encore çà et là, comme un pétard mal éteint, quelque rire étouffé.
Finalmente, sotto una gragnola di castighi, nella classe si ristabilì a poco a poco l'ordine e il professore, dopo essere riuscito ad afferrare il nome di Charles Bovary, dopo esserselo fatto dettare, compitare e rileggere, ordinò al povero diavolo di andare immediatamente a sedersi nel banco dei negligenti, ai piedi della cattedra. Il 'nuovo' si avviò, ma ebbe un'esitazione. Cependant, sous la pluie des pensums, l'ordre peu à peu se rétablit dans la classe, et le professeur, parvenu à saisir le nom de Charles Bovary, se l'étant fait dicter, épeler et relire, commanda tout de suite au pauvre diable d'aller s'asseoir sur le banc de paresse, au pied de la chaire. Il se mit en mouvement, mais, avant de partir, hésita.
"Che cosa c'è?" domandò il professore. -- Que cherchez-vous ? demanda le professeur.
"Il mio berr..." fece timidamente l'alunno guardandosi intorno smarrito. -- Ma cas..., fit timidement le nouveau , promenant autour de lui des regards inquiets.
"Cinquecento versi a tutta la classe!" Questa frase, gridata con voce furiosa, arrestò come il quos ego, una nuova tempesta. -- Cinq cents vers à toute la classe ! exclamé d'une voix furieuse, arrêta, comme le Quos ego , une bourrasque nouvelle.
"Suvvia, calmatevi!" continuò il professore indignato, asciugandosi la fronte con un fazzoletto che aveva tirato fuori dalla berretta accademica. "Quanto all'ultimo arrivato, mi copierà venti volte la frase ridiculus sum." -- Restez donc tranquilles ! continuait le professeur indigné, et s'essuyant le front avec son mouchoir qu'il venait de prendre dans sa toque : Quant à vous, le nouveau , vous me copierez vingt fois le verbe ridiculus sum .
Poi, in tono più dolce, soggiunse: Puis, d'une voix plus douce :
"Ritroverà il suo berretto: nessuno l'ha rubato". -- Eh ! vous la retrouverez, votre casquette ; on ne vous l'a pas volée !
Tutto tornò tranquillo. Le teste si chinarono sui fogli e il 'nuovo' mantenne per due ore una condotta esemplare, sebbene di tanto in tanto qualche pallina di carta andasse a spiaccicarglisi sul viso, lanciata con l'estremità di un pennino. Il ragazzo, dopo essersi asciugato con la mano, restava immobile, gli occhi bassi. Tout reprit son calme. Les têtes se courbèrent sur les cartons, et le nouveau resta pendant deux heures dans une tenue exemplaire, quoiqu'il y eût bien, de temps à autre, quelque boulette de papier lancée d'un bec de plume qui vînt s'éclabousser sur sa figure. Mais il s'essuyait avec la main, et demeurait immobile, les yeux baissés.
Nell'aula di studio, la sera, tirò fuori di sotto il banco le mezze maniche, mise in ordine le sue piccole cose e tracciò con diligenza le righe sul foglio. Lo vedemmo lavorare con coscienza, cercare tutti i vocaboli sul dizionario e fare ogni cosa con il maggiore impegno. Senza dubbio grazie alla buona volontà di cui diede prova gli fu possibile evitare di essere retrocesso alla classe inferiore, poiché, pur conoscendo discretamente le regole, non riusciva a esprimersi con eleganza. Il curato del villaggio lo aveva iniziato allo studio del latino: i suoi genitori infatti, per non spendere, lo avevano mandato in collegio il più tardi possibile. Le soir, à l'Etude, il tira ses bouts de manches de son pupitre, mit en ordre ses petites affaires, régla soigneusement son papier. Nous le vîmes qui travaillait en conscience, cherchant tous les mots dans le dictionnaire et se donnant beaucoup de mal. Grâce, sans doute, à cette bonne volonté dont il fit preuve, il dut de ne pas descendre dans la classe inférieure ; car, s'il savait passablement ses règles, il n'avait guère d'élégance dans les tournures. C'était le curé de son village qui lui avait commencé le latin, ses parents, par économie, ne l'ayant envoyé au collège que le plus tard possible.
Il padre, Charles-Denis-Bartholomé Bovary, un ex maggiore medico compromessosi verso il 1812 in certi loschi affari riguardanti la coscrizione e costretto a lasciare il servizio, sfruttò le sue attrattive fisiche per ghermire al volo una dote di settantamila franchi che gli veniva offerta con la figlia di un commerciante invaghitasi della sua prestanza. Bell'uomo, millantatore, abile nel fare risuonare gli speroni, fornito di favoriti che si univano ai baffi, con le dita sempre inanellate e vestito di colori vistosi, aveva l'aspetto di un bravaccio e il brio disinvolto di un commesso viaggiatore. Una volta sposatosi, visse due o tre anni con la dote della moglie, mangiando bene, alzandosi tardi, fumando in grandi pipe di porcellana, rientrando a casa soltanto dopo gli spettacoli a teatro, e frequentando i caffè. Il suocero morì lasciando ben poco: egli ne rimase indignato, volle mettersi nell'industria, ma perdette del denaro e si ritirò allora in campagna con l'intento di valorizzare le terre. Ma siccome si intendeva tanto di agricoltura quanto di industria tessile, montava egli stesso i cavalli invece di mandarli a lavorare nei campi, beveva il sidro imbottigliato anziché venderlo, mangiava i più bei polli del suo allevamento e ingrassava gli stivali da caccia con il lardo dei maiali, non tardò molto a rendersi conto che il miglior partito consisteva nel rinunciare ad ogni speculazione. Son père, M. Charles-Denis-Bartholomé Bovary, ancien aide-chirurgien-major, compromis, vers 1812, dans des affaires de conscription, et forcé, vers cette époque, de quitter le service, avait alors profité de ses avantages personnels pour saisir au passage une dot de soixante mille francs, qui s'offrait en la fille d'un marchand bonnetier, devenue amoureuse de sa tournure. Bel homme, hâbleur, faisant sonner haut ses éperons, portant des favoris rejoints aux moustaches, les doigts toujours garnis de bagues et habillé de couleurs voyantes, il avait l'aspect d'un brave, avec l'entrain facile d'un commis voyageur. Une fois marié, il vécut deux ou trois ans sur la fortune de sa femme, dînant bien, se levant tard, fumant dans de grandes pipes en porcelaine, ne rentrant le soir qu'après le spectacle et fréquentant les cafés. Le beau-père mourut et laissa peu de chose ; il en fut indigné, se lança dans la fabrique , y perdit quelque argent, puis se retira dans la campagne, où il voulut faire valoir . Mais, comme il ne s'entendait guère plus en culture qu'en indienne, qu'il montait ses chevaux au lieu de les envoyer au labour, buvait son cidre en bouteilles au lieu de le vendre en barriques, mangeait les plus belles volailles de sa cour et graissait ses souliers de chasse avec le lard de ses cochons, il ne tarda point à s'apercevoir qu'il valait mieux planter là toute spéculation.
Con la spesa di duecento franchi all'anno, trovò allora da affittare, in un villaggio sul confine fra la regione di Caux e la Piccardia, una specie di via di mezzo fra la fattoria e la casa padronale; qui, accorato, roso dai rimpianti, accusando il destino, invidioso di tutti, si ritirò all'età di quarantacinque anni, disgustato degli uomini e deciso a vivere in pace. Moyennant deux cents francs par an, il trouva donc à louer dans un village, sur les confins du pays de Caux et de la Picardie, une sorte de logis moitié ferme, moitié maison de maître ; et, chagrin, rongé de regrets, accusant le ciel, jaloux contre tout le monde, il s'enferma dès l'âge de quarante-cinq ans, dégoûté des hommes, disait-il, et décidé à vivre en paix.
Sua moglie, un tempo innamorata pazza di lui, l'aveva stancato con un amore servile che era riuscito soltanto ad allontanarlo. Di carattere gaio, espansiva, traboccante di tenerezza, in vecchiaia (come il vino che esposto all'aria inacidisce), era divenuta di difficile carattere, piagnucolosa, nervosa. Aveva sofferto terribilmente dapprima senza lagnarsi quando lo vedeva correre dietro a tutte le gonnelle del paese o quando tornava da lei, la sera, dai luoghi più malfamati, sazio e con l'alito da avvinazzato. Poi il suo orgoglio si era ribellato. Allora aveva taciuto, inghiottendo la rabbia con uno stoicismo silenzioso protrattosi fino alla sua morte. Andava in giro senza posa, indaffarata. Si recava dagli avvocati, dal presidente, poneva attenzione alle scadenze delle cambiali, otteneva proroghe; e in casa stirava, cuciva, faceva il bucato, sorvegliava gli operai, pagava loro i salari, mentre il signor Bovary, sempre intorpidito da una sonnolenza imbronciata dalla quale si riscuoteva soltanto per rivolgerle frasi sgarbate, rimaneva a fumare accanto al fuoco, sputando nella cenere. Sa femme avait été folle de lui autrefois ; elle l'avait aimé avec mille servilités qui l'avaient détaché d'elle encore davantage. Enjouée jadis, expansive et toute aimante, elle était, en vieillissant, devenue ( à la façon du vin éventé qui se tourne en vinaigre ) d'humeur difficile, piaillarde, nerveuse. Elle avait tant souffert, sans se plaindre, d'abord, quand elle le voyait courir après toutes les gotons de village et que vingt mauvais lieux le lui renvoyaient le soir, blasé et puant l'ivresse ! Puis l'orgueil s'était révolté. Alors elle s'était tue, avalant sa rage dans un stoïcisme muet, qu'elle garda jusqu'à sa mort. Elle était sans cesse en courses, en affaires. Elle allait chez les avoués, chez le président, se rappelait l'échéance des billets, obtenait des retards ; et, à la maison, repassait, cousait, blanchissait, surveillait les ouvriers, soldait les mémoires, tandis que, sans s'inquiéter de rien, Monsieur, continuellement engourdi dans une somnolence boudeuse dont il ne se réveillait que pour lui dire des choses désobligeantes, restait à fumer au coin du feu, en crachant dans les cendres.
Quando le nacque un bambino, dovette metterlo a balia. Una volta tornato a casa, il piccolo fu viziato come un principe. La madre lo nutriva di dolciumi, il padre gli consentiva di correre scalzo e, atteggiandosi a filosofo, affermava addirittura che lo avrebbe lasciato andare in giro nudo come i piccoli degli animali. A differenza delle aspirazioni materne, aveva in mente un certo ideale virile di fanciullezza, e, uniformandosi a esso, cercava di allevare duramente suo figlio, alla spartana, in modo che crescesse robusto. Lo faceva dormire in camere non riscaldate, gli insegnava a bere grandi sorsate di rum e a insultare le processioni. Ma, essendo di indole pacifica, il bambino corrispondeva male a quei tentativi. La madre se lo tirava sempre dietro, gli ritagliava le figurine, gli raccontava favole, lo intratteneva con monologhi interminabili, pieni di patetica vivacità e di chiacchiere leziose. La sua vita vuota faceva sì che trasferisse tutte le proprie disperse e frustrate ambizioni in questo bambino. Sognava per lui posizioni elevate; lo vedeva già grande, bello e intelligente, avviato alla carriera di ingegnere o di magistrato. Gli insegnò a leggere e anche, accompagnandolo su un vecchio pianoforte, a cantare due o tre canzoncine. Ma il signor Bovary, alieno alla cultura, riteneva inutile tutto ciò. Possedevano forse il denaro per mandarlo alle scuole governative, per comprargli una carica o avviargli un commercio? Con un po' di faccia tosta un uomo riesce sempre nella vita! La signora Bovary si limitava a mordersi le labbra e suo figlio a bighellonare per il villaggio. Quand elle eut un enfant, il le fallut mettre en nourrice. Rentré chez eux, le marmot fut gâté comme un prince. Sa mère le nourrissait de confitures ; son père le laissait courir sans souliers, et, pour faire le philosophe, disait même qu'il pouvait bien aller tout nu, comme les enfants des bêtes. A l'encontre des tendances maternelles, il avait en tête un certain idéal viril de l'enfance, d'après lequel il tâchait de former son fils, voulant qu'on l'élevât durement, à la spartiate, pour lui faire une bonne constitution. Il l'envoyait se coucher sans feu, lui apprenait à boire de grands coups de rhum et à insulter les processions. Mais, naturellement paisible, le petit répondait mal à ses efforts. Sa mère le traînait toujours après elle ; elle lui découpait des cartons, lui racontait des histoires, s'entretenait avec lui dans des monologues sans fin, pleins de gaietés mélancoliques et de chatteries babillardes. Dans l'isolement de sa vie, elle reporta sur cette tête d'enfant toutes ses vanités éparses, brisées. Elle rêvait de hautes positions, elle le voyait déjà grand, beau, spirituel, établi, dans les ponts et chaussées ou dans la magistrature. Elle lui apprit à lire, et même lui enseigna, sur un vieux piano qu'elle avait, à chanter deux ou trois petites romances. Mais, à tout cela, M. Bovary, peu soucieux des lettres, disait que ce n'était pas la peine ! Auraient-ils jamais de quoi l'entretenir dans les écoles du gouvernement, lui acheter une charge ou un fonds de commerce ? D'ailleurs, avec du toupet, un homme réussit toujours dans le monde . Madame Bovary se mordait les lèvres, et l'enfant vagabondait dans le village.
Il bambino andava con i bifolchi, divertendosi a cercar di colpire i corvi che si alzavano a volo, lanciando zolle di terra. Mangiava le more lungo i fossati, custodiva i tacchini armato di una bacchetta, rivoltava il fieno tagliato, correva nel bosco, giocava a campana nei giorni di pioggia sotto il portico della chiesa, supplicava il sagrestano di lasciargli suonare le campane nelle feste grandi, per appendersi di peso alla lunga corda e farsi trascinare dal suo slancio. Il suivait les laboureurs, et chassait, à coups de motte de terre, les corbeaux qui s'envolaient. Il mangeait des mûres le long des fossés, gardait les dindons avec une gaule, fanait à la moisson, courait dans le bois, jouait à la marelle sous le porche de l'église les jours de pluie, et, aux grandes fêtes, suppliait le bedeau de lui laisser sonner les cloches, pour se pendre de tout son corps à la grande corde et se sentir emporter par elle dans sa volée.
In questo modo crebbe come una quercia. Aveva mani robuste e un colorito sano. Aussi poussa-t-il comme un chêne. Il acquit de fortes mains, de belles couleurs.
A dodici anni, la madre riuscì a fargli cominciare gli studi. Il compito di istruirlo venne affidato al curato. Ma le lezioni erano così brevi e saltuarie da servire a ben poco. Venivano impartite a tempo perso nella sagrestia, in piedi, fra un battesimo e un funerale; oppure il prevosto, se non doveva uscire, mandava a chiamare il suo allievo dopo l'Angelus. Salivano nella camera del sacerdote e prendevano posto: moscerini e falene turbinavano intorno alla candela. Faceva caldo, e il bambino si addormentava, il brav'uomo si assopiva con le mani incrociate sul ventre e ben presto russava a bocca aperta. Altre volte il curato, tornando dall'aver portato il viatico a qualche malato dei dintorni, scorgeva Charles che faceva il monello nei prati, lo chiamava, gli teneva un predicozzo di un quarto d'ora e approfittava dell'occasione per fargli coniugare i verbi, magari ai piedi di un albero. Talvolta la pioggia li interrompeva, o sopraggiungeva un conoscente di passaggio. D'altra parte, il maestro si dichiarava soddisfatto dell'allievo, e affermava che il giovanotto aveva una gran memoria. A douze ans, sa mère obtint que l'on commençât ses études. On en chargea le curé. Mais les leçons étaient si courtes et si mal suivies, qu'elles ne pouvaient servir à grand-chose. C'était aux moments perdus qu'elles se donnaient, dans la Sacristie, debout, à la hâte, entre un baptême et un enterrement ; ou bien le curé envoyait chercher son élève après l'Angelus , quand il n'avait pas à sortir. On montait dans sa chambre, on s'installait : les moucherons et les papillons de nuit tournoyaient autour de la chandelle. Il faisait chaud, l'enfant s'endormait ; et le bonhomme, s'assoupissant les mains sur son ventre, ne tardait pas à ronfler, la bouche ouverte. D'autres fois, quand M. le curé, revenant de porter le viatique à quelque malade des environs, apercevait Charles qui polissonnait dans la campagne, il l'appelait, le sermonnait un quart d'heure et profitait de l'occasion pour lui faire conjuguer son verbe au pied d'un arbre. La pluie venait les interrompre, ou une connaissance qui passait. Du reste, il était toujours content de lui, disait même que le jeune homme avait beaucoup de mémoire.
Charles non poteva fermarsi lì. La signora Bovary fu drastica. Vergognoso e forse stufo, suo marito cedette senza opporre resistenza e trascorse così ancora un anno, durante il quale il ragazzo fece la prima comunione. Charles ne pouvait en rester là. Madame fut énergique. Honteux, ou fatigué plutôt, Monsieur céda sans résistance, et l'on attendit encore un an que le gamin eût fait sa première communion.
Passarono altri sei mesi; l'anno successivo, Charles fu definitivamente mandato al collegio di Rouen, dove l'accompagnò il padre stesso verso la fine di ottobre, all'epoca della fiera di San Romano. Six mois se passèrent encore ; et, l'année d'après, Charles fut définitivement envoyé au collège de Rouen, où son père l'amena lui-même, vers la fin d'octobre, à l'époque de la foire Saint-Romain.
Sarebbe impossibile a chiunque ricordare di lui alcunché di memorabile. Era un ragazzo d'indole tranquilla, che giocava durante la ricreazione, lavorava nelle ore di studio, stava attento in classe, dormiva bene e mangiava con appetito. Nelle libere uscite era affidato a un mercante di chincaglierie all'ingrosso, di Rue Ganterie, che lo prendeva con sé una volta al mese, la domenica, quando la bottega era chiusa; lo mandava a passeggiare al porto, dove poteva guardare i battelli e lo riportava in collegio alle sette, prima di cena. Il serait maintenant impossible à aucun de nous de se rien rappeler de lui. C'était un garçon de tempérament modéré, qui jouait aux récréations, travaillait à l'étude, écoutant en classe, dormant bien au dortoir, mangeant bien au réfectoire. Il avait pour correspondant un quincaillier en gros de la rue Ganterie, qui le faisait sortir une fois par mois, le dimanche, après que sa boutique était fermée, l'envoyait se promener sur le port à regarder les bateaux, puis le ramenait au collège dès sept heures, avant le souper.
La sera di ogni giovedì, Charles scriveva una lunga lettera alla madre, con l'inchiostro rosso e la chiudeva con tre suggelli; poi ripassava storia o leggeva un vecchio libro, l'Anacarsi, che girava nell'aula di studio. Durante la passeggiata, conversava con il domestico, proveniente come lui dalla campagna. Le soir de chaque jeudi, il écrivait une longue lettre à sa mère, avec de l'encre rouge et trois pains à cacheter ; puis il repassait ses cahiers d'histoire, ou bien il lisait un vieux volume d' Anacharsis qui traînait dans l'étude. En promenade, il causait avec le domestique, qui était de la campagne comme lui.
Continuando ad applicarsi con impegno, si mantenne sempre in una posizione intermedia fra i primi e gli ultimi della classe: una volta meritò anche un premio di storia naturale. Ma, alla fine della terza, i genitori lo ritirarono dal collegio per fargli studiare medicina, convinti che il ragazzo avrebbe saputo badare a se stesso fino al conseguimento del diploma di maturità. A force de s'appliquer, il se maintint toujours vers le milieu de la classe ; une fois même, il gagna un premier accessit d'histoire naturelle. Mais à la fin de sa troisième, ses parents le retirèrent du collège pour lui faire étudier la médecine, persuadés qu'il pourrait se pousser seul jusqu'au baccalauréat.
Sua madre gli trovò una camera al quinto piano sull'Eau-de-Robec, presso un tintore di sua conoscenza. Si accordò per la pensione, procurò i mobili, un tavolo e due sedie, fece portare da casa un vecchio letto di ciliegio e inoltre acquistò una stufetta di ghisa con una provvista di legna che avrebbe scaldato il povero figliolo. Poi, alla fine della settimana, partì, dopo aver raccomandato mille volte al ragazzo di comportarsi bene adesso che veniva abbandonato a se stesso. Sa mère lui choisit une chambre, au quatrième, sur l'Eau-de-Robec, chez un teinturier de sa connaissance. Elle conclut les arrangements pour sa pension, se procura des meubles, une table et deux chaises, fit venir de chez elle un vieux lit en merisier, et acheta de plus un petit poêle en fonte, avec la provision de bois qui devait chauffer son pauvre enfant. Puis elle partit au bout de la semaine, après mille recommandations de se bien conduire, maintenant qu'il allait être abandonné à lui-même.
Il programma dei corsi, che Charles lesse nell'affisso esposto alla scuola, lo lasciò stordito, corsi di anatomia, di patologia, di fisiologia, corsi di farmacia, di chimica e di botanica, di clinica e di terapeutica, senza contare l'igiene e gli altri argomenti medici, tutti nomi dei quali ignorava l'etimologia e che erano per lui come tante porte di santuari pieni di auguste tenebre. Le programme des cours, qu'il lut sur l'affiche, lui fit un effet d'étourdissement : cours d'anatomie, cours de pathologie, cours de physiologie, cours de pharmacie, cours de chimie, et de botanique, et de clinique, et de thérapeutique, sans compter l'hygiène ni la matière médicale, tous noms dont il ignorait les étymologies et qui étaient comme autant de portes de sanctuaires pleins d'augustes ténèbres.
Non ci capì niente: e ascoltare con la massima attenzione non serviva a nulla, non gli riusciva d'intendere. Ciò nonostante studiava, aveva quaderni ben tenuti, seguiva tutti i corsi senza perdere una sola lezione. Assolveva il suo compito quotidiano così come fa il cavallo della giostra, il quale gira in circolo con gli occhi bendati senza sapere a che serve la sua fatica. Il n'y comprit rien ; il avait beau écouter, il ne saisissait pas. Il travaillait pourtant, il avait des cahiers reliés, il suivait tous les cours, il ne perdait pas une seule visite. Il accomplissait sa petite tâche quotidienne à la manière du cheval de manège, qui tourne en place les yeux bandés, ignorant de la besogne qu'il broie.
Per evitargli spese, sua madre gli mandava, servendosi del corriere, un pezzo di vitello al forno che lui consumava a pranzo, quando rientrava battendo i piedi per il freddo dall'ospedale. Non appena mangiato, doveva correre alle lezioni, all'anfiteatro di anatomia, all'ospedale, e ritornare attraversando tutta la città. La sera, dopo la magra cena della pensione, saliva in camera sua e si rimetteva al lavoro con gli abiti ancora umidi che gli fumavano addosso al calore della stufa rovente. Pour lui épargner de la dépense, sa mère lui envoyait chaque semaine, par le messager, un morceau de veau cuit au four, avec quoi il déjeunait le matin, quand il était rentré de l'hôpital, tout en battant la semelle contre le mur. Ensuite il fallait courir aux leçons, à l'amphithéâtre, à l'hospice, et revenir chez lui, à travers toutes les rues. Le soir, après le maigre dîner de son propriétaire, il remontait à sa chambre et se remettait au travail, dans ses habits mouillés qui fumaient sur son corps, devant le poêle rougi.
Nelle belle serate estive, quando l'aria è tiepida e le vie deserte, quando le servette giocano al volano sulla soglia di casa, apriva la finestra e si affacciava. Il fiume che rende questo quartiere di Rouen simile a una piccola, ignobile Venezia, scorreva in basso, sotto di lui, giallo, violetto o azzurro, fra ponti e inferriate. Alcuni operai accoccolati sulla sponda si lavavano le braccia nell'acqua. Stese su bastoni che sporgevano dall'alto degli abbaini, matasse di cotone asciugavano all'aria. Di fronte, al di là dei tetti, si apriva il cielo grande e puro, con il sole rosso al tramonto. Come si deve star bene laggiù! Che frescura, sotto i faggi! E dilatava le narici per aspirare i profumi della campagna che non potevano arrivare fino a lui. Dans les beaux soirs d'été, à l'heure où les rues tièdes sont vides, quand les servantes jouent au volant sur le seuil des portes, il ouvrait sa fenêtre et s'accoudait. La rivière, qui fait de ce quartier de Rouen comme une ignoble petite Venise, coulait en bas, sous lui, jaune, violette ou bleue, entre ses ponts et ses grilles. Des ouvriers, accroupis au bord, lavaient leurs bras dans l'eau. Sur des perches partant du haut des greniers, des écheveaux de coton séchaient à l'air. En face, au-delà des toits, le grand ciel pur s'étendait, avec le soleil rouge se couchant. Qu'il devait faire bon là-bas ! Quelle fraîcheur sous la hêtraie ! Et il ouvrait les narines pour aspirer les bonnes odeurs de la campagne, qui ne venaient pas jusqu'à lui.
Dimagrì, si alzò di statura e il suo viso assunse una sorta di espressione triste che lo rese quasi interessante. Il maigrit, sa taille s'allongea, et sa figure prit une sorte d'expression dolente qui la rendit presque intéressante.
Senza quasi accorgersene, per indolenza, finì con l'abbandonare tutti i proponimenti fatti. Una volta rimase assente a una visita, l'indomani a una lezione, e in ultimo, prendendo gusto alla pigrizia, a poco a poco trascurò del tutto gli studi. Naturellement, par nonchalance, il en vint à se délier de toutes les résolutions qu'il s'était faites. Une fois, il manqua la visite, le lendemain son cours, et, savourant la paresse, peu à peu, n'y retourna plus.
Prese l'abitudine di frequentare le osterie e si appassionò al gioco del domino. Chiudersi ogni sera in uno sporco locale pubblico per battere sui tavolini di marmo gli ossicini di montone contrassegnati dai punti neri gli sembrava una preziosa manifestazione di libertà che lo innalzava nella stima di se stesso. Era una specie di iniziazione alla vita, l'accesso ai piaceri proibiti; entrando posava la mano sulla maniglia della porta con un piacere quasi sensuale. E allora molti lati nascosti del suo carattere si rivelarono: imparò canzonacce che cantava durante le bevute, si entusiasmò per Béranger, imparò a prepararsi il ponce e infine conobbe l'amore. Il prit l'habitude du cabaret, avec la passion des dominos. S'enfermer chaque soir dans un sale appartement public, pour y taper sur des tables de marbre de petits os de mouton marqués de points noirs, lui semblait un acte précieux de sa liberté, qui le rehaussait d'estime vis-à-vis de lui-même. C'était comme l'initiation au monde, l'accès des plaisirs défendus ; et, en entrant, il posait la main sur le bouton de la porte avec une joie presque sensuelle. Alors, beaucoup de choses comprimées en lui, se dilatèrent ; il apprit par coeur des couplets qu'il chantait aux bienvenues, s'enthousiasma pour Béranger, sut faire du punch et connut enfin l'amour.
Grazie a una simile preparazione l'esame d'ufficiale sanitario fu un fiasco completo. A casa lo aspettavano la sera stessa per festeggiare la promozione! Grâce à ces travaux préparatoires, il échoua complètement à son examen d'officier de santé. On l'attendait le soir même à la maison pour fêter son succès !
Partì a piedi e si fermò alle prime case del paese; fece chiamare la madre e le raccontò tutto. La signora Bovary lo scusò, attribuendo la colpa dell'insuccesso all'ingiustizia degli esaminatori, e lo rassicurò dicendogli che si sarebbe assunta l'incarico di aggiustare le cose. Il partit à pied et s'arrêta vers l'entrée du village, où il fit demander sa mère, lui conta tout. Elle l'excusa, rejetant l'échec sur l'injustice des examinateurs, et le raffermit un peu, se chargeant d'arranger les choses.
Suo padre seppe la verità soltanto cinque anni dopo: era ormai cosa vecchia ed egli l'accettò, non potendo ammettere che suo figlio fosse uno sciocco. Cinq ans plus tard seulement, M. Bovary connut la vérité ; elle était vieille, il l'accepta, ne pouvant d'ailleurs supposer qu'un homme issu de lui fût un sot.
Charles si rimise subito al lavoro e si preparò, senza perder tempo, all'esame, imparando a memoria tutte le risposte. Ottenne la promozione con una discreta media. Che giorno meraviglioso per sua madre! Per l'occasione fu organizzato un gran pranzo. Charles se remit donc au travail et prépara sans discontinuer les matières de son examen, dont il apprit d'avance toutes les questions par coeur. Il fut reçu avec une assez bonne note. Quel beau jour pour sa mère ! On donna un grand dîner.
Ma dove avrebbe esercitato la professione? A Tostes. Laggiù infatti, v'era un solo vecchio medico. La signora Bovary ne aspettava da tempo la morte, e il poveretto non aveva ancora chiuso gli occhi che già Charles si era installato nello studio di fronte come suo successore. Où irait-il exercer son art ? A Tostes. Il n'y avait là qu'un vieux médecin. Depuis longtemps madame Bovary guettait sa mort, et le bonhomme n'avait point encore plié bagage, que Charles était installé en face, comme son successeur.
Tuttavia, l'averlo allevato, l'avergli fatto imparare la medicina, l'aver scoperto Tostes perché potesse esercitarla, non bastava ancora: bisognava dargli moglie. E sua madre gliela trovò: la vedova di un usciere di Dieppe, sui quarantacinque anni, e con milleduecento franchi di rendita. Mais ce n'était pas tout que d'avoir élevé son fils, de lui avoir fait apprendre la médecine et découvert Tostes pour l'exercer : il lui fallait une femme. Elle lui en trouva une : la veuve d'un huissier de Dieppe, qui avait quarante-cinq ans et douze cents livres de rente.
Per quanto fosse brutta, secca come una fascina e fiorita come una primavera, alla signora Dubuc non mancavano certo pretendenti fra cui scegliere. Per raggiungere il suo scopo mamma Bovary fu costretta a eliminarli tutti e riuscì con molta abilità a sventare perfino gli intrighi di un salumiere spalleggiato dai preti. Quoiqu'elle fût laide, sèche comme un cotret, et bourgeonnée comme un printemps, certes madame Dubuc ne manquait pas de partis à choisir. Pour arriver à ses fins, la mère Bovary fut obligée de les évincer tous, et elle déjoua même fort habilement les intrigues d'un charcutier qui était soutenu par les prêtres.
Charles aveva intravisto nel matrimonio la possibilità di migliorare la propria situazione, immaginando una maggiore libertà e la facoltà di disporre a suo piacere della propria persona e del proprio denaro. Ma la padrona era la moglie: egli doveva in pubblico dire questo e non quello, mangiare di magro il venerdì, vestirsi come voleva lei e non dar pace, per suo ordine, ai clienti che non pagavano. Era lei ad aprire la corrispondenza; spiava le mosse del marito, e origliava contro la tramezza quando venivano delle donne a farsi visitare. Charles avait entrevu dans le mariage l'avènement d'une condition meilleure, imaginant qu'il serait plus libre et pourrait disposer de sa personne et de son argent. Mais sa femme fut le maître ; il devait devant le monde dire ceci, ne pas dire cela, faire maigre tous les vendredis, s'habiller comme elle l'entendait, harceler par son ordre les clients qui ne payaient pas. Elle décachetait ses lettres, épiait ses démarches, et l'écoutait, à travers la cloison, donner ses consultations dans son cabinet, quand il y avait des femmes.
Bisognava portarle tutte le mattina la cioccolata a letto e avere per lei ogni sorta di riguardi. Si lagnava in continuazione dei suoi nervi, dei suoi polmoni, delle sue malinconie. Il rumore dei passi la infastidiva; se restava sola, la solitudine le era insopportabile, ma se tornavano da lei era soltanto, di certo, per vederla morire. La sera quando Charles rientrava, ella tirava fuori di sotto le coperte le lunghe e magre braccia, gliele buttava al collo e, dopo averlo fatto sedere sulla sponda del letto, cominciava a parlargli dei suoi dispiaceri: era stata dimenticata, suo marito amava un'altra. L'avevano avvertita che sarebbe stata infelice; finiva poi per chiedergli qualche sciroppo ricostituente e un po' più d'amore. Il lui fallait son chocolat tous les matins, des égards à n'en plus finir. Elle se plaignait sans cesse de ses nerfs, de sa poitrine, de ses humeurs. Le bruit des pas lui faisait mal ; on s'en allait, la solitude lui devenait odieuse ; revenait-on près d'elle, c'était pour la voir mourir, sans doute. Le soir, quand Charles rentrait, elle sortait de dessous ses draps ses longs bras maigres, les lui passait autour du cou, et, l'ayant fait asseoir au bord du lit, se mettait à lui parler de ses chagrins : il l'oubliait, il en aimait une autre ! On lui avait bien dit qu'elle serait malheureuse ; et elle finissait en lui demandant quelque sirop pour sa santé et un peu plus d'amour

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Italiano France
Una notte verso le undici furono svegliati dal rumore degli zoccoli di un cavallo che si fermò proprio davanti alla porta. La domestica si affacciò all'abbaino e scambiò qualche parola con l'uomo in basso nella strada. Cercava il medico: aveva una lettera per lui. Anastasia discese le scale tremando di freddo e aprì la serratura e i catenacci uno dopo l'altro. L'uomo legò fuori il cavallo e, seguendo la domestica, entrò rapidamente dietro di lei. Cavò dal berretto di lana a nappine grigie una lettera avvolta in un cencio e la presentò compito a Charles, che si appoggiò con il gomito al guanciale per leggerla. Anastasia, accanto al letto, reggeva il lume. La signora, pudicamente, rimase voltata di spalle, verso la parete. Une nuit, vers onze heures, ils furent réveillés par le bruit d'un cheval qui s'arrêta juste à la porte. La bonne ouvrit la lucarne du grenier et parlementa quelque temps avec un homme resté en bas, dans la rue. Il venait chercher le médecin ; il avait une lettre. Nastasie descendit les marches en grelottant, et alla ouvrir la serrure et les verrous, l'un après l'autre. L'homme laissa son cheval, et, suivant la bonne, entra tout à coup derrière elle. Il tira de dedans son bonnet de laine à houppes grises, une lettre enveloppée dans un chiffon, et la présenta délicatement à Charles, qui s'accouda sur l'oreiller pour la lire. Nastasie, près du lit, tenait la lumière. Madame, par pudeur, restait tournée vers la ruelle et montrait le dos.
La lettera, sigillata con un piccolo bollo di ceralacca blu, supplicava il signor Bovary di recarsi subito alla fattoria dei Bertaux per curare una gamba rotta. Da Tostes ai Bertaux ci sono sei buone leghe di cammino, passando da Longueville e Saint-Victor. Era una notte buia. La signora Bovary stava in ansia per il marito. Decisero pertanto che lo stalliere sarebbe partito subito, e Charles avrebbe aspettato tre ore, fino al sorgere della luna. Gli avrebbero mandato incontro un ragazzo della fattoria per mostrargli la strada e per aprire i cancelli. Cette lettre, cachetée d'un petit cachet de cire bleue, suppliait M. Bovary de se rendre immédiatement à la ferme des Bertaux, pour remettre une jambe cassée. Or il y a, de Tostes aux Bertaux, six bonnes lieues de traverse, en passant par Longueville et Saint-Victor. La nuit était noire. Madame Bovary jeune redoutait les accidents pour son mari. Donc il fut décidé que le valet d'écurie prendrait les devants. Charles partirait trois heures plus tard, au lever de la lune. On enverrait un gamin à sa rencontre, afin de lui montrer le chemin de la ferme et d'ouvrir les clôtures devant lui.
Verso le quattro del mattino, Charles, bene avvolto nel mantello, si mise in cammino alla volta dei Bertaux. Aveva appena abbandonato il tepore del letto e, ancora insonnolito, si lasciava cullare dal trotto tranquillo del cavallo. Quando il ronzino si fermava di propria iniziativa davanti a quelle buche circondate di rovi che i contadini scavano ai bordi dei solchi, Charles si svegliava di soprassalto, ricordava subito la gamba rotta e cercava di farsi venire in mente tutto quel che sapeva sulle fratture. Non pioveva più: cominciava ad albeggiare e sui rami spogli dei meli si posavano immobili alcuni uccelli, con le piume ritte contro il vento freddo del mattino. La campagna piatta si stendeva a perdita d'occhio e i boschetti intorno alle fattorie macchiavano di violetto scuro, a larghi intervalli, la sterminata superficie grigia che si perdeva all'orizzonte nel colore tetro del cielo. Ogni tanto Charles apriva gli occhi, poi la sua mente stanca lasciava che il sonno prendesse il sopravvento e ben presto egli scivolava in una specie di sonnolenza in cui le sensazioni attuali si confondevano con i ricordi; gli sembrava di avere una doppia personalità, di essere al contempo studente e marito, coricato come poco prima, nel proprio letto, o intento ad attraversare, come una volta, una corsia d'ospedale. Nella sua immaginazione l'odore caldo dei cataplasmi si fondeva con quello aspro della rugiada; sentiva il rotolio degli anelli di ferro dei letti sull'asta e sua moglie che dormiva. Mentre attraversava Vassonville, vide sul bordo di un fosso un ragazzo seduto sull'erba. Vers quatre heures du matin, Charles, bien enveloppé dans son manteau, se mit en route pour les Bertaux. Encore endormi par la chaleur du sommeil, il se laissait bercer au trot pacifique de sa bête. Quand elle s'arrêtait d'elle-même devant ces trous entourés d'épines que l'on creuse au bord des sillons, Charles se réveillant en sursaut, se rappelait vite la jambe cassée, et il tâchait de se remettre en mémoire toutes les fractures qu'il savait. La pluie ne tombait plus ; le jour commençait à venir, et, sur les branches des pommiers sans feuilles, des oiseaux se tenaient immobiles, hérissant leurs petites plumes au vent froid du matin. La plate campagne s'étalait à perte de vue, et les bouquets d'arbres autour des fermes faisaient, à intervalles éloignés, des taches d'un violet noir sur cette grande surface grise, qui se perdait à l'horizon dans le ton morne du ciel. Charles, de temps à autre, ouvrait les yeux ; puis, son esprit se fatiguant et le sommeil revenant de soi-même, bientôt il entrait dans une sorte d'assoupissement où, ses sensations récentes se confondant avec des souvenirs, lui-même se percevait double, à la fois étudiant et marié, couché dans son lit comme tout à l'heure, traversant une salle d'opérés comme autrefois. L'odeur chaude des cataplasmes se mêlait dans sa tête à la verte odeur de la rosée ; il entendait rouler sur leur tringle les anneaux de fer des lits et sa femme dormir... Comme il passait par Vassonville, il aperçut, au bord d'un fossé, un jeune garçon assis sur l'herbe.
" È lei il dottore? " domandò il fanciullo. -- Etes-vous le médecin ? demanda l'enfant.
Alla risposta di Charles, raccattò gli zoccoli e si mise a correre davanti a lui. Et, sur la réponse de Charles, il prit ses sabots à ses mains et se mit à courir devant lui.
Strada facendo, dai discorsi della sua guida, l'ufficiale sanitario capì che il signor Rouault doveva essere uno dei più ricchi agricoltori. Si era rotto la gamba la sera prima, mentre tornava da una festa data, in occasione dell'Epifania, da un vicino. L'officier de santé, chemin faisant, comprit aux discours de son guide que M. Rouault devait être un cultivateur des plus aisés. Il s'était cassé la jambe, la veille au soir, en revenant de faire les Rois , chez un voisin.
Gli era morta la moglie da due anni. Aveva con sé solo la signorina, che lo aiutava a far andare avanti la casa. Sa femme était morte depuis deux ans. Il n'avait avec lui que sa demoiselle , qui l'aidait à tenir la maison.
I solchi delle carreggiate si fecero più profondi vicino alla cascina dei Bertaux. Il fanciullo si infilò allora in un buco della siepe, scomparve e riapparve poi in fondo a un cortile per aprire il cancello. Il cavallo scivolava sull'erba bagnata; Charles era costretto ad abbassarsi per passare sotto i rami. I cani da guardia abbaiavano dai canili, tirando sulle catene. Quando entrò ai Bertaux, il cavallo si adombrò e fece uno scarto brusco. Les ornières devinrent plus profondes. On approchait des Bertaux. Le petit gars, se coulant alors par un trou de haie, disparut, puis il revint au bout d'une cour en ouvrir la barrière. Le cheval glissait sur l'herbe mouillée ; Charles se baissait pour passer sous les branches. Les chiens de garde à la niche aboyaient en tirant sur leur chaîne. Quand il entra dans les Bertaux, son cheval eut peur et fit un grand écart.
Era una bella fattoria. Dalle porte, aperte in alto, delle scuderie si potevano scorgere grossi cavalli da tiro che mangiavano tranquilli in rastrelliere nuove. Lungo i fabbricati fumava una grande concimaia e in mezzo ai polli e ai tacchini troneggiavano cinque o sei pavoni, un lusso per i pollai di Caux. L'ovile era vasto, il granaio imponente, con i muri lisci come una mano. Sotto le tettoie si trovavano due grandi carri, quattro aratri, con le fruste e i finimenti e l'equipaggiamento completo e con i ciuffi di lana turchina insudiciati dalla polvere sottile che cadeva dai granai. Il cortile, dagli alberi piantati a distanze regolari, saliva in pendio e, vicino allo stagno, schiamazzava facendo un gaio baccano un branco d'oche. C'était une ferme de bonne apparence. On voyait dans les écuries, par le dessus des portes ouvertes, de gros chevaux de labour qui mangeaient tranquillement dans des râteliers neufs. Le long des bâtiments s'étendait un large fumier, de la buée s'en élevait, et, parmi les poules et les dindons, picoraient dessus cinq ou six paons, luxe des basses-cours cauchoises. La bergerie était longue, la grange était haute, à murs lisses comme la main. Il y avait sous le hangar deux grandes charrettes et quatre charrues, avec leurs fouets, leurs colliers, leurs équipages complets, dont les toisons de laine bleue se salissaient à la poussière fine qui tombait des greniers. La cour allait en montant, plantée d'arbres symétriquement espacés, et le bruit gai d'un troupeau d'oies retentissait près de la mare.
Una giovane donna con un abito di lana blu guarnito da tre volanti si fece sulla soglia di casa per ricevere il signor Bovary: lo fece entrare in cucina dove un grande fuoco fiammeggiava. La colazione della servitù bolliva intorno al fuoco in pignattini di diversa misura. Dentro il camino erano stati messi ad asciugare degli indumenti umidi. La paletta, le molle, la canna del soffietto, tutte di enormi proporzioni, splendevano come acciaio levigato; lungo le pareti, una ricca batteria da cucina baluginava alla luce viva del fuoco e ai primi raggi del sole che entravano dai vetri. Une jeune femme, en robe de mérinos bleu garnie de trois volants, vint sur le seuil de la maison pour recevoir M. Bovary, qu'elle fit entrer dans la cuisine, où flambait un grand feu. Le déjeuner des gens bouillonnait alentour, dans des petits pots de taille inégale. Des vêtements humides séchaient dans l'intérieur de la cheminée. La pelle, les pincettes et le bec du soufflet, tous de proportion colossale, brillaient comme de l'acier poli, tandis que le long des murs s'étendait une abondante batterie de cuisine, où miroitait inégalement la flamme claire du foyer, jointe aux premières lueurs du soleil arrivant par les carreaux.
Charles salì al primo piano per visitare il malato. Era a letto, sotto le coperte, sudato, e aveva scaraventato lontano il berretto da notte. Era un ometto tarchiato, di cinquant'anni, con la pelle bianca e gli occhi azzurri, calvo sopra la fronte e con gli orecchini. Aveva accanto a sé, su una seggiola, una grande bottiglia di acquavite dalla quale attingeva di tanto in tanto per farsi coraggio; ma appena vide il medico, la sua eccitazione cadde e, invece di bestemmiare come aveva continuato a fare per dodici ore, si mise a gemere debolmente. Charles monta, au premier, voir le malade. Il le trouva dans son lit, suant sous ses couvertures et ayant rejeté bien loin son bonnet de coton. C'était un gros petit homme de cinquante ans, à la peau blanche, à l'oeil bleu, chauve sur le devant de la tête, et qui portait des boucles d'oreilles. Il avait à ses côtés, sur une chaise, une grande carafe d'eau-de-vie, dont il se versait de temps à autre pour se donner du coeur au ventre ; mais, dès qu'il vit le médecin, son exaltation tomba, et, au lieu de sacrer comme il faisait depuis douze heures, il se prit à geindre faiblement.
La frattura era semplice e senza alcuna complicazione. Charles non avrebbe potuto augurarsi un caso più facile. Allora, ricordando l'atteggiamento dei suoi maestri accanto al letto dei feriti, cercò di confortare il paziente con ogni sorta di buone parole, carezze chirurgiche che sono come l'olio per ingrassare il bisturi. Per procurarsi delle stecche, andarono a prendere un fascio di assicelle, nella rimessa. Charles ne scelse una, la spaccò per il lungo e ne tolse le asperità con un pezzo di vetro, mentre la domestica stracciava lenzuola per ricavarne bende e la signorina Emma si dava da fare per confezionare cuscinetti. Le occorse parecchio tempo per trovare l'astuccio da lavoro, e suo padre finì con lo spazientirsi: ella non rispose, ma cucendo si pungeva le dita e le portava alla bocca per succhiarsele. La fracture était simple, sans complication d'aucune espèce. Charles n'eût osé en souhaiter de plus facile. Alors, se rappelant les allures de ses maîtres auprès du lit des blessés, il réconforta le patient avec toutes sortes de bons mots, caresses chirurgicales qui sont comme l'huile dont on graisse les bistouris. Afin d'avoir des attelles, on alla chercher, sous la charretterie, un paquet de lattes. Charles en choisit une, la coupa en morceaux et la polit avec un éclat de vitre, tandis que la servante déchirait des draps pour faire des bandes, et que mademoiselle Emma tâchait de coudre des coussinets. Comme elle fut longtemps avant de trouver son étui, son père s'impatienta ; elle ne répondit rien ; mais, tout en cousant, elle se piquait les doigts, qu'elle portait ensuite à sa bouche pour les sucer.
Charles rimase colpito dal candore delle sue unghie. Erano lucide, appuntite, più levigate degli avori di Dieppe, e fatte a mandorla. La mano tuttavia non era altrettanto bella, non abbastanza bianca, forse, e aveva le falangi un po' nodose; era inoltre troppo lunga e priva di morbidezza nella linea del contorno. Emma aveva bellissimi gli occhi: benché fossero bruni, sembravano neri per via delle ciglia, e guardavano tutto francamente con un candido ardire. Charles fut surpris de la blancheur de ses ongles. Ils étaient brillants, fins du bout, plus nettoyés que les ivoires de Dieppe, et taillés en amande. Sa main pourtant n'était pas belle, point assez pâle peut-être, et un peu sèche aux phalanges ; elle était trop longue aussi, et sans molles inflexions de lignes sur les contours. Ce qu'elle avait de beau, c'étaient les yeux ; quoiqu'ils fussent bruns, ils semblaient noirs à cause des cils, et son regard arrivait franchement à vous avec une hardiesse candide
Terminata la medicazione, il medico fu invitato dallo stesso signor Rouault a mangiare un boccone prima di andarsene. Une fois le pansement fait, le médecin fut invité, par M. Rouault lui-même, à prendre un morceau avant de partir.
Charles discese nella sala a pianterreno. Due coperti con bicchieri d'argento erano preparati su una piccola tavola posta ai piedi di un vasto letto a baldacchino rivestito di tela stampata con figure di turchi. Un odore d'iris e di panni umidi filtrava dal grande armadio in legno di quercia situato di fronte la finestra. In terra, negli angoli, stavano allineati, ritti, alcuni sacchi di grano. Costituivano quanto era avanzato dopo avere riempito il granaio vicino, al quale si accedeva per mezzo di tre gradini di pietra. Attaccato a un chiodo, in mezzo a una parete verde la cui vernice si staccava sotto l'azione del salnitro, per decorare la stanza, v'era, in una cornice dorata, il disegno a matita nera di una testa di Minerva sotto il quale si leggeva in caratteri gotici: Al mio caro papà. Charles descendit dans la salle, au rez-de-chaussée. Deux couverts, avec des timbales d'argent, y étaient mis sur une petite table, au pied d'un grand lit à baldaquin revêtu d'une indienne à personnages représentant des Turcs. On sentait une odeur d'iris et de draps humides, qui s'échappait de la haute armoire en bois de chêne, faisant face à la fenêtre. Par terre, dans les angles, étaient rangés, debout, des sacs de blé. C'était le trop-plein du grenier proche, où l'on montait par trois marches de pierre. Il y avait, pour décorer l'appartement, accrochée à un clou, au milieu du mur dont la peinture verte s'écaillait sous le salpêtre, une tête de Minerve au crayon noir, encadrée de dorure, et qui portait au bas, écrit en lettres gothiques : " A mon cher papa. "
Parlarono dapprima del malato, poi del tempo, del freddo terribile, dei lupi che infestavano i campi di notte. La signorina Rouault non si divertiva troppo in campagna, soprattutto adesso che quasi tutta la responsabilità del buon andamento della fattoria ricadeva su di lei. Poiché la stanza non era riscaldata, ella tremava di freddo pur continuando a mangiare, scoprendo così un poco le labbra carnose, che aveva l'abitudine di mordicchiare quando non parlava. On parla d'abord du malade, puis du temps qu'il faisait, des grands froids, des loups qui couraient les champs, la nuit. Mademoiselle Rouault ne s'amusait guère à la campagne, maintenant surtout qu'elle était chargée presque à elle seule des soins de la ferme. Comme la salle était fraîche, elle grelottait tout en mangeant, ce qui découvrait un peu ses lèvres charnues, qu'elle avait coutume de mordillonner à ses moments de silence.
Portava un colletto bianco, piatto. I capelli erano divisi a metà da una scriminatura sottile che seguiva la curva del capo, e scendevano, in due bande, neri e compatti, così da sembrare un tutto unico tanto erano lisci; lasciavano a malapena scorgere il lobo dell'orecchio prima di fondersi, dietro, in una crocchia voluminosa e formavano sulle tempie delle onde che il medico di campagna vide la per la prima volta in vita sua. Son cou sortait d'un col blanc, rabattu. Ses cheveux, dont les deux bandeaux noirs semblaient chacun d'un seul morceau, tant ils étaient lisses, étaient séparés sur le milieu de la tête par une raie fine, qui s'enfonçait légèrement selon la courbe du crâne ; et, laissant voir à peine le bout de l'oreille, ils allaient se confondre par derrière en un chignon abondant, avec un mouvement ondé vers les tempes, que le médecin de campagne remarqua là pour la première fois de sa vie. Ses pommettes étaient roses.
Emma Rouault aveva le guance rosate e portava, come un uomo, infilato fra due bottoni del corsetto, un occhialino di tartaruga. Quando Charles, dopo essere salito a salutare papà Rouault, rientrò nella stanza prima di andarsene, la trovò in piedi, con la fronte appoggiata ai vetri, che guardava nell'orto dove il vento aveva fatto cadere i sostegni dei fagioli. Si voltò: Elle portait, comme un homme, passé entre deux boutons de son corsage, un lorgnon d'écaille. Quand Charles, après être monté dire adieu au père Rouault, rentra dans la salle avant de partir, il la trouva debout, le front contre la fenêtre, et qui regardait dans le jardin, où les échalas des haricots avaient été renversés par le vent. Elle se retourna.
"Cerca qualcosa?" -- Cherchez-vous quelque chose ? demanda-t-elle.
"Il frustino, se non le dispiace" egli rispose, mettendosi a frugare sul letto, dietro le porte, sotto le sedie; il frustino era caduto per terra, fra i sacchi e il muro. La signorina Emma lo vide e si chinò sui sacchi di grano. Charles, per cavalleria, si precipitò, e, mentre allungava il braccio nell'identico movimento di lei, si accorse che sfiorava con il petto il dorso della giovane donna, Ella si rialzò tutta rossa, guardandolo di sopra la spalla mentre gli porgeva il nerbo di bue. -- Ma cravache, s'il vous plaît, répondit-il. Et il se mit à fureter sur le lit, derrière les portes, sous les chaises ; elle était tombée à terre, entre les sacs et la muraille. Mademoiselle Emma l'aperçut ; elle se pencha sur les sacs de blé. Charles, par galanterie, se précipita et, comme il allongeait aussi son bras dans le même mouvement, il sentit sa poitrine effleurer le dos de la jeune fille, courbée sous lui. Elle se redressa toute rouge et le regarda par-dessus l'épaule, en lui tendant son nerf de boeuf.
Invece di tornare ai Bertaux tre giorni dopo, come aveva promesso, il medico vi fece ritorno l'indomani, poi regolarmente due volte la settimana, senza contare le visite impreviste che faceva di tanto in tanto, quasi inavvertitamente. Au lieu de revenir aux Bertaux trois jours après, comme il l'avait promis, c'est le lendemain même qu'il y retourna, puis deux fois la semaine régulièrement, sans compter les visites inattendues qu'il faisait de temps à autre, comme par mégarde.
Del resto, tutto andò bene. La guarigione si verificò secondo le regole e quando, in capo a quarantasei giorni, si vide papà Rouault che si provava a fare i primi passi da solo nella malandata casa, tutti cominciarono a considerare il signor Bovary un uomo di grandi capacità. Papà Rouault stesso affermava che non sarebbe stato curato meglio dai primi medici di Yvetot o addirittura di Rouen. Tout, du reste, alla bien ; la guérison s'établit selon les règles, et quand, au bout de quarante-six jours, on vit le père Rouault qui s'essayait à marcher seul dans sa masure , on commença à considérer M. Bovary comme un homme de grande capacité. Le père Rouault disait qu'il n'aurait pas été mieux guéri par les premiers médecins d'Yvetot ou même de Rouen.
Quanto a Charles non cercava di domandarsi quale fosse il motivo per cui veniva ai Bertaux tanto volentieri. Se ci avesse pensato, avrebbe senza dubbio attribuito il suo zelo alla gravità del caso o forse al guadagno che sperava di trarne. Ma era proprio per questo che le visite alla fattoria costituivano per lui un così delizioso diversivo nelle meschine occupazioni della sua esistenza? In quei giorni si alzava presto, partiva al galoppo, incitava il cavallo, poi scendeva per pulirsi i piedi nell'erba, e infilava i guanti neri prima di entrare. Gli piaceva giungere in quel cortile, sentire contro la spalla il cancello che cedeva, udire il gallo che cantava sul muro, vedere i contadini che gli andavano incontro. Gli piacevano il granaio e le scuderie. Si era affezionato a papà Rouault che, battendogli sulla mano, lo chiamava il suo salvatore; gli piaceva il suono degli zoccoletti della signorina Emma sulle piastrelle pulite della cucina; i tacchi alti aumentavano un poco la sua statura e, quando gli camminava dinanzi, le suole di legno, sollevandosi rapidamente, producevano un suono schioccante contro la pelle dei talloni. Quant à Charles, il ne chercha point à se demander pourquoi il venait aux Bertaux avec plaisir. Y eût-il songé, qu'il aurait sans doute attribué son zèle à la gravité du cas, ou peut-être au profit qu'il en espérait. Etait-ce pour cela, cependant, que ses visites à la ferme faisaient, parmi les pauvres occupations de sa vie, une exception charmante ? Ces jours-là il se levait de bonne heure, partait au galop, poussait sa bête, puis il descendait pour s'essuyer les pieds sur l'herbe, et passait ses gants noirs avant d'entrer. Il aimait à se voir arriver dans la cour, à sentir contre son épaule la barrière qui tournait, et le coq qui chantait sur le mur, les garçons qui venaient à sa rencontre. Il aimait la grange et les écuries ; il aimait le père Rouault, qui lui tapait dans la main en l'appelant son sauveur ; il aimait les petits sabots de mademoiselle Emma sur les dalles lavées de la cuisine ; ses talons hauts la grandissaient un peu, et, quand elle marchait devant lui, les semelles de bois, se relevant vite, claquaient avec un bruit sec contre le cuir de la bottine.
Ella lo riaccompagnava sempre fino al primo gradino della scala esterna. Quando non gli avevano ancora portato il cavallo, si tratteneva là. Si erano già salutati e ambedue tacevano; un turbine d'aria l'avvolgeva, sollevandole i capelli corti e ribelli della nuca, facendole sventolare i nastri del grembiale sulle anche e attorcigliandoli come banderuole. Un giorno, all'epoca del disgelo, l'acqua scorreva sulla corteccia degli alberi nel cortile e la neve si scioglieva sui tetti. Emma stava sulla soglia; andò a cercare un ombrello e l'aprì. L'ombrello di seta color gola di piccione, attraversato dai raggi del sole, le illuminava di riflessi cangianti la pelle bianca del viso. Là, sotto quel dolce tepore, ella sorrideva e si sentivano le gocce d'acqua cadere a una a una sul tessuto teso. Elle le reconduisait toujours jusqu'à la première marche du perron. Lorsqu'on n'avait pas encore amené son cheval, elle restait là. On s'était dit adieu, on ne parlait plus ; le grand air l'entourait, levant pêle-mêle les petits cheveux follets de sa nuque, ou secouant sur sa hanche les cordons de son tablier, qui se tortillaient comme des banderoles. Une fois, par un temps de dégel, l'écorce des arbres suintait dans la cour, la neige sur les couvertures des bâtiments se fondait. Elle était sur le seuil ; elle alla chercher son ombrelle, elle l'ouvrit. L'ombrelle, de soie gorge de pigeon, que traversait le soleil, éclairait de reflets mobiles la peau blanche de sa figure. Elle souriait là-dessous à la chaleur tiède ; et on entendait les gouttes d'eau, une à une, tomber sur la moire tendue.
Da principio, quando Charles aveva cominciato a frequentare i Bertaux, la giovane signora Bovary non tralasciava di chiedere notizie del malato e aveva perfino riservato per il signor Rouault, nel registro che teneva in partita doppia, una bella pagina bianca. Ma quando seppe che egli aveva una figlia, si affrettò a informarsi meglio; le dissero che la signorina Rouault, allevata in collegio, dalle Orsoline, aveva ricevuto, come suol dirsi, un'ottima educazione, e che di conseguenza conosceva la danza, la geografia, il disegno, sapeva ricamare e suonare il pianoforte. Fu il colmo! Dans les premiers temps que Charles fréquentait les Bertaux, madame Bovary jeune ne manquait pas de s'informer du malade, et même sur le livre qu'elle tenait en partie double, elle avait choisi pour M. Rouault une belle page blanche. Mais quand elle sut qu'il avait une fille, elle alla aux informations ; et elle apprit que mademoiselle Rouault, élevée au couvent, chez les Ursulines, avait reçu, comme on dit, une belle éducation , qu'elle savait, en conséquence, la danse, la géographie, le dessin, faire de la tapisserie et toucher du piano. Ce fut le comble !
"Per questo, dunque," ragionava fra sé "ha il viso così raggiante, quando va a trovarla; per questo, si mette il panciotto nuovo, a rischio di rovinarlo con la pioggia? Ah! Quella donna! Quella donna! ..." -- C'est donc pour cela, se disait-elle, qu'il a la figure si épanouie quand il va la voir, et qu'il met son gilet neuf, au risque de l'abîmer à la pluie ? Ah ! cette femme ! cette femme !...
E, d'istinto, la detestò. Dapprima si sfogò con le allusioni, ma Charles non le capiva; in seguito si servì di osservazioni casuali, che egli lasciava cadere per paura della bufera; e infine di invettive a bruciapelo alle quali suo marito non sapeva che cosa rispondere - Come mai tornava ai Bertaux dato che il signor Rouault era guarito e che quella gente non aveva ancora pagato l'onorario? Ah! Forse perché laggiù v'era una certa persona, qualcuno che sapeva conversare, un'abile ricamatrice, una donna spiritosa. Ecco cosa gli piaceva! Per lui ci volevano signorine di città! E continuava: Et elle la détesta, d'instinct. D'abord, elle se soulagea par des allusions, Charles ne les comprit pas ; ensuite, par des réflexions incidentes qu'il laissait passer de peur de l'orage ; enfin, par des apostrophes à brûle-pourpoint auxquelles il ne savait que répondre. -- D'où vient qu'il retournait aux Bertaux, puisque M. Rouault était guéri et que ces gens-là n'avaient pas encore payé ? Ah ! c'est qu'il y avait là-bas une personne , quelqu'un qui savait causer, une brodeuse, un bel esprit. C'était là ce qu'il aimait : il lui fallait des demoiselles de ville ! -- Et elle reprenait :
"La figlia di papà Rouault, una signorina di città! Figuriamoci! Il nonno faceva il pastore e hanno un cugino che per poco non è finito alle assise per una brutta ferita in una rissa. Non è proprio il caso di darsi tante arie e di andare in chiesa la domenica vestita di seta come una contessa. D'altra parte, quel povero diavolo, senza il raccolto del ravizzone, l'anno scorso, non avrebbe saputo come fare per pagare i debiti!" -- La fille au père Rouault, une demoiselle de ville ! Allons donc ! leur grand-père était berger, et ils ont un cousin qui a failli passer par les assises pour un mauvais coup, dans une dispute. Ce n'est pas la peine de faire tant de fla-fla, ni de se montrer le dimanche à l'église avec une robe de soie, comme une comtesse. Pauvre bonhomme, d'ailleurs, qui sans les colzas de l'an passé eût été bien embarrassé de payer ses arrérages !
Tediato, Charles smise di andare ai Bertaux. Héloïse gli aveva fatto giurare sul libro da messa che non ci sarebbe più tornato, dopo una scenata piena di singhiozzi e di baci, in un prorompere di passione. Obbedì, ma l'ardire dei desideri contrastava con il servilismo del suo comportamento, e, per una specie di ingenua ipocrisia, egli ritenne che il divieto di vederla gli desse il diritto di amarla. E poi la vedova era magra, aveva i denti lunghi; portava in tutte le stagioni uno scialletto nero che le arrivava alle scapole; la sua figura ossuta era fasciata da abiti aderenti e troppo corti che le lasciavano scoperte le caviglie là ove, sulle calze grigie, si incrociavano i nastri delle larghe scarpe. Par lassitude, Charles cessa de retourner aux Bertaux. Héloïse lui avait fait jurer qu'il n'irait plus, la main sur son livre de messe, après beaucoup de sanglots et de baisers, dans une grande explosion d'amour. Il obéit donc ; mais la hardiesse de son désir protesta contre la servilité de sa conduite, et, par une sorte d'hypocrisie naïve, il estima que cette défense de la voir était pour lui comme un droit de l'aimer. Et puis la veuve était maigre ; elle avait les dents longues ; elle portait en toute saison un petit châle noir dont la pointe lui descendait entre les omoplates ; sa taille dure était engainée dans des robes en façon de fourreau, trop courtes, qui découvraient ses chevilles, avec les rubans de ses souliers larges s'entrecroisant sur des bas gris.
La madre di Charles veniva ogni tanto a trovarli, ma in capo a qualche giorno la nuora era riuscita a renderla tagliente e pungente come lei stessa; e allora si mettevano all'opera simili a due coltelli, scarnificandolo con le loro riflessioni e osservazioni. Faceva male a mangiare tanto! Perché offrire sempre da bere al primo venuto? Che testardaggine, non volersi mettere la maglia di lana! La mère de Charles venait les voir de temps à autre ; mais, au bout de quelques jours, la bru semblait l'aiguiser à son fil ; et alors, comme deux couteaux, elles étaient à le scarifier par leurs réflexions et leurs observations. Il avait tort de tant manger ! Pourquoi toujours offrir la goutte au premier venu ? Quel entêtement que de ne pas vouloir porter de flanelle !
All'inizio della primavera accadde che un notaio di Ingouville, al quale erano affidati i fondi della vedova Dubuc, prendesse il volo portando con sé tutti i denari del suo studio. Héloïse, invero, possedeva ancora, oltre a essere comproprietaria di un battello per una quota valutata non meno di seimila franchi, la casa di via Saint-François, eppure, di tanta e tanto sbandierata ricchezza non era comparso in casa che qualche mobile e un po' di biancheria. Bisognava mettere le cose in chiaro. La casa di Dieppe risultò coperta di ipoteche fino alle fondamenta; a quanto ammontasse il denaro depositato dal notaio, Dio solo lo sapeva, e in realtà la quota del battello non superava i mille scudi. La brava donna aveva dunque mentito! Esasperato, il signor Bovary padre sfasciò una sedia sul pavimento e accusò la moglie di aver causato l'infelicità del figlio legandolo a una simile rozza i cui finimenti valevano ancor meno della pelle. Si recarono a Tostes. Alle spiegazioni seguirono le scenate. Héloïse, in lacrime, si gettò nelle braccia del marito scongiurandolo di proteggerla dai suoceri. Charles volle difenderla. I genitori, indignati, se ne andarono. Il arriva qu'au commencement du printemps, un notaire d'Ingouville, détenteur de fonds à la veuve Dubuc, s'embarqua, par une belle marée, emportant avec lui tout l'argent de son étude. Héloïse, il est vrai, possédait encore, outre une part de bateau évaluée six mille francs, sa maison de la rue Saint-François ; et cependant, de toute cette fortune que l'on avait fait sonner si haut, rien, si ce n'est un peu de mobilier et quelques nippes, n'avait paru dans le ménage. Il fallut tirer la chose au clair. La maison de Dieppe se trouva vermoulue d'hypothèques jusque dans ses pilotis ; ce qu'elle avait mis chez le notaire, Dieu seul le savait, et la part de barque n'excéda point mille écus. Elle avait donc menti, la bonne dame ! Dans son exaspération, M. Bovary père, brisant une chaise contre les pavés, accusa sa femme d'avoir fait le malheur de leur fils en l'attelant à une haridelle semblable, dont les harnais ne valaient pas la peau. Ils vinrent à Tostes. On s'expliqua. Il y eut des scènes. Héloïse, en pleurs, se jetant dans les bras de son mari, le conjura de la défendre de ses parents. Charles voulut parler pour elle. Ceux-ci se choquèrent, et ils partirent.
Ma il colpo era giunto al segno. Otto giorni dopo, mentre stendeva in cortile la biancheria, Héloïse ebbe uno sbocco di sangue e l'indomani, mentre Charles le voltava le spalle per chiudere le tende della finestra, disse: "Ah! Mio Dio", esalò un sospiro e cadde in deliquio. Era morta! V'era di che restarne sbalorditi. Mais le coup était porté . Huit jours après, comme elle étendait du linge dans sa cour, elle fut prise d'un crachement de sang, et le lendemain, tandis que Charles avait le dos tourné pour fermer le rideau de la fenêtre, elle dit : " Ah ! mon Dieu ! " poussa un soupir et s'évanouit. Elle était morte ! Quel étonnement !
Dopo i funerali, Charles tornò a casa. Al pianterreno non c'era nessuno. Salì al primo piano, in camera da letto, vide un abito di lei ancora appeso ai piedi dell'alcova; allora, appoggiandosi allo scrittoio, rimase fino a sera perduto in un doloroso fantasticare. Dopo tutto Héloïse l'aveva amato. Quand tout fut fini au cimetière, Charles rentra chez lui. Il ne trouva personne en bas ; il monta au premier, dans la chambre, vit sa robe encore accrochée au pied de l'alcôve ; alors, s'appuyant contre le secrétaire, il resta jusqu'au soir perdu dans une rêverie douloureuse. Elle l'avait aimé, après tout.

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Una mattina papà Rouault portò a Charles l'onorario per la cura della frattura alla gamba: settantacinque franchi in monete da quaranta soldi e una tacchina. Aveva saputo della disgrazia e lo consolò come meglio poteva. Un matin, le père Rouault vint apporter à Charles le payement de sa jambe remise : soixante et quinze francs en pièces de quarante sous et une dinde. Il avait appris son malheur, et l'en consola tant qu'il put.
"So cosa vuol dire!" disse battendogli una mano sulla spalla "Mi sono trovato anch'io nelle stesse condizioni! Quando mancò la mia povera moglie, andavo nei campi per restare solo, mi gettavo ai piedi di un albero, piangevo, invocavo Dio, lo bestemmiavo; avrei voluto essere come le talpe che vedevo appese ai rami degli alberi, con il ventre brulicante di vermi, crepato, insomma. E quando pensavo che, in quello stesso momento, altri se ne stavano con le loro mogliettine e le tenevano abbracciate contro di sé, io battevo grandi colpi per terra con il bastone; ero come pazzo, non mangiavo più; lei non mi crederebbe, ma soltanto l'idea di andare al caffè mi ripugnava. Beh, piano piano, un giorno dietro l'altro, una primavera dopo un autunno, un autunno appresso a un'estate, tutto ha preso a scorrer via, briciola a briciola, filo dopo filo, se n'è andato, si è allontanato, o meglio, è diminuito, perché resta sempre qualcosa in fondo, come potrei spiegare... un peso sul cuore. Ma dal momento che è il nostro destino, non bisogna lasciarsi andare e, perché gli altri sono morti, desiderare di morire... È necessario che lei si scuota, signor Bovary; passerà anche questo! Venga a trovarci; mia figlia la ricorda spesso, sa? E dice che lei l'ha dimenticata. Tornerà presto la primavera, venga a sparare qualche fucilata ai conigli nella garenna, per distrarsi un po'!" -- Je sais ce que c'est ! disait-il en lui frappant sur l'épaule ; j'ai été comme vous, moi aussi ! Quand j'ai eu perdu ma pauvre défunte, j'allais dans les champs pour être tout seul ; je tombais au pied d'un arbre, je pleurais, j'appelais le bon Dieu, je lui disais des sottises ; j'aurais voulu être comme les taupes, que je voyais aux branches, qui avaient des vers leur grouillant dans le ventre, crevé, enfin. Et quand je pensais que d'autres, à ce moment-là, étaient avec leurs bonnes petites femmes à les tenir embrassées contre eux, je tapais de grands coups par terre avec mon bâton ; j'étais quasiment fou, que je ne mangeais plus ; l'idée d'aller seulement au café me dégoûtait, vous ne croiriez pas. Eh bien, tout doucement, un jour chassant l'autre, un printemps sur un hiver et un automne par-dessus un été, ça a coulé brin à brin, miette à miette ; ça s'en est allé, c'est parti, c'est descendu, je veux dire, car il vous reste toujours quelque chose au fond, comme qui dirait... un poids, là, sur la poitrine ! Mais, puisque c'est notre sort à tous, on ne doit pas non plus se laisser dépérir, et, parce que d'autres sont morts, vouloir mourir... Il faut vous secouer, monsieur Bovary ; ça se passera ! Venez nous voir ; ma fille pense à vous de temps à autre, savez-vous bien, et elle dit comme ça que vous l'oubliez. Voilà le printemps bientôt ; nous vous ferons tirer un lapin dans la garenne, pour vous dissiper un peu.
Charles seguì il suo consiglio. Ritornò ai Bertaux. Ritrovò tutto come prima, cioè tutto com'era stato cinque mesi prima. I peri erano già in fiore e il buon Rouault, di nuovo in piedi, andava e veniva e questo rendeva la fattoria più animata. Charles suivit son conseil. Il retourna aux Bertaux ; il retrouva tout comme la veille, comme il y avait cinq mois, c'est-à-dire. Les poiriers déjà étaient en fleur, et le bonhomme Rouault, debout maintenant, allait et venait, ce qui rendait la ferme plus animée.
Convinto che fosse suo dovere prodigare al medico il maggior numero di gentilezze a causa del suo lutto, lo pregò di non scoprirsi il capo, gli parlò a bassa voce, come se fosse malato, e fece mostra addirittura di adirarsi perché non avevano preparato, come era suo desiderio, qualcosa di più leggero dei soliti cibi, una tazza di crema o delle pere cotte. Raccontò alcune storielle. Charles si sorprese a ridere; ma il ricordo della moglie, ritornatogli all'improvviso nella memoria, lo rattristò. Servirono il caffè; non ci pensò più. Croyant qu'il était de son devoir de prodiguer au médecin le plus de politesses possible, à cause de sa position douloureuse, il le pria de ne point se découvrir la tête, lui parla à voix basse, comme s'il eût été malade, et même fit semblant de se mettre en colère de ce que l'on n'avait pas apprêté à son intention quelque chose d'un peu plus léger que tout le reste, tels que des petits pots de crème ou des poires cuites. Il conta des histoires. Charles se surprit à rire ; mais le souvenir de sa femme, lui revenant tout à coup, l'assombrit. On apporta le café ; il n'y pensa plus.
Ci pensava sempre meno via via che si abituava a vivere solo. Il piacere nuovo di sentirsi indipendente gli rese ben presto più sopportabile la solitudine. Adesso poteva pranzare e cenare quando voleva, entrare o uscire senza dare spiegazioni, e, quando si sentiva stanco morto, poteva sdraiarsi a gambe e braccia distese sul letto. Pertanto si viziava, si coccolava e accettava tutta la consolazione che gli veniva offerta. D'altra parte, la morte della moglie non lo aveva affatto danneggiato nella professione poiché, per un mese intero, la gente aveva continuato a ripetere: "Pover'uomo! Che disgrazia!" Tutti parlavano di lui, la clientela era aumentata; e poi andava ai Berteaux quando gli pareva. Sperava in qualcosa di indefinito, lo pervadeva una vaga felicità; spazzolandosi i favoriti davanti allo specchio, aveva l'impressione di avere un viso più simpatico. Il y pensa moins, à mesure qu'il s'habituait à vivre seul. L'agrément nouveau de l'indépendance lui rendit bientôt la solitude plus supportable. Il pouvait changer maintenant les heures de ses repas, rentrer ou sortir sans donner de raisons, et, lorsqu'il était bien fatigué, s'étendre de ses quatre membres, tout en large, dans son lit. Donc, il se choya, se dorlota et accepta les consolations qu'on lui donnait. D'autre part, la mort de sa femme ne l'avait pas mal servi dans son métier, car on avait répété durant un mois : " Ce pauvre jeune homme ! quel malheur ! " Son nom s'était répandu, sa clientèle s'était accrue ; et puis il allait aux Bertaux tout à son aise. Il avait un espoir sans but, un bonheur vague ; il se trouvait la figure plus agréable en brossant ses favoris devant son miroir.
Andò laggiù un giorno, verso le tre; tutti erano al lavoro nei campi; entrò in cucina ma non vide subito Emma; le imposte erano chiuse. Attraverso le fessure del legno il sole disegnava sul pavimento lunghe linee sottili di luce che si spezzavano contro gli angoli dei mobili e tremolavano sul soffitto. Sulla tavola le mosche salivano lungo i bicchieri sporchi e, ronzando, affogavano nel sidro rimastovi. La luce che filtrava dal camino rendeva simile a un velluto la fuliggine della piastra e colorava di un pallido azzurro la cenere fredda. Emma cuciva, fra il focolare e la finestra; non portava il fazzoletto da collo e sulle spalle nude aveva piccole gocce di sudore. Il arriva un jour vers trois heures ; tout le monde était aux champs ; il entra dans la cuisine, mais n'aperçut point d'abord Emma, les auvents étaient fermés. Par les fentes du bois, le soleil allongeait sur les pavés de grandes raies minces, qui se brisaient à l'angle des meubles et tremblaient au plafond. Des mouches, sur la table, montaient le long des verres qui avaient servi, et bourdonnaient en se noyant au fond, dans le cidre resté. Le jour qui descendait par la cheminée, veloutant la suie de la plaque, bleuissait un peu les cendres froides. Entre la fenêtre et le foyer, Emma cousait ; elle n'avait point de fichu, on voyait sur ses épaules nues de petites gouttes de sueur.
Come si usa in campagna, Emma gli offrì di bere qualcosa. Charles rifiutò, ella insistette e ridendo gli propose di bere con lei un bicchierino di liquore. Andò a prendere nell'armadio una bottiglia di curaçao, con due bicchieri, ne riempì uno fino all'orlo, versò nell'altro una piccolissima dose e, dopo aver brindato, lo portò alla bocca. Poiché era quasi vuoto, fu costretta ad arrovesciare il capo per bere: con la testa all'indietro, le labbra protese, il collo reclinato, rideva perché non sentiva nessun sapore e, allungando la punta della lingua fra i denti minuti, dava leccatine al fondo del bicchiere. Selon la mode de la campagne, elle lui proposa de boire quelque chose. Il refusa, elle insista, et enfin lui offrit, en riant, de prendre un verre de liqueur avec elle. Elle alla donc chercher dans l'armoire une bouteille de curaçao, atteignit deux petits verres, emplit l'un jusqu'au bord, versa à peine dans l'autre, et, après avoir trinqué, le porta à sa bouche. Comme il était presque vide, elle se renversait pour boire ; et, la tête en arrière, les lèvres avancées, le cou tendu, elle riait de ne rien sentir, tandis que le bout de sa langue, passant entre ses dents fines, léchait à petits coups le fond du verre.
Poi si rimise a sedere e ricominciò a rammendare una calza bianca di cotone. Lavorava in silenzio, a capo chino. Anche Charles taceva. L'aria, passando sotto la porta, spingeva un bioccolo di polvere sulle lastre del pavimento e lui lo guardava spostarsi; riusciva soltanto a sentire la testa che gli pulsava e il gridare lontano di una gallina che aveva fatto l'uovo in qualche aia. Di tanto in tanto, Emma si rinfrescava le gote premendovi il palmo delle mani fatte raffreddare sui pomoli di ferro dei grandi alari. Elle se rassit et elle reprit son ouvrage, qui était un bas de coton blanc où elle faisait des reprises ; elle travaillait le front baissé ; elle ne parlait pas, Charles non plus. L'air passant par le dessous de la porte, poussait un peu de poussière sur les dalles ; il la regardait se traîner, et il entendait seulement le battement intérieur de sa tête, avec le cri d'une poule, au loin, qui pondait dans les cours. Emma, de temps à autre, se rafraîchissait les joues en y appliquant la paume de ses mains, qu'elle refroidissait après cela sur la pomme de fer des grands chenets.
Si lagnava di provare talvolta, con il cambiamento della stagione, un senso di stordimento; gli domandò se i bagni di mare le avrebbero giovato; poi prese a parlare del convento e Charles del suo collegio; la conversazione si avviò. Salirono nella camera di lei. Ella gli mostrò i suoi vecchi libri di musica, i volumetti ricevuti in premio e le corone di foglie di quercia abbandonate in fondo a un armadio. Gli parlò anche di sua madre, del cimitero, e infine gli mostrò l'aiuola in giardino, dove ogni primo venerdì del mese coglieva i fiori da portare sulla tomba. Ma il giardiniere che avevano non capiva niente; la servitù non valeva più nulla. Le sarebbe piaciuto molto vivere in città, almeno d'inverno, sebbene durante l'estate la campagna potesse essere ancora più noiosa, con le giornate che non finiscono mai; a seconda degli argomenti, la sua voce si faceva limpida, acuta, si colmava d'improvviso languore, si trascinava in modulazioni che finivano quasi in un sussurro quando ella parlava fra sé, - ora allegra, con i candidi occhi spalancati, poi con le palpebre socchiuse su uno sguardo sommerso dalla noia e i pensieri vaganti chissà dove. Elle se plaignit d'éprouver, depuis le commencement de la saison, des étourdissements ; elle demanda si les bains de mer lui seraient utiles ; elle se mit à causer du couvent, Charles de son collège, les phrases leur vinrent. Ils montèrent dans sa chambre. Elle lui fit voir ses anciens cahiers de musique, les petits livres qu'on lui avait donnés en prix et les couronnes en feuilles de chêne, abandonnées dans un bas d'armoire. Elle lui parla encore de sa mère, du cimetière, et même lui montra dans le jardin la plate-bande dont elle cueillait les fleurs, tous les premiers vendredis de chaque mois, pour les aller mettre sur sa tombe. Mais le jardinier qu'ils avaient n'y entendait rien ; on était si mal servi ! Elle eût bien voulu, ne fût-ce au moins que pendant l'hiver, habiter la ville, quoique la longueur des beaux jours rendît peut-être la campagne plus ennuyeuse encore durant l'été ; -- et, selon ce qu'elle disait, sa voix était claire, aiguë, ou se couvrant de langueur tout à coup, traînait des modulations qui finissaient presque en murmures, quand elle se parlait à elle-même, -- tantôt joyeuse, ouvrant des yeux naïfs, puis les paupières à demi closes, le regard noyé d'ennui, la pensée vagabondant.
Tornato a casa, la sera, Charles ripensò a tutte le frasi che Emma aveva detto, sforzandosi di ricordarle una per una, di completarne il senso, per rendersi conto del periodo della sua esistenza quando non la conosceva ancora. Ma non riusciva a immaginarla diversa da come l'aveva vista la prima volta o da come l'aveva lasciata poche ore prima. Poi si domandò che cosa sarebbe stato di lei, si sarebbe sposata, e con chi? Ahimè! Papà Rouault era molto ricco, e lei... così bella! Il viso di Emma gli tornava di continuo davanti agli occhi e qualcosa di monotono, come il ronfare di una trottola, gli ronzava negli orecchi: "Se ti sposassi! Però! Se ti sposassi!" La notte non riuscì a dormire, aveva la gola serrata, lo tormentava la sete: si alzò per andare a bere e spalancò la finestra. Il cielo era pieno di stelle, soffiava un vento caldo; lontano, i cani abbaiavano. Voltò il capo dalla parte dei Bertaux. Le soir, en s'en retournant, Charles reprit une à une les phrases qu'elle avait dites, tâchant de se les rappeler, d'en compléter le sens, afin de se faire la portion d'existence qu'elle avait vécue dans le temps qu'il ne la connaissait pas encore. Mais jamais il ne put la voir en sa pensée, différemment qu'il ne l'avait vue la première fois, ou telle qu'il venait de la quitter tout à l'heure. Puis il se demanda ce qu'elle deviendrait, si elle se marierait, et à qui ? hélas ! le père Rouault était bien riche, et elle !... si belle ! Mais la figure d'Emma revenait toujours se placer devant ses yeux, et quelque chose de monotone comme le ronflement d'une toupie bourdonnait à ses oreilles : " Si tu te mariais, pourtant ! Si tu te mariais ! " La nuit, il ne dormit pas, sa gorge était serrée, il avait soif ; il se leva pour aller boire à son pot à l'eau et il ouvrit la fenêtre ; le ciel était couvert d'étoiles, un vent chaud passait, au loin des chiens aboyaient. Il tourna la tête du côté des Bertaux.
Pensando che, in fin dei conti, non rischiava niente, decise di chiedere la mano della ragazza alla prima occasione. Ma, ogni volta, la paura di non trovare le parole adatte gli suggellava le labbra. Pensant qu'après tout l'on ne risquait rien, Charles se promit de faire la demande quand l'occasion s'en offrirait ; mais, chaque fois qu'elle s'offrit, la peur de ne point trouver les mots convenables lui collait les lèvres.
Papà Rouault non sarebbe stato scontento di sbarazzarsi della figlia che in casa non era di grande aiuto. In cuor suo la scusava, ritenendola troppo intellettuale per occuparsi di agricoltura, mestiere maledetto da Dio dato che, esercitandolo, nessuno è mai diventato milionario. Ben lontano dall'aver fatto fortuna, il brav'uomo ci rimetteva tutti gli anni: infatti era abilissimo nelle compravendite e si compiaceva di tutte le astuzie di chi contratta, mentre l'agricoltura vera e propria e le cure per il buon andamento della fattoria erano fatte per lui meno che per chiunque altro. Non spendeva volentieri il suo denaro, ma non faceva economia quando si trattava delle proprie comodità: voleva mangiar bene e avere una casa confortevole. Gli piacevano il sidro forte, gli arrosti sanguinolenti, il caffè con l'acquavite, ben dosato. Mangiava in cucina, solo, vicino al fuoco, su un tavolino sopra il quale erano disposti i piatti già preparati, come a teatro. Le père Rouault n'eût pas été fâché qu'on le débarrassât de sa fille, qui ne lui servait guère dans sa maison. Il l'excusait intérieurement, trouvant qu'elle avait trop d'esprit pour la culture, métier maudit du ciel, puisqu'on n'y voyait jamais de millionnaire. Loin d'y avoir fait fortune, le bonhomme y perdait tous les ans ; car, s'il excellait dans les marchés, où il se plaisait aux ruses du métier, en revanche la culture proprement dite, avec le gouvernement intérieur de la ferme, lui convenait moins qu'à personne. Il ne retirait pas volontiers ses mains de dedans ses poches, et n'épargnait point la dépense pour tout ce qui regardait sa vie, voulant être bien nourri, bien chauffé, bien couché. Il aimait le gros cidre, les gigots saignants, les glorias longuement battus. Il prenait ses repas dans la cuisine, seul, en face du feu, sur une petite table qu'on lui apportait toute service, comme au théâtre.
Perciò, non appena si accorse che Charles aveva preso una cotta per sua figlia e che ben presto gliela avrebbe chiesta in moglie, incominciò subito a ruminare sull'affare. Non era un gran partito, né avrebbe desiderato un genero come lui; ma dicevano che fosse un brav'uomo, molto istruito e certo non sarebbe stato a cavillare sulla dote. E poi, siccome papà Rouault sarebbe stato costretto a vendere ventidue acri della proprietà per pagare i grossi debiti con il muratore e per sostenere la spesa di un nuovo albero per il torchio, si disse: Lorsqu'il s'aperçut donc que Charles avait les pommettes rouges près de sa fille, ce qui signifiait qu'un de ces jours on la lui demanderait en mariage, il rumina d'avance toute l'affaire. Il le trouvait bien un peu gringalet, et ce n'était pas là un gendre comme il l'eût souhaité ; mais on le disait de bonne conduite, économe, fort instruit, et sans doute qu'il ne chicanerait pas trop sur la dot. Or, comme le père Rouault allait être forcé de vendre vingt-deux âcres de son bien , qu'il devait beaucoup au maçon, beaucoup au bourrelier, que l'arbre du pressoir était à remettre :
"Se me la chiede, io gliela do". -- S'il me la demande, se dit-il, je la lui donne.
Per San Michele, Charles trascorse tre giorni ai Bertaux. L'ultimo passò, come i precedenti, in un continuo rimandare, un quarto d'ora dopo l'altro. Papà Rouault lo accompagnò, sulla via del ritorno, per un tratto. Camminavano lungo un sentiero incassato e stavano per lasciarsi; era ormai giunto il momento di parlare. Charles si concesse ancora un po' di respiro, fino all'angolo della siepe, e finalmente, quando l'ebbero oltrepassata, mormorò: A l'époque de la Saint-Michel, Charles était venu passer trois jours aux Bertaux. La dernière journée s'était écoulée comme les précédentes, à reculer de quart d'heure en quart d'heure. Le père Rouault lui fit la conduite ; ils marchaient dans un chemin creux, ils s'allaient quitter ; c'était le moment. Charles se donna jusqu'au coin de la haie, et enfin, quand on l'eut dépassée :
"Signor Rouault; vorrei dirle qualcosa". -- Maître Rouault, murmura-t-il, je voudrais bien vous dire quelque chose.
Si fermarono. Charles taceva. Ils s'arrêtèrent. Charles se taisait.
"Avanti, mi dica! Come se non sapessi già tutto!" disse papà Rouault ridendo piano. -- Mais contez-moi votre histoire ! est-ce que je ne sais pas tout ? dit le père Rouault, en riant doucement.
"Papà Rouault... papà Rouault..." balbettò Charles. -- Père Rouault..., père Rouault..., balbutia Charles.
"Io non domando di meglio" continuò l'agricoltore. "Per quanto sia convinto che la piccola è del mio stesso parere, bisognerà chiederglielo. Lei se ne vada; io tornerò a casa. Se è un sì, mi ascolti bene, non è il caso che lei ritorni, per non dar nell'occhio, e, d'altra parte, Emma sarà troppo agitata. Ma, per non lasciarla sulle spine, spalancherò l'imposta della finestra fin contro il muro: potrà vederla da qui dietro, sporgendosi oltre la siepe." -- Moi, je ne demande pas mieux, continua le fermier. Quoique sans doute la petite soit de mon idée, il faut pourtant lui demander son avis. Allez-vous-en donc ; je m'en vais retourner chez nous. Si c'est oui, entendez-moi bien, vous n'aurez pas besoin de revenir, à cause du monde, et, d'ailleurs, ça la saisirait trop. Mais pour que vous ne vous mangiez pas le sang, je pousserai tout grand l'auvent de la fenêtre contre le mur : vous pourrez le voir par derrière, en vous penchant sur la haie.
Detto questo, si allontanò. Et il s'éloigna.
Charles legò il cavallo a un albero, corse a mettersi sul sentiero e attese. Passò mezz'ora, poi contò altri diciannove minuti con l'orologio alla mano. A un tratto sentì un colpo contro il muro. L'imposta era stata spalancata, il saliscendi tremava ancora. Charles attacha son cheval à un arbre. Il courut se mettre dans le sentier ; il attendit. Une demi-heure se passa, puis il compta dix-neuf minutes à sa montre. Tout à coup un bruit se fit contre le mur ; l'auvent s'était rabattu, la cliquette tremblait encore.
L'indomani alle nove, Charles era già alla fattoria. Quando entrò Emma arrossì, sforzandosi di sorridere per darsi un contegno. Papà Rouault abbracciò il futuro genero. Le questioni di interesse furono rimandate: c'era tutto il tempo per parlarne in seguito, dato che il matrimonio non poteva decentemente aver luogo prima della fine, per Charles, del periodo di lutto, e cioè verso la primavera prossima. Le lendemain, dès neuf heures, il était à la ferme. Emma rougit quand il entra, tout en s'efforçant de rire un peu, par contenance. Le père Rouault embrassa son futur gendre. On remit à causer des arrangements d'intérêt ; on avait, d'ailleurs, du temps devant soi, puisque le mariage ne pouvait décemment avoir lieu avant la fin du deuil de Charles, c'est-à-dire vers le printemps de l'année prochaine.
L'inverno trascorse in questa attesa. La signorina Rouault si occupò del corredo. In parte fu ordinato a Rouen; in quanto a lei, confezionò alcune camicie e cuffie da notte con modelli che si era fatta imprestare. Durante le visite di Charles alla fattoria, si discutevano i preparativi per le nozze, ci si domandava in quale locale si sarebbe svolto il pranzo, si facevano progetti sul numero e sulla qualità delle portate. L'hiver se passa cette attente. Mademoiselle Rouault s'occupa de son trousseau. Une partie en fut commandée à Rouen, et elle se confectionna des chemises et des bonnets de nuit, d'après des dessins de modes qu'elle emprunta. Dans les visites que Charles faisait à la ferme, on causait des préparatifs de la noce ; on se demandait dans quel appartement se donnerait le dîner ; on rêvait à la quantité de plats qu'il faudrait et qu'elles seraient les entrées.
Emma, invece, avrebbe desiderato un matrimonio celebrato a mezzanotte, alla luce delle fiaccole; ma papà Rouault non riuscì a capacitarsi di una simile idea. Fu celebrato quindi un matrimonio al quale parteciparono quarantatré invitati, i quali restarono per sedici ore a tavola, ricominciarono il festino il giorno dopo con qualche strascico anche nei giorni successivi. Emma eût, au contraire, désiré se marier à minuit, aux flambeaux ; mais le père Rouault ne comprit rien à cette idée. Il y eut donc une noce, où vinrent quarante-trois personnes, où l'on resta seize heures à table, qui recommença le lendemain et quelque peu les jours suivants

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Italiano France
Gli invitati arrivarono di buon'ora, in carrozza, in calesse, in carretto, su vecchi barrocci senza mantice, su giardiniere con le tendine di cuoio; e i giovanotti dei villaggi vicini su carrette sopra le quali stavano in piedi, reggendosi con le mani alle sponde per non cadere andando al trotto con grandi scossoni. Venne gente fin da dieci miglia lontano, da Goderville, da Normanville, e da Cany. Erano stati invitati tutti i parenti delle due famiglie, erano state riallacciate le amicizie che la discordia aveva interrotto, erano stati mandati inviti a conoscenze perdute di vista da molto tempo. Les conviés arrivèrent de bonne heure dans des voitures, carrioles à un cheval, chars à bancs à deux roues, vieux cabriolets sans capote, tapissières à rideaux de cuir, et les jeunes gens des villages les plus voisins dans des charrettes où ils se tenaient debout, en rang, les mains appuyées sur les ridelles pour ne pas tomber, allant au trot et secoués dur. Il en vint de dix lieues loin, de Goderville, de Normanville et de Cany. On avait invité tous les parents des deux familles, on s'était raccommodé avec les amis brouillés, on avait écrit à des connaissances perdues de vue depuis longtemps.
Di tanto in tanto si sentivano schiocchi di frusta dietro la siepe; subito il cancello veniva aperto per lasciare entrare un calesse. Al galoppo il veicolo arrivava fino al primo gradino della scalinata d'ingresso, ove si fermava di colpo, svuotandosi del suo carico; la gente scendeva da tutti i lati, massaggiandosi i ginocchi e stiracchiandosi. Le signore, con la cuffia, vestivano secondo la moda cittadina, con le catene d'oro per l'orologio, le mantelline con i lembi che s'incrociavano alla cintola, e scialletti colorati, appuntati sulla schiena con una spilla, che lasciavano scoperti la nuca e il collo. I ragazzi, vestiti come i padri, sembravano a disagio negli abiti nuovi (molti indossavano quel giorno il primo paio di scarpe della loro vita) e accanto a essi, senza osare pronunciare parola, nell'abito bianco della prima comunione, allungato per l'occasione, si vedeva qualche fanciulla di quattordici o sedici anni, senza dubbio la sorella o la cugina di uno di loro, rossa in viso, smarrita, con i capelli unti di unguento di rose e con una gran paura di sporcarsi i guanti. Non essendoci abbastanza stallieri per staccare i cavalli da tutte le carrozze, gli uomini si rimboccavano le maniche e lo facevano essi stessi. Secondo la posizione sociale, indossavano marsine, finanziere, giacche corte, giacche di media lunghezza, 'abiti buoni' circondati dalla considerazione di tutta la famiglia, che uscivano dall'armadio soltanto per le solennità; finanziere a grandi falde fluttuanti al vento, con il colletto cilindrico e tasche grandi come sacchi; giacche di panno spesso che di solito si accompagnavano con berretti dalla visiera cerchiata di rame; giacchette cortissime con sul dorso due bottoni ravvicinati come un paio d'occhi e con le falde che sembravano tagliate da un unico blocco dall'ascia di un carpentiere. Qualcuno, certo destinato agli ultimi posti a tavola, indossava delle bluse da cerimonia, cioè con il collo rovesciato sulle spalle, il dorso pieghettato, la vita molto bassa attaccata a una fascia cucita. De temps à autre, on entendait des coups de fouet derrière la haie ; bientôt la barrière s'ouvrait : c'était une carriole qui entrait. Galopant jusqu'à la première marche du perron, elle s'y arrêtait court, et vidait son monde, qui sortait par tous les côtés en se frottant les genoux et en s'étirant les bras. Les dames, en bonnet, avaient des robes à la façon de la ville, des chaînes de montre en or, des pèlerines à bouts croisés dans la ceinture, ou de petits fichus de couleur attachés dans le dos avec une épingle, et qui leur découvraient le cou par derrière. Les gamins, vêtus pareillement à leurs papas, semblaient incommodés par leurs habits neufs ( beaucoup même étrennèrent ce jour-là la première paire de bottes de leur existence ) , et l'on voyait à côté d'eux, ne soufflant mot dans la robe blanche de sa première communion rallongée pour la circonstance, quelque grande fillette de quatorze ou seize ans, leur cousine ou leur soeur aînée sans doute, rougeaude, ahurie, les cheveux gras de pommade à la rose, et ayant bien peur de salir ses gants. Comme il n'y avait point assez de valets d'écurie pour dételer toutes les voitures, les messieurs retroussaient leurs manches et s'y mettaient eux-mêmes. Suivant leur position sociale différente, ils avaient des habits, des redingotes, des vestes, des habits-vestes : -- bons habits, entourés de toute la considération d'une famille, et qui ne sortaient de l'armoire que pour les solennités ; redingotes à grandes basques flottant au vent, à collet cylindrique, à poches larges comme des sacs ; vestes de gros drap, qui accompagnaient ordinairement quelque casquette cerclée de cuivre à sa visière ; habits-vestes très courts, ayant dans le dos deux boutons rapprochés comme une paire d'yeux, et dont les pans semblaient avoir été coupés à même un seul bloc, par la hache du charpentier. Quelques-uns encore ( mais ceux-là, bien sûr, devaient dîner au bas bout de la table ) portaient des blouses de cérémonie, c'est-à-dire dont le col était rabattu sur les épaules, le dos froncé à petits plis et la taille attachée très bas par une ceinture cousue.
Le camicie si gonfiavano sui petti come corazze. Tutti si erano fatti tagliare i capelli per l'occasione e gli orecchi spiccavano staccati dalla testa nel vuoto creato loro intorno. Et les chemises sur les poitrines bombaient comme des cuirasses ! Tout le monde était tondu à neuf, les oreilles s'écartaient des têtes, on était rasé de près ;
Qualcuno che si era alzato addirittura prima dell'alba, essendosi rasato al buio, mostrava dei tagli diagonali sotto il naso, oppure, lungo le mascelle, scorticature larghe come uno scudo da tre franchi, che l'aria aveva infiammato durante il viaggio e che ora chiazzavano di rosa tutte quelle larghe e allegre facce smorte. quelques-uns même qui s'étaient levés dès avant l'aube, n'ayant pas vu clair à se faire la barbe, avaient des balafres en diagonale sous le nez, ou, le long des mâchoires, des pelures d'épiderme larges comme des écus de trois francs, et qu'avait enflammées le grand air pendant la route, ce qui marbrait un peu de plaques roses toutes ces grosses faces blanches épanouies.
Il municipio si trovava a mezzo miglio dalla fattoria e tutti ci andarono e tornarono a piedi dopo la cerimonia in chiesa. La mairie se trouvant à une demi-lieue de la ferme, on s'y rendit à pied, et l'on revint de même, une fois la cérémonie faite à l'église.
Il corteo, dapprima ininterrotto come una sciarpa colorata che ondeggiasse nella campagna lungo lo stretto sentiero serpeggiante in mezzo al grano verde, ben presto si allungò e si spezzettò in diversi gruppi che si attardarono a chiacchierare. In testa veniva il suonatore di violino con lo strumento ornato di nastri legati al riccio, poi gli sposi, i parenti e gli amici disposti a caso; e, dietro a tutti, i bambini che si divertivano a strappare le campanule agli steli dell'avena, o a farsi dispetti senza essere veduti. Il vestito di Emma, un po' troppo lungo, sfiorava il sentiero; di tanto in tanto ella si fermava, lo tirava su e delicatamente, con le mani guantate, toglieva le pagliuzze e gli aghi dei cardi, mentre Charles, le mani penzoloni, aspettava che avesse finito. Papà Rouault con in capo un cappello a cilindro nuovo e i polsi della marsina nera che gli coprivano le mani fino alle unghie, dava il braccio alla signora Bovary madre. Il signor Bovary padre disprezzava, in fondo al cuore, tutta quella gente; era venuto indossando una semplice finanziera di taglio militare, con una sola fila di bottoni, e snocciolava triviali galanterie a una forosetta bionda, la quale si inchinava, arrossiva e non sapeva cosa rispondere. Gli altri invitati chiacchieravano dei loro affari, si facevano di soppiatto scherzi, per creare in anticipo quell'atmosfera di eccitazione indispensabile alla festa. E, tendendo l'orecchio, era possibile sentire il frin-frin del violinista che continuava a suonare nell'aperta campagna. Questi, quando si accorgeva di essersi lasciato indietro il corteo, si fermava per riprendere fiato, strofinava a lungo l'archetto sulla colofonia affinché le corde vibrassero di più, poi si rimetteva in cammino alzando e abbassando il manico del violino per dargli meglio il ritmo. Il suono dello strumento faceva fuggire lontano gli uccellini. Le cortège, d'abord uni comme une seule écharpe de couleur, qui ondulait dans la campagne, le long de l'étroit sentier serpentant entre les blés verts, s'allongea bientôt et se coupa en groupes différents, qui s'attardaient à causer. Le ménétrier allait en tête, avec son violon empanaché de rubans à la coquille ; les mariés venaient ensuite, les parents, les amis tout au hasard, et les enfants restaient derrière, s'amusant à arracher les clochettes des brins d'avoine, ou à se jouer entre eux, sans qu'on les vît. La robe d'Emma, trop longue, traînait un peu par le bas ; de temps à autre, elle s'arrêtait pour la tirer, et alors délicatement, de ses doigts gantés, elle enlevait les herbes rudes avec les petits dards des chardons, pendant que Charles, les mains vides, attendait qu'elle eût fini. Le père Rouault, un chapeau de soie neuf sur la tête et les parements de son habit noir lui couvrant les mains jusqu'aux ongles, donnait le bras à madame Bovary mère. Quant à M. Bovary père, qui, méprisant au fond tout ce monde-là, était venu simplement avec une redingote à un rang de boutons d'une coupe militaire, il débitait des galanteries d'estaminet à une jeune paysanne blonde. Elle saluait, rougissait, ne savait que répondre. Les autres gens de la noce causaient de leurs affaires ou se faisaient des niches dans le dos, s'excitant d'avance à la gaieté ; et, en y prêtant l'oreille, on entendait toujours le crin-crin du ménétrier qui continuait à jouer dans la campagne. Quand il s'apercevait qu'on était loin derrière lui, il s'arrêtait à reprendre haleine, cirait longuement de colophane son archet, afin que les cordes grinçassent mieux, et puis il se remettait à marcher, abaissant et levant tour à tour le manche de son violon, pour se bien marquer la mesure à lui-même. Le bruit de l'instrument faisait partir de loin les petits oiseaux.
La tavola era apparecchiata sotto la tettoia dei carri. C'erano quattro lombate di bue, sei fricassee di pollo, un umido di vitello, tre cosciotti arrosto, e, nel mezzo, un bel maialino di latte allo spiedo, circondato da quattro salsicciotti all'acetosella. Negli angoli troneggiavano le bottiglie di acquavite e il sidro dolce, imbottigliato, premeva con la sua spuma densa contro i turaccioli. Tutti i bicchieri erano già stati riempiti di vino fino all'orlo. Grandi piatti di crema gialla tremolavano alla più piccola scossa della tavola e mostravano sulla liscia superficie le iniziali degli sposi novelli tracciate con un sottile arabesco. Era venuto un pasticciere di Yvetot per occuparsi delle torte e dei torroni. Questi si era dato un gran da fare, non essendo conosciuto nel paese, e al dolce servì personalmente una torta decorata che strappò grida di meraviglia. La base era costituita da un cartone quadrato azzurro, raffigurante un tempio con portici, colonnati, statuette di stucco disposte tutto intorno in nicchie costellate di stelle di carta dorata; al secondo ripiano v'era un torrione di pasta di savoiardi circondato da minute fortificazioni di angelica, mandorle, uva passa, spicchi d'arancia; infine sulla piattaforma superiore, costituita da un prato verde con rocce e laghi di marmellata ove navigavano barchette di gusci di nocciole, un Amorino si dondolava su un'altalena di cioccolata i cui pali di sostegno terminavano con due boccioli di rose fresche poste lì sopra a guisa di pomoli. C'était sous le hangar de la charretterie que la table était dressée. Il y avait dessus quatre aloyaux, six fricassées de poulets, du veau à la casserole, trois gigots, et, au milieu, un joli cochon de lait rôti, flanqué de quatre endeuilles à l'oseille. Aux angles, se dressait l'eau-de-vie dans des carafes. Le cidre doux en bouteilles poussait sa mousse épaisse autour des bouchons, et tous les verres, d'avance, avaient été remplis de vin jusqu'au bord. De grands plats de crème jaune, qui flottaient d'eux-mêmes au moindre choc de la table, présentaient, dessinés sur leur surface unie, les chiffres des nouveaux époux en arabesques de nonpareille. On avait été chercher un pâtissier à Yvetot, pour les tourtes et les nougats. Comme il débutait dans le pays, il avait soigné les choses ; et il apporta, lui-même, au dessert, une pièce montée qui fit pousser des cris. A la base, d'abord, c'était un carré de carton bleu figurant un temple avec portiques, colonnades et statuettes de stuc tout autour, dans des niches constellées d'étoiles en papier doré ; puis se tenait au second étage un donjon en gâteau de Savoie, entouré de menues fortifications en angélique, amandes, raisins secs, quartiers d'oranges ; et enfin, sur la plate-forme supérieure, qui était une prairie verte où il y avait des rochers avec des lacs de confitures et des bateaux en écales de noisettes, on voyait un petit Amour, se balançant à une escarpolette de chocolat, dont les deux poteaux étaient terminés par deux boutons de rose naturels, en guise de boules, au sommet.
Continuarono a mangiare fino a sera. Quando erano stanchi di stare seduti, i commensali si alzavano, andavano a passeggiare nei cortili, o a fare una partita al gioco del turacciolo nel granaio, per poi rimettersi a tavola. Verso la fine qualcuno si addormentò e si mise a russare. Ma, arrivati al caffè, tutti si rianimarono: intonarono canti, fecero gare di forza sollevando pesi, passando sotto il proprio pollice, tentando di sollevare i carretti sulle spalle, raccontarono storielle salaci, abbracciarono le proprie dame. Quando giunse il momento di andarsene, la sera, i cavalli, ingozzati di avena fino agli occhi, non entrarono tanto facilmente fra le stanghe; si inalberavano, sgroppavano, rompevano i finimenti. I padroni ridevano e imprecavano, e per tutta la notte, sotto il chiaro di luna, sulle strade della regione, vi furono calessi trascinati al gran galoppo che traballavano nei rigagnoli, sobbalzavano sui mucchi di ciottoli, si fermavano contro le scarpate con le donne che si spenzolavano fuori dei finestrini per afferrare le redini. Jusqu'au soir, on mangea. Quand on était trop fatigué d'être assis, on allait se promener dans les cours ou jouer une partie de bouchon dans la grange ; puis on revenait à table. Quelques-uns, vers la fin, s'y endormirent et ronflèrent. Mais, au café, tout se ranima ; alors on entama des chansons, on fit des tours de force, on portait des poids, on passait sous son pouce, on essayait à soulever les charrettes sur ses épaules, on disait des gaudrioles, on embrassait les dames. Le soir, pour partir, les chevaux gorgés d'avoine jusqu'aux naseaux, eurent du mal à entrer dans les brancards ; ils ruaient, se cabraient, les harnais se cassaient, leurs maîtres juraient ou riaient ; et toute la nuit, au clair de la lune, par les routes du pays, il y eut des carrioles emportées qui couraient au grand galop, bondissant dans les saignées, sautant par-dessus les mètres de cailloux, s'accrochant aux talus, avec des femmes qui se penchaient en dehors de la portière pour saisir les guides.
Quelli che si erano fermati ai Bertaux trascorsero la notte bevendo, in cucina. I ragazzi si erano addormentati sotto le panche. Ceux qui restèrent aux Bertaux passèrent la nuit à boire dans la cuisine. Les enfants s'étaient endormis sous les bancs.
La sposa aveva supplicato suo padre perché le fossero risparmiati gli scherzi consueti. Papà Rouault arrivò giusto in tempo per impedire a un cugino pescivendolo, il quale aveva portato come regalo di nozze due sogliole, di soffiare con la bocca un getto d'acqua attraverso la serratura nella camera nuziale. Dovette spiegargli che la posizione di suo genero non consentiva tali sconvenienze. Ma il cugino non si lasciò convincere. Dentro di sé accusava papà Rouault di superbia e infine andò a riunirsi in un angolo a quattro o cinque altri invitati, i quali, essendo loro toccati per caso a tavola, varie volte di seguito, pezzi di carne scadenti, si sentivano maltrattati e mormoravano alle spalle dell'ospite augurandosi con parole velate la sua rovina. La mariée avait supplié son père qu'on lui épargnât les plaisanteries d'usage. Cependant, un mareyeur de leurs cousins ( qui même avait apporté, comme présent de noces, une paire de soles ) commençait à souffler de l'eau avec sa bouche par le trou de la serrure, quand le père Rouault arriva juste à temps pour l'en empêcher, et lui expliqua que la position grave de son gendre ne permettait pas de telles inconvenances. Le cousin, toutefois, céda difficilement à ces raisons. En dedans de lui-même, il accusa le père Rouault d'être fier, et il alla se joindre dans un coin à quatre ou cinq autres des invités qui, ayant eu par hasard plusieurs fois de suite à table les bas morceaux des viandes, trouvaient aussi qu'on les avait mal reçus, chuchotaient sur le compte de leur hôte et souhaitaient sa ruine à mots couverts.
La signora Bovary madre non aveva aperto bocca in tutta la giornata. Non era stata interpellata né sull'abito della nuora né per l'allestimento della festa. Si ritirò presto in camera sua. Il marito, invece di seguirla, mandò a prendere dei sigari a Saint-Victor e fumò fino a giorno, bevendo grog al maraschino, miscuglio sconosciuto alla compagnia che lo fece salire ancora di più nella considerazione altrui. Madame Bovary mère n'avait pas desserré les dents de la journée. On ne l'avait consultée ni sur la toilette de la bru, ni sur l'ordonnance du festin ; elle se retira de bonne heure. Son époux, au lieu de la suivre, envoya chercher des cigares à Saint-Victor et fuma jusqu'au jour, tout en buvant des grogs au kirsch, mélange inconnu à la campagne, et qui fut pour lui comme la source d'une considération plus grande encore.
Charles non aveva un'indole faceta. Durante il banchetto di nozze non aveva brillato affatto. Aveva risposto in modo mediocre ai frizzi, ai giochi di parole, ai doppi sensi, ai complimenti e alle spiritosaggini audaci che tutti si erano fatti un dovere di indirizzargli dall'inizio del pranzo. Charles n'était point de complexion facétieuse, il n'avait pas brillé pendant la noce. Il répondit médiocrement aux pointes, calembours, mots à double entente, compliments et paillardises que l'on se fit un devoir de lui décocher dès le potage.
Il giorno dopo, in compenso, sembrava un altro uomo. Lo si sarebbe detto la vergine della vigilia, mentre la sposa non lasciava trapelare nulla che consentisse di indovinare alcunché. I più scaltri non sapevano che cosa dire e, quando se la vedevano passare vicino, la osservavano con un interesse fuori di misura. Charles non cercava di dissimulare. La chiamava mogliettina, le dava del tu, chiedeva a tutti di lei, la cercava dappertutto e spesso lo si vedeva di lontano, mentre si tratteneva con lei in giardino fra gli alberi, cingerla con il braccio alla vita e continuare a camminare chinato a metà su di lei, gualcendole con il capo le gale intorno al collo del corsetto. Le lendemain, en revanche, il semblait un autre homme. C'est lui plutôt que l'on eût pris pour la vierge de la veille, tandis que la mariée ne laissait rien découvrir où l'on pût deviner quelque chose. Les plus malins ne savaient que répondre, et ils la considéraient, quand elle passait près d'eux, avec des tensions d'esprit démesurées. Mais Charles ne dissimulait rien. Il l'appelait " ma femme " , la tutoyait, s'informait d'elle à chacun, la cherchait partout, et souvent il l'entraînait dans les cours, où on l'apercevait de loin, entre les arbres, qui lui passait le bras sous la taille et continuait à marcher à demi penché sur elle, en lui chiffonnant avec sa tête la guimpe de son corsage.
Gli sposi se ne andarono due giorni dopo le nozze: Deux jours après la noce, les époux s'en allèrent :
Charles non avrebbe potuto trascurare più a lungo i suoi malati. Partirono sul barroccino di papà Rouault, che li accompagnò fino a Vassonville. Qui egli abbracciò ancora una volta la figlia, scese e tornò indietro. Ma, fatti un centinaio di passi, si fermò, e, guardando il barroccio che si allontanava con le ruote turbinanti nella polvere, emise un gran sospiro. Ricordava il suo matrimonio, i tempi di una volta, la prima gravidanza della moglie; era stato felice anche lui, il giorno in cui l'aveva condotta dalla casa paterna alla sua, in groppa al cavallo che galoppava nella neve; mancava poco a Natale e la campagna era tutta bianca; ella gli si teneva aggrappata con un braccio, mentre l'altro reggeva un paniere; le lunghe trine dell'acconciatura tipica delle donne di Caux le passavano sulla bocca, agitate dal vento, e quando lui voltava la testa, vedeva sopra la propria spalla il minuto viso roseo che sorrideva in silenzio, sotto la fascia d'oro della cuffia. Per scaldarsi le mani, ogni tanto ella gliele infilava nell'abbottonatura della giacca. Com'era lontano tutto questo! Adesso il loro figliolo avrebbe avuto trent'anni! Si voltò ancora una volta, ma sulla strada non c'era più nessuno. Si sentì triste come una casa vuota; i pensieri neri si mescolarono con i teneri ricordi, nel suo cervello offuscato dai vapori della baldoria, e per un momento sentì il desiderio di andare a fare un giro dalla parte della chiesa. Ma ebbe paura di diventare ancora più malinconico e tornò subito a casa. Charles, à cause de ses malades, ne pouvait s'absenter plus longtemps. Le père Rouault les fit reconduire dans sa carriole et les accompagna lui-même jusqu'à Vassonville. Là, il embrassa sa fille une dernière fois, mit pied à terre et reprit sa route. Lorsqu'il eut fait cent pas environ, il s'arrêta, et, comme il vit la carriole s'éloignant, dont les roues tournaient dans la poussière, il poussa un gros soupir. Puis il se rappela ses noces, son temps d'autrefois, la première grossesse de sa femme ; il était bien joyeux, lui aussi, le jour qu'il l'avait emmenée de chez son père dans sa maison, quand il la portait en croupe en trottant sur la neige ; car on était aux environs de Noël et la campagne était toute blanche ; elle le tenait par un bras, à l'autre était accroché son panier ; le vent agitait les longues dentelles de sa coiffure cauchoise, qui lui passaient quelquefois sur la bouche, et, lorsqu'il tournait la tête, il voyait près de lui, sur son épaule, sa petite mine rosée qui souriait silencieusement, sous la plaque d'or de son bonnet. Pour se réchauffer les doigts, elle les lui mettait, de temps en temps, dans la poitrine. Comme c'était vieux tout cela ! Leur fils, à présent, aurait trente ans ! Alors il regarda derrière lui, il n'aperçut rien sur la route. Il se sentit triste comme une maison démeublée ; et, les souvenirs tendres se mêlant aux pensées noires dans sa cervelle obscurcie par les vapeurs de la bombance, il eut bien envie un moment d'aller faire un tour du côté de l'église. Comme il eut peur, cependant, que cette vue ne le rendît plus triste encore, il s'en revint tout droit chez lui.
Charles e sua moglie arrivarono a Tostes verso le sei. I vicini vennero alle finestre per veder la nuova sposa del medico. La vieille bonne se présenta, lui fit ses salutations, s'excusa de ce que le dîner n'était pas prêt, et engagea Madame, en attendant, à prendre connaissance de sa maison
La vecchia governante si presentò, porse loro il benvenuto, si scusò perché la cena non era ancora pronta ed esortò la signora a visitare intanto la casa.

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La facciata in mattoni dava direttamente sulla via, o meglio, sulla strada maestra. Dietro la porta si trovavano appesi un pastrano con il bavero piccolo, una briglia, un berretto di pelle nero, e in un angolo, per terra, un paio di stivali ancora coperti di fango secco. A destra c'era la sala, e cioè la stanza dove si mangiava e si passavano le giornate. Una tappezzeria giallo-canarino, ravvivata in alto da una ghirlanda di fiori a tinte delicate, tremolava da cima a fondo sulla tela mal tesa; le tende di calicò orlate di rosso si incrociavano alle finestre e sulla stretta mensola del caminetto luccicava una pendola che rappresentava una testa di Ippocrate, fra due lampade di argento placcato sormontate da globi di forma ovale. All'altro lato del corridoio v'era lo studio di Charles, una stanzetta larga circa sei passi, arredata con tre sedie, un tavolo e una poltrona da ufficio. I volumi del dizionario della scienza medica, intonsi, ma con la rilegatura rovinata per essere passati fra le mani di troppi padroni, occupavano quasi da soli i sei ripiani di una libreria in legno di abete. Gli odori dei cibi penetravano nello studio, durante le consultazioni, e in cucina si udivano i malati tossire e raccontare tutte le loro afflizioni. Uno stanzone mal tenuto si apriva direttamente sul cortile dove c'era la scuderia: conteneva un forno e serviva da legnaia, cantina, ripostiglio; era pieno di ferrivecchi, barili vuoti, attrezzi agricoli fuori uso e di una gran quantità di cose coperte di polvere delle quali sarebbe stato impossibile indovinare l'uso. La façade de briques était juste à l'alignement de la rue, ou de la route plutôt. Derrière la porte se trouvaient accrochés un manteau à petit collet, une bride, une casquette de cuir noir, et, dans un coin, à terre, une paire de houseaux encore couverts de boue sèche. A droite était la salle, c'est-à-dire l'appartement où l'on mangeait et où l'on se tenait. Un papier jaune-serin, relevé dans le haut par une guirlande de fleurs pâles, tremblait tout entier sur sa toile mal tendue ; et sur l'étroit chambranle de la cheminée resplendissait une pendule à tête d'Hippocrate, entre deux flambeaux d'argent plaqué, sous des globes de forme ovale. De l'autre côté du corridor était le cabinet de Charles, petite pièce de six pas de large environ, avec une table, trois chaises et un fauteuil de bureau. Les tomes du Dictionnaire des sciences médicales , non coupés, mais dont la brochure avait souffert dans toutes les ventes successives par où ils avaient passé, garnissaient presque à eux seuls, les six rayons d'une bibliothèque en bois de sapin. L'odeur des roux pénétrait à travers la muraille, pendant les consultations, de même que l'on entendait de la cuisine, les malades tousser dans le cabinet et débiter toute leur histoire. Venait ensuite, s'ouvrant immédiatement sur la cour, où se trouvait l'écurie, une grande pièce délabrée qui avait un four, et qui servait maintenant de bûcher, de cellier, de garde-magasin, pleine de vieilles ferrailles, de tonneaux vides, d'instruments de culture hors de service, avec quantité d'autres choses poussiéreuses dont il était impossible de deviner l'usage.
Il giardino, più lungo che largo, si stendeva fra due muri assai rustici coperti da albicocchi a spalliera fino a una siepe di rovi che lo separava dai campi. In mezzo, una meridiana d'ardesia era posata su un piedistallo in muratura; quattro stente aiuole di rose canine circondavano simmetricamente il terreno destinato alle coltivazioni, più utili, degli ortaggi. In fondo, sotto gli abeti nani, un curato di pietra leggeva il breviario. Le jardin, plus long que large, allait, entre deux murs de bauge couverts d'abricots en espalier, jusqu'à une haie d'épines qui le séparait des champs. Il y avait au milieu un cadran solaire en ardoise, sur un piédestal de maçonnerie ; quatre plates-bandes garnies d'églantiers maigres entouraient symétriquement le carré plus utile des végétations sérieuses. Tout au fond, sous les sapinettes, un curé de plâtre lisait son bréviaire.
Emma salì nelle camere. La prima era vuota, ma la seconda, quella matrimoniale, conteneva un letto di mogano sotto un'alcova disegnata drappeggiata di rosso. Una scatola coperta di conchiglie decorava il cassettone e sullo scrittoio vicino alla finestra, infilato in una bottiglia, c'era un mazzolino di fiori d'arancio legato con un nastro di raso bianco. Un mazzolino da sposa, quello dell'altra! Emma lo guardò. Charles se ne accorse, lo prese e lo portò in solaio, mentre sua moglie, accomodata in una poltrona (le sue cose venivano intanto sistemate intorno a lei), pensava al proprio mazzolino, riposto in una scatola di cartone, e si domandava, fantasticando, che fine avrebbe fatto se per caso fosse morta. Emma monta dans les chambres. La première n'était point meublée ; mais la seconde, qui était la chambre conjugale, avait un lit d'acajou dans une alcôve à draperie rouge. Une boîte en coquillages décorait la commode ; et, sur le secrétaire, près de la fenêtre, il y avait, dans une carafe, un bouquet de fleurs d'oranger, noué par des rubans de satin blanc. C'était un bouquet de mariée, le bouquet de l'autre ! Elle le regarda. Charles s'en aperçut, il le prit et l'alla porter au grenier, tandis qu'assise dans un fauteuil ( on disposait ses affaires autour d'elle ) , Emma songeait à son bouquet de mariage, qui était emballé dans un carton, et se demandait, en rêvant, ce qu'on en ferait, si par hasard elle venait à mourir.
Durante i primi giorni fu occupata a studiare i cambiamenti da apportare alla casa. Tolse i globi dai candelabri, fece tappezzare di nuovo le camere, ridipingere la scala e mettere panchine nel giardino, tutto intorno alla meridiana; domandò come avrebbe potuto fare per avere una vasca con lo zampillo e i pesci rossi. E poi, suo marito, sapendo ch'ella amava le passeggiate in carrozza, trovò un carrozzino d'occasione che, per aver avuto un tempo i fanali nuovi e i parafanghi di cuoio impunturato, sembrava quasi un tilbury. Elle s'occupa, les premiers jours, à méditer des changements dans sa maison. Elle retira les globes des flambeaux, fit coller des papiers neufs, repeindre l'escalier et faire des bancs dans le jardin, tout autour du cadran solaire ; elle demanda même comment s'y prendre pour avoir un bassin à jet d'eau avec des poissons. Enfin son mari, sachant qu'elle aimait à se promener en voiture, trouva un boc d'occasion, qui, ayant une fois des lanternes neuves et des garde-crotte en cuir piqué, ressembla presque à un tilbury.
Charles era felice e senza pensieri. Una cenetta a due, una passeggiata la sera sulla strada maestra, un gesto della mano di Emma sui capelli, la vista del suo cappellino di paglia appeso alla maniglia di una finestra e un'infinità di altre cose dalle quali non aveva mai immaginato di poter trarre piacere, formavano il tessuto della sua felicità. Al mattino, a letto, con il capo accanto a quello di lei, sul guanciale, guardava la luce del sole filtrare attraverso la peluria bionda delle sue gote per metà nascoste dai lembi della cuffietta. Visti così da vicino, i suoi occhi gli sembravano più grandi, soprattutto quando Emma, svegliandosi, apriva e chiudeva più volte le palpebre; erano neri all'ombra e blu scuri nella luce piena, sembravano fatti a strati sovrapposti di colore, più denso dapprima e poi sempre più chiaro verso la superficie della cornea. Lo sguardo di lui si perdeva in quegli specchi profondi nei quali scorgeva rimpicciolita la propria immagine, fino alle spalle, con il fazzoletto di seta che le copriva il capo, e il collo della camicia aperto. E poi veniva l'ora di alzarsi. Lei si affacciava alla finestra per vederlo andar via; stava con i gomiti appoggiati al davanzale fra due vasi di gerani, indossando una vestaglia ampia. Charles, in strada, si allacciava gli speroni appoggiando il piede al paracarro, mentre ella continuava a conversare con lui dall'alto, strappando con la bocca pezzetti di fiore o d'erba, che soffiava dalla sua parte: volteggiavano, planavano, disegnavano semicerchi nell'aria, come un uccello, e andavano, prima di cadere, ad attaccarsi ai crini mal strigliati della vecchia cavalla bianca, immobile davanti alla porta. Montato a cavallo, Charles le mandava un bacio, lei rispondeva con un gesto, chiudeva la finestra ed egli se ne andava. Sulla strada maestra simile a un interminabile nastro di polvere, nei sentieri profondi lungo i quali gli alberi, curvandosi, formavano una cortina, nei viottoli ove il grano gli arrivava ai ginocchi, sotto il sole e con il profumo del mattino nelle narici, con il cuore pieno della gioia della notte, con l'animo in pace e i sensi appagati, se ne andava ruminando la sua felicità, come chi assapori, dopo mangiato, il gusto dei tartufi che sta digerendo. Il était donc heureux et sans souci de rien au monde. Un repas en tête-à-tête, une promenade le soir sur la grande route, un geste de sa main sur ses bandeaux, la vue de son chapeau de paille rond accroché à l'espagnolette d'une fenêtre, et bien d'autres choses encore où Charles n'avait jamais soupçonné de plaisir, composaient maintenant la continuité de son bonheur. Au lit, le matin, et côte à côte sur l'oreiller, il regardait la lumière du soleil passer parmi le duvet de ses joues blondes, que couvraient à demi les pattes escalopées de son bonnet. Vus de si près, ses yeux lui paraissaient agrandis, surtout quand elle ouvrait plusieurs fois de suite ses paupières en s'éveillant ; noirs à l'ombre et bleu foncé au grand jour, ils avaient comme des couches de couleurs successives, et qui plus épaisses dans le fond, allaient en s'éclaircissant vers la surface de l'émail. Son oeil, à lui, se perdait dans ces profondeurs, et il s'y voyait en petit jusqu'aux épaules, avec le foulard qui le coiffait et le haut de sa chemise entrouvert. Il se levait. Elle se mettait à la fenêtre pour le voir partir ; et elle restait accoudée sur le bord, entre deux pots de géraniums, vêtue de son peignoir, qui était lâche autour d'elle. Charles, dans la rue, bouclait ses éperons sur la borne ; et elle continuait à lui parler d'en haut, tout en arrachant avec sa bouche quelque bribe de fleur ou de verdure qu'elle soufflait vers lui, et qui voltigeant, se soutenant, faisant dans l'air des demi-cercles comme un oiseau, allait, avant de tomber, s'accrocher aux crins mal peignés de la vieille jument blanche, immobile à la porte. Charles, à cheval, lui envoyait un baiser ; elle répondait par un signe, elle refermait la fenêtre, il partait. Et alors, sur la grande route qui étendait sans en finir son long ruban de poussière, par les chemins creux où les arbres se courbaient en berceaux, dans les sentiers dont les blés lui montaient jusqu'aux genoux, avec le soleil sur ses épaules et l'air du matin à ses narines, le coeur plein des félicités de la nuit, l'esprit tranquille, la chair contente, il s'en allait ruminant son bonheur, comme ceux qui mâchent encore, après dîner, le goût des truffes qu'ils digèrent.
Fino a quel giorno, che cosa gli aveva dato la vita? Aveva conosciuto la felicità, forse, quando in collegio restava chiuso fra quelle alte mura, solo, in mezzo ai compagni più ricchi o più bravi di lui negli studi, che ridevano per il suo accento, lo burlavano per i suoi abiti, e le cui madri venivano in parlatorio con i manicotti pieni di dolciumi? O più tardi, quando studiava medicina e non aveva mai il borsellino così ben fornito da potersi permettere di portare a ballare qualche sartina che diventasse poi la sua amichetta? In seguito aveva vissuto per quattordici mesi con la vedova che a letto aveva i piedi freddi come ghiaccioli. Ma adesso possedeva per tutta la vita questa deliziosa fanciulla che adorava. Per lui l'universo non andava oltre l'orlo di seta della gonna di Emma; si rimproverava di non amarla abbastanza, non vedeva l'ora di rivederla, tornava a casa più presto che poteva, saliva le scale con il cuore in gola. Emma, nella sua camera, si faceva bella: Charles arrivava in punta di piedi e la baciava sul collo facendola gridare dalla sorpresa. Jusqu'à présent, qu'avait-il eu de bon dans l'existence ? Etait-ce son temps de collège, où il restait enfermé entre ces hauts murs, seul au milieu de ses camarades plus riches ou plus forts que lui dans leurs classes, qu'il faisait rire par son accent, qui se moquaient de ses habits, et dont les mères venaient au parloir avec des pâtisseries dans leur manchon ? Etait-ce plus tard, lorsqu'il étudiait la médecine et n'avait jamais la bourse assez ronde pour payer la contredanse à quelque petite ouvrière qui fût devenue sa maîtresse ? Ensuite il avait vécu pendant quatorze mois avec la veuve, dont les pieds, dans le lit, étaient froids comme des glaçons. Mais, à présent, il possédait pour la vie cette jolie femme qu'il adorait. L'univers, pour lui, n'excédait pas le tour soyeux de son jupon ; et il se reprochait de ne pas l'aimer, il avait envie de la revoir ; il s'en revenait vite, montait l'escalier, le coeur battant. Emma, dans sa chambre, était à faire sa toilette ; il arrivait à pas muets, il la baisait dans le dos, elle poussait un cri.
Non era capace di astenersi dal toccare continuamente il pettine, gli anelli, lo scialletto di lei; qualche volta le dava grossi baci schioccanti sulle gote, o la baciava dolcemente sulle braccia nude, dalla punta delle dita fino alle spalle; e lei lo respingeva, fra sorridente e annoiata, come si fa con un bambino troppo insistente. Il ne pouvait se retenir de toucher continuellement à son peigne, à ses bagues, à son fichu ; quelquefois, il lui donnait sur les joues de gros baisers à pleine bouche, ou c'étaient de petits baisers à la file tout le long de son bras nu, depuis le bout des doigts jusqu'à l'épaule ; et elle le repoussait, à demi souriante et ennuyée, comme on fait à un enfant qui se pend après vous.
Prima di sposarsi, Emma aveva creduto di essere innamorata, ma la felicità che sarebbe dovuta nascere da questo amore non esisteva, ed ella pensava ormai di essersi sbagliata. Cercava ora di capire che cosa volessero dire realmente le parole felicità, passione, ebbrezza, che le erano sembrate così belle nei libri. Avant qu'elle se mariât, elle avait cru avoir de l'amour ; mais le bonheur qui aurait dû résulter de cet amour n'étant pas venu, il fallait qu'elle se fût trompée, songea-t-elle. Et Emma cherchait à savoir ce que l'on entendait au juste dans la vie par les mots de félicité, de passion et d'ivresse , qui lui avaient paru si beaux dans les livres

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Aveva letto Paolo e Virginia, e aveva sognato la casetta di bambù, il negro Domingo, il cane Fedele, ma soprattutto la dolce amicizia di un bravo fratellino che vada a cogliere per noi frutti rossi su un albero più alto di un campanile, o che corra a piedi nudi sulla sabbia, per portarci un nido di uccelli. Elle avait lu Paul et Virginie et elle avait rêvé la maisonnette de bambous, le nègre Domingo, le chien Fidèle, mais surtout l'amitié douce de quelque bon petit frère, qui va chercher pour vous des fruits rouges dans des grands arbres plus hauts que des clochers, ou qui court pieds nus sur le sable, vous apportant un nid d'oiseau.
All'età di tredici anni suo padre la condusse con sé in città per metterla in collegio. Scesero in un albergo del quartiere Saint-Gervais, e mangiarono in piatti dipinti che illustravano la storia di madamigella di La Vallière. Le leggende esplicative, tagliate qua e là dai graffi dei coltelli, glorificavano tutte la religione, le gioie dello spirito, e i fasti della corte. Lorsqu'elle eut treize ans, son père l'amena lui-même à la ville, pour la mettre au couvent. Ils descendirent dans une auberge du quartier Saint-Gervais où ils eurent à leur souper des assiettes peintes qui représentaient l'histoire de mademoiselle de la Vallière. Les explications légendaires, coupées çà et là par l'égratignure des couteaux, glorifiaient toutes la religion, les délicatesses du coeur et les pompes de la Cour.
I primi tempi, in collegio, non si annoiò affatto; le piaceva la compagnia delle buone suore che, per divertirla, la conducevano nella cappella alla quale si accedeva dal refettorio per mezzo di un lungo corridoio. Giocava pochissimo durante la ricreazione, imparava bene il catechismo ed era sempre lei a rispondere a Monsignor Vicario nelle domande difficili. Vivendo senza mai uscire, nella tiepida atmosfera della scuola, in mezzo a queste donne smunte, con i loro rosari dalla croce di ottone, ella si assopì pian piano nel languore mistico che esala dai profumi dell'altare, dalla frescura delle acquasantiere e dal baluginio dei ceri. Invece di seguire la messa, guardava nel libriccino le pie vignette bordate d'azzurro; le piacevano la pecorella ammalata, il Sacro Cuore trafitto da frecce appuntite e il povero Gesù che cade portando la croce. Provò a stare un giorno intero senza mangiare per fare penitenza e studiava dentro di sé qualche voto da compiere. Loin de s'ennuyer au couvent les premiers temps, elle se plut dans la société des bonnes soeurs, qui, pour l'amuser, la conduisaient dans la chapelle, où l'on pénétrait du réfectoire par un long corridor. Elle jouait fort peu durant les récréations, comprenait bien le catéchisme, et c'est elle qui répondait toujours à M. le vicaire dans les questions difficiles. Vivant donc sans jamais sortir de la tiède atmosphère des classes et parmi ces femmes au teint blanc portant des chapelets à croix de cuivre, elle s'assoupit doucement à la langueur mystique qui s'exhale des parfums de l'autel, de la fraîcheur des bénitiers et du rayonnement des cierges. Au lieu de suivre la messe, elle regardait dans son livre les vignettes pieuses bordées d'azur, et elle aimait la brebis malade, le Sacré-Coeur percé de flèches aiguës, où le pauvre Jésus, qui tombe en marchant sur sa croix. Elle essaya, par mortification, de rester tout un jour sans manger. Elle cherchait dans sa tête quelque voeu à accomplir.
Quando andava a confessarsi, si accusava di piccoli peccati non commessi per poter rimanere più a lungo inginocchiata nell'ombra, con le mani giunte e il viso contro la grata, ascoltando i bisbigli del prete. Le parole fidanzato, sposo, amante celeste e matrimonio eterno, che ricorrono così spesso come paragoni nelle prediche, suscitavano nel fondo del suo cuore dolcezze inattese. Quand elle allait à confesse, elle inventait de petits péchés afin de rester là plus longtemps, à genoux dans l'ombre, les mains jointes, le visage à la grille sous le chuchotement du prêtre. Les comparaisons de fiancé , d'époux, d'amant céleste et de mariage éternel qui reviennent dans les sermons lui soulevaient au fond de l'âme des douceurs inattendues.
La sera, prima delle preghiere, aveva luogo nella sala di studio una lettura religiosa. Durante la settimana si leggevano sommari di storia sacra o le Conferenze dell'abate Frayssinous; e la domenica, per ricrearsi, qualche passo del Genio del Cristianesimo. Con quanta intensità ascoltò, le prime volte, la lamentazione sonora di quelle malinconie romantiche, reiteranti tutti gli echi della terra e dell'eternità! Se la sua infanzia fosse trascorsa nella retrobottega di un quartiere commerciale cittadino, avrebbe potuto entusiasmarsi per i travolgimenti lirici della natura che giungono a chi vive in città soltanto attraverso l'interpretazione degli scrittori. Ma ella conosceva anche troppo la campagna, i belati degli armenti, i prodotti del latte, gli aratri. Abituata alla tranquillità, desiderava per contrasto tutto ciò che era movimentato. Amava il mare soltanto per le sue tempeste, e la vegetazione solamente se cresceva a stento e rada in mezzo alle rovine. Era necessario per lei trarre dalle cose una specie di utile personale e respingeva come superfluo tutto ciò che non appagasse la brama immediata del cuore. Era più una sentimentale che un'artista, cercava emozioni più che paesaggi. Le soir, avant la prière, on faisait dans l'étude une lecture religieuse. C'était, pendant la semaine, quelque résumé d'Histoire Sainte ou les Conférences , de l'abbé Frayssinous, et, le dimanche, des passages du Génie du Christianisme par récréation. Comme elle écouta, les premières fois, la lamentation sonore des mélancolies romantiques se répétant à tous les échos de la terre et de l'éternité ! Si son enfance se fût écoulée dans l'arrière-boutique d'un quartier marchand, elle se serait peut-être ouverte alors aux envahissements lyriques de la nature, qui, d'ordinaire, ne nous arrivent que par la traduction des écrivains. Mais elle connaissait trop la campagne ; elle savait le bêlement des troupeaux, les laitages, les charrues. Habituée aux aspects calmes, elle se tournait, au contraire, vers les accidentés. Elle n'aimait la mer qu'à cause de ses tempêtes, et la verdure seulement lorsqu'elle était clairsemée parmi les ruines. Il fallait qu'elle pût retirer des choses une sorte de profit personnel ; et elle rejetait comme inutile tout ce qui ne contribuait pas à la consommation immédiate de son coeur, -- étant de tempérament plus sentimentale qu'artiste, cherchant des émotions et non des paysages.
Ogni mese veniva al convento, per otto giorni, una vecchia zitella ad accomodare la biancheria. Protetta dall'arcivescovo perché appartenente a un'antica famiglia nobile rovinata dalla rivoluzione, mangiava nel refettorio alla tavola delle suore e rimaneva con loro dopo il pasto a fare quattro chiacchiere prima di riprendere il lavoro. Spesso le educande scappavano dalla sala di studio per andare da lei. Conosceva a memoria certe canzoni galanti del secolo passato e le cantava a mezza voce mentre cuciva. Raccontava storie e novità, faceva commissioni in città a chi ne aveva bisogno, e prestava di nascosto alle ragazze più grandi certi romanzi che teneva sempre in tasca del grembiule, e dei quali divorava anche lei lunghi capitoli negli intervalli del suo lavoro. Non parlavano che di amore, di amanti e di innamorate, dame perseguitate che scomparivano in padiglioni fuori mano, postiglioni uccisi a ogni tappa, cavalli sfiancati in tutte le pagine, foreste tenebrose, cuori in tormento, giuramenti, singhiozzi, lacrime e baci, barche al chiaro di luna, usignoli nei boschetti, cavalieri coraggiosi come leoni, mansueti come agnelli, e virtuosi come nessuno, sempre ben vestiti e malinconici come sepolcri. Per sei mesi di fila, a quindici anni, Emma si imbrattò le mani con questa polvere di vecchie sale di lettura. Leggendo Walter Scott si appassionò più tardi ai soggetti storici, sognò forzieri, corpi di guardia, e menestrelli. Le sarebbe piaciuto vivere in qualche vecchio maniero, come quelle castellane dai lunghi corsetti, che passavano i giorni affacciate a una finestra a trifora, con i gomiti sulla pietra e il mento fra le mani, per veder giungere dal limite della campagna un cavaliere biancopiumato galoppante su un cavallo nero. In quel periodo si diede al culto di Maria Stuarda e, con una venerazione entusiasta, di tutte le donne illustri o sfortunate. Giovanna d'Arco, Héloïse, Agnès Sorel, la bella Ferronière e Clémence Isaure rifulgevano come comete contro la tenebrosa immensità della storia, ove spiccavano ancora qua e là, ma con assai minor rilievo, e senza alcun rapporto fra loro, San Luigi con la quercia, Baiardo morente, qualche crudeltà di Luigi XI, qualche notizia sulla notte di San Bartolomeo, il pennacchio del Bearnese, e, sempre vivo, il ricordo dei piatti dipinti che esaltavano Luigi XIV. Il y avait au couvent une vieille fille qui venait tous les mois, pendant huit jours, travailler à la lingerie. Protégée par l'archevêché comme appartenant à une ancienne famille de gentilshommes ruinés sous la Révolution, elle mangeait au réfectoire à la table des bonnes soeurs, et faisait avec elles, après le repas, un petit bout de causette avant de remonter à son ouvrage. Souvent les pensionnaires s'échappaient de l'étude pour l'aller voir. Elle savait par coeur des chansons galantes du siècle passé, qu'elle chantait à demi-voix, tout en poussant son aiguille. Elle contait des histoires, vous apprenait des nouvelles, faisait en ville vos commissions, et prêtait aux grandes, en cachette, quelque roman, qu'elle avait toujours dans les poches de son tablier, et dont la bonne demoiselle elle-même avalait de longs chapitres, dans les intervalles de sa besogne. Ce n'étaient qu'amours, amants, amantes, dames persécutées s'évanouissant dans des pavillons solitaires, postillons qu'on tue à tous les relais, chevaux qu'on crève à toutes les pages, forêts sombres, troubles du coeur, serments, sanglots, larmes et baisers nacelles au clair de lune rossignols dans les bosquets, messieurs braves comme des lions, doux comme des agneaux, vertueux comme on ne l'est pas, toujours bien mis, et qui pleurent comme des urnes. Pendant six mois, à quinze ans, Emma se graissa donc les mains à cette poussière des vieux cabinets de lecture. Avec Walter Scott, plus tard, elle s'éprit de choses historiques, rêva bahuts, salle des gardes et ménestrels. Elle aurait voulu vivre dans quelque vieux manoir, comme ces châtelaines au long corsage, qui, sous le trèfle des ogives, passaient leurs jours, le coude sur la pierre et le menton dans la main, à regarder venir du fond de la campagne un cavalier à plume blanche qui galope sur un cheval noir. Elle eut dans ce temps-là le culte de Marie Stuart, et des vénérations enthousiastes à l'endroit des femmes illustres ou infortunées. Jeanne d'Arc, Héloïse, Agnès Sorel, la belle Ferronnière et Clémence Isaure, pour elle, se détachaient comme des comètes sur l'immensité ténébreuse de l'histoire, où saillissaient encore çà et là, mais plus perdus dans l'ombre et sans aucun rapport entre eux, Saint Louis avec son chêne, Bayard mourant, quelques férocités de Louis XI, un peu de Saint-Barthélemy, le panache du Béarnais, et toujours le souvenir des assiettes peintes où Louis XIV était vanté.
Le canzoni che Emma cantava alle lezioni di musica parlavano soltanto di angioletti con le ali d'oro, di madonne, di lagune, di gondolieri; tranquille composizioni che le lasciavano intravedere, attraverso l'ingenuità dello stile e l'audacia della musica, la seducente fantasmagoria delle realtà sentimentali. Alcune delle compagne portavano in convento gli album dei ricordi ricevuti in dono. Bisognava tenerli nascosti e non era cosa da poco; li sfogliavano in dormitorio. Emma maneggiava con delicatezza le belle rilegature di raso e fissava con uno sguardo affascinato i nomi degli autori sconosciuti - spesso conti o visconti - che avevano firmato le loro composizioni. A la classe de musique, dans les romances qu'elle chantait, il n'était question que de petits anges aux ailes d'or, de madones, de lagunes, de gondoliers, pacifiques compositions qui lui laissaient entrevoir, à travers la niaiserie du style et les imprudences de la note, l'attirante fantasmagorie des réalités sentimentales. Quelques-unes de ses camarades apportaient au couvent les keepsakes qu'elles avaient reçus en étrennes. Il les fallait cacher, c'était une affaire ; on les lisait au dortoir. Maniant délicatement leurs belles reliures de satin, Emma fixait ses regards éblouis sur le nom des auteurs inconnus qui avaient signé, le plus souvent, comtes ou vicomtes, au bas de leurs pièces.
Sollevava fremendo, con un soffio, la carta velina delle illustrazioni che si alzava un po' piegata e ricadeva piano sulla contropagina. Si vedeva, dietro la balaustra di un balcone, un giovane con una corta mantellina, il quale stringeva fra le braccia una fanciulla in abito bianco, con una borsa appesa alla cintura; oppure il ritratto di un'anonima signora inglese, dai boccoli, che la fissava con i grandi occhi chiari di sotto la tesa di un cappello di paglia rotondo. Vi si vedevano signore adagiate su un carrozzone che correvano senza scosse nel parco, ove un levriero saltava davanti ai cavalli condotti al trotto da due piccoli postiglioni in pantaloni a coscia bianchi. Altre dame sognavano su divani, avendo accanto a sé missive dissuggellate e contemplando la luna attraverso la finestra semiaperta e per metà drappeggiata da una cortina nera. Le più ingenue baciavano, mentre una lagrima rigava loro la gota, una tortorella attraverso le sbarre di una gabbia gotica, oppure, sorridendo con il capo reclinato su una spalla, sfogliavano una margherita con le dita sottili e incurvate all'indietro come babbucce orientali. E c'eravate anche voi, sultani dalle lunghe pipe, in estasi sotto le volte a tutto sesto fra le braccia delle baiadere, e poi giaurri, scimitarre, fez, ma soprattutto voi, paesaggi sbiaditi di contrade esaltate all'eccesso, che spesso mostrate palmizi vicino a pinete, tigri a destra e un leone a sinistra, minareti tartari all'orizzonte e, in primo piano, rovine romane e cammelli accovacciati, il tutto inquadrato da una foresta vergine molto linda, con un raggio di sole tremolante nell'acqua sulla quale spiccano, come scalfitture bianche, qua e là, su un fondo grigio-acciaio, alcuni cigni che nuotano. Elle frémissait, en soulevant de son haleine le papier de soie des gravures, qui se levait à demi plié et retombait doucement contre la page. C'était derrière la balustrade d'un balcon, un jeune homme en court manteau qui serrait dans ses bras une jeune fille en robe blanche, portant une aumônière à sa ceinture ; ou bien les portraits anonymes des ladies anglaises à boucles blondes, qui, sous leur chapeau de paille vous regardent avec leurs grands yeux clairs. On en voyait d'étalées dans des voitures, glissant au milieu des parcs, où un lévrier sautait devant l'attelage que conduisaient au trot deux petits postillons en culotte blanche. D'autres, rêvant sur des sofas près d'un billet décacheté, contemplaient la lune, par la fenêtre entrouverte, à demi drapée d'un rideau noir. Les naïves, une larme sur la joue, becquetaient une tourterelle à travers les barreaux d'une cage gothique, ou, souriant la tête sur l'épaule, effeuillaient une marguerite de leurs doigts pointus, retroussés comme des souliers à la poulaine. Et vous y étiez aussi, sultans à longues pipes, pâmés sous des tonnelles, aux bras des bayadères, djiaours, sabres turcs, bonnets grecs, et vous surtout, paysages blafards des contrées dithyrambiques, qui souvent nous montrez à la fois des palmiers, des sapins, des tigres à droite, un lion à gauche, des minarets tartares à l'horizon, au premier plan des ruines romaines, puis des chameaux accroupis ; -- le tout encadré d'une forêt vierge bien nettoyée, et avec un grand rayon de soleil perpendiculaire tremblotant dans l'eau, où se détachent en écorchures blanches, sur un fond d'acier gris, de loin en loin, des cygnes qui nagent.
E la lucerna applicata alla parete sopra il capo di Emma rischiarava queste visioni del mondo che si susseguivano sotto i suoi occhi, una dopo l'altra, nel silenzio del dormitorio rotto soltanto dal rumore lontano di una carrozza ritardataria che rotolava ancora per le vie. Et l'abat-jour du quinquet, accroché dans la muraille au-dessus de la tête d'Emma, éclairait tous ces tableaux du monde, qui passaient devant elle les uns après les autres, dans le silence du dortoir et au bruit lointain de quelque fiacre attardé qui roulait encore sur les boulevards.
Quando sua madre morì, i primi giorni ella pianse a lungo. Si fece dare un quadretto con i capelli della morta e, in una lettera indirizzata ai Bertaux, tutta piena di tristi riflessioni sulla vita, chiese di essere seppellita nella stessa tomba, quando fosse venuto il momento. Suo padre, credendola malata, venne a trovarla. Emma si sentì intimamente soddisfatta di aver raggiunto così presto questo prezioso ideale di malinconica esistenza al quale non pervengono mai le anime mediocri. Si lasciò scivolare in meandri lamartiniani, ascoltò il suono delle arpe sui laghi, tutti i canti di cigno, le foglie cadere, le vergini pure che salgono in cielo, e la voce dell'Eterno in fondo alle valli. A un certo punto tutto ciò le venne a noia, ma non volle riconoscerlo e continuò, prima per abitudine, poi per vanità, finché non senza stupore si rese conto di sentirsi placata, senza più tristezza nel cuore che ruga sulla fronte. Quand sa mère mourut, elle pleura beaucoup les premiers jours. Elle se fit faire un tableau funèbre avec les cheveux de la défunte, et, dans une lettre qu'elle envoyait aux Bertaux, toute pleine de réflexions tristes sur la vie, elle demandait qu'on l'ensevelît plus tard dans le même tombeau. Le bonhomme la crut malade et vint la voir. Emma fut intérieurement satisfaite de se sentir arrivée du premier coup à ce rare idéal des existences pâles, où ne parviennent jamais les coeurs médiocres. Elle se laissa donc glisser dans les méandres lamartiniens, écouta les harpes sur les lacs, tous les chants de cygnes mourants, toutes les chutes de feuilles, les vierges pures qui montent au ciel, et la voix de l'Eternel discourant dans les vallons. Elle s'en ennuya, n'en voulut point convenir, continua par habitude, ensuite par vanité, et fut enfin surprise de se sentir apaisée, et sans plus de tristesse au coeur que de rides sur son front.
Le buone religiose, dopo aver fatto un gran conto sulla sua vocazione, si accorsero con grande sbalordimento che la signorina Rouault sembrava voler sfuggire alle loro premure. L'avevano tanto assillata con gli uffici, le novene, i ritiri, le prediche, avevano così ben cercato di inculcarle il rispetto per i santi e i martiri e le avevano dato tanti di quei buoni consigli per la modestia del corpo e la salute dell'anima, da indurla a comportarsi come un cavallo tirato per le briglie: ella si fermò di botto e il morso le sfuggì di fra i denti. Il suo spirito che, positivo pur fra le infatuazioni, aveva amato la chiesa per i suoi fiori, la musica per le parole delle canzoni, e la letteratura per le passioni che suscitava, insorgeva davanti ai misteri della fede, e ancora più si irritava contro la disciplina che riusciva insopportabile al temperamento di lei. Quando suo padre la tolse dal collegio, alle suore non dispiacque affatto di vederla andar via. La superiora trovava addirittura che ella era diventata meno rispettosa, negli ultimi tempi, verso la comunità. Les bonnes religieuses, qui avaient si bien présumé de sa vocation, s'aperçurent avec de grands étonnements que mademoiselle Rouault semblait échapper à leur soin. Elles lui avaient, en effet, tant prodigué les offices, les retraites, les neuvaines et les sermons, si bien prêché le respect que l'on doit aux saints et aux martyrs, et donné tant de bons conseils pour la modestie du corps et le salut de son âme, qu'elle fit comme les chevaux que l'on tire par la bride elle s'arrêta court et le mors lui sortit des dents. Cet esprit, positif au milieu de ses enthousiasmes, qui avait aimé l'église pour ses fleurs, la musique pour les paroles des romances, et la littérature pour ses excitations passionnelles, s'insurgeait devant les mystères de la foi, de même qu'elle s'irritait davantage contre la discipline, qui était quelque chose d'antipathique à sa constitution. Quand son père la retira de pension, on ne fut point fâché de la voir partir. La supérieure trouvait même qu'elle était devenue, dans les derniers temps, peu révérencieuse envers la communauté.
Tornata a casa, Emma si divertì dapprima a comandare la servitù, ma ben presto la campagna le venne a noia e rimpianse il convento. Quando Charles venne per la prima volta ai Bertaux, si sentiva delusa, senza più nulla da imparare e incapace di nuove emozioni. Emma, rentrée chez elle, se plut d'abord au commandement des domestiques, prit ensuite la campagne en dégoût et regretta son couvent. Quand Charles vint aux Bertaux pour la première fois, elle se considérait comme fort désillusionnée, n'ayant plus rien à apprendre, ne devant plus rien sentir.
Ma il desiderio di qualcosa di diverso, o forse il fatto di sentirsi stuzzicata dalla presenza di quest'uomo, fu sufficiente a indurla a ritenere di trovarsi di fronte a quella meravigliosa passione che, fino ad allora, si era comportata come un grande uccello dalle piume rosa planate nello splendore dei cieli poetici; e adesso non riusciva a credere che la tranquillità nella quale viveva fosse davvero la felicità sognata. Mais l'anxiété d'un état nouveau, ou peut-être l'irritation causée par la présence de cet homme, avait suffi à lui faire croire qu'elle possédait enfin cette passion merveilleuse qui jusqu'alors s'était tenue comme un grand oiseau au plumage rose planant dans la splendeur des ciels poétiques ; -- et elle ne pouvait s'imaginer à présent que ce calme où elle vivait fût le bonheur qu'elle avait rêvé

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A volte si diceva che questi sarebbero dovuti essere i giorni più felici della sua vita, la cosiddetta luna di miele. Per poterne gustare davvero la dolcezza, senza dubbio, bisognava partire per quei paesi dai nomi altisonanti, dove i primi giorni di matrimonio hanno più soavi pigrizie. In diligenza, all'ombra di tendine di seta azzurra, si sale per ripide strade ascoltando la canzone del postiglione che echeggia fra le montagne insieme con le campanelle delle capre e il rombo sordo delle cascate. Al tramonto, sulla riva dei golfi marini, ci si può inebriare con la fragranza dei limoni; la sera, sulla terrazza di una villa, soli, le mani dell'uno intrecciate con le mani dell'altra, si possono fare progetti guardando le stelle. Secondo lei, taluni luoghi sulla terra possedevano la peculiarità di produrre la felicità, quasi essa fosse stata una pianta alla quale è necessario un particolare terreno, una pianta che cresce male in qualunque altro luogo. Come avrebbe voluto potersi affacciare al balcone di uno chalet svizzero, o chiudere la sua malinconia in un cottage scozzese, insieme con un marito che indossasse un abito a giacca lunga di velluto nero, calzasse morbidi stivali e portasse un cappello a punta e i polsini. Elle songeait quelquefois que c'étaient là pourtant les plus beaux jours de sa vie, la lune de miel, comme on disait. Pour en goûter la douceur, il eût fallu, sans doute, s'en aller vers ces pays à noms sonores où les lendemains de mariage ont de plus suaves paresses ! Dans des chaises de poste, sous des stores de soie bleue, on monte au pas des routes escarpées, écoutant la chanson du postillon, qui se répète dans la montagne avec les clochettes des chèvres et le bruit sourd de la cascade. Quand le soleil se couche, on respire au bord des golfes le parfum des citronniers ; puis, le soir, sur la terrasse des villas, seuls et les doigts confondus, on regarde les étoiles en faisant des projets. Il lui semblait que certains lieux sur la terre devaient produire du bonheur, comme une plante particulière au sol et qui pousse mal tout autre part. Que ne pouvait-elle s'accouder sur le balcon des chalets suisses ou enfermer sa tristesse dans un cottage écossais, avec un mari vêtu d'un habit de velours noir à longues basques, et qui porte des bottes molles, un chapeau pointu et des manchettes !
Forse avrebbe desiderato confidar a qualcuno queste sue idee. Ma in qual modo avrebbe potuto descrivere quel malessere vago che mutava aspetto come le nuvole o che turbinava come il vento? Le mancavano le parole, l'occasione, il coraggio. Peut-être aurait-elle souhaité faire à quelqu'un la confidence de toutes ces choses. Mais comment dire un insaisissable malaise, qui change d'aspect comme les nuées, qui tourbillonne comme le vent ? Les mots lui manquaient donc, l'occasion, la hardiesse.
Eppure, se Charles avesse voluto, se lo avesse sospettato, se una sola volta lo sguardo di lui avesse indovinato i suoi pensieri, un'improvvisa piena di sentimenti sarebbe scaturita da lei, così come i frutti maturi si staccano da una spalliera soltanto sfiorandoli con la mano. Ma a mano a mano che cresceva l'intimità della loro vita, veniva a determinarsi un distacco spirituale che la allontanava sempre più da lui. Si Charles l'avait voulu cependant, s'il s'en fût douté, si son regard, une seule fois, fût venu à la rencontre de sa pensée, il lui semblait qu'une abondance subite se serait détachée de son coeur, comme tombe la récolte d'un espalier quand on y porte la main. Mais, à mesure que se serrait davantage l'intimité de leur vie, un détachement intérieur se faisait qui la déliait de lui.
La conversazione di Charles era piatta come un marciapiede e le idee più comuni vi sfilavano nel loro abito di tutti i giorni, senza suscitare emozione o risate o fantasticherie. Quando abitava a Rouen, diceva, non aveva mai provato la curiosità di andare a vedere gli attori di Parigi. Non sapeva nuotare né tirare di scherma o con la pistola, e una volta non seppe spiegarle un termine di equitazione che lei aveva letto in un romanzo. La conversation de Charles était plate comme un trottoir de rue, et les idées de tout le monde y défilaient dans leur costume ordinaire, sans exciter d'émotion, de rire ou de rêverie. Il n'avait jamais été curieux, disait-il, pendant qu'il habitait Rouen, d'aller voir au théâtre les acteurs de Paris. Il ne savait ni nager, ni faire des armes, ni tirer le pistolet, et il ne put, un jour, lui expliquer un terme d'équitation qu'elle avait rencontré dans un roman.
Un uomo, non avrebbe dovuto, invece, conoscere tutto, eccellere in molteplici attività, saper iniziare una donna al fuoco della passione, alle raffinatezze della vita, a tutti i misteri? Ma costui non insegnava niente, non sapeva niente, non desiderava niente... La credeva felice e lei gliene voleva per quella tranquillità tanto saldamente stabilitasi, per quella pesante serenità, per il piacere stesso che gli dava. Un homme, au contraire, ne devait-il pas tout connaître, exceller en des activités multiples, vous initier aux énergies de la passion, aux raffinements de la vie, à tous les mystères ? Mais il n'enseignait rien, celui-là, ne savait rien, ne souhaitait rien. Il la croyait heureuse ; et elle lui en voulait de ce calme si bien assis, de cette pesanteur sereine, du bonheur même qu'elle lui donnait.
Qualche volta si metteva a disegnare e per Charles era una grande gioia restare lì in piedi a guardarla, china sul foglio, mentre socchiudeva gli occhi per vedere meglio la propria opera, o mentre arrotondava sul pollice palline di mollica di pane. In quanto al pianoforte, più le dita di lei correvano veloci, più Charles si meravigliava. Emma suonava con disinvoltura e percorreva tutta la tastiera da cima a fondo senza interrompersi. Il vecchio strumento, le cui corde minacciavano di spezzarsi, così scosso da lei, si sentiva, se le finestre erano aperte, fino in fondo al villaggio e spesso il galoppino del messo comunale che passava sulla via maestra senza cappello e in pantofole si fermava con le scartoffie in mano ad ascoltare. Elle dessinait quelquefois ; et c'était pour Charles un grand amusement que de rester là, tout debout, à la regarder penchée sur son carton, clignant des yeux afin de mieux voir son ouvrage, ou arrondissant, sur son pouce, des boulettes de mie de pain. Quant au piano, plus les doigts y couraient vite, plus il s'émerveillait. Elle frappait sur les touches avec aplomb, et parcourait du haut en bas tout le clavier sans s'interrompre. Ainsi secoué par elle, le vieil instrument, dont les cordes frisaient, s'entendait jusqu'au bout du village si la fenêtre était ouverte, et souvent le clerc de l'huissier qui passait sur la grande route, nu-tête et en chaussons, s'arrêtait à l'écouter, sa feuille de papier à la main.
Emma, d'altronde, sapeva dirigere bene la casa. Mandava ai malati il conto delle visite con lettere ben compilate che non avevano l'aspetto di fatture. Quando, la domenica, avevano qualche vicino a pranzo, riusciva sempre a offrire piatti presentati con garbo, le piaceva disporre piramidi di prugne regina Claudia su foglie di vite, serviva la marmellata già rovesciata dai vasetti nel piatto, e parlava addirittura di comperare degli sciacquabocca per il dessert. Tutto questo contribuiva a procurare a Bovary una maggiore considerazione. Emma, d'autre part, savait conduire sa maison. Elle envoyait aux malades le compte des visites dans des lettres bien tournées qui ne sentaient pas la facture. Quand ils avaient, le dimanche, quelque voisin à dîner, elle trouvait moyen d'offrir un plat coquet, s'entendait à poser sur des feuilles de vigne les pyramides de reines-claudes, servait renversés les pots de confitures dans une assiette, et même elle parlait d'acheter des rince-bouche pour le dessert. Il rejaillissait de tout cela beaucoup de considération sur Bovary.
Charles si sentiva ora più importante perché possedeva una donna simile. Mostrava con orgoglio due schizzi a matita disegnati da sua moglie; li aveva fatti montare con una larga cornice e appesi in salotto a lunghi cordoni verdi contro la tappezzeria. All'uscita dalla messa lo si poteva vedere sulla porta di casa con belle pantofole ricamate. Charles finissait par s'estimer davantage de ce qu'il possédait une pareille femme. Il montrait avec orgueil, dans la salle, deux petits croquis d'elle, à la mine de plomb, qu'il avait fait encadrer de cadres très larges et suspendus contre le papier de la muraille à de longs cordons verts. Au sortir de la messe, on le voyait sur sa porte avec de belles pantoufles en tapisserie.
Rientrava tardi, la sera; alle dieci, talvolta a mezzanotte. Non aveva ancora cenato, e siccome la governante era già andato a letto a quell'ora, lo serviva Emma. Charles, per mangiare più comodo, si toglieva la giacca. Elencava, una dopo l'altra, tutte le persone che aveva incontrato, i paesi dove si era recato, le ricette che aveva prescritto, soddisfatto di sé; mangiava la carne con le cipolle avanzata, toglieva la crosta al formaggio, sgranocchiava una mela, vuotava la bottiglia, poi se ne andava a letto e, supino, cominciava a russare. Il rentrait tard, à dix heures, minuit quelquefois. Alors il demandait à manger, et, comme la bonne était couchée, c'était Emma qui le servait. Il retirait sa redingote pour dîner plus à son aise. Il disait les uns après les autres tous les gens qu'il avait rencontrés, les villages où il avait été, les ordonnances qu'il avait écrites, et satisfait de lui-même, il mangeait le reste du miroton, épluchait son fromage, croquait une pomme, vidait sa carafe, puis s'allait mettre au lit, se couchait sur le dos et ronflait.
Aveva sempre portato una berretta da notte di cotone e adesso il fazzoletto di seta gli scivolava via dagli orecchi; si svegliava al mattino con i capelli che gli spiovevano sulla faccia, imbiancati dai piumini sfuggiti dal guanciale slacciatosi durante la notte. Portava sempre robusti stivali, con due grosse pieghe al collo del piede che scendevano oblique lungo le caviglie mentre il resto della tomaia era diritto e teso come se fosse sostenuto da una forma di legno. Asseriva che andavano benissimo per la campagna. Comme il avait eu longtemps l'habitude du bonnet de coton, son foulard ne lui tenait pas aux oreilles ; aussi ses cheveux, le matin, étaient rabattus pêle-mêle sur sa figure et blanchis par le duvet de son oreiller, dont les cordons se dénouaient pendant la nuit. Il portait toujours de fortes bottes, qui avaient au cou-de-pied deux plis épais obliquant vers les chevilles, tandis que le reste de l'empeigne se continuait en ligne droite, tendu comme par un pied de bois. Il disait que c'était bien assez bon pour la campagne .
La madre approvava le sue economie. Veniva infatti a trovarlo, come sempre, allorché in casa sua era scoppiata qualche burrasca più violenta del solito. Nutriva una certa prevenzione contro la nuora. La trovava troppo raffinata per la loro posizione finanziaria; la legna, lo zucchero e le candele si consumavano come in un palazzo e la quantità di carbonella che si bruciava in cucina sarebbe bastata per cucinare venticinque piatti. Le insegnava a riporre la biancheria negli armadi e a sorvegliare il macellaio quando portava la carne. Emma accettava queste lezioni e la suocera le prodigava senza risparmio. Gli appellativi 'figlia mia' e 'mamma' si incrociavano per tutto il giorno, accompagnati da piccoli fremiti delle labbra che pronunciavano parole dolci con voce tremante di collera. Sa mère l'approuvait en cette économie ; car elle le venait voir comme autrefois, lorsqu'il y avait eu chez elle quelque bourrasque un peu violente ; et cependant madame Bovary mère semblait prévenue contre sa bru. Elle lui trouvait un genre trop relevé pour leur position de fortune ; le bois, le sucre et la chandelle filaient comme dans une grande maison , et la quantité de braise qui se brûlait à la cuisine aurait suffi pour vingt-cinq plats ! Elle rangeait son linge dans les armoires et lui apprenait à surveiller le boucher quand il apportait la viande. Emma recevait ces leçons ; madame Bovary les prodiguait ; et les mots de ma fille et de ma mère s'échangeaient tout le long du jour, accompagnés d'un petit frémissement des lèvres, chacune lançant des paroles douces d'une voix tremblante de colère.
Ai tempi della signora Dubuc, la vecchia Bovary si sentiva la preferita nel cuore del figlio; ma ora l'amore di Charles per Emma le sembrava un tradimento alla sua tenerezza, un'invasione di ciò che le apparteneva. Considerava la felicità di suo figlio con un silenzio triste, come chi, caduto in rovina, si trovi a guardare, attraverso i vetri, estranei a tavola nella sua antica dimora. Rammentava a Charles, quando era in vena di rievocazioni, le proprie pene e i sacrifici sopportati, paragonandoli alla negligenza di Emma, perveniva alla conclusione che non era davvero il caso di adorarla in modo così esclusivo. Du temps de madame Dubuc, la vieille femme se sentait encore la préférée ; mais, à présent, l'amour de Charles pour Emma lui semblait une désertion de sa tendresse, un envahissement sur ce qui lui appartenait ; et elle observait le bonheur de son fils avec un silence triste, comme quelqu'un de ruiné qui regarde, à travers les carreaux, des gens attablés dans son ancienne maison. Elle lui rappelait, en manière de souvenirs, ses peines et ses sacrifices, et, les comparant aux négligences d'Emma, concluait qu'il n'était point raisonnable de l'adorer d'une façon si exclusive.
Charles non sapeva che cosa rispondere; rispettava la madre e amava profondamente la moglie. Considerava infallibile il giudizio dell'una e irreprensibile il comportamento dell'altra. Charles ne savait que répondre ; il respectait sa mère, et il aimait infiniment sa femme ; il considérait le jugement de l'une comme infaillible, et cependant il trouvait l'autre irréprochable.
Quando la madre non era più con loro, azzardava timidamente, e negli stessi termini, qualcuna delle più innocenti osservazioni che le aveva sentito fare. A Emma bastava una parola per dimostrargli che si sbagliava e per rispedirlo ai suoi malati. Quand madame Bovary était partie, il essayait de hasarder timidement, et dans les mêmes termes, une ou deux des plus anodines observations qu'il avait entendu faire à sa maman ; Emma, lui prouvant d'un mot qu'il se trompait, le renvoyait à ses malades.
Intanto, seguendo le teorie nelle quali credeva, ella cercò di crearsi l'amore. In giardino, al chiaro di luna, recitava tutte le rime amorose che sapeva a memoria e sospirava romanze malinconiche, ma non sentiva agitarsi dentro di sé nessuna passione, e Charles non sembrava né scosso né più innamorato. Cependant, d'après des théories qu'elle croyait bonnes, elle voulut se donner de l'amour. Au clair de lune, dans le jardin, elle récitait tout ce qu'elle savait par coeur de rimes passionnées et lui chantait en soupirant des adagios mélancoliques ; mais elle se trouvait ensuite aussi calme qu'auparavant, et Charles n'en paraissait ni plus amoureux ni plus remué.
Dopo aver tentato invano di far sprizzare la divina scintilla stuzzicando l'acciarino del suo cuore, e, del resto, del tutto incapace di comprendere quanto non provava come di credere a quanto non si manifestasse nelle forme tradizionali, non faticò a convincersi che la passione di Charles non era affatto qualcosa di grande. Quand elle eut ainsi un peu battu le briquet sur son coeur sans en faire jaillir une étincelle, incapable, du reste, de comprendre ce qu'elle n'éprouvait pas, comme de croire à tout ce qui ne se manifestait point par des formes convenues, elle se persuada sans peine que la passion de Charles n'avait plus rien d'exorbitant.
Le sue espansioni avevano preso un ritmo regolare; la baciava a orari fissi. Era un'abitudine come le altre. Era come un dessert già previsto dopo un monotono pranzo. Ses expansions étaient devenues régulières ; il l'embrassait à de certaines heures. C'était une habitude parmi les autres, et comme un dessert prévu d'avance, après la monotonie du dîner.
Un guardacaccia guarito da una pleurite le aveva regalato una cuccioletta di levriero italiana; Emma la portava con sé, nelle sue passeggiate, poiché talvolta usciva, per avere qualche momento di solitudine e per togliersi di davanti agli occhi l'eterno giardino o la strada polverosa. Un garde-chasse, guéri par Monsieur, d'une fluxion de poitrine, avait donné à Madame une petite levrette d'Italie ; elle la prenait pour se promener, car elle sortait quelquefois, afin d'être seule un instant et de n'avoir plus sous les yeux l'éternel jardin avec la route poudreuse.
Arrivava di solito fino al boschetto di faggi, e raggiungeva la casetta abbandonata che si trovava nell'angolo del muro di cinta, dalla parte della campagna. Nel fossato di confine, fra l'erba, crescevano lunghe canne dalle foglie taglienti. Elle allait jusqu'à la hêtraie de Banneville, prés du pavillon abandonné qui fait l'angle du mur, du côté des champs. Il y a dans le saut-de-loup, parmi les herbes, de longs roseaux à feuilles coupantes.
Cominciava con il guardarsi intorno per vedere se qualcosa fosse cambiato dall'ultima volta che era venuta. Ritrovava allo stesso posto le digitali, i radicchi, i ciuffi di ortiche intorno ai grossi ciottoli, e le macchie dei licheni sulle persiane delle tre finestre, sempre chiuse, che marcivano infradicite sopra le sbarre di ferro coperte di ruggine. I pensieri di Emma, dapprima imprecisi, vagabondavano a caso, come la cagnolina, che percorreva cerchi nei campi abbaiando alle farfalle gialline e dava la caccia ai topiragno addentando i papaveri al limitare di un campo di grano. A poco a poco le idee si delineavano, e, seduta sull'erba, frugandola piano con il puntale dell'ombrellino, Emma si domandava ripetutamente: Elle commençait par regarder tout alentour, pour voir si rien n'avait changé depuis la dernière fois qu'elle était venue. Elle retrouvait aux mêmes places les digitales et les ravenelles, les bouquets d'orties entourant les gros cailloux, et les plaques de lichen le long des trois fenêtres, dont les volets toujours clos s'égrenaient de pourriture, sur leurs barres de fer rouillées. Sa pensée, sans but d'abord, vagabondait au hasard, comme sa levrette, qui faisait des cercles dans la campagne, jappait après les papillons jaunes, donnait la chasse aux musaraignes, ou mordillait les coquelicots sur le bord d'une pièce de blé. Puis ses idées peu à peu se fixaient, et, assise sur le gazon, qu'elle fouillait à petits coups avec le bout de son ombrelle, Emma se répétait :
"Perché, buon Dio, mi sono sposata?" -- Pourquoi, mon Dieu ! me suis-je mariée ?
Diceva a se stessa che se le cose fossero andate diversamente avrebbe forse avuto modo di incontrare un altro uomo; e cercava di immaginare come sarebbero potuti essere questi avvenimenti non verificatisi, come sarebbe stata questa esistenza diversa, questo marito che non aveva conosciuto. Non tutti gli uomini, infatti, erano uguali a quello che aveva sposato. Sarebbe potuto essere bello, intelligente, distinto, attraente, proprio come dovevano esserlo i mariti delle sue ex compagne di collegio. Che cosa facevano loro, in questo momento? Nelle città ove le strade sono piene di rumore, con il chiasso dei teatri, gli splendori dei balli, potevano condurre un'esistenza nella quale il cuore si rallegra e i sensi si aprono. E invece la sua vita era fredda come un granaio con la finestra esposta a nord e in essa la noia, simile a un ragno silenzioso, filava ragnatele nell'ombra in tutti gli angoli del suo cuore. Rammentava i giorni in cui venivano distribuiti i premi, quando saliva sul palco per ricevere le piccole corone. Era assai graziosa, con i capelli raccolti in una treccia, l'abito bianco e le scarpette scollate di stoffa bruna; e, quando ritornava al suo posto, gli uomini si chinavano verso di lei per farle complimenti. Il cortile era pieno di carrozze, dai finestrini le facevano cenni di saluto, il maestro di musica, passando con la custodia del violino sotto il braccio, si chinava salutandola. Come tutto ciò era lontano, come era lontano! Elle se demandait s'il n'y aurait pas eu moyen, par d'autres combinaisons du hasard, de rencontrer un autre homme ; et elle cherchait à imaginer quels eussent été ces événements non survenus, cette vie différente, ce mari qu'elle ne connaissait pas. Tous, en effet, ne ressemblaient pas à celui-là. Il aurait pu être beau, spirituel, distingué, attirant, tels qu'ils étaient sans doute, ceux qu'avaient épousés ses anciennes camarades du couvent. Que faisaient-elles maintenant ? A la ville, avec le bruit des rues, le bourdonnement des théâtres et les clartés du bal, elles avaient des existences où le coeur se dilate, où les sens s'épanouissent. Mais elle, sa vie était froide comme un grenier dont la lucarne est au nord, et l'ennui, araignée silencieuse, filait sa toile dans l'ombre à tous les coins de son coeur. Elle se rappelait les jours de distribution de prix, où elle montait sur l'estrade pour aller chercher ses petites couronnes. Avec ses cheveux en tresse, sa robe blanche et ses souliers de prunelles découverts, elle avait une façon gentille, et les messieurs, quand elle regagnait sa place, se penchaient pour lui faire des compliments ; la cour était pleine de calèches, on lui disait adieu par les portières, le maître de musique passait en saluant, avec sa boîte à violon. Comme c'était loin, tout cela ! comme c'était loin !
Chiamava Djali, le faceva posare il muso sulle ginocchia, e, carezzandole la lunga testa affusolata, le diceva: Elle appelait Djali, la prenait entre ses genoux, passait ses doigts sur sa longue tête fine et lui disait :
"Avanti, da' un bacetto alla padrona, tu che non hai dispiaceri". -- Allons, baisez maîtresse, vous qui n'avez pas de chagrins.
Poi, osservando l'aria malinconica dell'agile bestiola che sbadigliava pigramente, si inteneriva e, paragonandola a se stessa, le parlava a voce alta, come con una persona bisognosa di consolazione. Puis, considérant la mine mélancolique du svelte animal qui bâillait avec lenteur, elle s'attendrissait, et, le comparant à elle-même, lui parlait tout haut, comme à quelqu'un d'affligé que l'on console.
A volte si alzava un vento a raffiche, brezze marine che, superando d'un balzo tutta la piantura della regione di Caux, portavano molto addentro nelle campagne una frescura salmastra. Raso terra fischiavano fra i giunchi, rumoreggiavano con un rapido fruscio fra le foglie dei faggi, mentre le cime di questi alberi continuavano il loro maestoso mormorio dondolandosi senza posa. Emma si stringeva addosso lo scialle e si alzava. Il arrivait parfois des rafales de vent, brises de la mer qui, roulant d'un bond sur tout le plateau du pays de Caux, apportaient, jusqu'au loin dans les champs, une fraîcheur salée. Les joncs sifflaient à ras de terre, et les feuilles des hêtres bruissaient en un frisson rapide, tandis que les cimes, se balançant toujours, continuaient leur grand murmure. Emma serrait son châle contre ses épaules et se levait.
Nel viale, una luce verde, attenuata dal fogliame, illuminava il musco rasato che scricchiolava dolcemente sotto i suoi passi. Il sole era al tramonto, il cielo rosseggiava fra i rami, e i tronchi tutti eguali e ben allineati somigliavano a un colonnato scuro contro un fondale d'oro; Emma si sentiva presa da un vago sgomento, chiamava Djali, e tornava svelta a Tostes, seguendo la via maestra. A casa, sprofondava in una poltrona e per tutta la sera non apriva più bocca. Dans l'avenue, un jour vert rabattu par le feuillage éclairait la mousse rase qui craquait doucement sous ses pieds. Le soleil se couchait ; le ciel était rouge entre les branches, et les troncs pareils des arbres plantés en ligne droite semblaient une colonnade brune se détachant sur un fond d'or ; une peur la prenait, elle appelait Djali, s'en retournait vite à Tostes par la grande route, s'affaissait dans un fauteuil, et de toute la soirée ne parlait pas.
Ma, verso la fine di settembre, nella sua vita accadde qualcosa di straordinario: fu invitata alla Vaubyessard, dal marchese di Andervilliers. Mais, vers la fin de septembre, quelque chose d'extraordinaire tomba dans sa vie : elle fut invitée à la Vaubyessard, chez le marquis d'Andervilliers.
Segretario di Stato sotto la Restaurazione, il marchese cercava di tornare all'attività politica e si preparava da molto tempo a presentare la propria candidatura alla Camera dei deputati. Secrétaire d'Etat sous la Restauration, le Marquis, cherchant à rentrer dans la vie politique, préparait de longue main sa candidature à la Chambre des députés.
D'inverno faceva molte distribuzioni di legna e, al Consiglio Generale, reclamava con gran foga nuove strade per il suo distretto. Il faisait, l'hiver, de nombreuses distributions de fagots, et, au Conseil général, réclamait avec exaltation toujours des routes pour son arrondissement.
Nel periodo più caldo dell'estate, aveva sofferto di un ascesso in bocca, dal quale Charles l'aveva liberato, come per miracolo, con un preciso colpo di bisturi. L'amministratore del marchese, mandato a Tostes per pagare l'operazione, raccontò al suo ritorno, la sera, di avere visto ciliegie magnifiche nel giardino del medico. Ora, poiché i ciliegi della Vaubyessard crescevano stenti, il marchese fece chiedere a Bovary qualche ramoscello per innestarli e in seguito si fece un dovere di andare di persona a ringraziarlo. Vide Emma e ne trovò l'aspetto assai grazioso, i modi tutt'altro che provinciali; tanto che al castello non si ritenne di eccedere in condiscendenza né di fare uno sgarbo a nessuno invitando la giovane coppia. Il avait eu, lors des grandes chaleurs, un abcès dans la bouche, dont Charles l'avait soulagé comme par miracle, en y donnant à point un coup de lancette. L'homme d'affaires, envoyé à Tostes pour payer l'opération, conta, le soir, qu'il avait vu dans le jardinet du médecin des cerises superbes. Or, les cerisiers poussaient mal à la Vaubyessard, M. le Marquis demanda quelques boutures à Bovary, se fit un devoir de l'en remercier lui-même, aperçut Emma, trouva qu'elle avait une jolie taille et qu'elle ne saluait point en paysanne ; si bien qu'on ne crut pas au château outrepasser les bornes de la condescendance, ni d'autre part commettre une maladresse, en invitant le jeune ménage.
Un mercoledì alle tre, il signore e la signora Bovary salirono sul loro carrozzino, e si partirono per la Vaubyessard. Dietro la vettura era stato sistemato un grande baule, davanti, sul grembialino, v'era una cappelliera, e Charles teneva fra le gambe una scatola di cartone. Un mercredi, à trois heures, M. et madame Bovary, montés dans leur boc , partirent pour la Vaubyessard, avec une grande malle attachée par-derrière et une boîte à chapeau qui était posée devant le tablier. Charles avait, de plus, un carton entre les jambes.
Giunsero a destinazione al calar della notte, mentre incominciavano ad accendere i lampioni del parco per illuminare la via alle carrozze. Ils arrivèrent à la nuit tombante, comme on commençait à allumer des lampions dans le parc, afin d'éclairer les voitures

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Italiano France
Il castello, una costruzione moderna, all'italiana, con due ale che si protendevano in avanti e tre scaloni, si ergeva in fondo a un immenso prato nel quale pascolavano alcune mucche fra gruppi di grandi alberi distanziati fra loro. Arbusti a cespuglio, rododendri, siringhe, palle di neve, gonfiavano i loro irregolari ciuffi di vegetazione sulla linea curva del sentiero cosparso di sabbia. Un fiumicello scorreva sotto un ponte; in mezzo alla bruma si intravedevano alcune capanne dal tetto di paglia sparse qua e là sulla distesa erbosa che saliva sui due fianchi in dolci pendii coperti di boschi. Dietro, nel fitto, v'erano, su due file parallele, le rimesse e le scuderie, ultimi resti dell'antico castello demolito. Le château, de construction moderne, à l'italienne avec deux ailes avançant et trois perrons, se déployait au bas d'une immense pelouse où paissaient quelques vaches, entre des bouquets de grands arbres espacés, tandis que des bannettes d'arbustes, rhododendrons, seringas et boules-de-neige bombaient leurs touffes de verdure inégales sur la ligne courbe du chemin sablé. Une rivière passait sous un pont ; à travers la brume, on distinguait des bâtiments à toit de chaume, éparpillés dans la prairie, que bordaient en pente douce deux coteaux couverts de bois, et par-derrière, dans les massifs, se tenaient, sur deux lignes parallèles, les remises et les écuries, restes conservés de l'ancien château démoli.
Il carrozzino di Charles si fermò davanti allo scalone centrale: comparvero alcuni domestici e il marchese si fece avanti offrendo il braccio alla moglie del medico ed entrò con lei nel vestibolo. Le boc de Charles s'arrêta devant le perron du milieu ; des domestiques parurent ; le Marquis s'avança, et, offrant son bras à la femme du médecin, l'introduisit dans le vestibule.
Questo locale era pavimentato con lastre di marmo e aveva un altissimo soffitto, tanto che i passi e le voci vi risonavano come in chiesa. Di fronte saliva uno scalone diritto, a sinistra una galleria, che dava sul giardino, conduceva alla sala da biliardo, dalla porta aperta della quale proveniva il suono prodotto dal cozzare delle biglie d'avorio. Quando Emma l'attraversò per andare nel salone, vide, intenti al gioco, uomini dal viso grave, con il mento affondato nelle alte cravatte, tutti con i segni delle onorificenze ricevute, i quali sorridevano silenziosamente usando le stecche. Sul rivestimento di legno scuro delle pareti, grandi quadri ostentavano nella parte bassa delle cornici dorate nomi scritti in caratteri neri. Vi lesse: Il était pavé de dalles en marbre, très haut, et le bruit des pas, avec celui des voix, y retentissait comme dans une église. En face montait un escalier droit, et à gauche une galerie donnant sur le jardin conduisait à la salle de billard dont on entendait, dès la porte, caramboler les boules d'ivoire. Comme elle la traversait pour aller au salon, Emma vit autour du jeu des hommes à figure grave, le menton posé sur de hautes cravates, décorés tous, et qui souriaient silencieusement, en poussant leur queue. Sur la boiserie sombre du lambris, de grands cadres dorés portaient, au bas de leur bordure, des noms écrits en lettres noires. Elle lut :
Jean-Antoine d'Andervilliers d'Yvervonville, conte di Vaubyessard e barone della Fresnay, caduto nella battaglia di Coutras il 20 ottobre 1587. E, su un altro: Jean-Antoine Henry-Guy d'Andervilliers della Vaubyessard, ammiraglio di Francia e cavaliere dell'Ordine di San Michele, ferito nel combattimento della Hougue-Saint-Vaast il 29 maggio 1692, morto alla Vaubyessard il 23 gennaio 1693. Riuscì a distinguere a malapena gli altri perché la luce delle lampade, concentrata sul tappeto verde del biliardo, lasciava in ombra il resto della stanza. Le tele orizzontali ne restavano oscurate e su di esse l'ombra veniva spezzata da sottili aghi luminosi lungo le screpolature della vernice. E in tutti quei grandi rettangoli neri incorniciati d'oro, spiccavano, qua e là, soltanto le parti più chiare della pittura, una fronte pallida, due occhi che fissavano la sala, parrucche fluenti su spalle incipriate, abiti rossi, o la fibbia di una giarrettiera sopra un polpaccio grassoccio. " Jean-Antoine d'Andervilliers d'Yverbonville, comte de la Vaubyessard et baron de la Fresnaye, tué à la bataille de Coutras, le 20 octobre 1587. " Et sur un autre : " Jean-Antoine-Henry-Guy d'Andervilliers de la Vaubyessard, amiral de France et chevalier de l'ordre de Saint-Michel, blessé au combat de la Hougue-Saint-Vaast, le 29 mai 1692, mort à la Vaubyessard le 23 janvier 1693. " Puis on distinguait à peine ceux qui suivaient, car la lumière des lampes, rabattue sur le tapis vert du billard, laissait flotter une ombre dans l'appartement. Brunissant les toiles horizontales, elle se brisait contre elles en arêtes fines, selon les craquelures du vernis ; et de tous ces grands carrés noirs brodés d'or sortaient, çà et là, quelque portion plus claire de la peinture, un front pâle, deux yeux qui vous regardaient, des perruques se déroulant sur l'épaule poudrée des habits rouges, ou bien la boucle d'une jarretière au haut d'un mollet rebondi.
Il marchese aprì la porta del salone; una delle signore si alzò (la marchesa in persona), andò incontro a Emma, la fece sedere accanto a sé su un divanetto a esse, e si mise a chiacchierare amichevolmente come se la conoscesse da lunghissimo tempo. Le Marquis ouvrit la porte du salon ; une des dames se leva ( la Marquise elle-même ) , vint à la rencontre d'Emma et la fit asseoir près d'elle, sur une causeuse, où elle se mit à lui parler amicalement, comme si elle la connaissait depuis longtemps.
Era una donna sulla quarantina, aveva belle spalle, un naso aquilino e la voce strascicata; quella sera portava sui capelli castani una semplice acconciatura di pizzo che ricadeva all'indietro in forma triangolare. Una giovane donna bionda sedeva accanto a lei su una sedia dall'alta spalliera, accanto al caminetto, alcuni uomini, tutti con un fiore all'occhiello, chiacchieravano con delle signore. C'était une femme de la quarantaine environ, à belles épaules, à nez busqué, à la voix traînante, et portant, ce soir-là, sur ses cheveux châtains, un simple fichu de guipure qui retombait par-derrière, en triangle. Une jeune personne blonde se tenait à côté, dans une chaise à dossier long ; et des messieurs, qui avaient une petite fleur à la boutonnière de leur habit, causaient avec les dames, tout autour de la cheminée.
La cena fu servita alle sette. Gli uomini, più numerosi, sedettero alla prima tavola preparata nel vestibolo, le signore alla seconda, nella sala da pranzo, con il marchese e la marchesa. A sept heures, on servit le dîner. Les hommes, plus nombreux, s'assirent à la première table, dans le vestibule, et les dames à la seconde, dans la salle à manger, avec le Marquis et la Marquise.
Entrando, Emma si sentì investita da una folata calda, nella quale si mescolavano i profumi dei fiori, della bella biancheria, delle carni cucinate e dei tartufi. Le candele dei candelabri si specchiavano come fiammelle allungate nelle campane d'argento, i cristalli sfaccettati, velati da un vapore opaco, si rimandavano pallidi raggi di luce lungo la tavola per tutta la lunghezza della quale erano disposti in linea diritta mazzolini di fiori, e, nei piatti decorati con una larga bordura, i tovaglioli piegati a forma di mitra avevano fra le due pieghe un panino ovale. Le zampe rosse dei gamberi sporgevano dall'orlo dei piatti; sul musco posto dentro cestini traforati grossi frutti erano disposti in bell'ordine: dalle quaglie ancora sotto le loro piume si levavano volute di fumo. Il maggiordomo, con le calze di seta, i pantaloni a coscia, la cravatta bianca a fiocco, grave come un giudice, passava fra le spalle dei convitati i piatti con le carni già tagliate in pezzi che, quando venivano scelti, egli faceva cadere con un solo colpo di cucchiaio nel piatto del commensale. Una statua di donna, avvolta fino al mento in drappeggi, guardava immobile la sala piena di gente, dall'alto di una grossa stufa di maiolica orlata di ottone. Emma se sentit, en entrant, enveloppée par un air chaud, mélange du parfum des fleurs et du beau linge, du fumet des viandes et de l'odeur des truffes. Les bougies des candélabres allongeaient des flammes sur les cloches d'argent ; les cristaux à facettes, couverts d'une buée mate, se renvoyaient des rayons pâles ; des bouquets étaient en ligne sur toute la longueur de la table, et, dans les assiettes à large bordure, les serviettes, arrangées en manière de bonnet d'évêque, tenaient entre le bâillement de leurs deux plis chacune un petit pain de forme ovale. Les pattes rouges des homards dépassaient les plats ; de gros fruits dans des corbeilles à jour s'étageaient sur la mousse ; les cailles avaient leurs plumes, des fumées montaient ; et, en bas de soie, en culotte courte, en cravate blanche, en jabot, grave comme un juge, le maître d'hôtel, passant entre les épaules des convives les plats tout découpés, faisait d'un coup de sa cuiller sauter pour vous le morceau qu'on choisissait. Sur le grand poêle de porcelaine à baguette de cuivre, une statue de femme drapée jusqu'au menton regardait immobile la salle pleine de monde.
La signora Bovary notò che molte delle signore non avevano messo i guanti nel bicchiere. Madame Bovary remarqua que plusieurs dames n'avaient pas mis leurs gants dans leur verre.
Seduto a capotavola, solo in mezzo alle signore, curvo sul piatto e con il tovagliolo annodato al collo come un bambino, un vecchio mangiava sbrodolandosi con i sughi delle vivande. Aveva gli occhi infiammati e portava il codino annodato con un sottile nastro nero. Era il suocero del marchese, il vecchio duca di Laverdère, il quale, si diceva, aveva goduto i favori del conte d'Artois più d'ogni altro, al tempo delle partite di caccia al Vaudreil, presso il marchese di Conflans, ed era stato l'amante della regina Maria Antonietta fra de Coigny e de Lauzun. Aveva condotto una vita clamorosa e debosciata, piena di duelli, di scommesse, di donne rapite, dilapidando la sua fortuna e gettando nella costernazione l'intera famiglia. Un domestico, in piedi dietro la seggiola, gli nominava ad alta voce nell'orecchio i piatti che lui gli indicava con il dito, balbettando qualcosa. Lo sguardo di Emma era irresistibilmente attratto da questo vegliardo dalle labbra cascanti, come da qualcosa di straordinario e di augusto: egli aveva vissuto a corte e si era coricato in letti di regine. Cependant, au haut bout de la table, seul parmi toutes ces femmes, courbé sur son assiette remplie, et la serviette nouée dans le dos comme un enfant, un vieillard mangeait, laissant tomber de sa bouche des gouttes de sauce. Il avait les yeux éraillés et portait une petite queue enroulée d'un ruban noir. C'était le beau-père du marquis, le vieux duc de Laverdière, l'ancien favori du comte d'Artois, dans le temps des parties de chasse au Vaudreuil, chez le marquis de Conflans, et qui avait été, disait-on, l'amant de la reine Marie-Antoinette entre MM. de Coigny et de Lauzun. Il avait mené une vie bruyante de débauches, pleine de duels, de paris, de femmes enlevées, avait dévoré sa fortune et effrayé toute sa famille. Un domestique, derrière sa chaise, lui nommait tout haut, dans l'oreille, les plats qu'il désignait du doigt en bégayant ; et sans cesse les yeux d'Emma revenaient d'eux-mêmes sur ce vieil homme à lèvres pendantes, comme sur quelque chose d'extraordinaire et d'auguste. Il avait vécu à la Cour et couché dans le lit des reines !
Venne servito lo champagne ghiacciato. A Emma corse un fremito sulla pelle quando ne sentì il gelo sulle labbra. Non aveva mai visto le melagrane né assaggiato l'ananasso. Anche lo zucchero le sembrò più fine e più bianco di com'era abituata a vederlo. On versa du vin de Champagne à la glace. Emma frissonna de toute sa peau en sentant ce froid dans sa bouche. Elle n'avait jamais vu de grenades ni mangé d'ananas. Le sucre en poudre même lui parut plus blanc et plus fin qu'ailleurs.
Terminata la cena, le signore salirono nelle loro stanze per prepararsi al ballo. Les dames, ensuite, montèrent dans leurs chambres s'apprêter pour le bal.
Emma si agghindò con la scrupolosa attenzione di un'attrice al suo debutto. Pettinò i capelli come le era stato consigliato dal parrucchiere, poi indossò una veste di lana leggera che aveva disteso sul letto. I pantaloni di Charles avevano la cintura troppo stretta. Emma fit sa toilette avec la conscience méticuleuse d'une actrice à son début. Elle disposa ses cheveux d'après les recommandations du coiffeur, et elle entra dans sa robe de barège, étalée sur le lit. Le pantalon de Charles le serrait au ventre.
"Le staffe mi daranno fastidio, per ballare" egli disse. -- Les sous-pieds vont me gêner pour danser, dit-il.
"Ballare?" domandò Emma. -- Danser ? reprit Emma.
"Sì!" -- Oui !
"Ma hai perso la testa? Vuoi renderti ridicolo? Rimani a sedere. È più dignitoso per un medico" soggiunse. -- Mais tu as perdu la tête ! On se moquerait de toi, reste à ta place. D'ailleurs, c'est plus convenable pour un médecin, ajouta-t-elle.
Charles tacque. Camminava su e giù, aspettando che Emma fosse pronta. Charles se tut. Il marchait de long en large, attendant qu'Emma fût habillée.
Standole alle spalle la vedeva nello specchio, fra due candelabri. Gli occhi neri parevano più fondi ancora. I capelli, dolcemente rigonfi sugli orecchi, splendevano di riflessi azzurri. Sui petali di una rosa dal gambo sottile, infilata nello chignon, tremolavano gocce di rugiada spruzzatevi ad arte. Indossava un abito di un color zafferano chiaro, drappeggiato da tre mazzi di roselline circondate di foglie verdi. Il la voyait par-derrière, dans la glace, entre deux flambeaux. Ses yeux noirs semblaient plus noirs. Ses bandeaux, doucement bombés vers les oreilles, luisaient d'un éclat bleu ; une rose à son chignon tremblait sur une tige mobile, avec des gouttes d'eau factices au bout de ses feuilles. Elle avait une robe de safran pâle, relevée par trois bouquets de roses pompon mêlées de verdure.
Charles fece per baciarla su una spalla. Charles vint l'embrasser sur l'épaule.
"Lasciami," disse Emma "mi sciupi il vestito". -- Laisse-moi ! dit-elle, tu me chiffonnes.
Un ritornello eseguito da un violino giunse fino a loro insieme con il suono di un corno. Emma discese lo scalone facendo uno sforzo per non correre. On entendit une ritournelle de violon et les sons d'un cor. Elle descendit l'escalier, se retenant de courir.
Le danze erano cominciate con una quadriglia. Stava arrivando gente. C'era ressa. Ella sedette su una panchetta vicino alla porta. Les quadrilles étaient commencés. Il arrivait du monde. On se poussait. Elle se plaça près de la porte, sur une banquette.
Quando la contraddanza ebbe termine, il centro della sala rimase vuoto per i gruppi di uomini che chiacchieravano in piedi e per i domestici in livrea che giravano con grandi vassoi. Le signore, sedute in fila, agitavano i ventagli dipinti, nascondevano a metà i sorrisi dietro i loro bouquet e facevano circolare con gesti graziosi i flaconcini dal tappo d'oro fra le mani strette nei guanti bianchi che rivelavano la forma delle unghie e serravano i polsi. Le guarnizioni di pizzo fremevano sui corsetti, le spille di diamanti scintillavano sui petti, i braccialetti a ciondoli tintinnavano sulle braccia nude. Le pettinature aderenti sulla fronte e raccolte in chignon sulla nuca, erano ornate da coroncine, grappoli o ramoscelli di non ti scordar di me, di gelsomini, di fiori di melograno, spighe e fiordalisi. Tranquille, al proprio posto, madri dal viso arcigno sfoggiavano turbanti rossi. Quand la contredanse fut finie, le parquet resta libre pour les groupes d'hommes causant debout et les domestiques en livrée qui apportaient de grands plateaux. Sur la ligne des femmes assises, les éventails peints s'agitaient, les bouquets cachaient à demi le sourire des visages, et les flacons à bouchons d'or tournaient dans des mains entrouvertes dont les gants blancs marquaient la forme des ongles et serraient la chair au poignet. Les garnitures de dentelles, les broches de diamants, les bracelets à médaillon frissonnaient aux corsages, scintillaient aux poitrines, bruissaient sur les bras nus. Les chevelures, bien collées sur les fronts et tordues à la nuque, avaient, en couronnes, en grappes ou en rameaux, des myosotis, du jasmin, des fleurs de grenadier, des épis ou des bleuets. Pacifiques à leurs places, des mères à figure renfrognée portaient des turbans rouges.
Emma aveva un po' di batticuore quando, mentre il suo cavaliere la teneva per la punta delle dita, si allineò con gli altri in attesa del colpo di archetto che dava inizio alla danza. Ben presto l'emozione svanì. Ondeggiando al ritmo dell'orchestra scivolò in avanti movendo lievemente il capo. Mentre ascoltava i virtuosismi del violino che di tanto in tanto sonava un a solo quando gli altri strumenti tacevano, un sorriso le salì alle labbra; in questi istanti era possibile udire il suono prodotto dai luigi d'oro che si rovesciavano sul tappeto verde della vicina sala da gioco. Poi, con uno squillo sonoro della cornetta, tutta l'orchestra riprendeva a suonare. I piedi segnavano ancora una volta il ritmo, le gonne si gonfiavano e frusciavano, le mani si stringevano e si lasciavano, gli occhi, che un momento prima si erano abbassati, si rialzavano e fissavano altri occhi. Le coeur d'Emma lui battit un peu lorsque, son cavalier la tenant par le bout des doigts, elle vint se mettre en ligne et attendit le coup d'archet pour partir. Mais bientôt l'émotion disparut ; et, se balançant au rythme de l'orchestre, elle glissait en avant, avec des mouvements légers du cou. Un sourire lui montait aux lèvres à certaines délicatesses du violon, qui jouait seul, quelquefois, quand les autres instruments se taisaient ; on entendait le bruit clair des louis d'or qui se versaient à côté, sur le tapis des tables ; puis tout reprenait à la fois, le cornet à pistons lançait un éclat sonore, les pieds retombaient en mesure, les jupes se bouffaient et frôlaient, les mains se donnaient, se quittaient ; les mêmes yeux, s'abaissant devant vous, revenaient se fixer sur les vôtres.
Alcuni uomini, una quindicina, di un'età che andava dai venticinque ai quarant'anni, sparsi fra i cavalieri o fra coloro che chiacchieravano sulla soglia delle porte, si facevano notare nella folla, per una certa qual aria di famiglia, evidente a prescindere dall'età, dall'abbigliamento o dalla fisionomia. Quelques hommes ( une quinzaine ) de vingt-cinq à quarante ans, disséminés parmi les danseurs ou causant à l'entrée des portes, se distinguaient de la foule par un air de famille, quelles que fussent leurs différences d'âge, de toilette ou de figure.
Gli abiti di queste persone, di ottimo taglio, sembravano fatti di un panno più morbido; i capelli, ondulati sulle tempie, trattati con lozioni più fini. Avevano il colorito della ricchezza, quella carnagione bianca che prende risalto dal colore delle porcellane, dalla lucentezza delle sete, dalle vernici dei mobili di pregio, e che si mantiene tale attraverso un regime moderato, ma fatto di cibi squisiti. Le cravatte basse indossate da queste persone consentivano loro di muovere il capo a proprio agio. I lunghi favoriti ricadevano su colletti rovesciati e questi gentiluomini solevano asciugarsi le labbra usando fazzoletti ricamati con grandi cifre e profumati con essenze soavi. Quelli di loro che cominciavano a invecchiare mantenevano un aspetto giovanile, mentre un'aria matura traspariva dalle fattezze dei giovani. Nei loro sguardi indifferenti aleggiava la tranquillità delle passioni sempre soddisfatte, e attraverso le maniere piacevoli traspariva quella particolare durezza che deriva dal dominio delle cose non del tutto facili, in cui la forza si esercita o la vanità si diverte: la doma dei cavalli di razza o l'amicizia delle donne perdute. Leurs habits, mieux faits, semblaient d'un drap plus souple, et leurs cheveux, ramenés en boucles vers les tempes, lustrés par des pommades plus fines. Ils avaient le teint de la richesse, ce teint blanc que rehaussent la pâleur des porcelaines, les moires du satin, le vernis des beaux meubles, et qu'entretient dans sa santé un régime discret de nourritures exquises. Leur cou tournait à l'aise sur des cravates basses ; leurs favoris longs tombaient sur des cols rabattus ; ils s'essuyaient les lèvres à des mouchoirs brodés d'un large chiffre, d'où sortait une odeur suave. Ceux qui commençaient à vieillir avaient l'air jeune, tandis que quelque chose de mûr s'étendait sur le visage des jeunes. Dans leurs regards indifférents flottait la quiétude de passions journellement assouvies ; et, à travers leurs manières douces, perçait cette brutalité particulière que communique la domination de choses à demi faciles, dans lesquelles la force s'exerce et où la vanité s'amuse, le maniement des chevaux de race et la société des femmes perdues.
A pochi passi da Emma, un gentiluomo in abito blu parlava dell'Italia con una giovane fanciulla pallida ingioiellata di perle. Magnificavano l'imponenza del colonnato di San Pietro, Tivoli, il Vesuvio, Castellamare e le Cascine, le rose di Genova e il Colosseo al chiaro di luna. Con l'altro orecchio, Emma ascoltava una conversazione piena di parole per lei incomprensibili. C'era ressa intorno a un giovanotto che aveva battuto, la settimana precedente, Miss Arabelle e Romulus, e aveva guadagnato duemila luigi saltando un fosso in Inghilterra. Uno si lamentava dei suoi cavalli da corsa che ingrassavano, un altro degli errori di stampa che avevano snaturato il nome del suo puledro. A trois pas d'Emma, un cavalier en habit bleu causait Italie avec une jeune femme pâle, portant une parure de perles. Ils vantaient la grosseur des piliers de Saint-Pierre, Tivoli, le Vésuve, Castellamare et les Cassines, les roses de Gênes, le Colisée au clair de lune. Emma écoutait de son autre oreille une conversation pleine de mots qu'elle ne comprenait pas. On entourait un tout jeune homme qui avait battu, la semaine d'avant, Miss-Arabelle et Romulus , et gagné deux mille louis à sauter un fossé, en Angleterre. L'un se plaignait de ses coureurs qui engraissaient ; un autre, des fautes d'impression qui avaient dénaturé le nom de son cheval.
L'aria nella sala da ballo era divenuta greve; la luce dei lampadari si affievoliva. Molti invitati andavano ad affollare la sala del biliardo. Un domestico salì su una sedia e ruppe due vetri; il rumore del cristallo in frantumi fece volgere il capo alla signora Bovary che vide, attraverso le vetrate, i volti curiosi dei contadini. Questo le ricordò i Bertaux. Rivide la fattoria, lo stagno melmoso, suo padre con il camiciotto nel frutteto, e lei stessa nell'atto di scremare, come faceva un tempo, con un dito, le ciotole di latte nella latteria. Ma nello sfolgorio dell'attuale realtà, la vita di un tempo, così nitida nel ricordo fino a un attimo prima, si dissolveva senza lasciar tracce, tanto da farle dubitare di averla davvero vissuta. Era qui: oltre i confini della sala da ballo non esistevano che le tenebre, avvolgenti tutto il resto. Stava gustando un gelato al maraschino; lo reggeva con la mano sinistra in una conchiglia dorata e lo assaporava con gli occhi socchiusi. L'air du bal était lourd ; les lampes pâlissaient. On refluait dans la salle de billard. Un domestique monta sur une chaise et cassa deux vitres ; au bruit des éclats de verre, madame Bovary tourna la tête et aperçut dans le jardin, contre les carreaux, des faces de paysans qui regardaient. Alors le souvenir des Bertaux lui arriva. Elle revit la ferme, la mare bourbeuse, son père en blouse sous les pommiers, et elle se revit elle-même, comme autrefois, écrémant avec son doigt les terrines de lait dans la laiterie. Mais, aux fulgurations de l'heure présente, sa vie passée, si nette jusqu'alors, s'évanouissait tout entière, et elle doutait presque de l'avoir vécue. Elle était là ; puis autour du bal, il n'y avait plus que de l'ombre, étalée sur tout le reste. Elle mangeait alors une glace au marasquin, qu'elle tenait de la main gauche dans une coquille de vermeil, et fermait à demi les yeux, la cuiller entre les dents.
Vicino a lei, una signora lasciò cadere il ventaglio, mentre passava uno dei ballerini. Une dame, près d'elle, laissa tomber son éventail. Un danseur passait.
"Sarebbe così gentile, signore," disse la dama "da volermi raccogliere il ventaglio? Mi è caduto dietro il divano." -- Que vous seriez bon, monsieur, dit la dame, de vouloir bien ramasser mon éventail, qui est derrière ce canapé !
Il giovanotto si chinò e, mentre faceva il gesto di tendere il braccio, Emma vide la mano della giovane signora gettargli nel cappello qualcosa di bianco, piegato a triangolo. Egli raccolse il ventaglio, lo porse rispettosamente alla dama che ringraziò con un cenno del capo e prese ad aspirare il profumo del suo bouquet. Le monsieur s'inclina, et, pendant qu'il faisait le mouvement d'étendre son bras, Emma vit la main de la jeune dame qui jetait dans son chapeau quelque chose de blanc, plié en triangle. Le monsieur, ramenant l'éventail, l'offrit à la dame, respectueusement ; elle le remercia d'un signe de tête et se mit à respirer son bouquet.
Dopo la cena, nel corso della quale erano stati serviti molti vini spagnoli e del Reno, zuppe di frutti di mare e di latte di mandorle, pudding alla Trafalgar e ogni sorta di carni fredde circondate da gelatine tremolanti nei piatti, le carrozze, una dopo l'altra, cominciarono ad andarsene. Scostando un angolo delle tende di mussolina si vedevano le luci delle loro lanterne scivolare nel buio. I divani restarono vuoti; soltanto qualche giocatore si tratteneva ancora intorno ai tavoli. I musicisti si rinfrescavano la punta delle dita umettandole di saliva; Charles era mezzo addormentato, con la schiena appoggiata contro una porta. Après le souper, où il y eut beaucoup de vins d'Espagne et de vins du Rhin, des potages à la bisque et au lait d'amandes, des puddings à la Trafalgar et toutes sortes de viandes froides avec des gelées alentour qui tremblaient dans les plats, les voitures, les unes après les autres, commencèrent à s'en aller. En écartant du coin le rideau de mousseline, on voyait glisser dans l'ombre la lumière de leurs lanternes. Les banquettes s'éclaircirent ; quelques joueurs restaient encore ; les musiciens rafraîchissaient, sur leur langue, le bout de leurs doigts ; Charles dormait à demi, le dos appuyé contre une porte.
Alle tre del mattino incominciò il cotillon. Emma non sapeva ballare il valzer. Tutte le altre signore lo ballavano, anche la signorina d'Andervilliers e la marchesa; erano rimasti soltanto gli ospiti che dormivano al castello, una dozzina di persone circa. A trois heures du matin, le cotillon commença. Emma ne savait pas valser. Tout le monde valsait, mademoiselle d'Andervilliers elle-même et la marquise ; il n'y avait plus que les hôtes du château, une douzaine de personnes à peu près.
Ciò nonostante uno dei ballerini, che tutti chiamavano familiarmente Visconte e che indossava un panciotto molto aperto e assai ben tagliato, invitò per la seconda volta la signora Bovary, assicurandole che avrebbe pensato lui a guidarla e che lei se la sarebbe cavata benissimo. Cependant, un des valseurs, qu'on appelait familièrement vicomte , et dont le gilet très ouvert semblait moulé sur sa poitrine, vint une seconde fois encore inviter madame Bovary, l'assurant qu'il la guiderait et qu'elle s'en tirerait bien.
Cominciarono a ballare, adagio, e poi sempre più in fretta, giravano e tutto girava intorno a loro, le lampade, i mobili, le pareti, il pavimento, come un disco su un perno. Quando passavano vicino alle porte, l'orlo della gonna di Emma si avvolgeva intorno ai pantaloni del suo cavaliere, le loro gambe si incrociavano; egli abbassava lo sguardo su di lei, e incontrava i suoi occhi; una improvvisa stanchezza la prese e la costrinse a fermarsi. Ricominciarono a ballare; trascinandola con un ritmo sempre più rapido, il visconte disparve con lei in fondo alla galleria, ove Emma, ansimante, si sentì cadere e per un attimo appoggiò il capo alla spalla di lui. Poi sempre girando, ma più lentamente, egli la condusse al suo posto; Emma si abbandonò contro la parete e si coprì gli occhi con una mano. Ils commencèrent lentement, puis allèrent plus vite. Ils tournaient : tout tournait autour d'eux, les lampes, les meubles, les lambris, et le parquet, comme un disque sur un pivot. En passant auprès des portes, la robe d'Emma, par le bas, s'éraflait au pantalon ; leurs jambes entraient l'une dans l'autre ; il baissait ses regards vers elle, elle levait les siens vers lui ; une torpeur la prenait, elle s'arrêta. Ils repartirent ; et, d'un mouvement plus rapide, le vicomte, l'entraînant, disparut avec elle jusqu'au bout de la galerie, où, haletante, elle faillit tomber, et, un instant, s'appuya la tête sur sa poitrine. Et puis, tournant toujours, mais plus doucement, il la reconduisit à sa place ; elle se renversa contre la muraille et mit la main devant ses yeux.
Quando li riaprì, al centro del salone, seduta su uno sgabello, si trovava una dama e ai suoi piedi erano inginocchiati tre cavalieri. Ella scelse il Visconte e il violino riprese a suonare. Quand elle les rouvrit, au milieu du salon, une dame assise sur un tabouret avait devant elle trois valseurs agenouillés. Elle choisit le Vicomte, et le violon recommença.
Tutti li guardavano. Passavano e ripassavano, lei con il busto diritto e fermo, il capo reclinato, lui sempre nella stessa posa, la figura inarcata, il braccio ben incurvato, il mento proteso. Quella sì, era una brava ballerina! Continuarono a lungo e stancarono tutti gli altri. On les regardait. Ils passaient et revenaient, elle immobile du corps et le menton baissé, et lui toujours dans sa même pose, la taille cambrée, le coude arrondi, la bouche en avant. Elle savait valser, celle-là ! Ils continuèrent longtemps et fatiguèrent tous les autres.
Vi fu ancora qualche breve conversazione, poi, dopo i saluti, o meglio, il buongiorno, gli ospiti del castello andarono a dormire. On causa quelques minutes encore, et, après les adieux ou plutôt le bonjour, les hôtes du château s'allèrent coucher.
Charles si trascinò per le scale, affermando di sentirsi le gambe che rientravano nel corpo. Aveva passato cinque ore di seguito sempre in piedi accanto a un tavolo, a osservare i giocatori di whist, senza capirci niente. Tirò un gran sospiro di sollievo quando poté togliersi le scarpe. Charles se traînait à la rampe, les genoux lui rentraient dans le corps . Il avait passé cinq heures de suite, tout debout devant les tables, à regarder jouer au whist sans y rien comprendre. Aussi poussa-t-il un grand soupir de satisfaction lorsqu'il eut retiré ses bottes.
Emma si gettò uno scialle sulle spalle, aprì la finestra e si affacciò. Emma mit un châle sur ses épaules, ouvrit la fenêtre et s'accouda.
La notte era buia. Cadeva qualche goccia di pioggia. Aspirò il vento umido che le rinfrescava le palpebre. Negli orecchie le risonava ancora la musica del ballo ed ella faceva uno sforzo per tenersi sveglia e prolungare in questo modo l'illusione di quella vita lussuosa che avrebbe dovuto abbandonare così presto. La nuit était noire. Quelques gouttes de pluie tombaient. Elle aspira le vent humide qui lui rafraîchissait les paupières. La musique du bal bourdonnait encore à ses oreilles, et elle faisait des efforts pour se tenir éveillée, afin de prolonger l'illusion de cette vie luxueuse qu'il lui faudrait tout à l'heure abandonner.
Albeggiava. Emma guardò a lungo le finestre del castello, cercando di indovinare dietro quali di esse si trovassero le camere di coloro che più l'avevano colpita durante la festa. Avrebbe voluto conoscere le loro vite, farne parte, confondervisi. Le petit jour parut. Elle regarda les fenêtres du château, longuement, tâchant de deviner quelles étaient les chambres de tous ceux qu'elle avait remarqués la veille. Elle aurait voulu savoir leurs existences, y pénétrer, s'y confondre.
Rabbrividiva di freddo. Si spogliò e si rannicchiò sotto le coperte contro Charles che dormiva. Mais elle grelottait de froid. Elle se déshabilla et se blottit entre les draps, contre Charles qui dormait.
A colazione v'era molta gente. Il pasto durò dieci minuti, e non vennero serviti liquori, cosa che stupì il medico. Poi la signorina d'Andervilliers raccolse in un panierino i pezzetti di ciambella per portarli ai cigni del laghetto e tutti andarono a passeggiare nelle serre, ove le piante più strane, irte di peli, erano disposte in piramidi sotto i vasi appesi simili a nidi di serpenti troppo gremiti, e dai quali traboccavano lunghi cordoni verdi attorcigliati. In fondo, la serra degli aranci conduceva fino ai locali di servizio del castello. Il marchese, per divertire la giovane ospite, l'accompagnò a visitare le scuderie. Sopra le mangiatoie a forme di cesta, su piccole targhe di porcellana, stava scritto in nero il nome dei cavalli. Ogni animale si agitava nel suo stallo quando qualcuno gli passava vicino facendo schioccare la lingua. Il pavimento della selleria era lucido come quello di un salone. Nel mezzo, su due colonne girevoli, erano appesi i finimenti per le carrozze, mentre sulle pareti si trovavano disposti in bell'ordine i morsi, gli speroni, le fruste, i barbazzali. Il y eut beaucoup de monde au déjeuner. Le repas dura dix minutes ; on ne servit aucune liqueur, ce qui étonna le médecin. Ensuite mademoiselle d'Andervilliers ramassa des morceaux de brioche dans une bannette, pour les porter aux cygnes sur la pièce d'eau, et on s'alla promener dans la serre chaude, où des plantes bizarres, hérissées de poils, s'étageaient en pyramides sous des vases suspendus, qui, pareils à des nids de serpents trop pleins, laissaient retomber, de leurs bords, de longs cordons verts entrelacés. L'orangerie, que l'on trouvait au bout, menait à couvert jusqu'aux communs du château. Le Marquis, pour amuser la jeune femme, la mena voir les écuries. Au-dessus des râteliers en forme de corbeille, des plaques de porcelaine portaient en noir le nom des chevaux. Chaque bête s'agitait dans sa stalle, quand on passait près d'elle, en claquant de la langue. Le plancher de la sellerie luisait à l'oeil comme le parquet d'un salon. Les harnais de voiture étaient dressés dans le milieu sur deux colonnes tournantes, et les mors, les fouets, les étriers, les gourmettes rangés en ligne tout le long de la muraille.
Charles aveva intanto pregato un domestico di preparargli un carrozzino. Glielo portarono davanti allo scalone e, non appena tutti i pacchi furono sistemati, i Bovary presentarono i loro omaggi al marchese e alla marchesa e ripartirono per Tostes. Charles, cependant, alla prier un domestique d'atteler son boc . On l'amena devant le perron, et, tous les paquets y étant fourrés, les époux Bovary firent leurs politesses au Marquis et à la Marquise, et repartirent pour Tostes.
Emma, silenziosa, guardava girare le ruote. Charles, seduto a un'estremità del sedile, guidava con le braccia in fuori il piccolo cavallo che trottava all'ambio fra le stanghe troppo larghe per lui. Le redini lente gli battevano sulla groppa e si inzuppavano di sudore e il baule, sistemato dietro, batteva contro il carrozzino colpi violenti a intervalli regolari. Emma, silencieuse, regardait tourner les roues. Charles, posé sur le bord extrême de la banquette, conduisait les deux bras écartés, et le petit cheval trottait l'amble dans les brancards, qui étaient trop larges pour lui. Les guides molles battaient sur sa croupe en s'y trempant d'écume, et la boîte ficelée derrière le boc donnait contre la caisse de grands coups réguliers.
Erano arrivati alle colline di Thibourville, quando incrociarono alcuni cavalieri che ridevano e fumavano sigari. Emma credette di riconoscere il Visconte; si voltò, ma non le riuscì di scorgere altro se non, lontano all'orizzonte, l'altalenare delle teste al ritmo ineguale del trotto o del galoppo. Ils étaient sur les hauteurs de Thibourville, lorsque devant eux, tout à coup, des cavaliers passèrent en riant, avec des cigares à la bouche. Emma crut reconnaître le Vicomte ; elle se détourna, et n'aperçut à l'horizon que le mouvement des têtes s'abaissant et montant, selon la cadence inégale du trot ou du galop.
Un quarto di miglio più avanti furono costretti a fermarsi per aggiustare con un po' di corda l'imbracatura che si era rotta. Un quart de lieue plus loin, il fallut s'arrêter pour raccommoder, avec de la corde, le reculement qui était rompu.
Charles diede un'ultima occhiata ai finimenti, e vide qualcosa in terra, fra le gambe del cavallo; lo raccolse: si trattava di un portasigari ricamato, di seta verde, con uno stemma al centro, come la portiera di una carrozza. Mais Charles, donnant au harnais un dernier coup d'oeil, vit quelque chose par terre, entre les jambes de son cheval ; et il ramassa un porte-cigares tout bordé de soie verte et blasonné à son milieu comme la portière d'un carrosse.
"Ci sono anche due sigari dentro" disse. "Andranno bene per questa sera, dopo cena." -- Il y a même deux cigares dedans, dit-il ; ce sera pour ce soir, après dîner.
"Ma tu fumi?" domandò Emma. -- Tu fumes donc ? demanda-t-elle.
"Qualche volta, quando mi capita." -- Quelquefois, quand l'occasion se présente.
Si mise in tasca l'oggetto e frustò il cavallino. Il mit sa trouvaille dans sa poche et fouetta le bidet.
Quando giunsero a casa, il pranzo non era ancora pronto. La signora andò in collera. Nastasie rispose con insolenza. Quand ils arrivèrent chez eux, le dîner n'était point prêt. Madame s'emporta. Nastasie répondit insolemment.
"Se ne vada! Questo è prendere in giro, lei è licenziata!" -- Partez ! dit Emma. -- C'est se moquer, je vous chasse.
Il pranzo consistette in una zuppa di cipolle e in un pezzo di vitello all'acetosella. Charles, seduto di fronte a Emma, fregandosi le mani con aria soddisfatta, disse: Il y avait pour dîner de la soupe à l'oignon, avec un morceau de veau à l'oseille. Charles, assis devant Emma, dit en se frottant les mains d'un air heureux :
"Com'è piacevole ritrovarsi a casa propria!" -- Cela fait plaisir de se retrouver chez soi !
Dalla cucina giungevano i singhiozzi di Nastasie. Charles era affezionato a questa povera donna, che si era occupata di lui e gli aveva tenuto compagnia per tante sere nell'inerzia della sua vedovanza. Era la sua prima paziente, la prima persona che aveva conosciuto a Tostes. On entendait Nastasie qui pleurait. Il aimait un peu cette pauvre fille. Elle lui avait, autrefois, tenu société pendant bien des soirs, dans les désoeuvrements de son veuvage. C'était sa première pratique, sa plus ancienne connaissance du pays.
"Ma l'hai licenziata sul serio?" domandò infine. - Est-ce que tu l'as renvoyée pour tout de bon ? dit-il enfin.
"Sì, chi me lo impedisce?" rispose Emma. - Oui. Qui m'en empêche ? répondit-elle.
Poi, mentre veniva preparata la camera da letto, andarono a scaldarsi in cucina. Charles si mise a fumare. Fumava sporgendo le labbra, sputando ogni minuto e allontanando il fumo a ogni boccata con la mano. Puis ils se chauffèrent dans la cuisine, pendant qu'on apprêtait leur chambre. Charles se mit à fumer. Il fumait en avançant les lèvres, crachant à toute minute, se reculant à chaque bouffée.
"Ti farà male" disse Emma sdegnosamente. -- Tu vas te faire mal, dit-elle dédaigneusement.
Charles posò il sigaro e corse a bere un bicchiere d'acqua fredda alla pompa. Emma afferrò il portasigari e lo gettò in fretta in fondo a un cassetto. Il déposa son cigare, et courut avaler, à la pompe, un verre d'eau froide. Emma, saisissant le porte-cigares, le jeta vivement au fond de l'armoire.
L'indomani fu una giornata interminabile. Emma passeggiò nel giardino, su e giù sempre per gli stessi vialetti, fermandosi davanti alle aiuole, alle spalliere, al curato di gesso, guardando sbalordita tutte queste vecchie cose che conosceva tanto bene. Come le sembrava lontana la festa al castello! Che cos'era a far sembrare tanto distanti il mattino dell'altro ieri e la sera di oggi? La gita alla Vaubyessard aveva aperto una voragine nella sua vita, un crepaccio come quelli che in una sola notte gli uragani riescono a scavare nei fianchi delle montagne. Ma era rassegnata: chiuse religiosamente nel cassettone il suo bell'abito da sera e le scarpine di raso alle quali la cera che rendeva lustro il pavimento del salone aveva ingiallito le suole. Anche al suo cuore era accaduto qualcosa di simile: sfiorato dal lusso si era velato di un non so che d'impalpabile e d'indelebile. La journée fut longue, le lendemain ! Elle se promena dans son jardinet, passant et revenant par les mêmes allées, s'arrêtant devant les plates-bandes, devant l'espalier, devant le curé de plâtre, considérant avec ébahissement toutes ces choses d'autrefois qu'elle connaissait si bien. Comme le bal déjà lui semblait loin ! Qui donc écartait, à tant de distance, le matin d'avant-hier et le soir d'aujourd'hui ? Son voyage à la Vaubyessard avait fait un trou dans sa vie, à la manière de ces grandes crevasses qu'un orage, en une seule nuit, creuse quelquefois dans les montagnes. Elle se résigna pourtant ; elle serra pieusement dans la commode sa belle toilette et jusqu'à ses souliers de satin, dont la semelle s'était jaunie à la cire glissante du parquet. Son coeur était comme eux : au frottement de la richesse, il s'était placé dessus quelque chose qui ne s'effacerait pas.
Ricordare il ballo fu una delle occupazioni di Emma: ogni mercoledì, svegliandosi si diceva: "Ah! Otto giorni fa... quindici giorni fa... tre settimane fa ero laggiù!" A poco a poco le fisionomie le si confusero nella memoria; dimenticò i motivi delle danze, non ricordò più con tanta chiarezza le livree o i saloni, i particolari svanirono, ma il rimpianto non l'abbandonò. Ce fut donc une occupation pour Emma que le souvenir de ce bal. Toutes les fois que revenait le mercredi, elle se disait en s'éveillant : Ah ! il y a huit jours... il y a quinze jours..., il y a trois semaines, j'y étais ! Et peu à peu, les physionomies se confondirent dans sa mémoire, elle oublia l'air des contredanses, elle ne vit plus si nettement les livrées et les appartements ; quelques détails s'en allèrent, mais le regret lui resta

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Spesso, quando Charles era fuori, Emma andava a prendere nell'armadio, fra le pieghe della biancheria dove lo aveva nascosto, il portasigari di seta verde. Lo guardava, lo apriva e ne aspirava l'odore della fodera, un misto di verbena e di tabacco. Di chi era? Del Visconte. Un regalo della sua amante, forse. L'avevano ricamato su un telaio di palissandro, piccola suppellettile facilmente occultabile, e questo lavoro aveva tenuto occupata per lunghe ore una pensosa ricamatrice che su di esso aveva reclinato i morbidi riccioli. Un soffio d'amore era passato fra i fili del canovaccio: ogni punto aveva fermato una speranza o un ricordo, e tutti i fili di seta intersecantisi rappresentavano l'insieme di una stessa silenziosa passione. E poi, un mattino, il Visconte l'aveva portato con sé. Di che cosa avevano parlato, mentre esso era posato sulla larga mensola del caminetto fra i vasi di fiori e la pendola Pompadour? Emma in quel momento si trovava a Tostes. Il visconte a Parigi. Così lontano. Com'era Parigi? Che nome pieno di smisurate promesse! Le piaceva ripeterlo a mezza voce; le risonava negli orecchi come lo scampanio di una cattedrale, fiammeggiava ai suoi occhi perfino sulle etichette dei vasetti delle creme. Elle le regardait, l'ouvrait, et même elle flairait l'odeur de sa doublure, mêlée de verveine et de tabac. A qui appartenait-il ?... Au Vicomte. C'était peut-être un cadeau de sa maîtresse. On avait brodé cela sur quelque métier de palissandre, meuble mignon que l'on cachait à tous les yeux, qui avait occupé bien des heures et où s'étaient penchées les boucles molles de la travailleuse pensive. Un souffle d'amour avait passé parmi les mailles du canevas ; chaque coup d'aiguille avait fixé là une espérance ou un souvenir, et tous ces fils de soie entrelacés n'étaient que la continuité de la même passion silencieuse. Et puis le Vicomte, un matin, l'avait emporté avec lui. De quoi avait-on parlé, lorsqu'il restait sur les cheminées à large chambranle, entre les vases de fleurs et les pendules Pompadour ? Elle était à Tostes. Lui, il était à Paris, maintenant ; là-bas ! Comment était ce Paris ? Quel nom démesuré ! Elle se le répétait à demi-voix, pour se faire plaisir ; il sonnait à ses oreilles comme un bourdon de cathédrale, il flamboyait à ses yeux jusque sur l'étiquette de ses pots de pommade.
La notte, quando i pescivendoli, sui loro carretti, passavano sotto le sue finestre cantando la Marjolaine, Emma si svegliava, ascoltava lo strepito delle ruote cerchiate di ferro che si smorzava sulla terra battuta all'uscita del villaggio e si diceva: La nuit, quand les mareyeurs, dans leurs charrettes, passaient sous ses fenêtres en chantant La Marjolaine , elle s'éveillait ; et écoutant le bruit des roues ferrées, qui, à la sortie du pays, s'amortissait vite sur la terre :
"Domani saranno laggiù!" -- Ils y seront demain ! se disait-elle.
Li seguiva con il pensiero, mentre salivano e scendevano nel superare le colline, mentre attraversavano i villaggi, mentre correvano sulla strada maestra al chiarore delle stelle. Al termine di una distanza imprecisata v'era sempre l'immagine confusa di una piazza ove il suo sogno aveva fine. Et elle les suivait dans sa pensée, montant et descendant les côtes, traversant les villages, filant sur la grande route à la clarté des étoiles. Au bout d'une distance indéterminée, il se trouvait toujours une place confuse où expirait son rêve.
Comperò una piantina di Parigi: facendo scorrere la punta del dito sulla carta, immaginava di fare lunghe passeggiate nella capitale. Risaliva i boulevard, si fermava ad ogni angolo formato dalle linee delle strade, davanti ai quadratini bianchi che rappresentavano le case. Alla fine aveva gli occhi stanchi: chiudeva le palpebre e nel buio vedeva palpitare al vento le fiammelle dei lampioni a gas o immaginava i predellini delle carrozze che ricadevano con gran fracasso davanti ai colonnati dei teatri. Elle s'acheta un plan de Paris, et, du bout de son doigt, sur la carte, elle faisait des courses dans la capitale. Elle remontait les boulevards, s'arrêtant à chaque angle, entre les lignes des rues, devant les carrés blancs qui figurent les maisons. Les yeux fatigués à la fin, elle fermait ses paupières, et elle voyait dans les ténèbres se tordre au vent des becs de gaz, avec des marche-pieds de calèches, qui se déployaient à grand fracas devant le péristyle des théâtres.
Si abbonò a un giornale femminile, il Cestino, e allo Spirito dei salotti. Divorava, senza lasciarsi sfuggire nulla, tutte le cronache delle prime, delle corse, delle serate, si interessava al debutto di una cantante o all'apertura di un negozio. Si teneva al corrente con la moda, conosceva gli indirizzi dei buoni sarti, i giorni in cui il bel mondo andava al Bois o all'Opéra. Studiò gli arredamenti descritti da Eugène Sue, lesse Balzac e George Sand, cercando in queste letture un immaginario soddisfacimento alle proprie brame. Portava i libri anche a tavola e li sfogliava mentre suo marito, mangiando, cercava di conversare. Il ricordo del Visconte veniva rinnovato di continuo dalle letture. Emma scopriva somiglianze tra lui e i personaggi inventati. Ma il cerchio del quale egli era il centro, a poco a poco si allargava e l'alone che lo circondava andava espandendosi intorno alla sua figura per illuminare altri sogni. Elle s'abonna à la Corbeille , journal des femmes, et au Sylphe des salons. Elle dévorait, sans en rien passer, tous les comptes rendus de premières représentations, de courses et de soirées, s'intéressait au début d'une chanteuse, à l'ouverture d'un magasin. Elle savait les modes nouvelles, l'adresse des bons tailleurs, les jours de Bois ou d'Opéra. Elle étudia, dans Eugène Sue, des descriptions d'ameublements ; elle lut Balzac et George Sand, y cherchant des assouvissements imaginaires pour ses convoitises personnelles. A table même, elle apportait son livre, et elle tournait les feuillets, pendant que Charles mangeait en lui parlant. Le souvenir du Vicomte revenait toujours dans ses lectures. Entre lui et les personnages inventés, elle établissait des rapprochements. Mais le cercle dont il était le centre peu à peu s'élargit autour de lui, et cette auréole qu'il avait, s'écartant de sa figure, s'étala plus au loin, pour illuminer d'autres rêves.
Parigi, più vasta di un oceano, scintillava dunque agli occhi di Emma, avvolta da un'atmosfera purpurea. I molteplici aspetti della vita che si agitava in quel tumulto erano però ben suddivisi e classificati in quadri distinti. Emma ne prendeva in considerazione soltanto due o tre, i quali finivano per cancellare tutti gli altri e per rappresentare da soli l'intera umanità. L'ambiente nel quale si movevano gli ambasciatori erano i saloni dai pavimenti lucidi, dalle pareti rivestite di specchi, in mezzo ai quali si trovavano tavole ovali ricoperte da tappeti di velluto con la frangia d'oro. Non mancavano gli abiti a strascico, i grandi misteri, le angosce dissimulate da un sorriso. Veniva poi il mondo delle duchesse: qui tutti erano pallidi, si alzavano alle quattro del pomeriggio, le donne, povere care!, portavano sottovesti dall'orlo ricamato a punto inglese, e gli uomini, dotati di insospettate capacità sotto un'apparenza frivola, sfiancavano i loro cavalli in gite di piacere, trascorrevano le estati a Baden, e, verso la quarantina, sposavano ricche ereditiere. Nei salottini dei ristoranti dove si cena dopo mezzanotte, si divertiva, al lume della candele, la folla eterogenea degli uomini di lettere e delle attrici. Creature prodighe come re, piene di ambizioni idealizzate e di deliri fantastici. Conducevano un'esistenza che si librava al di sopra di tutto fra cielo e terra, in mezzo alle tempeste, qualcosa di veramente sublime. Quanto al resto degli uomini, erano tutti nullità, senza una precisa ubicazione, quasi non esistessero affatto. D'altronde, quanto più le cose erano vicine, tanto più i pensieri di lei se ne allontanavano. Tutto ciò che le era prossimo in maniera immediata, la campagna noiosa, i piccoli borghesi imbecilli, la banalità della vita, le sembrava un'eccezione, un caso anormale in cui lei si trovava presa mentre, al di là di ciò, si stendeva a perdita d'occhio lo sterminato paese della felicità e delle passioni. Confondeva, nelle sue smanie, la sensualità del lusso con le gioie più intime, l'eleganza delle abitudini con le delicatezze del sentimento. Per l'amore, come per le piante esotiche, non era forse indispensabile un terreno adatto e una temperatura particolare? I sospiri al chiaro di luna, i lunghi abbracci, le lacrime che scorrono sulle mani abbandonate, gli ardori della carne e i languori della tenerezza non possono quindi andare separati dai balconi dei grandi castelli pieni di comodità, dai boudoir dalle tende di seta e dagli spessi tappeti, dalle giardiniere fiorite, dai letti troneggianti sopra un piedistallo né dallo scintillio delle pietre preziose e dai galloni delle livree. Paris, plus vague que l'Océan, miroitait donc aux yeux d'Emma dans une atmosphère vermeille. La vie nombreuse qui s'agitait en ce tumulte y était cependant divisée par parties, classée en tableaux distincts. Emma n'en apercevait que deux ou trois qui lui cachaient tous les autres, et représentaient à eux seuls l'humanité complète. Le monde des ambassadeurs marchait sur des parquets luisants, dans des salons lambrissés de miroirs, autour de tables ovales couvertes d'un tapis de velours à crépines d'or. Il y avait là des robes à queue, de grands mystères, des angoisses dissimulées sous des sourires. Venait ensuite la société des duchesses ; on y était pâle ; on se levait à quatre heures ; les femmes, pauvres anges ! portaient du point d'Angleterre au bas de leur jupon, et les hommes, capacités méconnues sous des dehors futiles, crevaient leurs chevaux par partie de plaisir, allaient passer à Bade la saison d'été, et, vers la quarantaine enfin, épousaient des héritières. Dans les cabinets de restaurants où l'on soupe après minuit riait, à la clarté des bougies, la foule bigarrée des gens de lettres et des actrices. Ils étaient, ceux-là, prodigues comme des rois, pleins d'ambitions idéales et de délires fantastiques. C'était une existence au-dessus des autres, entre ciel et terre, dans les orages, quelque chose de sublime. Quant au reste du monde, il était perdu, sans place précise, et comme n'existant pas. Plus les choses, d'ailleurs, étaient voisines, plus sa pensée s'en détournait. Tout ce qui l'entourait immédiatement, campagne ennuyeuse, petits bourgeois imbéciles, médiocrité de l'existence, lui semblait une exception dans le monde, un hasard particulier où elle se trouvait prise, tandis qu'au-delà s'étendait à perte de vue l'immense pays des félicités et des passions. Elle confondait, dans son désir, les sensualités du luxe avec les joies du coeur, l'élégance des habitudes et les délicatesses du sentiment. Ne fallait-il pas à l'amour, comme aux plantes indiennes, des terrains préparés, une température particulière ? Les soupirs au clair de lune, les longues étreintes, les larmes qui coulent sur les mains qu'on abandonne, toutes les fièvres de la chair et les langueurs de la tendresse ne se séparaient donc pas du balcon des grands châteaux qui sont pleins de loisirs, d'un boudoir à stores de soie avec un tapis bien épais, des jardinières remplies, un lit monté sur une estrade, ni du scintillement des pierres précieuses et des aiguillettes de la livrée.
Lo stalliere che ogni mattina veniva a strigliare la cavalla attraversava il corridoio con i piedi nudi entro grossi zoccoli e con indosso un lacero camiciotto. Era questo il valletto dai calzoni a coscia del quale ci si doveva accontentare! Quando aveva finito il suo lavoro, se ne andava e non tornava più per tutta la giornata; Charles infatti, appena rientrava, portava lui stesso la bestia nella scuderia, le toglieva la sella, le metteva la cavezza, mentre la domestica portava un fascio di fieno e lo gettava in qualche modo nella greppia. Le garçon de la poste, qui, chaque matin, venait panser la jument, traversait le corridor avec ses gros sabots ; sa blouse avait des trous, ses pieds étaient nus dans des chaussons. C'était là le groom en culotte courte dont il fallait se contenter ! Quand son ouvrage était fini, il ne revenait plus de la journée ; car Charles, en rentrant, mettait lui-même son cheval à l'écurie, retirait la selle et passait le licou, pendant que la bonne apportait une botte de paille et la jetait, comme elle le pouvait, dans la mangeoire.
Per sostituire Nastasie (era infatti andata via da Tostes versando fiumi di lacrime) Emma prese al suo servizio una ragazzetta di quattordici anni, orfana e dall'aria mite. Non le permise di portare cuffie di cotone, le insegnò a rivolgersi alla gente usando la terza persona, a portare un bicchiere d'acqua sul vassoio, a bussare alle porte prima di entrare, a stirare, inamidare e a vestirla, cercò di farne, insomma, la sua cameriera. La nuova domestica obbediva senza brontolare per non essere licenziata; e siccome la signora, di solito, non toglieva la chiave dalla credenza, Félicité, ogni sera, faceva una piccola provvista di zucchero e se lo mangiava tutta sola a letto dopo aver recitato le preghiere. Pour remplacer Nastasie ( qui enfin partit de Tostes, en versant des ruisseaux de larmes ) , Emma prit à son service une jeune fille de quatorze ans, orpheline et de physionomie douce. Elle lui interdit les bonnets de coton, lui apprit qu'il fallait vous parler à la troisième personne, apporter un verre d'eau dans une assiette, frapper aux portes avant d'entrer, et à repasser, à empeser, à l'habiller, voulut en faire sa femme de chambre. La nouvelle bonne obéissait sans murmure pour n'être point renvoyée ; et, comme Madame, d'habitude, laissait la clef au buffet, Félicité, chaque soir prenait une petite provision de sucre qu'elle mangeait toute seule, dans son lit, après avoir fait sa prière.
Qualche volta, nel pomeriggio, andava dirimpetto a casa a chiacchierare con i postiglioni, mentre la signora era di sopra in camera sua. L'après-midi, quelquefois, elle allait causer en face avec les postillons. Madame se tenait en haut, dans son appartement.
Emma indossava una vestaglia molto aperta sul davanti, con il collo a scialle che lasciava scorgere una camicetta plissettata e con tre bottoni d'oro. Un cordone con grosse nappine le serviva da cintura e le pantofoline color granato avevano un ciuffo di nastro alto che si allargava fin sul collo del piede. Si era comperata un sottomano, un blocco di carta da lettere, un portapenne, e delle buste benché non avesse nessuno con cui corrispondere; spolverava il suo scaffale, si guardava nello specchio, prendeva un libro, poi lo lasciava cadere sulle ginocchia seguendo un sogno scaturito fra una riga e l'altra. Aveva voglia di viaggiare o di tornare in collegio. Desiderava al contempo morire e andare ad abitare a Parigi. Elle portait une robe de chambre tout ouverte, qui laissait voir, entre les revers à châle du corsage, une chemisette plissée avec trois boutons d'or. Sa ceinture était une cordelière à gros glands, et ses petites pantoufles de couleur grenat avaient une touffe de rubans larges, qui s'étalait sur le couvre-pied. Elle s'était acheté un buvard, une papeterie, un porte-plume et des enveloppes, quoiqu'elle n'eût personne à qui écrire ; elle époussetait son étagère, se regardait dans la glace, prenait un livre, puis, rêvant entre les lignes, le laissait tomber sur ses genoux. Elle avait envie de faire des voyages ou de retourner vivre à son couvent. Elle souhaitait à la fois mourir et habiter Paris.
Con qualunque maltempo, con la pioggia o con la neve, Charles continuava a cavalcare per le strade di campagna. Mangiava la frittata insieme con i contadini, si trovava costretto a infilare il braccio in letti bagnati, a ricevere in viso il getto tiepido dei salassi, ad ascoltare i rantoli, a esaminare catini, a sollevare molta biancheria sporca, ma a casa, la sera, lo aspettavano il fuoco fiammeggiante, la tavola apparecchiata, mobili confortevoli, una moglie elegante, graziosa, che aveva un odore fresco, un profumo che non si sapeva bene da dove venisse, quasi fosse la pelle di lei a possederlo e a darlo anche ai suoi abiti. Charles, à la neige à la pluie, chevauchait par les chemins de traverse. Il mangeait des omelettes sur la table des fermes, entrait son bras dans des lits humides, recevait au visage le jet tiède des saignées, écoutait des râles, examinait des cuvettes, retroussait bien du linge sale ; mais il trouvait, tous les soirs, un feu flambant, la table servie, des meubles souples, et une femme en toilette fine, charmante et sentant frais, à ne savoir même d'où venait cette odeur, ou si ce n'était pas sa peau qui parfumait sa chemise.
Emma riusciva ad affascinarlo con innumerevoli raffinatezze: talvolta si trattava di un nuovo modo di confezionare i piattini di carta per i candelieri, oppure di una guarnizione diversa su un abito, o del nome esotico di una vivanda assai semplice, che la domestica non aveva saputo cucinare, ma che Charles ingoiava fino in fondo lo stesso, e con piacere. Elle le charmait par quantité de délicatesses : c'était tantôt une manière nouvelle de façonner pour les bougies des bobèches de papier, un volant qu'elle changeait à sa robe, ou le nom extraordinaire d'un mets bien simple, et que la bonne avait manqué, mais que Charles, jusqu'au bout, avalait avec plaisir.
Le capitò di vedere a Rouen alcune signore le quali portavano appeso all'orologio un mazzetto di ciondoli; subito comperò dei ciondoli. Volle mettere sul caminetto due grossi vasi di vetro azzurro e, qualche tempo dopo, una scatola da lavoro in avorio con un ditale dorato. Meno Charles capiva queste eleganze, più ne subiva il fascino. Esse aggiungevano qualcosa al piacere dei sensi e alla dolcezza del focolare. Cospargevano di una polvere d'oro tutto il modesto sentiero della sua vita. Elle vit à Rouen des dames qui portaient à leur montre un paquet de breloques ; elle acheta des breloques. Elle voulut sur sa cheminée deux grands vases de verre bleu, et, quelque temps après, un nécessaire d'ivoire, avec un dé de vermeil. Moins Charles comprenait ces élégances, plus il en subissait la séduction. Elles ajoutaient quelque chose au plaisir de ses sens et à la douceur de son foyer. C'était comme une poussière d'or qui sablait tout du long le petit sentier de sa vie.
Godeva buona salute, aveva un bel colorito, e la sua reputazione si era assai ben consolidata. I contadini gli volevano un gran bene perché non era altezzoso. Soleva accarezzare i bambini, non andava mai all'osteria e inoltre ispirava fiducia per la sua moralità. Otteneva particolari successi nella cura delle affezioni bronchiali e delle malattie di petto. Aveva una gran paura di mandare il suo prossimo al Creatore e di conseguenza si limitava a prescrivere pozioni calmanti, qualche emetico, un pediluvio o dei salassi. Non che la chirurgia gli facesse paura, anzi salassava la gente con facilità, come se si fosse trattato di cavalli e aveva una forza infernale nel cavare i denti. Il se portait bien, il avait bonne mine ; sa réputation était établie tout à fait. Les campagnards le chérissaient parce qu'il n'était pas fier. Il caressait les enfants, n'entrait jamais au cabaret, et, d'ailleurs, inspirait de la confiance par sa moralité. Il réussissait particulièrement dans les catarrhes et maladies de poitrine. Craignant beaucoup de tuer son monde, Charles, en effet, n'ordonnait guère que des potions calmantes, de temps à autre de l'émétique, un bain de pieds ou des sangsues. Ce n'est pas que la chirurgie lui fit peur ; il vous saignait les gens largement, comme des chevaux, et il avait pour l'extraction des dents une poigne d'enfer .
Per tenersi al corrente, si abbonò all'Alveare medico, un giornale nuovo di cui gli erano pervenuti i prospetti; lo leggeva, in parte, dopo cena, ma il tepore della stanza, insieme con la fatica della digestione, facevano sì che in capo a cinque minuti, fosse addormentato; rimaneva là, con il mento appoggiato alle mani e i capelli arruffati come una criniera che arrivavano fino al piede della lampada. Emma lo guardava e alzava le spalle. Perché non aveva almeno per marito uno di quegli uomini accesi di taciturno fervore che lavorano di notte in mezzo ai libri e che, giunti ai sessant'anni, l'età dei reumatismi, portano finalmente una piccola spilla a forma di croce sull'abito nero di cattivo taglio? Enfin, pour se tenir au courant , il prit un abonnement à la Ruche médicale , journal nouveau dont il avait reçu le prospectus. Il en lisait un peu après son dîner ; mais la chaleur de l'appartement, jointe à la digestion, faisait qu'au bout de cinq minutes il s'endormait ; et il restait là, le menton sur ses deux mains, et les cheveux étalés comme une crinière jusqu'au pied de la lampe. Emma le regardait en haussant les épaules. Que n'avait-elle, au moins, pour mari un de ces hommes d'ardeurs taciturnes qui travaillent la nuit dans les livres, et portent enfin, à soixante ans, quand vient l'âge des rhumatismes, une brochette de croix, sur leur habit noir, mal fait.
Emma avrebbe desiderato che il nome di Bovary, ora il suo nome, fosse illustre, le sarebbe piaciuto vederlo nelle librerie, leggerlo nei giornali, noto in tutta la Francia. Ma Charles non aveva ambizioni! Un medico di Yvetot, con il quale si era trovato ultimamente per un consulto, lo aveva quasi mortificato addirittura al capezzale del paziente e davanti a tutti i parenti riuniti. Quando Charles, la sera, raccontò il fatto, Emma si accalorò molto contro il collega del marito. Quest'ultimo fu intenerito dall'atteggiamento di sua moglie: la baciò sulla fronte con gli occhi pieni di lacrime. Ma Emma era esasperata e piena di vergogna, lo avrebbe preso volentieri a schiaffi. Andò nel corridoio, aprì la finestra e rimase a respirare l'aria fresca per calmarsi. Elle aurait voulu que ce nom de Bovary, qui était le sien, fût illustre, le voir étalé chez les libraires, répété dans les journaux, connu par toute la France. Mais Charles n'avait point d'ambition : Un médecin d'Yvetot, avec qui dernièrement il s'était trouvé en consultation, l'avait humilié quelque peu, au lit même du malade, devant les parents assemblés. Quand Charles lui raconta, le soir, cette anecdote, Emma s'emporta bien haut contre le confrère. Charles en fut attendri. Il la baisa au front avec une larme. Mais elle était exaspérée de honte, elle avait envie de le battre, elle alla dans le corridor ouvrir la fenêtre et huma l'air frais pour se calmer.
"Che disgraziato! Povero disgraziato!" ripeteva, mordendosi le labbra. -- Quel pauvre homme ! quel pauvre homme ! disait-elle tout bas, en se mordant les lèvres.
Si sentiva sempre più irritata dal suo modo di comportarsi. Con il passare degli anni Charles prendeva abitudini grossolane; alla fine del pranzo era solito tagliuzzare i tappi delle bottiglie vuote; dopo aver mangiato si passava la lingua sui denti. Sorbiva il brodo producendo gorgoglii chioccianti a ogni cucchiaiata, e, poiché cominciava a ingrassare, gli occhi, già piccoli, sembravano spostarsi verso le tempie, spinti verso l'alto dalle gote gonfie di adipe. Elle se sentait, d'ailleurs, plus irritée de lui. Il prenait, avec l'âge, des allures épaisses ; il coupait, au dessert, le bouchon des bouteilles vides ; il se passait, après manger, la langue sur les dents ; il faisait, en avalant sa soupe, un gloussement à chaque gorgée, et, comme il commençait d'engraisser, ses yeux, déjà petits, semblaient remontés vers les tempes par la bouffissure de ses pommettes.
A volte Emma gli ricacciava nel panciotto il bordo rosso delle maglie, gli raddrizzava la cravatta o buttava via i guanti consumati che egli stava per infilare. Ma non faceva questo per lui, bensì per se stessa, per una specie di estensione del suo egoismo, di irritazione nervosa. Altre volte gli parlava di ciò che aveva letto, un brano di un romanzo, una nuova commedia o l'ultimo aneddoto sul gran mondo riportato dal giornale; dopotutto, Charles era qualcuno, un orecchio sempre disposto ad ascoltare, un'approvazione sempre pronta. La cagnolina stessa riceveva le sue confidenze ed ella ne avrebbe fatte anche ai ceppi del caminetto e al bilanciere della pendola. Emma, quelquefois, lui rentrait dans son gilet la bordure rouge de ses tricots, rajustait sa cravate, ou jetait à l'écart les gants déteints qu'il se disposait à passer ; et ce n'était pas, comme il croyait, pour lui ; c'était pour elle-même, par expansion d'égoïsme, agacement nerveux. Quelquefois aussi, elle lui parlait des choses qu'elle avait lues, comme d'un passage de roman, d'une pièce nouvelle, ou de l'anecdote du grand monde que l'on racontait dans le feuilleton ; car, enfin, Charles était quelqu'un, une oreille toujours ouverte, une approbation toujours prête. Elle faisait bien des confidences à sa levrette ! Elle en eût fait aux bûches de la cheminée et au balancier de la pendule.
In fondo al cuore continuava a sperare che accadesse qualcosa di diverso. Come i marinai in pericolo, volgeva sguardi disperati sulla solitudine della sua vita, cercando di scorgere una vela bianca lontana fra le brume dell'orizzonte. Non sapeva che cosa stava aspettando, quale vento avrebbe spinto verso di lei l'avvenimento desiderato, a quale lido l'avrebbe fatta approdare, se si sarebbe trattato di una scialuppa o di un vascello a tre ponti carico di angosce o pieno di felicità fino ai boccaporti. Ogni mattino, al risveglio, sperava che ciò avvenisse, proprio quel giorno, e ascoltava ogni rumore, si alzava di soprassalto, e si stupiva che ancora non accadesse nulla; poi, al tramonto, sempre più triste, desiderava di essere all'indomani. Au fond de son âme, cependant, elle attendait un événement. Comme les matelots en détresse, elle promenait sur la solitude de sa vie des yeux désespérés, cherchant au loin quelque voile blanche dans les brumes de l'horizon. Elle ne savait pas quel serait ce hasard, le vent qui le pousserait jusqu'à elle, vers quel rivage il la mènerait, s'il était chaloupe ou vaisseau à trois ponts, chargé d'angoisses ou plein de félicités jusqu'aux sabords. Mais, chaque matin, à son réveil, elle l'espérait pour la journée, et elle écoutait tous les bruits, se levait en sursaut, s'étonnait qu'il ne vînt pas ; puis, au coucher du soleil, toujours plus triste, désirait être au lendemain.
Tornò la primavera. Emma provò a volte un senso di soffocamento, ai primi calori, quando fiorirono i peri. Le printemps reparut. Elle eut des étouffements aux premières chaleurs, quand les poiriers fleurirent.
Fin dai primi giorni di luglio, cominciò a contare sulle dita quante settimane mancavano per arrivare al mese di ottobre, nella speranza che il marchese di Andervilliers forse avrebbe dato ancora un ballo alla Vaubyessard. Ma tutto il mese di settembre trascorse senza che giungessero lettere o visite. Dès le commencement de juillet, elle compta sur ses doigts combien de semaines lui restaient pour arriver au mois d'octobre, pensant que le marquis d'Andervilliers, peut-être, donnerait encore un bal à la Vaubyessard. Mais tout septembre s'écoula sans lettres ni visites.
Dopo quella delusione, il suo cuore rimase vuoto ancora una volta, e la serie delle giornate tutte uguali ricominciò. Après l'ennui de cette déception, son coeur de nouveau resta vide, et alors la série des mêmes journées recommença.
Ormai si sarebbero susseguite dunque, così, tutte in fila, monotone, anonime, e senza portare con sé proprio nulla? Le altre esistenze, per quanto piatte fossero, avevano almeno la probabilità di un avvenimento imprevisto, e gli avvenimenti imprevisti provocano talora peripezie senza fine, e tutto cambia. Soltanto per lei non succedeva mai niente, Dio aveva voluto così! L'avvenire si presentava come un corridoio nero in fondo al quale v'era una porta sprangata. Elles allaient donc maintenant se suivre ainsi à la file, toujours pareilles, innombrables, et n'apportant rien ! Les autres existences, si plates qu'elles fussent, avaient du moins la chance d'un événement. Une aventure amenait parfois des péripéties à l'infini, et le décor changeait. Mais, pour elle, rien n'arrivait, Dieu l'avait voulu ! L'avenir était un corridor tout noir, et qui avait au fond sa porte bien fermée.
Non si interessò più di musica. Perché sonare? Chi l'avrebbe ascoltata? Dal momento che non avrebbe mai potuto esibirsi con un abito di velluto con le maniche corte, a un concerto, su un pianoforte Erard, facendo correre le dita leggere sui tasti d'avorio, e sentire intorno a sé, circondarla come una brezza, un mormorio estatico, non valeva la pena di annoiarsi a studiare. Lasciò in fondo a un cassetto anche i fogli da disegno e i ricami. A che serviva? A che serviva? E poi, cucire la innervosiva. Elle abandonna la musique. Pourquoi jouer ? qui l'entendrait ? Puisqu'elle ne pourrait jamais, en robe de velours à manches courtes, sur un piano d'Erard, dans un concert, battant de ses doigts légers les touches d'ivoire, sentir, comme une brise, circuler autour d'elle un murmure d'extase, ce n'était pas la peine de s'ennuyer à étudier. Elle laissa dans l'armoire ses cartons à dessin et la tapisserie. A quoi bon ? à quoi bon ? La couture l'irritait.
"Ho già letto tutto" si diceva. -- J'ai tout lu, se disait-elle.
E restava lì a far arroventare le molle nella brace del camino o a guardar cadere la pioggia. Et elle restait à faire rougir les pincettes, ou regardant la pluie tomber.
Che tristezza, la domenica, quando sonava il vespro! Ascoltava con una concentrazione attonita battere a uno a uno i rintocchi sordi della campana. Sul tetto un gatto camminava lentamente facendo la gobba, sotto i raggi di un pallido sole. Il vento sollevava nugoli di polvere sulla strada maestra. Di tanto in tanto, un cane lontano ululava: e la campana, a intervalli regolari, continuava i suoi rintocchi monotoni che si perdevano nella campagna. Comme elle était triste le dimanche, quand on sonnait les vêpres ! Elle écoutait, dans un hébétement attentif, tinter un à un les coups fêlés de la cloche. Quelque chat sur les toits, marchant lentement, bombait son dos aux rayons pâles du soleil. Le vent, sur la grande route, soufflait des traînées de poussières. Au loin, parfois, un chien hurlait : et la cloche, à temps égaux, continuait sa sonnerie monotone qui se perdait dans la campagne.
Intanto la gente usciva di chiesa. Le donne avevano gli zoccoli lucidati, i contadini le bluse nuove, i bambini piccoli, senza cappello, saltellavano davanti a loro; tutti si avviavano verso casa. E fino a notte cinque o sei uomini, sempre gli stessi, restavano a giocare al turacciolo, davanti alla porta dell'osteria. Cependant on sortait de l'église. Les femmes en sabots cirés, les paysans en blouse neuve, les petits enfants qui sautillaient nu-tête devant eux, tout rentrait chez soi. Et, jusqu'à la nuit, cinq ou six hommes, toujours les mêmes, restaient à jouer au bouchon, devant la grande porte de l'auberge.
Fu un inverno freddo. I vetri, la mattina, erano coperti da uno strato di gelo e la luce che filtrava attraverso essi, biancastra come quella dei vetri smerigliati, si manteneva talvolta uguale per tutta la giornata. Alle quattro del pomeriggio bisognava già accendere il lume. L'hiver fut froid. Les carreaux, chaque matin, étaient chargés de givre, et la lumière, blanchâtre à travers eux, comme par des verres dépolis, quelquefois ne variait pas de la journée. Dès quatre heures du soir, il fallait allumer la lampe.
Nelle belle giornate, Emma scendeva in giardino. La brina aveva posato sui cavoli merletti d'argento con lunghi fili chiari che andavano da un cespo all'altro. Gli uccelli tacevano, tutto sembrava addormentato, la spalliera coperta di paglia, e la vigna, simile a un grande serpente malato sotto la sporgenza del muro, dove, avvicinandosi, era possibile scorgere i centopiedi trascinarsi sulle innumerevoli gambe. In mezzo agli abeti nani, il curato con il tricorno, che leggeva il breviario, aveva perduto il piede destro e il gesso, sfaldandosi con il gelo, gli aveva coperto di croste bianche il viso. Les jours qu'il faisait beau, elle descendait dans le jardin. La rosée avait laissé sur les choux des guipures d'argent avec de longs fils clairs qui s'étendaient de l'un à l'autre. On n'entendait pas d'oiseaux, tout semblait dormir, l'espalier couvert de paille et la vigne comme un grand serpent malade sous le chaperon du mur, où l'on voyait, en s'approchant, se traîner des cloportes à pattes nombreuses. Dans les sapinettes, près de la haie, le curé en tricorne qui lisait son bréviaire avait perdu le pied droit et même le plâtre, s'écaillant à la gelée, avait fait des gales blanches sur sa figure.
Poi rientrava, chiudeva la porta, attizzava il fuoco e abbandonandosi al calore del caminetto sentiva ripiombare su di sé, ancora più pesante, la noia. Desiderava scendere in cucina a chiacchierare con la domestica, ma una specie di pudore la tratteneva. Puis elle remontait, fermait la porte, étalait les charbons, et, défaillant à la chaleur du foyer, sentait l'ennui plus lourd qui retombait sur elle. Elle serait bien descendue causer avec la bonne, mais une pudeur la retenait.
Tutti i giorni alla stessa ora il maestro di scuola, la berretta nera di seta sul capo, apriva le imposte di casa sua e la guardia campestre passava con la sciabola sul camiciotto. La sera e la mattina, i cavalli della posta, a tre a tre, attraversavano la strada per andare a bere al fontanile. Di tanto in tanto la campanella della porta di un'osteria tintinnava e quando c'era vento si sentiva cigolare sui ganci che lo reggevano il catino d'ottone che serviva da insegna alla bottega del barbiere. Questa bottega era decorata da una vecchia illustrazione di un giornale di moda incollata contro un vetro e da una testa femminile di cera dai capelli gialli. Anche il parrucchiere si lamentava della sua vocazione soffocata, del suo avvenire rovinato, e sognava una bottega in qualche grande città, come Rouen, per esempio, sul porto, vicino al teatro, e intanto passeggiava su e giù tutto il giorno, fra la chiesa e il municipio, imbronciato e in attesa di clientela. Quando la signora Bovary alzava gli occhi, lo vedeva sempre là, come una sentinella, di guardia con la papalina di traverso e una giacca di raso. Tous les jours, à la même heure, le maître d'école, en bonnet de soie noire, ouvrait les auvents de sa maison, et le garde-champêtre passait, portant son sabre sur sa blouse. Soir et matin, les chevaux de la poste, trois par trois, traversaient la rue pour aller boire à la mare. De temps à autre, la porte d'un cabaret faisait tinter sa sonnette, et, quand il y avait du vent, l'on entendait grincer sur leurs deux tringles les petites cuvettes en cuivre du perruquier, qui servaient d'enseigne à sa boutique. Elle avait pour décoration une vieille gravure de modes collée contre un carreau et un buste de femme en cire, dont les cheveux étaient jaunes. Lui aussi, le perruquier, il se lamentait de sa vocation arrêtée, de son avenir perdu, et, rêvant quelque boutique dans une grande ville, comme à Rouen, par exemple, sur le port, près du théâtre, il restait toute la journée à se promener en long, depuis la mairie jusqu'à l'église, sombre, et attendant la clientèle. Lorsque madame Bovary levait les yeux, elle le voyait toujours là, comme une sentinelle en faction, avec son bonnet grec sur l'oreille et sa veste de lasting.
Nel pomeriggio, talvolta, dietro i vetri della sala, nella via, compariva una testa d'uomo, dai favoriti neri e dal volto abbronzato, sul quale si stendeva lentamente un largo sorriso dolce che scopriva i denti bianchi. Subito si facevano sentire le note di un valzer e sopra l'organino, in una minuscola sala da ballo, ballerini alti un dito, dame in turbante rosa, tirolesi in giacchettino, scimmie in marsina nera, cavalieri in pantaloni a coscia giravano e giravano fra le poltrone, i divani, le mensole, moltiplicandosi nei pezzetti di specchio tenuti insieme da una carta d'oro. L'uomo girava la manovella guardando a destra e a sinistra e verso le finestre. Di tanto in tanto lanciava contro un paracarro un lungo getto di saliva scura e appoggiava su un ginocchio il suo strumento, la cui cinghia dura gli stancava la spalla; ora triste e lenta, ora gioiosa e veloce, la musica dell'organino si diffondeva attraverso una tendina di taffetà rosa o una grata di ottone ad arabeschi. Erano motivi in voga nei teatri, motivi che venivano cantati nei saloni, che accompagnavano, la sera, le danze sotto i lampadari splendenti, echi del mondo dai quali Emma veniva raggiunta. E allora sarabande senza fine si srotolavano nella sua mente: come una baiadera su un tappeto a fiori il suo pensiero saltellava con le note, ondeggiava di sogno in sogno, di malinconia in malinconia. L'uomo, dopo aver ricevuto l'elemosina che gli veniva gettata nel berretto, copriva l'organino con una vecchia coperta turchina, se lo passava sulla schiena e si allontanava con passo pesante. Emma lo guardava andar via. Dans l'après-midi, quelquefois, une tête d'homme apparaissait derrière les vitres de la salle, tête hâlée, à favoris noirs, et qui souriait lentement d'un large sourire doux à dents blanches. Une valse aussitôt commençait, et, sur l'orgue, dans un petit salon, des danseurs hauts comme le doigt, femmes en turban rose, Tyroliens en jaquette, singes en habit noir, messieurs en culotte courte, tournaient, tournaient entre les fauteuils, les canapés, les consoles, se répétant dans les morceaux de miroir que raccordait à leurs angles un filet de papier doré. L'homme faisait aller sa manivelle, regardant à droite, à gauche et vers les fenêtres. De temps à autre, tout en lançant contre la borne un long jet de salive brune, il soulevait du genou son instrument, dont la bretelle dure lui fatiguait l'épaule ; et, tantôt dolente et traînarde, ou joyeuse et précipitée, la musique de la boîte s'échappait en bourdonnant à travers un rideau de taffetas rose, sous une grille de cuivre en arabesque. C'étaient des airs que l'on jouait ailleurs sur les théâtres, que l'on chantait dans les salons, que l'on dansait le soir sous des lustres éclairés, échos du monde qui arrivaient jusqu'à Emma. Des sarabandes à n'en plus finir se déroulaient dans sa tête, et, comme une bayadère sur les fleurs d'un tapis, sa pensée bondissait avec les notes, se balançait de rêve en rêve, de tristesse en tristesse. Quand l'homme avait reçu l'aumône dans sa casquette, il rabattait une vieille couverture de laine bleue, passait son orgue sur son dos et s'éloignait d'un pas lourd. Elle le regardait partir.
Soprattutto all'ora dei pasti sentiva di non poterne più: in quella stanzetta al pianterreno, dove la stufa faceva fumo, la porta cigolava, i muri trasudavano e i pavimenti erano sempre umidi, le sembrava che tutta l'amarezza della sua esistenza le venisse servita nel piatto e, come il fumo del bollito, salivano dal fondo dell'anima sua altrettante zaffate di tedio insulso. Charles mangiava con lentezza, Emma sgranocchiava qualche nocciolina o si divertiva, appoggiata a un gomito, a disegnare linee con la punta del coltello, sulla tela cerata. Mais c'était surtout aux heures des repas qu'elle n'en pouvait plus, dans cette petite salle au rez-de-chaussée, avec le poêle qui fumait, la porte qui criait, les murs qui suintaient, les pavés humides ; toute l'amertume de l'existence lui semblait servie sur son assiette, et, à la fumée du bouilli, il montait du fond de son âme comme d'autres bouffées d'affadissement. Charles était long à manger ; elle grignotait quelques noisettes, ou bien, appuyée du coude, s'amusait, avec la pointe de son couteau, à faire des raies sur la toile cirée.
Adesso trascurava del tutto l'andamento della casa e la suocera, quando andò a Tostes a trascorrere una parte della quaresima, si stupì molto di questo cambiamento. Infatti, la nuora, un tempo tanto diligente e scrupolosa, trascorreva ora intere giornate senza vestirsi, portava calze di cotone grigio e si faceva lume con la candela. Ripeteva che bisognava fare economia, perché non erano ricchi, dichiarava di essere del tutto soddisfatta e felicissima, diceva che Tostes le piaceva molto e continuava con nuovi argomenti che tappavano la bocca alla suocera. Inoltre Emma non sembrava più disposta a seguire i suoi consigli. Una volta, essendosi la vecchia Bovary azzardata a dire che i padroni devono sorvegliare la religiosità dei domestici, Emma le aveva rivolto uno sguardo così irato e un sorriso tanto gelido, che la buona donna non aveva più fiatato. Elle laissait maintenant tout aller dans son ménage, et madame Bovary mère, lorsqu'elle vint passer à Tostes une partie du carême, s'étonna fort de ce changement. Elle, en effet, si soigneuse autrefois et délicate, elle restait à présent des journées entières sans s'habiller, portait des bas de coton gris, s'éclairait à la chandelle. Elle répétait qu'il fallait économiser, puisqu'ils n'étaient pas riches, ajoutant qu'elle était très contente, très heureuse, que Tostes lui plaisait beaucoup, et autres discours nouveaux qui fermaient la bouche à la belle-mère. Du reste, Emma ne semblait plus disposée à suivre ses conseils ; une fois même, madame Bovary s'étant avisée de prétendre que les maîtres devaient surveiller la religion de leurs domestiques, elle lui avait répondu d'un oeil si colère et avec un sourire tellement froid, que la bonne femme ne s'y frotta plus.
Emma divenne capricciosa e difficile. Ordinava per sé pietanze che poi non toccava nemmeno, un giorno beveva soltanto latte e il giorno dopo dozzine di tazze di tè. Spesso si ostinava a non voler uscire di casa e subito dopo si sentiva soffocare, apriva le finestre e indossava abiti leggeri. Dopo aver strapazzato duramente la domestica, le faceva dei regali o la mandava a passeggio dalle vicine, e talvolta perfino gettava ai poveri tutte le monete d'argento che aveva nel borsellino, benché non fosse di animo tenero né si lasciasse commuovere facilmente dalle pene altrui, come del resto la maggior parte di coloro che discendono da una stirpe contadina e conservano nell'anima qualcosa che ricorda la callosità delle mani dei padri. Emma devenait difficile, capricieuse. Elle se commandait des plats pour elle, n'y touchait point, un jour ne buvait que du lait pur, et, le lendemain, des tasses de thé à la douzaine. Souvent elle s'obstinait à ne pas sortir, puis elle suffoquait, ouvrait les fenêtres, s'habillait en robe légère. Lorsqu'elle avait bien rudoyé sa servante, elle lui faisait des cadeaux ou l'envoyait se promener chez les voisines, de même qu'elle jetait parfois aux pauvres toutes les pièces blanches de sa bourse, quoiqu'elle ne fût guère tendre cependant, ni facilement accessible à l'émotion d'autrui, comme la plupart des gens issus de campagnards, qui gardent toujours à l'âme quelque chose de la callosité des mains paternelles.
Verso la fine di febbraio, papà Rouault, memore della sua guarigione, portò di persona al genero una superba tacchina e si fermò tre giorni a Tostes. Fu Emma a tenergli compagnia, perché Charles era occupato con i malati. Papà Rouault fumò in camera, sputò sugli alari, parlò di colture, di vitelli, di mucche, di pollame e di consigli municipali; tanto che Emma, quando gli chiuse la porta alle spalle, fu presa da un senso di soddisfazione tale da lasciare stupita lei stessa. D'altro canto non nascondeva più il suo disprezzo per cose e persone; a volte manifestava opinioni bizzarre, biasimava ciò che otteneva l'approvazione di tutti e giudicava benevolmente perversità e immoralità da tutti riprovate: questi atteggiamenti facevano spalancare tanto d'occhi a suo marito. Vers la fin de février, le père Rouault, en souvenir de sa guérison, apporta lui-même à son gendre une dinde superbe, et il resta trois jours à Tostes. Charles étant à ses malades, Emma lui tint compagnie. Il fuma dans la chambre, cracha sur les chenets, causa culture, veaux, vaches, volailles et conseil municipal ; si bien qu'elle referma la porte, quand il fut parti, avec un sentiment de satisfaction qui la surprit elle-même. D'ailleurs, elle ne cachait plus son mépris pour rien, ni pour personne ; et elle se mettait quelque fois à exprimer des opinions singulières, blâmant ce que l'on approuvait, et approuvant des choses perverses ou immorales : ce qui faisait ouvrir de grands yeux à son mari.
Quella miserevole esistenza sarebbe durata per sempre? Non le sarebbe mai stato possibile uscirne? Era convinta di non valere meno di tutte le altre che vivevano felici. Alla Vaubyessard aveva visto duchesse più grasse di lei e dalle maniere più volgari delle sue ed esecrava l'ingiustizia del Cielo; appoggiava il capo al muro e piangeva; invidiava le vite tumultuose, i balli mascherati, i piaceri sfacciati con tutti quegli smarrimenti che lei ancora non conosceva, ma che certo dovevano causare. Est-ce que cette misère durerait toujours ? est-ce qu'elle n'en sortirait pas ? Elle valait bien cependant toutes celles qui vivaient heureuses ! Elle avait vu des duchesses à la Vaubyessard qui avaient la taille plus lourde et les façons plus communes, et elle exécrait l'injustice de Dieu ; elle s'appuyait la tête aux murs pour pleurer ; elle enviait les existences tumultueuses, les nuits masquées, les insolents plaisirs avec tous les éperduments qu'elle ne connaissait pas et qu'ils devaient donner.
Impallidiva e soffriva di palpitazioni. Charles le somministrò valeriana e le faceva fare bagni alla canfora. Qualsiasi cosa si tentasse, serviva soltanto ad aumentare il suo nervosismo. Elle pâlissait et avait des battements de coeur. Charles lui administra de la valériane et des bains de camphre. Tout ce que l'on essayait semblait l'irriter davantage.
V'erano giorni in cui parlava con un'irruenza febbrile; a tali esaltazioni facevano seguito d'improvviso torpori duranti i quali rimaneva muta e immobile. Allora soltanto in un modo riusciva a rianimarsi, versandosi sulle braccia il contenuto di un flacone di acqua di Colonia. En de certains jours, elle bavardait avec une abondance fébrile ; à ces exaltations succédaient tout à coup des torpeurs où elle restait sans parler, sans bouger. Ce qui la ranimait alors, c'était de se répandre sur les bras un flacon d'eau de Cologne.
Quel continuo lagnarsi di Tostes indusse Charles a supporre che la causa dei suoi malori dipendesse da qualche influsso dei luoghi, e, convinto di essere nel giusto, egli cominciò a prendere seriamente in esame la possibilità di andare a stabilirsi altrove. Comme elle se plaignait de Tostes continuellement, Charles imagina que la cause de sa maladie était sans doute dans quelque influence locale, et, s'arrêtant à cette idée, il songea sérieusement à aller s'établir ailleurs.
Da allora Emma si mise a bere aceto, per dimagrire, si buscò una tossettina secca e perse del tutto l'appetito. Dès lors, elle but du vinaigre pour se faire maigrir, contracta une petite toux sèche et perdit complètement l'appétit.
A Charles dispiaceva non poco lasciare, dopo quattro anni, Tostes, e proprio nel momento in cui la sua posizione cominciava a consolidarsi. Ma se era indispensabile!... La condusse a Rouen, per farla visitare dal suo ex maestro, il quale diagnosticò una forma nervosa e consigliò un cambiamento d'aria. Il en coûtait à Charles d'abandonner Tostes après quatre ans de séjour et au moment où il commençait à s'y poser . S'il le fallait, cependant ! Il la conduisit à Rouen voir son ancien maître. C'était une maladie nerveuse : on devait la changer d'air.
Dopo numerose ricerche, in diversi luoghi, Charles venne a sapere che nel dipartimento di Neufchâtel v'era una grossa borgata chiamata Yonville-l'Abbaye il cui medico, un esule polacco, se ne era andato da una settimana. Allora scrisse al farmacista del luogo per sapere il numero degli abitanti, a quale distanza si trovasse il più vicino collega, quanto guadagnasse in un anno il suo predecessore, eccetera. Le risposte furono soddisfacenti e venne così deciso di traslocare, verso la primavera, se nel frattempo la salute di Emma non fosse migliorata. Après s'être tourné de côté et d'autre, Charles apprit qu'il y avait dans l'arrondissement de Neufchâtel, un fort bourg nommé Yonville-l'Abbaye, dont le médecin, qui était un réfugié polonais, venait de décamper la semaine précédente. Alors il écrivit au pharmacien de l'endroit pour savoir quel était le chiffre de la population, la distance où se trouvait le confrère le plus voisin, combien par année gagnait son prédécesseur, etc. ; et, les réponses ayant été satisfaisantes, il se résolut à déménager vers le printemps, si la santé d'Emma ne s'améliorait pas.
Un giorno, mentre in previsione del trasloco, Emma stava riordinando un cassetto, qualcosa le punse un dito. Era un filo di ferro del suo bouquet di nozze. I fiori d'arancio erano gialli di polvere e i nastri di raso orlati d'argento si sfilacciavano ai bordi. Emma lo gettò nel caminetto. Prese fuoco più in fretta della paglia secca, e rimase sulla cenere come un cespuglio che si consumava a poco a poco. Rimase a guardarlo mentre bruciava. Le piccole bacche di cartone scoppiettavano, il filo di ottone si contorceva, il gallone d'argento si fondeva e le corolle di carta, raggrinzite, si dondolavano lungo la piastra del camino, come farfalle nere, per sparire poi su per la cappa. Quand on partit de Tostes, au mois de mars, madame Bovary était enceinte
Quando partirono da Tostes, nel mese di marzo, la signora Bovary era incinta.
G. Fleubert Madame Bovary Часть первая

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Italiano France
Stavamo studiando, quando entrò il preside seguito da un nuovo alunno vestito in borghese e dal bidello che trasportava un grosso banco. Quelli che dormivano si svegliarono e si alzarono in piedi come sorpresi in piena attività. Nous étions à l'Etude, quand le Proviseur entra suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail
Il preside ci fece cenno di star comodi, poi si rivolse all'insegnante: Le Proviseur nous fit signe de nous rasseoir ; puis, se tournant vers le maître d'études :
"Professor Roger," disse sottovoce "le raccomando questo allievo. Viene ammesso alla quinta, ma se il profitto e la condotta lo renderanno meritevole, passerà fra i grandi, come richiederebbe la sua età". -- Monsieur Roger, lui dit-il à demi-voix, voici un élève que je vous recommande, il entre en cinquième. Si son travail et sa conduite sont méritoires, il passera dans les grands , où l'appelle son âge.
Il 'nuovo', un giovane e robusto campagnolo d'una quindicina di anni circa, alto di statura più di ognuno di noi, rimaneva in un angolo dietro la porta, di modo che lo vedevamo appena. Aveva i capelli tagliati diritti sulla fronte, come un chierichetto di paese: sembrava assennato e molto intimorito. Benché non avesse le spalle larghe, dava l'impressione che la giacchetta di panno verde con i bottoni neri lo stringesse sotto le ascelle; gli spacchi dei risvolti delle maniche lasciavano vedere i polsi arrossati a furia di rimanere scoperti. Le gambe calzate di blu sbucavano da un paio di pantaloni giallastri sostenuti con troppa energia dalle bretelle. Portava scarpe chiodate robuste e mal lucidate. Resté dans l'angle, derrière la porte, si bien qu'on l'apercevait à peine, le nouveau était un gars de la campagne, d'une quinzaine d'années environ, et plus haut de taille qu'aucun de nous tous. Il avait les cheveux coupés droit sur le front, comme un chantre de village, l'air raisonnable et fort embarrassé. Quoiqu'il ne fût pas large des épaules, son habit-veste de drap vert à boutons noirs devait le gêner aux entournures et laissait voir, par la fente des parements, des poignets rouges habitués à être nus. Ses jambes, en bas bleus, sortaient d'un pantalon jaunâtre très tiré par les bretelles. Il était chaussé de souliers forts, mal cirés, garnis de clous
Cominciammo a recitare le lezioni. Egli stava tutto orecchi ad ascoltarle, attento come se ascoltasse un sermone, senza osare nemmeno incrociare le gambe o appoggiarsi al gomito, e alle due, quando suonò la campana, il professore dovette chiamarlo perché si mettesse in fila con noi. On commença la récitation des leçons. Il les écouta de toutes ses oreilles, attentif comme au sermon, n'osant même croiser les cuisses, ni s'appuyer sur le coude, et, à deux heures, quand la cloche sonna, le maître d'études fut obligé de l'avertir, pour qu'il se mît avec nous dans les rangs.
Avevamo l'abitudine entrando in classe di gettare a terra i berretti per restare con le mani più libere; bisognava lanciarli stando sulla soglia fin sotto il banco, in modo che battessero contro il muro e sollevassero più polvere possibile; così era 'l'uso'. Nous avions l'habitude, en entrant en classe, de jeter nos casquettes par terre, afin d'avoir ensuite nos mains plus libres ; il fallait, dès le seuil de la porte, les lancer sous le banc, de façon à frapper contre la muraille en faisant beaucoup de poussière ; c'était là le genre .
Ma, sia che non avesse notato la manovra o che non avesse osato metterla in pratica, alla fine della preghiera, il 'nuovo' teneva ancora il berretto sulle ginocchia. Si trattava di uno di quei copricapi non ben definibili, nei quali è possibile trovare gli elementi del cappuccio di pelo, del colbacco, del cappello rotondo, del berretto di lontra e del berretto da notte, una di quelle povere cose, insomma, la cui bruttezza silenziosa ha la stessa profondità d'espressione del viso d'un idiota. Di forma ovoidale e tenuto teso dalle stecche di balena, cominciava con tre salsicciotti rotondi, poi, separate da una striscia rossa, si alternavano losanghe di velluto e di pelo di coniglio; veniva in seguito una specie di sacco che terminava con un poligono sostenuto da cartone ed era coperto da un complicato ricamo di passamaneria, dal quale pendeva, al termine di un lungo e troppo sottile cordone, un ciuffetto di fili d'oro a guisa di nappina. Il berretto era nuovo di zecca e la visiera splendeva. Mais, soit qu'il n'eût pas remarqué cette manoeuvre ou qu'il n'eût osé s'y soumettre, la prière était finie que le nouveau tenait encore sa casquette sur ses deux genoux. C'était une de ces coiffure d'ordre composite, où l'on retrouve les éléments du bonnet à poil, du chapska du chapeau rond, de la casquette de loutre et du bonnet de coton, une de ces pauvres choses, enfin, dont la laideur muette a des profondeurs d'expression comme le visage d'un imbécile. Ovoïde et renflée de baleines, elle commençait par trois boudins circulaires ; puis s'alternaient, séparés par une bande rouge, des losanges de velours et de poils de lapin ; venait ensuite une façon de sac qui se terminait par un polygone cartonné, couvert d'une broderie en soutache compliquée, et d'où pendait, au bout d'un long cordon trop mince, un petit croisillon de fils d'or, en manière de gland. Elle était neuve ; la visière brillait.
"Si alzi" disse il professore. -- Levez-vous, dit le professeur.
Lo scolaro si alzò: il berretto cadde per terra. Tutta la classe scoppiò a ridere. Il se leva ; sa casquette tomba. Toute la classe se mit à rire.
Egli si chinò per raccoglierlo. Un compagno con una gomitata lo fece di nuovo cadere: il ragazzo ancora una volta lo raccattò. Il se baissa pour la reprendre. Un voisin la fit tomber d'un coup de coude, il la ramassa encore une fois.
"Si sbarazzi del suo casco" disse il professore che era un uomo di spirito. -- Débarrassez-vous donc de votre casque, dit le professeur, qui était un homme d'esprit.
Un'altra clamorosa risata della scolaresca sconcertò il povero ragazzo, tanto che egli non seppe più se dovesse tenere il berretto in mano, lasciarlo per terra o metterselo in testa. Il y eut un rire éclatant des écoliers qui décontenança le pauvre garçon, si bien qu'il ne savait s'il fallait garder sa casquette à la main, la laisser par terre ou la mettre sur sa tête.
Si rimise a sedere e lo posò sulle ginocchia. Il se rassit et la posa sur ses genoux
"Si alzi," riprese il professore "e mi dica il suo nome". -- Levez-vous, reprit le professeur, et dites-moi votre nom.
Il 'nuovo', farfugliando, pronunciò un nome incomprensibile. Le nouveau articula, d'une voix bredouillante, un nom inintelligible.
"Ripeta!" -- Répétez !
Si udì lo stesso farfugliamento di sillabe, sommerso dagli schiamazzi della classe. Le même bredouillement de syllabes se fit entendre, couvert par les huées de la classe.
"Più forte," gridò l'insegnante "più forte!" -- Plus haut ! cria le maître, plus haut !
Il 'nuovo', prendendo una decisione eroica, aprì una bocca smisurata e gridò a pieni polmoni, come per chiamare qualcuno, questa parola: "Charbovari". Le nouveau , prenant alors une résolution extrême, ouvrit une bouche démesurée et lança à pleins poumons, comme pour appeler quelqu'un, ce mot : Charbovari .
Di colpo si levò uno strepito che salì in crescendo con acuti scoppi di voce (chi urlava, chi abbaiava, chi pestava i piedi, mentre tutti ripetevano: "Charbovari, Charbovari!") per smorzarsi poi in note isolate, e riprendere all'improvviso in una fila di banchi, ove qualche risata soffocata si levava ancora, simile a un petardo non del tutto spento. Ce fut un vacarme qui s'élança d'un bond, monta en crescendo , avec des éclats de voix aigus ( on hurlait, on aboyait, on trépignait, on répétait : Charbovari ! Charbovari ! ) , puis qui roula en notes isolées, se calmant à grand-peine, et parfois qui reprenait tout à coup sur la ligne d'un banc où saillissait encore çà et là, comme un pétard mal éteint, quelque rire étouffé.
Finalmente, sotto una gragnola di castighi, nella classe si ristabilì a poco a poco l'ordine e il professore, dopo essere riuscito ad afferrare il nome di Charles Bovary, dopo esserselo fatto dettare, compitare e rileggere, ordinò al povero diavolo di andare immediatamente a sedersi nel banco dei negligenti, ai piedi della cattedra. Il 'nuovo' si avviò, ma ebbe un'esitazione. Cependant, sous la pluie des pensums, l'ordre peu à peu se rétablit dans la classe, et le professeur, parvenu à saisir le nom de Charles Bovary, se l'étant fait dicter, épeler et relire, commanda tout de suite au pauvre diable d'aller s'asseoir sur le banc de paresse, au pied de la chaire. Il se mit en mouvement, mais, avant de partir, hésita.
"Che cosa c'è?" domandò il professore. -- Que cherchez-vous ? demanda le professeur.
"Il mio berr..." fece timidamente l'alunno guardandosi intorno smarrito. -- Ma cas..., fit timidement le nouveau , promenant autour de lui des regards inquiets.
"Cinquecento versi a tutta la classe!" Questa frase, gridata con voce furiosa, arrestò come il quos ego, una nuova tempesta. -- Cinq cents vers à toute la classe ! exclamé d'une voix furieuse, arrêta, comme le Quos ego , une bourrasque nouvelle.
"Suvvia, calmatevi!" continuò il professore indignato, asciugandosi la fronte con un fazzoletto che aveva tirato fuori dalla berretta accademica. "Quanto all'ultimo arrivato, mi copierà venti volte la frase ridiculus sum." -- Restez donc tranquilles ! continuait le professeur indigné, et s'essuyant le front avec son mouchoir qu'il venait de prendre dans sa toque : Quant à vous, le nouveau , vous me copierez vingt fois le verbe ridiculus sum .
Poi, in tono più dolce, soggiunse: Puis, d'une voix plus douce :
"Ritroverà il suo berretto: nessuno l'ha rubato". -- Eh ! vous la retrouverez, votre casquette ; on ne vous l'a pas volée !
Tutto tornò tranquillo. Le teste si chinarono sui fogli e il 'nuovo' mantenne per due ore una condotta esemplare, sebbene di tanto in tanto qualche pallina di carta andasse a spiaccicarglisi sul viso, lanciata con l'estremità di un pennino. Il ragazzo, dopo essersi asciugato con la mano, restava immobile, gli occhi bassi. Tout reprit son calme. Les têtes se courbèrent sur les cartons, et le nouveau resta pendant deux heures dans une tenue exemplaire, quoiqu'il y eût bien, de temps à autre, quelque boulette de papier lancée d'un bec de plume qui vînt s'éclabousser sur sa figure. Mais il s'essuyait avec la main, et demeurait immobile, les yeux baissés.
Nell'aula di studio, la sera, tirò fuori di sotto il banco le mezze maniche, mise in ordine le sue piccole cose e tracciò con diligenza le righe sul foglio. Lo vedemmo lavorare con coscienza, cercare tutti i vocaboli sul dizionario e fare ogni cosa con il maggiore impegno. Senza dubbio grazie alla buona volontà di cui diede prova gli fu possibile evitare di essere retrocesso alla classe inferiore, poiché, pur conoscendo discretamente le regole, non riusciva a esprimersi con eleganza. Il curato del villaggio lo aveva iniziato allo studio del latino: i suoi genitori infatti, per non spendere, lo avevano mandato in collegio il più tardi possibile. Le soir, à l'Etude, il tira ses bouts de manches de son pupitre, mit en ordre ses petites affaires, régla soigneusement son papier. Nous le vîmes qui travaillait en conscience, cherchant tous les mots dans le dictionnaire et se donnant beaucoup de mal. Grâce, sans doute, à cette bonne volonté dont il fit preuve, il dut de ne pas descendre dans la classe inférieure ; car, s'il savait passablement ses règles, il n'avait guère d'élégance dans les tournures. C'était le curé de son village qui lui avait commencé le latin, ses parents, par économie, ne l'ayant envoyé au collège que le plus tard possible.
Il padre, Charles-Denis-Bartholomé Bovary, un ex maggiore medico compromessosi verso il 1812 in certi loschi affari riguardanti la coscrizione e costretto a lasciare il servizio, sfruttò le sue attrattive fisiche per ghermire al volo una dote di settantamila franchi che gli veniva offerta con la figlia di un commerciante invaghitasi della sua prestanza. Bell'uomo, millantatore, abile nel fare risuonare gli speroni, fornito di favoriti che si univano ai baffi, con le dita sempre inanellate e vestito di colori vistosi, aveva l'aspetto di un bravaccio e il brio disinvolto di un commesso viaggiatore. Una volta sposatosi, visse due o tre anni con la dote della moglie, mangiando bene, alzandosi tardi, fumando in grandi pipe di porcellana, rientrando a casa soltanto dopo gli spettacoli a teatro, e frequentando i caffè. Il suocero morì lasciando ben poco: egli ne rimase indignato, volle mettersi nell'industria, ma perdette del denaro e si ritirò allora in campagna con l'intento di valorizzare le terre. Ma siccome si intendeva tanto di agricoltura quanto di industria tessile, montava egli stesso i cavalli invece di mandarli a lavorare nei campi, beveva il sidro imbottigliato anziché venderlo, mangiava i più bei polli del suo allevamento e ingrassava gli stivali da caccia con il lardo dei maiali, non tardò molto a rendersi conto che il miglior partito consisteva nel rinunciare ad ogni speculazione. Son père, M. Charles-Denis-Bartholomé Bovary, ancien aide-chirurgien-major, compromis, vers 1812, dans des affaires de conscription, et forcé, vers cette époque, de quitter le service, avait alors profité de ses avantages personnels pour saisir au passage une dot de soixante mille francs, qui s'offrait en la fille d'un marchand bonnetier, devenue amoureuse de sa tournure. Bel homme, hâbleur, faisant sonner haut ses éperons, portant des favoris rejoints aux moustaches, les doigts toujours garnis de bagues et habillé de couleurs voyantes, il avait l'aspect d'un brave, avec l'entrain facile d'un commis voyageur. Une fois marié, il vécut deux ou trois ans sur la fortune de sa femme, dînant bien, se levant tard, fumant dans de grandes pipes en porcelaine, ne rentrant le soir qu'après le spectacle et fréquentant les cafés. Le beau-père mourut et laissa peu de chose ; il en fut indigné, se lança dans la fabrique , y perdit quelque argent, puis se retira dans la campagne, où il voulut faire valoir . Mais, comme il ne s'entendait guère plus en culture qu'en indienne, qu'il montait ses chevaux au lieu de les envoyer au labour, buvait son cidre en bouteilles au lieu de le vendre en barriques, mangeait les plus belles volailles de sa cour et graissait ses souliers de chasse avec le lard de ses cochons, il ne tarda point à s'apercevoir qu'il valait mieux planter là toute spéculation.
Con la spesa di duecento franchi all'anno, trovò allora da affittare, in un villaggio sul confine fra la regione di Caux e la Piccardia, una specie di via di mezzo fra la fattoria e la casa padronale; qui, accorato, roso dai rimpianti, accusando il destino, invidioso di tutti, si ritirò all'età di quarantacinque anni, disgustato degli uomini e deciso a vivere in pace. Moyennant deux cents francs par an, il trouva donc à louer dans un village, sur les confins du pays de Caux et de la Picardie, une sorte de logis moitié ferme, moitié maison de maître ; et, chagrin, rongé de regrets, accusant le ciel, jaloux contre tout le monde, il s'enferma dès l'âge de quarante-cinq ans, dégoûté des hommes, disait-il, et décidé à vivre en paix.
Sua moglie, un tempo innamorata pazza di lui, l'aveva stancato con un amore servile che era riuscito soltanto ad allontanarlo. Di carattere gaio, espansiva, traboccante di tenerezza, in vecchiaia (come il vino che esposto all'aria inacidisce), era divenuta di difficile carattere, piagnucolosa, nervosa. Aveva sofferto terribilmente dapprima senza lagnarsi quando lo vedeva correre dietro a tutte le gonnelle del paese o quando tornava da lei, la sera, dai luoghi più malfamati, sazio e con l'alito da avvinazzato. Poi il suo orgoglio si era ribellato. Allora aveva taciuto, inghiottendo la rabbia con uno stoicismo silenzioso protrattosi fino alla sua morte. Andava in giro senza posa, indaffarata. Si recava dagli avvocati, dal presidente, poneva attenzione alle scadenze delle cambiali, otteneva proroghe; e in casa stirava, cuciva, faceva il bucato, sorvegliava gli operai, pagava loro i salari, mentre il signor Bovary, sempre intorpidito da una sonnolenza imbronciata dalla quale si riscuoteva soltanto per rivolgerle frasi sgarbate, rimaneva a fumare accanto al fuoco, sputando nella cenere. Sa femme avait été folle de lui autrefois ; elle l'avait aimé avec mille servilités qui l'avaient détaché d'elle encore davantage. Enjouée jadis, expansive et toute aimante, elle était, en vieillissant, devenue ( à la façon du vin éventé qui se tourne en vinaigre ) d'humeur difficile, piaillarde, nerveuse. Elle avait tant souffert, sans se plaindre, d'abord, quand elle le voyait courir après toutes les gotons de village et que vingt mauvais lieux le lui renvoyaient le soir, blasé et puant l'ivresse ! Puis l'orgueil s'était révolté. Alors elle s'était tue, avalant sa rage dans un stoïcisme muet, qu'elle garda jusqu'à sa mort. Elle était sans cesse en courses, en affaires. Elle allait chez les avoués, chez le président, se rappelait l'échéance des billets, obtenait des retards ; et, à la maison, repassait, cousait, blanchissait, surveillait les ouvriers, soldait les mémoires, tandis que, sans s'inquiéter de rien, Monsieur, continuellement engourdi dans une somnolence boudeuse dont il ne se réveillait que pour lui dire des choses désobligeantes, restait à fumer au coin du feu, en crachant dans les cendres.
Quando le nacque un bambino, dovette metterlo a balia. Una volta tornato a casa, il piccolo fu viziato come un principe. La madre lo nutriva di dolciumi, il padre gli consentiva di correre scalzo e, atteggiandosi a filosofo, affermava addirittura che lo avrebbe lasciato andare in giro nudo come i piccoli degli animali. A differenza delle aspirazioni materne, aveva in mente un certo ideale virile di fanciullezza, e, uniformandosi a esso, cercava di allevare duramente suo figlio, alla spartana, in modo che crescesse robusto. Lo faceva dormire in camere non riscaldate, gli insegnava a bere grandi sorsate di rum e a insultare le processioni. Ma, essendo di indole pacifica, il bambino corrispondeva male a quei tentativi. La madre se lo tirava sempre dietro, gli ritagliava le figurine, gli raccontava favole, lo intratteneva con monologhi interminabili, pieni di patetica vivacità e di chiacchiere leziose. La sua vita vuota faceva sì che trasferisse tutte le proprie disperse e frustrate ambizioni in questo bambino. Sognava per lui posizioni elevate; lo vedeva già grande, bello e intelligente, avviato alla carriera di ingegnere o di magistrato. Gli insegnò a leggere e anche, accompagnandolo su un vecchio pianoforte, a cantare due o tre canzoncine. Ma il signor Bovary, alieno alla cultura, riteneva inutile tutto ciò. Possedevano forse il denaro per mandarlo alle scuole governative, per comprargli una carica o avviargli un commercio? Con un po' di faccia tosta un uomo riesce sempre nella vita! La signora Bovary si limitava a mordersi le labbra e suo figlio a bighellonare per il villaggio. Quand elle eut un enfant, il le fallut mettre en nourrice. Rentré chez eux, le marmot fut gâté comme un prince. Sa mère le nourrissait de confitures ; son père le laissait courir sans souliers, et, pour faire le philosophe, disait même qu'il pouvait bien aller tout nu, comme les enfants des bêtes. A l'encontre des tendances maternelles, il avait en tête un certain idéal viril de l'enfance, d'après lequel il tâchait de former son fils, voulant qu'on l'élevât durement, à la spartiate, pour lui faire une bonne constitution. Il l'envoyait se coucher sans feu, lui apprenait à boire de grands coups de rhum et à insulter les processions. Mais, naturellement paisible, le petit répondait mal à ses efforts. Sa mère le traînait toujours après elle ; elle lui découpait des cartons, lui racontait des histoires, s'entretenait avec lui dans des monologues sans fin, pleins de gaietés mélancoliques et de chatteries babillardes. Dans l'isolement de sa vie, elle reporta sur cette tête d'enfant toutes ses vanités éparses, brisées. Elle rêvait de hautes positions, elle le voyait déjà grand, beau, spirituel, établi, dans les ponts et chaussées ou dans la magistrature. Elle lui apprit à lire, et même lui enseigna, sur un vieux piano qu'elle avait, à chanter deux ou trois petites romances. Mais, à tout cela, M. Bovary, peu soucieux des lettres, disait que ce n'était pas la peine ! Auraient-ils jamais de quoi l'entretenir dans les écoles du gouvernement, lui acheter une charge ou un fonds de commerce ? D'ailleurs, avec du toupet, un homme réussit toujours dans le monde . Madame Bovary se mordait les lèvres, et l'enfant vagabondait dans le village.
Il bambino andava con i bifolchi, divertendosi a cercar di colpire i corvi che si alzavano a volo, lanciando zolle di terra. Mangiava le more lungo i fossati, custodiva i tacchini armato di una bacchetta, rivoltava il fieno tagliato, correva nel bosco, giocava a campana nei giorni di pioggia sotto il portico della chiesa, supplicava il sagrestano di lasciargli suonare le campane nelle feste grandi, per appendersi di peso alla lunga corda e farsi trascinare dal suo slancio. Il suivait les laboureurs, et chassait, à coups de motte de terre, les corbeaux qui s'envolaient. Il mangeait des mûres le long des fossés, gardait les dindons avec une gaule, fanait à la moisson, courait dans le bois, jouait à la marelle sous le porche de l'église les jours de pluie, et, aux grandes fêtes, suppliait le bedeau de lui laisser sonner les cloches, pour se pendre de tout son corps à la grande corde et se sentir emporter par elle dans sa volée.
In questo modo crebbe come una quercia. Aveva mani robuste e un colorito sano. Aussi poussa-t-il comme un chêne. Il acquit de fortes mains, de belles couleurs.
A dodici anni, la madre riuscì a fargli cominciare gli studi. Il compito di istruirlo venne affidato al curato. Ma le lezioni erano così brevi e saltuarie da servire a ben poco. Venivano impartite a tempo perso nella sagrestia, in piedi, fra un battesimo e un funerale; oppure il prevosto, se non doveva uscire, mandava a chiamare il suo allievo dopo l'Angelus. Salivano nella camera del sacerdote e prendevano posto: moscerini e falene turbinavano intorno alla candela. Faceva caldo, e il bambino si addormentava, il brav'uomo si assopiva con le mani incrociate sul ventre e ben presto russava a bocca aperta. Altre volte il curato, tornando dall'aver portato il viatico a qualche malato dei dintorni, scorgeva Charles che faceva il monello nei prati, lo chiamava, gli teneva un predicozzo di un quarto d'ora e approfittava dell'occasione per fargli coniugare i verbi, magari ai piedi di un albero. Talvolta la pioggia li interrompeva, o sopraggiungeva un conoscente di passaggio. D'altra parte, il maestro si dichiarava soddisfatto dell'allievo, e affermava che il giovanotto aveva una gran memoria. A douze ans, sa mère obtint que l'on commençât ses études. On en chargea le curé. Mais les leçons étaient si courtes et si mal suivies, qu'elles ne pouvaient servir à grand-chose. C'était aux moments perdus qu'elles se donnaient, dans la Sacristie, debout, à la hâte, entre un baptême et un enterrement ; ou bien le curé envoyait chercher son élève après l'Angelus , quand il n'avait pas à sortir. On montait dans sa chambre, on s'installait : les moucherons et les papillons de nuit tournoyaient autour de la chandelle. Il faisait chaud, l'enfant s'endormait ; et le bonhomme, s'assoupissant les mains sur son ventre, ne tardait pas à ronfler, la bouche ouverte. D'autres fois, quand M. le curé, revenant de porter le viatique à quelque malade des environs, apercevait Charles qui polissonnait dans la campagne, il l'appelait, le sermonnait un quart d'heure et profitait de l'occasion pour lui faire conjuguer son verbe au pied d'un arbre. La pluie venait les interrompre, ou une connaissance qui passait. Du reste, il était toujours content de lui, disait même que le jeune homme avait beaucoup de mémoire.
Charles non poteva fermarsi lì. La signora Bovary fu drastica. Vergognoso e forse stufo, suo marito cedette senza opporre resistenza e trascorse così ancora un anno, durante il quale il ragazzo fece la prima comunione. Charles ne pouvait en rester là. Madame fut énergique. Honteux, ou fatigué plutôt, Monsieur céda sans résistance, et l'on attendit encore un an que le gamin eût fait sa première communion.
Passarono altri sei mesi; l'anno successivo, Charles fu definitivamente mandato al collegio di Rouen, dove l'accompagnò il padre stesso verso la fine di ottobre, all'epoca della fiera di San Romano. Six mois se passèrent encore ; et, l'année d'après, Charles fut définitivement envoyé au collège de Rouen, où son père l'amena lui-même, vers la fin d'octobre, à l'époque de la foire Saint-Romain.
Sarebbe impossibile a chiunque ricordare di lui alcunché di memorabile. Era un ragazzo d'indole tranquilla, che giocava durante la ricreazione, lavorava nelle ore di studio, stava attento in classe, dormiva bene e mangiava con appetito. Nelle libere uscite era affidato a un mercante di chincaglierie all'ingrosso, di Rue Ganterie, che lo prendeva con sé una volta al mese, la domenica, quando la bottega era chiusa; lo mandava a passeggiare al porto, dove poteva guardare i battelli e lo riportava in collegio alle sette, prima di cena. Il serait maintenant impossible à aucun de nous de se rien rappeler de lui. C'était un garçon de tempérament modéré, qui jouait aux récréations, travaillait à l'étude, écoutant en classe, dormant bien au dortoir, mangeant bien au réfectoire. Il avait pour correspondant un quincaillier en gros de la rue Ganterie, qui le faisait sortir une fois par mois, le dimanche, après que sa boutique était fermée, l'envoyait se promener sur le port à regarder les bateaux, puis le ramenait au collège dès sept heures, avant le souper.
La sera di ogni giovedì, Charles scriveva una lunga lettera alla madre, con l'inchiostro rosso e la chiudeva con tre suggelli; poi ripassava storia o leggeva un vecchio libro, l'Anacarsi, che girava nell'aula di studio. Durante la passeggiata, conversava con il domestico, proveniente come lui dalla campagna. Le soir de chaque jeudi, il écrivait une longue lettre à sa mère, avec de l'encre rouge et trois pains à cacheter ; puis il repassait ses cahiers d'histoire, ou bien il lisait un vieux volume d' Anacharsis qui traînait dans l'étude. En promenade, il causait avec le domestique, qui était de la campagne comme lui.
Continuando ad applicarsi con impegno, si mantenne sempre in una posizione intermedia fra i primi e gli ultimi della classe: una volta meritò anche un premio di storia naturale. Ma, alla fine della terza, i genitori lo ritirarono dal collegio per fargli studiare medicina, convinti che il ragazzo avrebbe saputo badare a se stesso fino al conseguimento del diploma di maturità. A force de s'appliquer, il se maintint toujours vers le milieu de la classe ; une fois même, il gagna un premier accessit d'histoire naturelle. Mais à la fin de sa troisième, ses parents le retirèrent du collège pour lui faire étudier la médecine, persuadés qu'il pourrait se pousser seul jusqu'au baccalauréat.
Sua madre gli trovò una camera al quinto piano sull'Eau-de-Robec, presso un tintore di sua conoscenza. Si accordò per la pensione, procurò i mobili, un tavolo e due sedie, fece portare da casa un vecchio letto di ciliegio e inoltre acquistò una stufetta di ghisa con una provvista di legna che avrebbe scaldato il povero figliolo. Poi, alla fine della settimana, partì, dopo aver raccomandato mille volte al ragazzo di comportarsi bene adesso che veniva abbandonato a se stesso. Sa mère lui choisit une chambre, au quatrième, sur l'Eau-de-Robec, chez un teinturier de sa connaissance. Elle conclut les arrangements pour sa pension, se procura des meubles, une table et deux chaises, fit venir de chez elle un vieux lit en merisier, et acheta de plus un petit poêle en fonte, avec la provision de bois qui devait chauffer son pauvre enfant. Puis elle partit au bout de la semaine, après mille recommandations de se bien conduire, maintenant qu'il allait être abandonné à lui-même.
Il programma dei corsi, che Charles lesse nell'affisso esposto alla scuola, lo lasciò stordito, corsi di anatomia, di patologia, di fisiologia, corsi di farmacia, di chimica e di botanica, di clinica e di terapeutica, senza contare l'igiene e gli altri argomenti medici, tutti nomi dei quali ignorava l'etimologia e che erano per lui come tante porte di santuari pieni di auguste tenebre. Le programme des cours, qu'il lut sur l'affiche, lui fit un effet d'étourdissement : cours d'anatomie, cours de pathologie, cours de physiologie, cours de pharmacie, cours de chimie, et de botanique, et de clinique, et de thérapeutique, sans compter l'hygiène ni la matière médicale, tous noms dont il ignorait les étymologies et qui étaient comme autant de portes de sanctuaires pleins d'augustes ténèbres.
Non ci capì niente: e ascoltare con la massima attenzione non serviva a nulla, non gli riusciva d'intendere. Ciò nonostante studiava, aveva quaderni ben tenuti, seguiva tutti i corsi senza perdere una sola lezione. Assolveva il suo compito quotidiano così come fa il cavallo della giostra, il quale gira in circolo con gli occhi bendati senza sapere a che serve la sua fatica. Il n'y comprit rien ; il avait beau écouter, il ne saisissait pas. Il travaillait pourtant, il avait des cahiers reliés, il suivait tous les cours, il ne perdait pas une seule visite. Il accomplissait sa petite tâche quotidienne à la manière du cheval de manège, qui tourne en place les yeux bandés, ignorant de la besogne qu'il broie.
Per evitargli spese, sua madre gli mandava, servendosi del corriere, un pezzo di vitello al forno che lui consumava a pranzo, quando rientrava battendo i piedi per il freddo dall'ospedale. Non appena mangiato, doveva correre alle lezioni, all'anfiteatro di anatomia, all'ospedale, e ritornare attraversando tutta la città. La sera, dopo la magra cena della pensione, saliva in camera sua e si rimetteva al lavoro con gli abiti ancora umidi che gli fumavano addosso al calore della stufa rovente. Pour lui épargner de la dépense, sa mère lui envoyait chaque semaine, par le messager, un morceau de veau cuit au four, avec quoi il déjeunait le matin, quand il était rentré de l'hôpital, tout en battant la semelle contre le mur. Ensuite il fallait courir aux leçons, à l'amphithéâtre, à l'hospice, et revenir chez lui, à travers toutes les rues. Le soir, après le maigre dîner de son propriétaire, il remontait à sa chambre et se remettait au travail, dans ses habits mouillés qui fumaient sur son corps, devant le poêle rougi.
Nelle belle serate estive, quando l'aria è tiepida e le vie deserte, quando le servette giocano al volano sulla soglia di casa, apriva la finestra e si affacciava. Il fiume che rende questo quartiere di Rouen simile a una piccola, ignobile Venezia, scorreva in basso, sotto di lui, giallo, violetto o azzurro, fra ponti e inferriate. Alcuni operai accoccolati sulla sponda si lavavano le braccia nell'acqua. Stese su bastoni che sporgevano dall'alto degli abbaini, matasse di cotone asciugavano all'aria. Di fronte, al di là dei tetti, si apriva il cielo grande e puro, con il sole rosso al tramonto. Come si deve star bene laggiù! Che frescura, sotto i faggi! E dilatava le narici per aspirare i profumi della campagna che non potevano arrivare fino a lui. Dans les beaux soirs d'été, à l'heure où les rues tièdes sont vides, quand les servantes jouent au volant sur le seuil des portes, il ouvrait sa fenêtre et s'accoudait. La rivière, qui fait de ce quartier de Rouen comme une ignoble petite Venise, coulait en bas, sous lui, jaune, violette ou bleue, entre ses ponts et ses grilles. Des ouvriers, accroupis au bord, lavaient leurs bras dans l'eau. Sur des perches partant du haut des greniers, des écheveaux de coton séchaient à l'air. En face, au-delà des toits, le grand ciel pur s'étendait, avec le soleil rouge se couchant. Qu'il devait faire bon là-bas ! Quelle fraîcheur sous la hêtraie ! Et il ouvrait les narines pour aspirer les bonnes odeurs de la campagne, qui ne venaient pas jusqu'à lui.
Dimagrì, si alzò di statura e il suo viso assunse una sorta di espressione triste che lo rese quasi interessante. Il maigrit, sa taille s'allongea, et sa figure prit une sorte d'expression dolente qui la rendit presque intéressante.
Senza quasi accorgersene, per indolenza, finì con l'abbandonare tutti i proponimenti fatti. Una volta rimase assente a una visita, l'indomani a una lezione, e in ultimo, prendendo gusto alla pigrizia, a poco a poco trascurò del tutto gli studi. Naturellement, par nonchalance, il en vint à se délier de toutes les résolutions qu'il s'était faites. Une fois, il manqua la visite, le lendemain son cours, et, savourant la paresse, peu à peu, n'y retourna plus.
Prese l'abitudine di frequentare le osterie e si appassionò al gioco del domino. Chiudersi ogni sera in uno sporco locale pubblico per battere sui tavolini di marmo gli ossicini di montone contrassegnati dai punti neri gli sembrava una preziosa manifestazione di libertà che lo innalzava nella stima di se stesso. Era una specie di iniziazione alla vita, l'accesso ai piaceri proibiti; entrando posava la mano sulla maniglia della porta con un piacere quasi sensuale. E allora molti lati nascosti del suo carattere si rivelarono: imparò canzonacce che cantava durante le bevute, si entusiasmò per Béranger, imparò a prepararsi il ponce e infine conobbe l'amore. Il prit l'habitude du cabaret, avec la passion des dominos. S'enfermer chaque soir dans un sale appartement public, pour y taper sur des tables de marbre de petits os de mouton marqués de points noirs, lui semblait un acte précieux de sa liberté, qui le rehaussait d'estime vis-à-vis de lui-même. C'était comme l'initiation au monde, l'accès des plaisirs défendus ; et, en entrant, il posait la main sur le bouton de la porte avec une joie presque sensuelle. Alors, beaucoup de choses comprimées en lui, se dilatèrent ; il apprit par coeur des couplets qu'il chantait aux bienvenues, s'enthousiasma pour Béranger, sut faire du punch et connut enfin l'amour.
Grazie a una simile preparazione l'esame d'ufficiale sanitario fu un fiasco completo. A casa lo aspettavano la sera stessa per festeggiare la promozione! Grâce à ces travaux préparatoires, il échoua complètement à son examen d'officier de santé. On l'attendait le soir même à la maison pour fêter son succès !
Partì a piedi e si fermò alle prime case del paese; fece chiamare la madre e le raccontò tutto. La signora Bovary lo scusò, attribuendo la colpa dell'insuccesso all'ingiustizia degli esaminatori, e lo rassicurò dicendogli che si sarebbe assunta l'incarico di aggiustare le cose. Il partit à pied et s'arrêta vers l'entrée du village, où il fit demander sa mère, lui conta tout. Elle l'excusa, rejetant l'échec sur l'injustice des examinateurs, et le raffermit un peu, se chargeant d'arranger les choses.
Suo padre seppe la verità soltanto cinque anni dopo: era ormai cosa vecchia ed egli l'accettò, non potendo ammettere che suo figlio fosse uno sciocco. Cinq ans plus tard seulement, M. Bovary connut la vérité ; elle était vieille, il l'accepta, ne pouvant d'ailleurs supposer qu'un homme issu de lui fût un sot.
Charles si rimise subito al lavoro e si preparò, senza perder tempo, all'esame, imparando a memoria tutte le risposte. Ottenne la promozione con una discreta media. Che giorno meraviglioso per sua madre! Per l'occasione fu organizzato un gran pranzo. Charles se remit donc au travail et prépara sans discontinuer les matières de son examen, dont il apprit d'avance toutes les questions par coeur. Il fut reçu avec une assez bonne note. Quel beau jour pour sa mère ! On donna un grand dîner.
Ma dove avrebbe esercitato la professione? A Tostes. Laggiù infatti, v'era un solo vecchio medico. La signora Bovary ne aspettava da tempo la morte, e il poveretto non aveva ancora chiuso gli occhi che già Charles si era installato nello studio di fronte come suo successore. Où irait-il exercer son art ? A Tostes. Il n'y avait là qu'un vieux médecin. Depuis longtemps madame Bovary guettait sa mort, et le bonhomme n'avait point encore plié bagage, que Charles était installé en face, comme son successeur.
Tuttavia, l'averlo allevato, l'avergli fatto imparare la medicina, l'aver scoperto Tostes perché potesse esercitarla, non bastava ancora: bisognava dargli moglie. E sua madre gliela trovò: la vedova di un usciere di Dieppe, sui quarantacinque anni, e con milleduecento franchi di rendita. Mais ce n'était pas tout que d'avoir élevé son fils, de lui avoir fait apprendre la médecine et découvert Tostes pour l'exercer : il lui fallait une femme. Elle lui en trouva une : la veuve d'un huissier de Dieppe, qui avait quarante-cinq ans et douze cents livres de rente.
Per quanto fosse brutta, secca come una fascina e fiorita come una primavera, alla signora Dubuc non mancavano certo pretendenti fra cui scegliere. Per raggiungere il suo scopo mamma Bovary fu costretta a eliminarli tutti e riuscì con molta abilità a sventare perfino gli intrighi di un salumiere spalleggiato dai preti. Quoiqu'elle fût laide, sèche comme un cotret, et bourgeonnée comme un printemps, certes madame Dubuc ne manquait pas de partis à choisir. Pour arriver à ses fins, la mère Bovary fut obligée de les évincer tous, et elle déjoua même fort habilement les intrigues d'un charcutier qui était soutenu par les prêtres.
Charles aveva intravisto nel matrimonio la possibilità di migliorare la propria situazione, immaginando una maggiore libertà e la facoltà di disporre a suo piacere della propria persona e del proprio denaro. Ma la padrona era la moglie: egli doveva in pubblico dire questo e non quello, mangiare di magro il venerdì, vestirsi come voleva lei e non dar pace, per suo ordine, ai clienti che non pagavano. Era lei ad aprire la corrispondenza; spiava le mosse del marito, e origliava contro la tramezza quando venivano delle donne a farsi visitare. Charles avait entrevu dans le mariage l'avènement d'une condition meilleure, imaginant qu'il serait plus libre et pourrait disposer de sa personne et de son argent. Mais sa femme fut le maître ; il devait devant le monde dire ceci, ne pas dire cela, faire maigre tous les vendredis, s'habiller comme elle l'entendait, harceler par son ordre les clients qui ne payaient pas. Elle décachetait ses lettres, épiait ses démarches, et l'écoutait, à travers la cloison, donner ses consultations dans son cabinet, quand il y avait des femmes.
Bisognava portarle tutte le mattina la cioccolata a letto e avere per lei ogni sorta di riguardi. Si lagnava in continuazione dei suoi nervi, dei suoi polmoni, delle sue malinconie. Il rumore dei passi la infastidiva; se restava sola, la solitudine le era insopportabile, ma se tornavano da lei era soltanto, di certo, per vederla morire. La sera quando Charles rientrava, ella tirava fuori di sotto le coperte le lunghe e magre braccia, gliele buttava al collo e, dopo averlo fatto sedere sulla sponda del letto, cominciava a parlargli dei suoi dispiaceri: era stata dimenticata, suo marito amava un'altra. L'avevano avvertita che sarebbe stata infelice; finiva poi per chiedergli qualche sciroppo ricostituente e un po' più d'amore. Il lui fallait son chocolat tous les matins, des égards à n'en plus finir. Elle se plaignait sans cesse de ses nerfs, de sa poitrine, de ses humeurs. Le bruit des pas lui faisait mal ; on s'en allait, la solitude lui devenait odieuse ; revenait-on près d'elle, c'était pour la voir mourir, sans doute. Le soir, quand Charles rentrait, elle sortait de dessous ses draps ses longs bras maigres, les lui passait autour du cou, et, l'ayant fait asseoir au bord du lit, se mettait à lui parler de ses chagrins : il l'oubliait, il en aimait une autre ! On lui avait bien dit qu'elle serait malheureuse ; et elle finissait en lui demandant quelque sirop pour sa santé et un peu plus d'amour

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Italiano France
Una notte verso le undici furono svegliati dal rumore degli zoccoli di un cavallo che si fermò proprio davanti alla porta. La domestica si affacciò all'abbaino e scambiò qualche parola con l'uomo in basso nella strada. Cercava il medico: aveva una lettera per lui. Anastasia discese le scale tremando di freddo e aprì la serratura e i catenacci uno dopo l'altro. L'uomo legò fuori il cavallo e, seguendo la domestica, entrò rapidamente dietro di lei. Cavò dal berretto di lana a nappine grigie una lettera avvolta in un cencio e la presentò compito a Charles, che si appoggiò con il gomito al guanciale per leggerla. Anastasia, accanto al letto, reggeva il lume. La signora, pudicamente, rimase voltata di spalle, verso la parete. Une nuit, vers onze heures, ils furent réveillés par le bruit d'un cheval qui s'arrêta juste à la porte. La bonne ouvrit la lucarne du grenier et parlementa quelque temps avec un homme resté en bas, dans la rue. Il venait chercher le médecin ; il avait une lettre. Nastasie descendit les marches en grelottant, et alla ouvrir la serrure et les verrous, l'un après l'autre. L'homme laissa son cheval, et, suivant la bonne, entra tout à coup derrière elle. Il tira de dedans son bonnet de laine à houppes grises, une lettre enveloppée dans un chiffon, et la présenta délicatement à Charles, qui s'accouda sur l'oreiller pour la lire. Nastasie, près du lit, tenait la lumière. Madame, par pudeur, restait tournée vers la ruelle et montrait le dos.
La lettera, sigillata con un piccolo bollo di ceralacca blu, supplicava il signor Bovary di recarsi subito alla fattoria dei Bertaux per curare una gamba rotta. Da Tostes ai Bertaux ci sono sei buone leghe di cammino, passando da Longueville e Saint-Victor. Era una notte buia. La signora Bovary stava in ansia per il marito. Decisero pertanto che lo stalliere sarebbe partito subito, e Charles avrebbe aspettato tre ore, fino al sorgere della luna. Gli avrebbero mandato incontro un ragazzo della fattoria per mostrargli la strada e per aprire i cancelli. Cette lettre, cachetée d'un petit cachet de cire bleue, suppliait M. Bovary de se rendre immédiatement à la ferme des Bertaux, pour remettre une jambe cassée. Or il y a, de Tostes aux Bertaux, six bonnes lieues de traverse, en passant par Longueville et Saint-Victor. La nuit était noire. Madame Bovary jeune redoutait les accidents pour son mari. Donc il fut décidé que le valet d'écurie prendrait les devants. Charles partirait trois heures plus tard, au lever de la lune. On enverrait un gamin à sa rencontre, afin de lui montrer le chemin de la ferme et d'ouvrir les clôtures devant lui.
Verso le quattro del mattino, Charles, bene avvolto nel mantello, si mise in cammino alla volta dei Bertaux. Aveva appena abbandonato il tepore del letto e, ancora insonnolito, si lasciava cullare dal trotto tranquillo del cavallo. Quando il ronzino si fermava di propria iniziativa davanti a quelle buche circondate di rovi che i contadini scavano ai bordi dei solchi, Charles si svegliava di soprassalto, ricordava subito la gamba rotta e cercava di farsi venire in mente tutto quel che sapeva sulle fratture. Non pioveva più: cominciava ad albeggiare e sui rami spogli dei meli si posavano immobili alcuni uccelli, con le piume ritte contro il vento freddo del mattino. La campagna piatta si stendeva a perdita d'occhio e i boschetti intorno alle fattorie macchiavano di violetto scuro, a larghi intervalli, la sterminata superficie grigia che si perdeva all'orizzonte nel colore tetro del cielo. Ogni tanto Charles apriva gli occhi, poi la sua mente stanca lasciava che il sonno prendesse il sopravvento e ben presto egli scivolava in una specie di sonnolenza in cui le sensazioni attuali si confondevano con i ricordi; gli sembrava di avere una doppia personalità, di essere al contempo studente e marito, coricato come poco prima, nel proprio letto, o intento ad attraversare, come una volta, una corsia d'ospedale. Nella sua immaginazione l'odore caldo dei cataplasmi si fondeva con quello aspro della rugiada; sentiva il rotolio degli anelli di ferro dei letti sull'asta e sua moglie che dormiva. Mentre attraversava Vassonville, vide sul bordo di un fosso un ragazzo seduto sull'erba. Vers quatre heures du matin, Charles, bien enveloppé dans son manteau, se mit en route pour les Bertaux. Encore endormi par la chaleur du sommeil, il se laissait bercer au trot pacifique de sa bête. Quand elle s'arrêtait d'elle-même devant ces trous entourés d'épines que l'on creuse au bord des sillons, Charles se réveillant en sursaut, se rappelait vite la jambe cassée, et il tâchait de se remettre en mémoire toutes les fractures qu'il savait. La pluie ne tombait plus ; le jour commençait à venir, et, sur les branches des pommiers sans feuilles, des oiseaux se tenaient immobiles, hérissant leurs petites plumes au vent froid du matin. La plate campagne s'étalait à perte de vue, et les bouquets d'arbres autour des fermes faisaient, à intervalles éloignés, des taches d'un violet noir sur cette grande surface grise, qui se perdait à l'horizon dans le ton morne du ciel. Charles, de temps à autre, ouvrait les yeux ; puis, son esprit se fatiguant et le sommeil revenant de soi-même, bientôt il entrait dans une sorte d'assoupissement où, ses sensations récentes se confondant avec des souvenirs, lui-même se percevait double, à la fois étudiant et marié, couché dans son lit comme tout à l'heure, traversant une salle d'opérés comme autrefois. L'odeur chaude des cataplasmes se mêlait dans sa tête à la verte odeur de la rosée ; il entendait rouler sur leur tringle les anneaux de fer des lits et sa femme dormir... Comme il passait par Vassonville, il aperçut, au bord d'un fossé, un jeune garçon assis sur l'herbe.
" È lei il dottore? " domandò il fanciullo. -- Etes-vous le médecin ? demanda l'enfant.
Alla risposta di Charles, raccattò gli zoccoli e si mise a correre davanti a lui. Et, sur la réponse de Charles, il prit ses sabots à ses mains et se mit à courir devant lui.
Strada facendo, dai discorsi della sua guida, l'ufficiale sanitario capì che il signor Rouault doveva essere uno dei più ricchi agricoltori. Si era rotto la gamba la sera prima, mentre tornava da una festa data, in occasione dell'Epifania, da un vicino. L'officier de santé, chemin faisant, comprit aux discours de son guide que M. Rouault devait être un cultivateur des plus aisés. Il s'était cassé la jambe, la veille au soir, en revenant de faire les Rois , chez un voisin.
Gli era morta la moglie da due anni. Aveva con sé solo la signorina, che lo aiutava a far andare avanti la casa. Sa femme était morte depuis deux ans. Il n'avait avec lui que sa demoiselle , qui l'aidait à tenir la maison.
I solchi delle carreggiate si fecero più profondi vicino alla cascina dei Bertaux. Il fanciullo si infilò allora in un buco della siepe, scomparve e riapparve poi in fondo a un cortile per aprire il cancello. Il cavallo scivolava sull'erba bagnata; Charles era costretto ad abbassarsi per passare sotto i rami. I cani da guardia abbaiavano dai canili, tirando sulle catene. Quando entrò ai Bertaux, il cavallo si adombrò e fece uno scarto brusco. Les ornières devinrent plus profondes. On approchait des Bertaux. Le petit gars, se coulant alors par un trou de haie, disparut, puis il revint au bout d'une cour en ouvrir la barrière. Le cheval glissait sur l'herbe mouillée ; Charles se baissait pour passer sous les branches. Les chiens de garde à la niche aboyaient en tirant sur leur chaîne. Quand il entra dans les Bertaux, son cheval eut peur et fit un grand écart.
Era una bella fattoria. Dalle porte, aperte in alto, delle scuderie si potevano scorgere grossi cavalli da tiro che mangiavano tranquilli in rastrelliere nuove. Lungo i fabbricati fumava una grande concimaia e in mezzo ai polli e ai tacchini troneggiavano cinque o sei pavoni, un lusso per i pollai di Caux. L'ovile era vasto, il granaio imponente, con i muri lisci come una mano. Sotto le tettoie si trovavano due grandi carri, quattro aratri, con le fruste e i finimenti e l'equipaggiamento completo e con i ciuffi di lana turchina insudiciati dalla polvere sottile che cadeva dai granai. Il cortile, dagli alberi piantati a distanze regolari, saliva in pendio e, vicino allo stagno, schiamazzava facendo un gaio baccano un branco d'oche. C'était une ferme de bonne apparence. On voyait dans les écuries, par le dessus des portes ouvertes, de gros chevaux de labour qui mangeaient tranquillement dans des râteliers neufs. Le long des bâtiments s'étendait un large fumier, de la buée s'en élevait, et, parmi les poules et les dindons, picoraient dessus cinq ou six paons, luxe des basses-cours cauchoises. La bergerie était longue, la grange était haute, à murs lisses comme la main. Il y avait sous le hangar deux grandes charrettes et quatre charrues, avec leurs fouets, leurs colliers, leurs équipages complets, dont les toisons de laine bleue se salissaient à la poussière fine qui tombait des greniers. La cour allait en montant, plantée d'arbres symétriquement espacés, et le bruit gai d'un troupeau d'oies retentissait près de la mare.
Una giovane donna con un abito di lana blu guarnito da tre volanti si fece sulla soglia di casa per ricevere il signor Bovary: lo fece entrare in cucina dove un grande fuoco fiammeggiava. La colazione della servitù bolliva intorno al fuoco in pignattini di diversa misura. Dentro il camino erano stati messi ad asciugare degli indumenti umidi. La paletta, le molle, la canna del soffietto, tutte di enormi proporzioni, splendevano come acciaio levigato; lungo le pareti, una ricca batteria da cucina baluginava alla luce viva del fuoco e ai primi raggi del sole che entravano dai vetri. Une jeune femme, en robe de mérinos bleu garnie de trois volants, vint sur le seuil de la maison pour recevoir M. Bovary, qu'elle fit entrer dans la cuisine, où flambait un grand feu. Le déjeuner des gens bouillonnait alentour, dans des petits pots de taille inégale. Des vêtements humides séchaient dans l'intérieur de la cheminée. La pelle, les pincettes et le bec du soufflet, tous de proportion colossale, brillaient comme de l'acier poli, tandis que le long des murs s'étendait une abondante batterie de cuisine, où miroitait inégalement la flamme claire du foyer, jointe aux premières lueurs du soleil arrivant par les carreaux.
Charles salì al primo piano per visitare il malato. Era a letto, sotto le coperte, sudato, e aveva scaraventato lontano il berretto da notte. Era un ometto tarchiato, di cinquant'anni, con la pelle bianca e gli occhi azzurri, calvo sopra la fronte e con gli orecchini. Aveva accanto a sé, su una seggiola, una grande bottiglia di acquavite dalla quale attingeva di tanto in tanto per farsi coraggio; ma appena vide il medico, la sua eccitazione cadde e, invece di bestemmiare come aveva continuato a fare per dodici ore, si mise a gemere debolmente. Charles monta, au premier, voir le malade. Il le trouva dans son lit, suant sous ses couvertures et ayant rejeté bien loin son bonnet de coton. C'était un gros petit homme de cinquante ans, à la peau blanche, à l'oeil bleu, chauve sur le devant de la tête, et qui portait des boucles d'oreilles. Il avait à ses côtés, sur une chaise, une grande carafe d'eau-de-vie, dont il se versait de temps à autre pour se donner du coeur au ventre ; mais, dès qu'il vit le médecin, son exaltation tomba, et, au lieu de sacrer comme il faisait depuis douze heures, il se prit à geindre faiblement.
La frattura era semplice e senza alcuna complicazione. Charles non avrebbe potuto augurarsi un caso più facile. Allora, ricordando l'atteggiamento dei suoi maestri accanto al letto dei feriti, cercò di confortare il paziente con ogni sorta di buone parole, carezze chirurgiche che sono come l'olio per ingrassare il bisturi. Per procurarsi delle stecche, andarono a prendere un fascio di assicelle, nella rimessa. Charles ne scelse una, la spaccò per il lungo e ne tolse le asperità con un pezzo di vetro, mentre la domestica stracciava lenzuola per ricavarne bende e la signorina Emma si dava da fare per confezionare cuscinetti. Le occorse parecchio tempo per trovare l'astuccio da lavoro, e suo padre finì con lo spazientirsi: ella non rispose, ma cucendo si pungeva le dita e le portava alla bocca per succhiarsele. La fracture était simple, sans complication d'aucune espèce. Charles n'eût osé en souhaiter de plus facile. Alors, se rappelant les allures de ses maîtres auprès du lit des blessés, il réconforta le patient avec toutes sortes de bons mots, caresses chirurgicales qui sont comme l'huile dont on graisse les bistouris. Afin d'avoir des attelles, on alla chercher, sous la charretterie, un paquet de lattes. Charles en choisit une, la coupa en morceaux et la polit avec un éclat de vitre, tandis que la servante déchirait des draps pour faire des bandes, et que mademoiselle Emma tâchait de coudre des coussinets. Comme elle fut longtemps avant de trouver son étui, son père s'impatienta ; elle ne répondit rien ; mais, tout en cousant, elle se piquait les doigts, qu'elle portait ensuite à sa bouche pour les sucer.
Charles rimase colpito dal candore delle sue unghie. Erano lucide, appuntite, più levigate degli avori di Dieppe, e fatte a mandorla. La mano tuttavia non era altrettanto bella, non abbastanza bianca, forse, e aveva le falangi un po' nodose; era inoltre troppo lunga e priva di morbidezza nella linea del contorno. Emma aveva bellissimi gli occhi: benché fossero bruni, sembravano neri per via delle ciglia, e guardavano tutto francamente con un candido ardire. Charles fut surpris de la blancheur de ses ongles. Ils étaient brillants, fins du bout, plus nettoyés que les ivoires de Dieppe, et taillés en amande. Sa main pourtant n'était pas belle, point assez pâle peut-être, et un peu sèche aux phalanges ; elle était trop longue aussi, et sans molles inflexions de lignes sur les contours. Ce qu'elle avait de beau, c'étaient les yeux ; quoiqu'ils fussent bruns, ils semblaient noirs à cause des cils, et son regard arrivait franchement à vous avec une hardiesse candide
Terminata la medicazione, il medico fu invitato dallo stesso signor Rouault a mangiare un boccone prima di andarsene. Une fois le pansement fait, le médecin fut invité, par M. Rouault lui-même, à prendre un morceau avant de partir.
Charles discese nella sala a pianterreno. Due coperti con bicchieri d'argento erano preparati su una piccola tavola posta ai piedi di un vasto letto a baldacchino rivestito di tela stampata con figure di turchi. Un odore d'iris e di panni umidi filtrava dal grande armadio in legno di quercia situato di fronte la finestra. In terra, negli angoli, stavano allineati, ritti, alcuni sacchi di grano. Costituivano quanto era avanzato dopo avere riempito il granaio vicino, al quale si accedeva per mezzo di tre gradini di pietra. Attaccato a un chiodo, in mezzo a una parete verde la cui vernice si staccava sotto l'azione del salnitro, per decorare la stanza, v'era, in una cornice dorata, il disegno a matita nera di una testa di Minerva sotto il quale si leggeva in caratteri gotici: Al mio caro papà. Charles descendit dans la salle, au rez-de-chaussée. Deux couverts, avec des timbales d'argent, y étaient mis sur une petite table, au pied d'un grand lit à baldaquin revêtu d'une indienne à personnages représentant des Turcs. On sentait une odeur d'iris et de draps humides, qui s'échappait de la haute armoire en bois de chêne, faisant face à la fenêtre. Par terre, dans les angles, étaient rangés, debout, des sacs de blé. C'était le trop-plein du grenier proche, où l'on montait par trois marches de pierre. Il y avait, pour décorer l'appartement, accrochée à un clou, au milieu du mur dont la peinture verte s'écaillait sous le salpêtre, une tête de Minerve au crayon noir, encadrée de dorure, et qui portait au bas, écrit en lettres gothiques : " A mon cher papa. "
Parlarono dapprima del malato, poi del tempo, del freddo terribile, dei lupi che infestavano i campi di notte. La signorina Rouault non si divertiva troppo in campagna, soprattutto adesso che quasi tutta la responsabilità del buon andamento della fattoria ricadeva su di lei. Poiché la stanza non era riscaldata, ella tremava di freddo pur continuando a mangiare, scoprendo così un poco le labbra carnose, che aveva l'abitudine di mordicchiare quando non parlava. On parla d'abord du malade, puis du temps qu'il faisait, des grands froids, des loups qui couraient les champs, la nuit. Mademoiselle Rouault ne s'amusait guère à la campagne, maintenant surtout qu'elle était chargée presque à elle seule des soins de la ferme. Comme la salle était fraîche, elle grelottait tout en mangeant, ce qui découvrait un peu ses lèvres charnues, qu'elle avait coutume de mordillonner à ses moments de silence.
Portava un colletto bianco, piatto. I capelli erano divisi a metà da una scriminatura sottile che seguiva la curva del capo, e scendevano, in due bande, neri e compatti, così da sembrare un tutto unico tanto erano lisci; lasciavano a malapena scorgere il lobo dell'orecchio prima di fondersi, dietro, in una crocchia voluminosa e formavano sulle tempie delle onde che il medico di campagna vide la per la prima volta in vita sua. Son cou sortait d'un col blanc, rabattu. Ses cheveux, dont les deux bandeaux noirs semblaient chacun d'un seul morceau, tant ils étaient lisses, étaient séparés sur le milieu de la tête par une raie fine, qui s'enfonçait légèrement selon la courbe du crâne ; et, laissant voir à peine le bout de l'oreille, ils allaient se confondre par derrière en un chignon abondant, avec un mouvement ondé vers les tempes, que le médecin de campagne remarqua là pour la première fois de sa vie. Ses pommettes étaient roses.
Emma Rouault aveva le guance rosate e portava, come un uomo, infilato fra due bottoni del corsetto, un occhialino di tartaruga. Quando Charles, dopo essere salito a salutare papà Rouault, rientrò nella stanza prima di andarsene, la trovò in piedi, con la fronte appoggiata ai vetri, che guardava nell'orto dove il vento aveva fatto cadere i sostegni dei fagioli. Si voltò: Elle portait, comme un homme, passé entre deux boutons de son corsage, un lorgnon d'écaille. Quand Charles, après être monté dire adieu au père Rouault, rentra dans la salle avant de partir, il la trouva debout, le front contre la fenêtre, et qui regardait dans le jardin, où les échalas des haricots avaient été renversés par le vent. Elle se retourna.
"Cerca qualcosa?" -- Cherchez-vous quelque chose ? demanda-t-elle.
"Il frustino, se non le dispiace" egli rispose, mettendosi a frugare sul letto, dietro le porte, sotto le sedie; il frustino era caduto per terra, fra i sacchi e il muro. La signorina Emma lo vide e si chinò sui sacchi di grano. Charles, per cavalleria, si precipitò, e, mentre allungava il braccio nell'identico movimento di lei, si accorse che sfiorava con il petto il dorso della giovane donna, Ella si rialzò tutta rossa, guardandolo di sopra la spalla mentre gli porgeva il nerbo di bue. -- Ma cravache, s'il vous plaît, répondit-il. Et il se mit à fureter sur le lit, derrière les portes, sous les chaises ; elle était tombée à terre, entre les sacs et la muraille. Mademoiselle Emma l'aperçut ; elle se pencha sur les sacs de blé. Charles, par galanterie, se précipita et, comme il allongeait aussi son bras dans le même mouvement, il sentit sa poitrine effleurer le dos de la jeune fille, courbée sous lui. Elle se redressa toute rouge et le regarda par-dessus l'épaule, en lui tendant son nerf de boeuf.
Invece di tornare ai Bertaux tre giorni dopo, come aveva promesso, il medico vi fece ritorno l'indomani, poi regolarmente due volte la settimana, senza contare le visite impreviste che faceva di tanto in tanto, quasi inavvertitamente. Au lieu de revenir aux Bertaux trois jours après, comme il l'avait promis, c'est le lendemain même qu'il y retourna, puis deux fois la semaine régulièrement, sans compter les visites inattendues qu'il faisait de temps à autre, comme par mégarde.
Del resto, tutto andò bene. La guarigione si verificò secondo le regole e quando, in capo a quarantasei giorni, si vide papà Rouault che si provava a fare i primi passi da solo nella malandata casa, tutti cominciarono a considerare il signor Bovary un uomo di grandi capacità. Papà Rouault stesso affermava che non sarebbe stato curato meglio dai primi medici di Yvetot o addirittura di Rouen. Tout, du reste, alla bien ; la guérison s'établit selon les règles, et quand, au bout de quarante-six jours, on vit le père Rouault qui s'essayait à marcher seul dans sa masure , on commença à considérer M. Bovary comme un homme de grande capacité. Le père Rouault disait qu'il n'aurait pas été mieux guéri par les premiers médecins d'Yvetot ou même de Rouen.
Quanto a Charles non cercava di domandarsi quale fosse il motivo per cui veniva ai Bertaux tanto volentieri. Se ci avesse pensato, avrebbe senza dubbio attribuito il suo zelo alla gravità del caso o forse al guadagno che sperava di trarne. Ma era proprio per questo che le visite alla fattoria costituivano per lui un così delizioso diversivo nelle meschine occupazioni della sua esistenza? In quei giorni si alzava presto, partiva al galoppo, incitava il cavallo, poi scendeva per pulirsi i piedi nell'erba, e infilava i guanti neri prima di entrare. Gli piaceva giungere in quel cortile, sentire contro la spalla il cancello che cedeva, udire il gallo che cantava sul muro, vedere i contadini che gli andavano incontro. Gli piacevano il granaio e le scuderie. Si era affezionato a papà Rouault che, battendogli sulla mano, lo chiamava il suo salvatore; gli piaceva il suono degli zoccoletti della signorina Emma sulle piastrelle pulite della cucina; i tacchi alti aumentavano un poco la sua statura e, quando gli camminava dinanzi, le suole di legno, sollevandosi rapidamente, producevano un suono schioccante contro la pelle dei talloni. Quant à Charles, il ne chercha point à se demander pourquoi il venait aux Bertaux avec plaisir. Y eût-il songé, qu'il aurait sans doute attribué son zèle à la gravité du cas, ou peut-être au profit qu'il en espérait. Etait-ce pour cela, cependant, que ses visites à la ferme faisaient, parmi les pauvres occupations de sa vie, une exception charmante ? Ces jours-là il se levait de bonne heure, partait au galop, poussait sa bête, puis il descendait pour s'essuyer les pieds sur l'herbe, et passait ses gants noirs avant d'entrer. Il aimait à se voir arriver dans la cour, à sentir contre son épaule la barrière qui tournait, et le coq qui chantait sur le mur, les garçons qui venaient à sa rencontre. Il aimait la grange et les écuries ; il aimait le père Rouault, qui lui tapait dans la main en l'appelant son sauveur ; il aimait les petits sabots de mademoiselle Emma sur les dalles lavées de la cuisine ; ses talons hauts la grandissaient un peu, et, quand elle marchait devant lui, les semelles de bois, se relevant vite, claquaient avec un bruit sec contre le cuir de la bottine.
Ella lo riaccompagnava sempre fino al primo gradino della scala esterna. Quando non gli avevano ancora portato il cavallo, si tratteneva là. Si erano già salutati e ambedue tacevano; un turbine d'aria l'avvolgeva, sollevandole i capelli corti e ribelli della nuca, facendole sventolare i nastri del grembiale sulle anche e attorcigliandoli come banderuole. Un giorno, all'epoca del disgelo, l'acqua scorreva sulla corteccia degli alberi nel cortile e la neve si scioglieva sui tetti. Emma stava sulla soglia; andò a cercare un ombrello e l'aprì. L'ombrello di seta color gola di piccione, attraversato dai raggi del sole, le illuminava di riflessi cangianti la pelle bianca del viso. Là, sotto quel dolce tepore, ella sorrideva e si sentivano le gocce d'acqua cadere a una a una sul tessuto teso. Elle le reconduisait toujours jusqu'à la première marche du perron. Lorsqu'on n'avait pas encore amené son cheval, elle restait là. On s'était dit adieu, on ne parlait plus ; le grand air l'entourait, levant pêle-mêle les petits cheveux follets de sa nuque, ou secouant sur sa hanche les cordons de son tablier, qui se tortillaient comme des banderoles. Une fois, par un temps de dégel, l'écorce des arbres suintait dans la cour, la neige sur les couvertures des bâtiments se fondait. Elle était sur le seuil ; elle alla chercher son ombrelle, elle l'ouvrit. L'ombrelle, de soie gorge de pigeon, que traversait le soleil, éclairait de reflets mobiles la peau blanche de sa figure. Elle souriait là-dessous à la chaleur tiède ; et on entendait les gouttes d'eau, une à une, tomber sur la moire tendue.
Da principio, quando Charles aveva cominciato a frequentare i Bertaux, la giovane signora Bovary non tralasciava di chiedere notizie del malato e aveva perfino riservato per il signor Rouault, nel registro che teneva in partita doppia, una bella pagina bianca. Ma quando seppe che egli aveva una figlia, si affrettò a informarsi meglio; le dissero che la signorina Rouault, allevata in collegio, dalle Orsoline, aveva ricevuto, come suol dirsi, un'ottima educazione, e che di conseguenza conosceva la danza, la geografia, il disegno, sapeva ricamare e suonare il pianoforte. Fu il colmo! Dans les premiers temps que Charles fréquentait les Bertaux, madame Bovary jeune ne manquait pas de s'informer du malade, et même sur le livre qu'elle tenait en partie double, elle avait choisi pour M. Rouault une belle page blanche. Mais quand elle sut qu'il avait une fille, elle alla aux informations ; et elle apprit que mademoiselle Rouault, élevée au couvent, chez les Ursulines, avait reçu, comme on dit, une belle éducation , qu'elle savait, en conséquence, la danse, la géographie, le dessin, faire de la tapisserie et toucher du piano. Ce fut le comble !
"Per questo, dunque," ragionava fra sé "ha il viso così raggiante, quando va a trovarla; per questo, si mette il panciotto nuovo, a rischio di rovinarlo con la pioggia? Ah! Quella donna! Quella donna! ..." -- C'est donc pour cela, se disait-elle, qu'il a la figure si épanouie quand il va la voir, et qu'il met son gilet neuf, au risque de l'abîmer à la pluie ? Ah ! cette femme ! cette femme !...
E, d'istinto, la detestò. Dapprima si sfogò con le allusioni, ma Charles non le capiva; in seguito si servì di osservazioni casuali, che egli lasciava cadere per paura della bufera; e infine di invettive a bruciapelo alle quali suo marito non sapeva che cosa rispondere - Come mai tornava ai Bertaux dato che il signor Rouault era guarito e che quella gente non aveva ancora pagato l'onorario? Ah! Forse perché laggiù v'era una certa persona, qualcuno che sapeva conversare, un'abile ricamatrice, una donna spiritosa. Ecco cosa gli piaceva! Per lui ci volevano signorine di città! E continuava: Et elle la détesta, d'instinct. D'abord, elle se soulagea par des allusions, Charles ne les comprit pas ; ensuite, par des réflexions incidentes qu'il laissait passer de peur de l'orage ; enfin, par des apostrophes à brûle-pourpoint auxquelles il ne savait que répondre. -- D'où vient qu'il retournait aux Bertaux, puisque M. Rouault était guéri et que ces gens-là n'avaient pas encore payé ? Ah ! c'est qu'il y avait là-bas une personne , quelqu'un qui savait causer, une brodeuse, un bel esprit. C'était là ce qu'il aimait : il lui fallait des demoiselles de ville ! -- Et elle reprenait :
"La figlia di papà Rouault, una signorina di città! Figuriamoci! Il nonno faceva il pastore e hanno un cugino che per poco non è finito alle assise per una brutta ferita in una rissa. Non è proprio il caso di darsi tante arie e di andare in chiesa la domenica vestita di seta come una contessa. D'altra parte, quel povero diavolo, senza il raccolto del ravizzone, l'anno scorso, non avrebbe saputo come fare per pagare i debiti!" -- La fille au père Rouault, une demoiselle de ville ! Allons donc ! leur grand-père était berger, et ils ont un cousin qui a failli passer par les assises pour un mauvais coup, dans une dispute. Ce n'est pas la peine de faire tant de fla-fla, ni de se montrer le dimanche à l'église avec une robe de soie, comme une comtesse. Pauvre bonhomme, d'ailleurs, qui sans les colzas de l'an passé eût été bien embarrassé de payer ses arrérages !
Tediato, Charles smise di andare ai Bertaux. Héloïse gli aveva fatto giurare sul libro da messa che non ci sarebbe più tornato, dopo una scenata piena di singhiozzi e di baci, in un prorompere di passione. Obbedì, ma l'ardire dei desideri contrastava con il servilismo del suo comportamento, e, per una specie di ingenua ipocrisia, egli ritenne che il divieto di vederla gli desse il diritto di amarla. E poi la vedova era magra, aveva i denti lunghi; portava in tutte le stagioni uno scialletto nero che le arrivava alle scapole; la sua figura ossuta era fasciata da abiti aderenti e troppo corti che le lasciavano scoperte le caviglie là ove, sulle calze grigie, si incrociavano i nastri delle larghe scarpe. Par lassitude, Charles cessa de retourner aux Bertaux. Héloïse lui avait fait jurer qu'il n'irait plus, la main sur son livre de messe, après beaucoup de sanglots et de baisers, dans une grande explosion d'amour. Il obéit donc ; mais la hardiesse de son désir protesta contre la servilité de sa conduite, et, par une sorte d'hypocrisie naïve, il estima que cette défense de la voir était pour lui comme un droit de l'aimer. Et puis la veuve était maigre ; elle avait les dents longues ; elle portait en toute saison un petit châle noir dont la pointe lui descendait entre les omoplates ; sa taille dure était engainée dans des robes en façon de fourreau, trop courtes, qui découvraient ses chevilles, avec les rubans de ses souliers larges s'entrecroisant sur des bas gris.
La madre di Charles veniva ogni tanto a trovarli, ma in capo a qualche giorno la nuora era riuscita a renderla tagliente e pungente come lei stessa; e allora si mettevano all'opera simili a due coltelli, scarnificandolo con le loro riflessioni e osservazioni. Faceva male a mangiare tanto! Perché offrire sempre da bere al primo venuto? Che testardaggine, non volersi mettere la maglia di lana! La mère de Charles venait les voir de temps à autre ; mais, au bout de quelques jours, la bru semblait l'aiguiser à son fil ; et alors, comme deux couteaux, elles étaient à le scarifier par leurs réflexions et leurs observations. Il avait tort de tant manger ! Pourquoi toujours offrir la goutte au premier venu ? Quel entêtement que de ne pas vouloir porter de flanelle !
All'inizio della primavera accadde che un notaio di Ingouville, al quale erano affidati i fondi della vedova Dubuc, prendesse il volo portando con sé tutti i denari del suo studio. Héloïse, invero, possedeva ancora, oltre a essere comproprietaria di un battello per una quota valutata non meno di seimila franchi, la casa di via Saint-François, eppure, di tanta e tanto sbandierata ricchezza non era comparso in casa che qualche mobile e un po' di biancheria. Bisognava mettere le cose in chiaro. La casa di Dieppe risultò coperta di ipoteche fino alle fondamenta; a quanto ammontasse il denaro depositato dal notaio, Dio solo lo sapeva, e in realtà la quota del battello non superava i mille scudi. La brava donna aveva dunque mentito! Esasperato, il signor Bovary padre sfasciò una sedia sul pavimento e accusò la moglie di aver causato l'infelicità del figlio legandolo a una simile rozza i cui finimenti valevano ancor meno della pelle. Si recarono a Tostes. Alle spiegazioni seguirono le scenate. Héloïse, in lacrime, si gettò nelle braccia del marito scongiurandolo di proteggerla dai suoceri. Charles volle difenderla. I genitori, indignati, se ne andarono. Il arriva qu'au commencement du printemps, un notaire d'Ingouville, détenteur de fonds à la veuve Dubuc, s'embarqua, par une belle marée, emportant avec lui tout l'argent de son étude. Héloïse, il est vrai, possédait encore, outre une part de bateau évaluée six mille francs, sa maison de la rue Saint-François ; et cependant, de toute cette fortune que l'on avait fait sonner si haut, rien, si ce n'est un peu de mobilier et quelques nippes, n'avait paru dans le ménage. Il fallut tirer la chose au clair. La maison de Dieppe se trouva vermoulue d'hypothèques jusque dans ses pilotis ; ce qu'elle avait mis chez le notaire, Dieu seul le savait, et la part de barque n'excéda point mille écus. Elle avait donc menti, la bonne dame ! Dans son exaspération, M. Bovary père, brisant une chaise contre les pavés, accusa sa femme d'avoir fait le malheur de leur fils en l'attelant à une haridelle semblable, dont les harnais ne valaient pas la peau. Ils vinrent à Tostes. On s'expliqua. Il y eut des scènes. Héloïse, en pleurs, se jetant dans les bras de son mari, le conjura de la défendre de ses parents. Charles voulut parler pour elle. Ceux-ci se choquèrent, et ils partirent.
Ma il colpo era giunto al segno. Otto giorni dopo, mentre stendeva in cortile la biancheria, Héloïse ebbe uno sbocco di sangue e l'indomani, mentre Charles le voltava le spalle per chiudere le tende della finestra, disse: "Ah! Mio Dio", esalò un sospiro e cadde in deliquio. Era morta! V'era di che restarne sbalorditi. Mais le coup était porté . Huit jours après, comme elle étendait du linge dans sa cour, elle fut prise d'un crachement de sang, et le lendemain, tandis que Charles avait le dos tourné pour fermer le rideau de la fenêtre, elle dit : " Ah ! mon Dieu ! " poussa un soupir et s'évanouit. Elle était morte ! Quel étonnement !
Dopo i funerali, Charles tornò a casa. Al pianterreno non c'era nessuno. Salì al primo piano, in camera da letto, vide un abito di lei ancora appeso ai piedi dell'alcova; allora, appoggiandosi allo scrittoio, rimase fino a sera perduto in un doloroso fantasticare. Dopo tutto Héloïse l'aveva amato. Quand tout fut fini au cimetière, Charles rentra chez lui. Il ne trouva personne en bas ; il monta au premier, dans la chambre, vit sa robe encore accrochée au pied de l'alcôve ; alors, s'appuyant contre le secrétaire, il resta jusqu'au soir perdu dans une rêverie douloureuse. Elle l'avait aimé, après tout.

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Una mattina papà Rouault portò a Charles l'onorario per la cura della frattura alla gamba: settantacinque franchi in monete da quaranta soldi e una tacchina. Aveva saputo della disgrazia e lo consolò come meglio poteva. Un matin, le père Rouault vint apporter à Charles le payement de sa jambe remise : soixante et quinze francs en pièces de quarante sous et une dinde. Il avait appris son malheur, et l'en consola tant qu'il put.
"So cosa vuol dire!" disse battendogli una mano sulla spalla "Mi sono trovato anch'io nelle stesse condizioni! Quando mancò la mia povera moglie, andavo nei campi per restare solo, mi gettavo ai piedi di un albero, piangevo, invocavo Dio, lo bestemmiavo; avrei voluto essere come le talpe che vedevo appese ai rami degli alberi, con il ventre brulicante di vermi, crepato, insomma. E quando pensavo che, in quello stesso momento, altri se ne stavano con le loro mogliettine e le tenevano abbracciate contro di sé, io battevo grandi colpi per terra con il bastone; ero come pazzo, non mangiavo più; lei non mi crederebbe, ma soltanto l'idea di andare al caffè mi ripugnava. Beh, piano piano, un giorno dietro l'altro, una primavera dopo un autunno, un autunno appresso a un'estate, tutto ha preso a scorrer via, briciola a briciola, filo dopo filo, se n'è andato, si è allontanato, o meglio, è diminuito, perché resta sempre qualcosa in fondo, come potrei spiegare... un peso sul cuore. Ma dal momento che è il nostro destino, non bisogna lasciarsi andare e, perché gli altri sono morti, desiderare di morire... È necessario che lei si scuota, signor Bovary; passerà anche questo! Venga a trovarci; mia figlia la ricorda spesso, sa? E dice che lei l'ha dimenticata. Tornerà presto la primavera, venga a sparare qualche fucilata ai conigli nella garenna, per distrarsi un po'!" -- Je sais ce que c'est ! disait-il en lui frappant sur l'épaule ; j'ai été comme vous, moi aussi ! Quand j'ai eu perdu ma pauvre défunte, j'allais dans les champs pour être tout seul ; je tombais au pied d'un arbre, je pleurais, j'appelais le bon Dieu, je lui disais des sottises ; j'aurais voulu être comme les taupes, que je voyais aux branches, qui avaient des vers leur grouillant dans le ventre, crevé, enfin. Et quand je pensais que d'autres, à ce moment-là, étaient avec leurs bonnes petites femmes à les tenir embrassées contre eux, je tapais de grands coups par terre avec mon bâton ; j'étais quasiment fou, que je ne mangeais plus ; l'idée d'aller seulement au café me dégoûtait, vous ne croiriez pas. Eh bien, tout doucement, un jour chassant l'autre, un printemps sur un hiver et un automne par-dessus un été, ça a coulé brin à brin, miette à miette ; ça s'en est allé, c'est parti, c'est descendu, je veux dire, car il vous reste toujours quelque chose au fond, comme qui dirait... un poids, là, sur la poitrine ! Mais, puisque c'est notre sort à tous, on ne doit pas non plus se laisser dépérir, et, parce que d'autres sont morts, vouloir mourir... Il faut vous secouer, monsieur Bovary ; ça se passera ! Venez nous voir ; ma fille pense à vous de temps à autre, savez-vous bien, et elle dit comme ça que vous l'oubliez. Voilà le printemps bientôt ; nous vous ferons tirer un lapin dans la garenne, pour vous dissiper un peu.
Charles seguì il suo consiglio. Ritornò ai Bertaux. Ritrovò tutto come prima, cioè tutto com'era stato cinque mesi prima. I peri erano già in fiore e il buon Rouault, di nuovo in piedi, andava e veniva e questo rendeva la fattoria più animata. Charles suivit son conseil. Il retourna aux Bertaux ; il retrouva tout comme la veille, comme il y avait cinq mois, c'est-à-dire. Les poiriers déjà étaient en fleur, et le bonhomme Rouault, debout maintenant, allait et venait, ce qui rendait la ferme plus animée.
Convinto che fosse suo dovere prodigare al medico il maggior numero di gentilezze a causa del suo lutto, lo pregò di non scoprirsi il capo, gli parlò a bassa voce, come se fosse malato, e fece mostra addirittura di adirarsi perché non avevano preparato, come era suo desiderio, qualcosa di più leggero dei soliti cibi, una tazza di crema o delle pere cotte. Raccontò alcune storielle. Charles si sorprese a ridere; ma il ricordo della moglie, ritornatogli all'improvviso nella memoria, lo rattristò. Servirono il caffè; non ci pensò più. Croyant qu'il était de son devoir de prodiguer au médecin le plus de politesses possible, à cause de sa position douloureuse, il le pria de ne point se découvrir la tête, lui parla à voix basse, comme s'il eût été malade, et même fit semblant de se mettre en colère de ce que l'on n'avait pas apprêté à son intention quelque chose d'un peu plus léger que tout le reste, tels que des petits pots de crème ou des poires cuites. Il conta des histoires. Charles se surprit à rire ; mais le souvenir de sa femme, lui revenant tout à coup, l'assombrit. On apporta le café ; il n'y pensa plus.
Ci pensava sempre meno via via che si abituava a vivere solo. Il piacere nuovo di sentirsi indipendente gli rese ben presto più sopportabile la solitudine. Adesso poteva pranzare e cenare quando voleva, entrare o uscire senza dare spiegazioni, e, quando si sentiva stanco morto, poteva sdraiarsi a gambe e braccia distese sul letto. Pertanto si viziava, si coccolava e accettava tutta la consolazione che gli veniva offerta. D'altra parte, la morte della moglie non lo aveva affatto danneggiato nella professione poiché, per un mese intero, la gente aveva continuato a ripetere: "Pover'uomo! Che disgrazia!" Tutti parlavano di lui, la clientela era aumentata; e poi andava ai Berteaux quando gli pareva. Sperava in qualcosa di indefinito, lo pervadeva una vaga felicità; spazzolandosi i favoriti davanti allo specchio, aveva l'impressione di avere un viso più simpatico. Il y pensa moins, à mesure qu'il s'habituait à vivre seul. L'agrément nouveau de l'indépendance lui rendit bientôt la solitude plus supportable. Il pouvait changer maintenant les heures de ses repas, rentrer ou sortir sans donner de raisons, et, lorsqu'il était bien fatigué, s'étendre de ses quatre membres, tout en large, dans son lit. Donc, il se choya, se dorlota et accepta les consolations qu'on lui donnait. D'autre part, la mort de sa femme ne l'avait pas mal servi dans son métier, car on avait répété durant un mois : " Ce pauvre jeune homme ! quel malheur ! " Son nom s'était répandu, sa clientèle s'était accrue ; et puis il allait aux Bertaux tout à son aise. Il avait un espoir sans but, un bonheur vague ; il se trouvait la figure plus agréable en brossant ses favoris devant son miroir.
Andò laggiù un giorno, verso le tre; tutti erano al lavoro nei campi; entrò in cucina ma non vide subito Emma; le imposte erano chiuse. Attraverso le fessure del legno il sole disegnava sul pavimento lunghe linee sottili di luce che si spezzavano contro gli angoli dei mobili e tremolavano sul soffitto. Sulla tavola le mosche salivano lungo i bicchieri sporchi e, ronzando, affogavano nel sidro rimastovi. La luce che filtrava dal camino rendeva simile a un velluto la fuliggine della piastra e colorava di un pallido azzurro la cenere fredda. Emma cuciva, fra il focolare e la finestra; non portava il fazzoletto da collo e sulle spalle nude aveva piccole gocce di sudore. Il arriva un jour vers trois heures ; tout le monde était aux champs ; il entra dans la cuisine, mais n'aperçut point d'abord Emma, les auvents étaient fermés. Par les fentes du bois, le soleil allongeait sur les pavés de grandes raies minces, qui se brisaient à l'angle des meubles et tremblaient au plafond. Des mouches, sur la table, montaient le long des verres qui avaient servi, et bourdonnaient en se noyant au fond, dans le cidre resté. Le jour qui descendait par la cheminée, veloutant la suie de la plaque, bleuissait un peu les cendres froides. Entre la fenêtre et le foyer, Emma cousait ; elle n'avait point de fichu, on voyait sur ses épaules nues de petites gouttes de sueur.
Come si usa in campagna, Emma gli offrì di bere qualcosa. Charles rifiutò, ella insistette e ridendo gli propose di bere con lei un bicchierino di liquore. Andò a prendere nell'armadio una bottiglia di curaçao, con due bicchieri, ne riempì uno fino all'orlo, versò nell'altro una piccolissima dose e, dopo aver brindato, lo portò alla bocca. Poiché era quasi vuoto, fu costretta ad arrovesciare il capo per bere: con la testa all'indietro, le labbra protese, il collo reclinato, rideva perché non sentiva nessun sapore e, allungando la punta della lingua fra i denti minuti, dava leccatine al fondo del bicchiere. Selon la mode de la campagne, elle lui proposa de boire quelque chose. Il refusa, elle insista, et enfin lui offrit, en riant, de prendre un verre de liqueur avec elle. Elle alla donc chercher dans l'armoire une bouteille de curaçao, atteignit deux petits verres, emplit l'un jusqu'au bord, versa à peine dans l'autre, et, après avoir trinqué, le porta à sa bouche. Comme il était presque vide, elle se renversait pour boire ; et, la tête en arrière, les lèvres avancées, le cou tendu, elle riait de ne rien sentir, tandis que le bout de sa langue, passant entre ses dents fines, léchait à petits coups le fond du verre.
Poi si rimise a sedere e ricominciò a rammendare una calza bianca di cotone. Lavorava in silenzio, a capo chino. Anche Charles taceva. L'aria, passando sotto la porta, spingeva un bioccolo di polvere sulle lastre del pavimento e lui lo guardava spostarsi; riusciva soltanto a sentire la testa che gli pulsava e il gridare lontano di una gallina che aveva fatto l'uovo in qualche aia. Di tanto in tanto, Emma si rinfrescava le gote premendovi il palmo delle mani fatte raffreddare sui pomoli di ferro dei grandi alari. Elle se rassit et elle reprit son ouvrage, qui était un bas de coton blanc où elle faisait des reprises ; elle travaillait le front baissé ; elle ne parlait pas, Charles non plus. L'air passant par le dessous de la porte, poussait un peu de poussière sur les dalles ; il la regardait se traîner, et il entendait seulement le battement intérieur de sa tête, avec le cri d'une poule, au loin, qui pondait dans les cours. Emma, de temps à autre, se rafraîchissait les joues en y appliquant la paume de ses mains, qu'elle refroidissait après cela sur la pomme de fer des grands chenets.
Si lagnava di provare talvolta, con il cambiamento della stagione, un senso di stordimento; gli domandò se i bagni di mare le avrebbero giovato; poi prese a parlare del convento e Charles del suo collegio; la conversazione si avviò. Salirono nella camera di lei. Ella gli mostrò i suoi vecchi libri di musica, i volumetti ricevuti in premio e le corone di foglie di quercia abbandonate in fondo a un armadio. Gli parlò anche di sua madre, del cimitero, e infine gli mostrò l'aiuola in giardino, dove ogni primo venerdì del mese coglieva i fiori da portare sulla tomba. Ma il giardiniere che avevano non capiva niente; la servitù non valeva più nulla. Le sarebbe piaciuto molto vivere in città, almeno d'inverno, sebbene durante l'estate la campagna potesse essere ancora più noiosa, con le giornate che non finiscono mai; a seconda degli argomenti, la sua voce si faceva limpida, acuta, si colmava d'improvviso languore, si trascinava in modulazioni che finivano quasi in un sussurro quando ella parlava fra sé, - ora allegra, con i candidi occhi spalancati, poi con le palpebre socchiuse su uno sguardo sommerso dalla noia e i pensieri vaganti chissà dove. Elle se plaignit d'éprouver, depuis le commencement de la saison, des étourdissements ; elle demanda si les bains de mer lui seraient utiles ; elle se mit à causer du couvent, Charles de son collège, les phrases leur vinrent. Ils montèrent dans sa chambre. Elle lui fit voir ses anciens cahiers de musique, les petits livres qu'on lui avait donnés en prix et les couronnes en feuilles de chêne, abandonnées dans un bas d'armoire. Elle lui parla encore de sa mère, du cimetière, et même lui montra dans le jardin la plate-bande dont elle cueillait les fleurs, tous les premiers vendredis de chaque mois, pour les aller mettre sur sa tombe. Mais le jardinier qu'ils avaient n'y entendait rien ; on était si mal servi ! Elle eût bien voulu, ne fût-ce au moins que pendant l'hiver, habiter la ville, quoique la longueur des beaux jours rendît peut-être la campagne plus ennuyeuse encore durant l'été ; -- et, selon ce qu'elle disait, sa voix était claire, aiguë, ou se couvrant de langueur tout à coup, traînait des modulations qui finissaient presque en murmures, quand elle se parlait à elle-même, -- tantôt joyeuse, ouvrant des yeux naïfs, puis les paupières à demi closes, le regard noyé d'ennui, la pensée vagabondant.
Tornato a casa, la sera, Charles ripensò a tutte le frasi che Emma aveva detto, sforzandosi di ricordarle una per una, di completarne il senso, per rendersi conto del periodo della sua esistenza quando non la conosceva ancora. Ma non riusciva a immaginarla diversa da come l'aveva vista la prima volta o da come l'aveva lasciata poche ore prima. Poi si domandò che cosa sarebbe stato di lei, si sarebbe sposata, e con chi? Ahimè! Papà Rouault era molto ricco, e lei... così bella! Il viso di Emma gli tornava di continuo davanti agli occhi e qualcosa di monotono, come il ronfare di una trottola, gli ronzava negli orecchi: "Se ti sposassi! Però! Se ti sposassi!" La notte non riuscì a dormire, aveva la gola serrata, lo tormentava la sete: si alzò per andare a bere e spalancò la finestra. Il cielo era pieno di stelle, soffiava un vento caldo; lontano, i cani abbaiavano. Voltò il capo dalla parte dei Bertaux. Le soir, en s'en retournant, Charles reprit une à une les phrases qu'elle avait dites, tâchant de se les rappeler, d'en compléter le sens, afin de se faire la portion d'existence qu'elle avait vécue dans le temps qu'il ne la connaissait pas encore. Mais jamais il ne put la voir en sa pensée, différemment qu'il ne l'avait vue la première fois, ou telle qu'il venait de la quitter tout à l'heure. Puis il se demanda ce qu'elle deviendrait, si elle se marierait, et à qui ? hélas ! le père Rouault était bien riche, et elle !... si belle ! Mais la figure d'Emma revenait toujours se placer devant ses yeux, et quelque chose de monotone comme le ronflement d'une toupie bourdonnait à ses oreilles : " Si tu te mariais, pourtant ! Si tu te mariais ! " La nuit, il ne dormit pas, sa gorge était serrée, il avait soif ; il se leva pour aller boire à son pot à l'eau et il ouvrit la fenêtre ; le ciel était couvert d'étoiles, un vent chaud passait, au loin des chiens aboyaient. Il tourna la tête du côté des Bertaux.
Pensando che, in fin dei conti, non rischiava niente, decise di chiedere la mano della ragazza alla prima occasione. Ma, ogni volta, la paura di non trovare le parole adatte gli suggellava le labbra. Pensant qu'après tout l'on ne risquait rien, Charles se promit de faire la demande quand l'occasion s'en offrirait ; mais, chaque fois qu'elle s'offrit, la peur de ne point trouver les mots convenables lui collait les lèvres.
Papà Rouault non sarebbe stato scontento di sbarazzarsi della figlia che in casa non era di grande aiuto. In cuor suo la scusava, ritenendola troppo intellettuale per occuparsi di agricoltura, mestiere maledetto da Dio dato che, esercitandolo, nessuno è mai diventato milionario. Ben lontano dall'aver fatto fortuna, il brav'uomo ci rimetteva tutti gli anni: infatti era abilissimo nelle compravendite e si compiaceva di tutte le astuzie di chi contratta, mentre l'agricoltura vera e propria e le cure per il buon andamento della fattoria erano fatte per lui meno che per chiunque altro. Non spendeva volentieri il suo denaro, ma non faceva economia quando si trattava delle proprie comodità: voleva mangiar bene e avere una casa confortevole. Gli piacevano il sidro forte, gli arrosti sanguinolenti, il caffè con l'acquavite, ben dosato. Mangiava in cucina, solo, vicino al fuoco, su un tavolino sopra il quale erano disposti i piatti già preparati, come a teatro. Le père Rouault n'eût pas été fâché qu'on le débarrassât de sa fille, qui ne lui servait guère dans sa maison. Il l'excusait intérieurement, trouvant qu'elle avait trop d'esprit pour la culture, métier maudit du ciel, puisqu'on n'y voyait jamais de millionnaire. Loin d'y avoir fait fortune, le bonhomme y perdait tous les ans ; car, s'il excellait dans les marchés, où il se plaisait aux ruses du métier, en revanche la culture proprement dite, avec le gouvernement intérieur de la ferme, lui convenait moins qu'à personne. Il ne retirait pas volontiers ses mains de dedans ses poches, et n'épargnait point la dépense pour tout ce qui regardait sa vie, voulant être bien nourri, bien chauffé, bien couché. Il aimait le gros cidre, les gigots saignants, les glorias longuement battus. Il prenait ses repas dans la cuisine, seul, en face du feu, sur une petite table qu'on lui apportait toute service, comme au théâtre.
Perciò, non appena si accorse che Charles aveva preso una cotta per sua figlia e che ben presto gliela avrebbe chiesta in moglie, incominciò subito a ruminare sull'affare. Non era un gran partito, né avrebbe desiderato un genero come lui; ma dicevano che fosse un brav'uomo, molto istruito e certo non sarebbe stato a cavillare sulla dote. E poi, siccome papà Rouault sarebbe stato costretto a vendere ventidue acri della proprietà per pagare i grossi debiti con il muratore e per sostenere la spesa di un nuovo albero per il torchio, si disse: Lorsqu'il s'aperçut donc que Charles avait les pommettes rouges près de sa fille, ce qui signifiait qu'un de ces jours on la lui demanderait en mariage, il rumina d'avance toute l'affaire. Il le trouvait bien un peu gringalet, et ce n'était pas là un gendre comme il l'eût souhaité ; mais on le disait de bonne conduite, économe, fort instruit, et sans doute qu'il ne chicanerait pas trop sur la dot. Or, comme le père Rouault allait être forcé de vendre vingt-deux âcres de son bien , qu'il devait beaucoup au maçon, beaucoup au bourrelier, que l'arbre du pressoir était à remettre :
"Se me la chiede, io gliela do". -- S'il me la demande, se dit-il, je la lui donne.
Per San Michele, Charles trascorse tre giorni ai Bertaux. L'ultimo passò, come i precedenti, in un continuo rimandare, un quarto d'ora dopo l'altro. Papà Rouault lo accompagnò, sulla via del ritorno, per un tratto. Camminavano lungo un sentiero incassato e stavano per lasciarsi; era ormai giunto il momento di parlare. Charles si concesse ancora un po' di respiro, fino all'angolo della siepe, e finalmente, quando l'ebbero oltrepassata, mormorò: A l'époque de la Saint-Michel, Charles était venu passer trois jours aux Bertaux. La dernière journée s'était écoulée comme les précédentes, à reculer de quart d'heure en quart d'heure. Le père Rouault lui fit la conduite ; ils marchaient dans un chemin creux, ils s'allaient quitter ; c'était le moment. Charles se donna jusqu'au coin de la haie, et enfin, quand on l'eut dépassée :
"Signor Rouault; vorrei dirle qualcosa". -- Maître Rouault, murmura-t-il, je voudrais bien vous dire quelque chose.
Si fermarono. Charles taceva. Ils s'arrêtèrent. Charles se taisait.
"Avanti, mi dica! Come se non sapessi già tutto!" disse papà Rouault ridendo piano. -- Mais contez-moi votre histoire ! est-ce que je ne sais pas tout ? dit le père Rouault, en riant doucement.
"Papà Rouault... papà Rouault..." balbettò Charles. -- Père Rouault..., père Rouault..., balbutia Charles.
"Io non domando di meglio" continuò l'agricoltore. "Per quanto sia convinto che la piccola è del mio stesso parere, bisognerà chiederglielo. Lei se ne vada; io tornerò a casa. Se è un sì, mi ascolti bene, non è il caso che lei ritorni, per non dar nell'occhio, e, d'altra parte, Emma sarà troppo agitata. Ma, per non lasciarla sulle spine, spalancherò l'imposta della finestra fin contro il muro: potrà vederla da qui dietro, sporgendosi oltre la siepe." -- Moi, je ne demande pas mieux, continua le fermier. Quoique sans doute la petite soit de mon idée, il faut pourtant lui demander son avis. Allez-vous-en donc ; je m'en vais retourner chez nous. Si c'est oui, entendez-moi bien, vous n'aurez pas besoin de revenir, à cause du monde, et, d'ailleurs, ça la saisirait trop. Mais pour que vous ne vous mangiez pas le sang, je pousserai tout grand l'auvent de la fenêtre contre le mur : vous pourrez le voir par derrière, en vous penchant sur la haie.
Detto questo, si allontanò. Et il s'éloigna.
Charles legò il cavallo a un albero, corse a mettersi sul sentiero e attese. Passò mezz'ora, poi contò altri diciannove minuti con l'orologio alla mano. A un tratto sentì un colpo contro il muro. L'imposta era stata spalancata, il saliscendi tremava ancora. Charles attacha son cheval à un arbre. Il courut se mettre dans le sentier ; il attendit. Une demi-heure se passa, puis il compta dix-neuf minutes à sa montre. Tout à coup un bruit se fit contre le mur ; l'auvent s'était rabattu, la cliquette tremblait encore.
L'indomani alle nove, Charles era già alla fattoria. Quando entrò Emma arrossì, sforzandosi di sorridere per darsi un contegno. Papà Rouault abbracciò il futuro genero. Le questioni di interesse furono rimandate: c'era tutto il tempo per parlarne in seguito, dato che il matrimonio non poteva decentemente aver luogo prima della fine, per Charles, del periodo di lutto, e cioè verso la primavera prossima. Le lendemain, dès neuf heures, il était à la ferme. Emma rougit quand il entra, tout en s'efforçant de rire un peu, par contenance. Le père Rouault embrassa son futur gendre. On remit à causer des arrangements d'intérêt ; on avait, d'ailleurs, du temps devant soi, puisque le mariage ne pouvait décemment avoir lieu avant la fin du deuil de Charles, c'est-à-dire vers le printemps de l'année prochaine.
L'inverno trascorse in questa attesa. La signorina Rouault si occupò del corredo. In parte fu ordinato a Rouen; in quanto a lei, confezionò alcune camicie e cuffie da notte con modelli che si era fatta imprestare. Durante le visite di Charles alla fattoria, si discutevano i preparativi per le nozze, ci si domandava in quale locale si sarebbe svolto il pranzo, si facevano progetti sul numero e sulla qualità delle portate. L'hiver se passa cette attente. Mademoiselle Rouault s'occupa de son trousseau. Une partie en fut commandée à Rouen, et elle se confectionna des chemises et des bonnets de nuit, d'après des dessins de modes qu'elle emprunta. Dans les visites que Charles faisait à la ferme, on causait des préparatifs de la noce ; on se demandait dans quel appartement se donnerait le dîner ; on rêvait à la quantité de plats qu'il faudrait et qu'elles seraient les entrées.
Emma, invece, avrebbe desiderato un matrimonio celebrato a mezzanotte, alla luce delle fiaccole; ma papà Rouault non riuscì a capacitarsi di una simile idea. Fu celebrato quindi un matrimonio al quale parteciparono quarantatré invitati, i quali restarono per sedici ore a tavola, ricominciarono il festino il giorno dopo con qualche strascico anche nei giorni successivi. Emma eût, au contraire, désiré se marier à minuit, aux flambeaux ; mais le père Rouault ne comprit rien à cette idée. Il y eut donc une noce, où vinrent quarante-trois personnes, où l'on resta seize heures à table, qui recommença le lendemain et quelque peu les jours suivants

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Gli invitati arrivarono di buon'ora, in carrozza, in calesse, in carretto, su vecchi barrocci senza mantice, su giardiniere con le tendine di cuoio; e i giovanotti dei villaggi vicini su carrette sopra le quali stavano in piedi, reggendosi con le mani alle sponde per non cadere andando al trotto con grandi scossoni. Venne gente fin da dieci miglia lontano, da Goderville, da Normanville, e da Cany. Erano stati invitati tutti i parenti delle due famiglie, erano state riallacciate le amicizie che la discordia aveva interrotto, erano stati mandati inviti a conoscenze perdute di vista da molto tempo. Les conviés arrivèrent de bonne heure dans des voitures, carrioles à un cheval, chars à bancs à deux roues, vieux cabriolets sans capote, tapissières à rideaux de cuir, et les jeunes gens des villages les plus voisins dans des charrettes où ils se tenaient debout, en rang, les mains appuyées sur les ridelles pour ne pas tomber, allant au trot et secoués dur. Il en vint de dix lieues loin, de Goderville, de Normanville et de Cany. On avait invité tous les parents des deux familles, on s'était raccommodé avec les amis brouillés, on avait écrit à des connaissances perdues de vue depuis longtemps.
Di tanto in tanto si sentivano schiocchi di frusta dietro la siepe; subito il cancello veniva aperto per lasciare entrare un calesse. Al galoppo il veicolo arrivava fino al primo gradino della scalinata d'ingresso, ove si fermava di colpo, svuotandosi del suo carico; la gente scendeva da tutti i lati, massaggiandosi i ginocchi e stiracchiandosi. Le signore, con la cuffia, vestivano secondo la moda cittadina, con le catene d'oro per l'orologio, le mantelline con i lembi che s'incrociavano alla cintola, e scialletti colorati, appuntati sulla schiena con una spilla, che lasciavano scoperti la nuca e il collo. I ragazzi, vestiti come i padri, sembravano a disagio negli abiti nuovi (molti indossavano quel giorno il primo paio di scarpe della loro vita) e accanto a essi, senza osare pronunciare parola, nell'abito bianco della prima comunione, allungato per l'occasione, si vedeva qualche fanciulla di quattordici o sedici anni, senza dubbio la sorella o la cugina di uno di loro, rossa in viso, smarrita, con i capelli unti di unguento di rose e con una gran paura di sporcarsi i guanti. Non essendoci abbastanza stallieri per staccare i cavalli da tutte le carrozze, gli uomini si rimboccavano le maniche e lo facevano essi stessi. Secondo la posizione sociale, indossavano marsine, finanziere, giacche corte, giacche di media lunghezza, 'abiti buoni' circondati dalla considerazione di tutta la famiglia, che uscivano dall'armadio soltanto per le solennità; finanziere a grandi falde fluttuanti al vento, con il colletto cilindrico e tasche grandi come sacchi; giacche di panno spesso che di solito si accompagnavano con berretti dalla visiera cerchiata di rame; giacchette cortissime con sul dorso due bottoni ravvicinati come un paio d'occhi e con le falde che sembravano tagliate da un unico blocco dall'ascia di un carpentiere. Qualcuno, certo destinato agli ultimi posti a tavola, indossava delle bluse da cerimonia, cioè con il collo rovesciato sulle spalle, il dorso pieghettato, la vita molto bassa attaccata a una fascia cucita. De temps à autre, on entendait des coups de fouet derrière la haie ; bientôt la barrière s'ouvrait : c'était une carriole qui entrait. Galopant jusqu'à la première marche du perron, elle s'y arrêtait court, et vidait son monde, qui sortait par tous les côtés en se frottant les genoux et en s'étirant les bras. Les dames, en bonnet, avaient des robes à la façon de la ville, des chaînes de montre en or, des pèlerines à bouts croisés dans la ceinture, ou de petits fichus de couleur attachés dans le dos avec une épingle, et qui leur découvraient le cou par derrière. Les gamins, vêtus pareillement à leurs papas, semblaient incommodés par leurs habits neufs ( beaucoup même étrennèrent ce jour-là la première paire de bottes de leur existence ) , et l'on voyait à côté d'eux, ne soufflant mot dans la robe blanche de sa première communion rallongée pour la circonstance, quelque grande fillette de quatorze ou seize ans, leur cousine ou leur soeur aînée sans doute, rougeaude, ahurie, les cheveux gras de pommade à la rose, et ayant bien peur de salir ses gants. Comme il n'y avait point assez de valets d'écurie pour dételer toutes les voitures, les messieurs retroussaient leurs manches et s'y mettaient eux-mêmes. Suivant leur position sociale différente, ils avaient des habits, des redingotes, des vestes, des habits-vestes : -- bons habits, entourés de toute la considération d'une famille, et qui ne sortaient de l'armoire que pour les solennités ; redingotes à grandes basques flottant au vent, à collet cylindrique, à poches larges comme des sacs ; vestes de gros drap, qui accompagnaient ordinairement quelque casquette cerclée de cuivre à sa visière ; habits-vestes très courts, ayant dans le dos deux boutons rapprochés comme une paire d'yeux, et dont les pans semblaient avoir été coupés à même un seul bloc, par la hache du charpentier. Quelques-uns encore ( mais ceux-là, bien sûr, devaient dîner au bas bout de la table ) portaient des blouses de cérémonie, c'est-à-dire dont le col était rabattu sur les épaules, le dos froncé à petits plis et la taille attachée très bas par une ceinture cousue.
Le camicie si gonfiavano sui petti come corazze. Tutti si erano fatti tagliare i capelli per l'occasione e gli orecchi spiccavano staccati dalla testa nel vuoto creato loro intorno. Et les chemises sur les poitrines bombaient comme des cuirasses ! Tout le monde était tondu à neuf, les oreilles s'écartaient des têtes, on était rasé de près ;
Qualcuno che si era alzato addirittura prima dell'alba, essendosi rasato al buio, mostrava dei tagli diagonali sotto il naso, oppure, lungo le mascelle, scorticature larghe come uno scudo da tre franchi, che l'aria aveva infiammato durante il viaggio e che ora chiazzavano di rosa tutte quelle larghe e allegre facce smorte. quelques-uns même qui s'étaient levés dès avant l'aube, n'ayant pas vu clair à se faire la barbe, avaient des balafres en diagonale sous le nez, ou, le long des mâchoires, des pelures d'épiderme larges comme des écus de trois francs, et qu'avait enflammées le grand air pendant la route, ce qui marbrait un peu de plaques roses toutes ces grosses faces blanches épanouies.
Il municipio si trovava a mezzo miglio dalla fattoria e tutti ci andarono e tornarono a piedi dopo la cerimonia in chiesa. La mairie se trouvant à une demi-lieue de la ferme, on s'y rendit à pied, et l'on revint de même, une fois la cérémonie faite à l'église.
Il corteo, dapprima ininterrotto come una sciarpa colorata che ondeggiasse nella campagna lungo lo stretto sentiero serpeggiante in mezzo al grano verde, ben presto si allungò e si spezzettò in diversi gruppi che si attardarono a chiacchierare. In testa veniva il suonatore di violino con lo strumento ornato di nastri legati al riccio, poi gli sposi, i parenti e gli amici disposti a caso; e, dietro a tutti, i bambini che si divertivano a strappare le campanule agli steli dell'avena, o a farsi dispetti senza essere veduti. Il vestito di Emma, un po' troppo lungo, sfiorava il sentiero; di tanto in tanto ella si fermava, lo tirava su e delicatamente, con le mani guantate, toglieva le pagliuzze e gli aghi dei cardi, mentre Charles, le mani penzoloni, aspettava che avesse finito. Papà Rouault con in capo un cappello a cilindro nuovo e i polsi della marsina nera che gli coprivano le mani fino alle unghie, dava il braccio alla signora Bovary madre. Il signor Bovary padre disprezzava, in fondo al cuore, tutta quella gente; era venuto indossando una semplice finanziera di taglio militare, con una sola fila di bottoni, e snocciolava triviali galanterie a una forosetta bionda, la quale si inchinava, arrossiva e non sapeva cosa rispondere. Gli altri invitati chiacchieravano dei loro affari, si facevano di soppiatto scherzi, per creare in anticipo quell'atmosfera di eccitazione indispensabile alla festa. E, tendendo l'orecchio, era possibile sentire il frin-frin del violinista che continuava a suonare nell'aperta campagna. Questi, quando si accorgeva di essersi lasciato indietro il corteo, si fermava per riprendere fiato, strofinava a lungo l'archetto sulla colofonia affinché le corde vibrassero di più, poi si rimetteva in cammino alzando e abbassando il manico del violino per dargli meglio il ritmo. Il suono dello strumento faceva fuggire lontano gli uccellini. Le cortège, d'abord uni comme une seule écharpe de couleur, qui ondulait dans la campagne, le long de l'étroit sentier serpentant entre les blés verts, s'allongea bientôt et se coupa en groupes différents, qui s'attardaient à causer. Le ménétrier allait en tête, avec son violon empanaché de rubans à la coquille ; les mariés venaient ensuite, les parents, les amis tout au hasard, et les enfants restaient derrière, s'amusant à arracher les clochettes des brins d'avoine, ou à se jouer entre eux, sans qu'on les vît. La robe d'Emma, trop longue, traînait un peu par le bas ; de temps à autre, elle s'arrêtait pour la tirer, et alors délicatement, de ses doigts gantés, elle enlevait les herbes rudes avec les petits dards des chardons, pendant que Charles, les mains vides, attendait qu'elle eût fini. Le père Rouault, un chapeau de soie neuf sur la tête et les parements de son habit noir lui couvrant les mains jusqu'aux ongles, donnait le bras à madame Bovary mère. Quant à M. Bovary père, qui, méprisant au fond tout ce monde-là, était venu simplement avec une redingote à un rang de boutons d'une coupe militaire, il débitait des galanteries d'estaminet à une jeune paysanne blonde. Elle saluait, rougissait, ne savait que répondre. Les autres gens de la noce causaient de leurs affaires ou se faisaient des niches dans le dos, s'excitant d'avance à la gaieté ; et, en y prêtant l'oreille, on entendait toujours le crin-crin du ménétrier qui continuait à jouer dans la campagne. Quand il s'apercevait qu'on était loin derrière lui, il s'arrêtait à reprendre haleine, cirait longuement de colophane son archet, afin que les cordes grinçassent mieux, et puis il se remettait à marcher, abaissant et levant tour à tour le manche de son violon, pour se bien marquer la mesure à lui-même. Le bruit de l'instrument faisait partir de loin les petits oiseaux.
La tavola era apparecchiata sotto la tettoia dei carri. C'erano quattro lombate di bue, sei fricassee di pollo, un umido di vitello, tre cosciotti arrosto, e, nel mezzo, un bel maialino di latte allo spiedo, circondato da quattro salsicciotti all'acetosella. Negli angoli troneggiavano le bottiglie di acquavite e il sidro dolce, imbottigliato, premeva con la sua spuma densa contro i turaccioli. Tutti i bicchieri erano già stati riempiti di vino fino all'orlo. Grandi piatti di crema gialla tremolavano alla più piccola scossa della tavola e mostravano sulla liscia superficie le iniziali degli sposi novelli tracciate con un sottile arabesco. Era venuto un pasticciere di Yvetot per occuparsi delle torte e dei torroni. Questi si era dato un gran da fare, non essendo conosciuto nel paese, e al dolce servì personalmente una torta decorata che strappò grida di meraviglia. La base era costituita da un cartone quadrato azzurro, raffigurante un tempio con portici, colonnati, statuette di stucco disposte tutto intorno in nicchie costellate di stelle di carta dorata; al secondo ripiano v'era un torrione di pasta di savoiardi circondato da minute fortificazioni di angelica, mandorle, uva passa, spicchi d'arancia; infine sulla piattaforma superiore, costituita da un prato verde con rocce e laghi di marmellata ove navigavano barchette di gusci di nocciole, un Amorino si dondolava su un'altalena di cioccolata i cui pali di sostegno terminavano con due boccioli di rose fresche poste lì sopra a guisa di pomoli. C'était sous le hangar de la charretterie que la table était dressée. Il y avait dessus quatre aloyaux, six fricassées de poulets, du veau à la casserole, trois gigots, et, au milieu, un joli cochon de lait rôti, flanqué de quatre endeuilles à l'oseille. Aux angles, se dressait l'eau-de-vie dans des carafes. Le cidre doux en bouteilles poussait sa mousse épaisse autour des bouchons, et tous les verres, d'avance, avaient été remplis de vin jusqu'au bord. De grands plats de crème jaune, qui flottaient d'eux-mêmes au moindre choc de la table, présentaient, dessinés sur leur surface unie, les chiffres des nouveaux époux en arabesques de nonpareille. On avait été chercher un pâtissier à Yvetot, pour les tourtes et les nougats. Comme il débutait dans le pays, il avait soigné les choses ; et il apporta, lui-même, au dessert, une pièce montée qui fit pousser des cris. A la base, d'abord, c'était un carré de carton bleu figurant un temple avec portiques, colonnades et statuettes de stuc tout autour, dans des niches constellées d'étoiles en papier doré ; puis se tenait au second étage un donjon en gâteau de Savoie, entouré de menues fortifications en angélique, amandes, raisins secs, quartiers d'oranges ; et enfin, sur la plate-forme supérieure, qui était une prairie verte où il y avait des rochers avec des lacs de confitures et des bateaux en écales de noisettes, on voyait un petit Amour, se balançant à une escarpolette de chocolat, dont les deux poteaux étaient terminés par deux boutons de rose naturels, en guise de boules, au sommet.
Continuarono a mangiare fino a sera. Quando erano stanchi di stare seduti, i commensali si alzavano, andavano a passeggiare nei cortili, o a fare una partita al gioco del turacciolo nel granaio, per poi rimettersi a tavola. Verso la fine qualcuno si addormentò e si mise a russare. Ma, arrivati al caffè, tutti si rianimarono: intonarono canti, fecero gare di forza sollevando pesi, passando sotto il proprio pollice, tentando di sollevare i carretti sulle spalle, raccontarono storielle salaci, abbracciarono le proprie dame. Quando giunse il momento di andarsene, la sera, i cavalli, ingozzati di avena fino agli occhi, non entrarono tanto facilmente fra le stanghe; si inalberavano, sgroppavano, rompevano i finimenti. I padroni ridevano e imprecavano, e per tutta la notte, sotto il chiaro di luna, sulle strade della regione, vi furono calessi trascinati al gran galoppo che traballavano nei rigagnoli, sobbalzavano sui mucchi di ciottoli, si fermavano contro le scarpate con le donne che si spenzolavano fuori dei finestrini per afferrare le redini. Jusqu'au soir, on mangea. Quand on était trop fatigué d'être assis, on allait se promener dans les cours ou jouer une partie de bouchon dans la grange ; puis on revenait à table. Quelques-uns, vers la fin, s'y endormirent et ronflèrent. Mais, au café, tout se ranima ; alors on entama des chansons, on fit des tours de force, on portait des poids, on passait sous son pouce, on essayait à soulever les charrettes sur ses épaules, on disait des gaudrioles, on embrassait les dames. Le soir, pour partir, les chevaux gorgés d'avoine jusqu'aux naseaux, eurent du mal à entrer dans les brancards ; ils ruaient, se cabraient, les harnais se cassaient, leurs maîtres juraient ou riaient ; et toute la nuit, au clair de la lune, par les routes du pays, il y eut des carrioles emportées qui couraient au grand galop, bondissant dans les saignées, sautant par-dessus les mètres de cailloux, s'accrochant aux talus, avec des femmes qui se penchaient en dehors de la portière pour saisir les guides.
Quelli che si erano fermati ai Bertaux trascorsero la notte bevendo, in cucina. I ragazzi si erano addormentati sotto le panche. Ceux qui restèrent aux Bertaux passèrent la nuit à boire dans la cuisine. Les enfants s'étaient endormis sous les bancs.
La sposa aveva supplicato suo padre perché le fossero risparmiati gli scherzi consueti. Papà Rouault arrivò giusto in tempo per impedire a un cugino pescivendolo, il quale aveva portato come regalo di nozze due sogliole, di soffiare con la bocca un getto d'acqua attraverso la serratura nella camera nuziale. Dovette spiegargli che la posizione di suo genero non consentiva tali sconvenienze. Ma il cugino non si lasciò convincere. Dentro di sé accusava papà Rouault di superbia e infine andò a riunirsi in un angolo a quattro o cinque altri invitati, i quali, essendo loro toccati per caso a tavola, varie volte di seguito, pezzi di carne scadenti, si sentivano maltrattati e mormoravano alle spalle dell'ospite augurandosi con parole velate la sua rovina. La mariée avait supplié son père qu'on lui épargnât les plaisanteries d'usage. Cependant, un mareyeur de leurs cousins ( qui même avait apporté, comme présent de noces, une paire de soles ) commençait à souffler de l'eau avec sa bouche par le trou de la serrure, quand le père Rouault arriva juste à temps pour l'en empêcher, et lui expliqua que la position grave de son gendre ne permettait pas de telles inconvenances. Le cousin, toutefois, céda difficilement à ces raisons. En dedans de lui-même, il accusa le père Rouault d'être fier, et il alla se joindre dans un coin à quatre ou cinq autres des invités qui, ayant eu par hasard plusieurs fois de suite à table les bas morceaux des viandes, trouvaient aussi qu'on les avait mal reçus, chuchotaient sur le compte de leur hôte et souhaitaient sa ruine à mots couverts.
La signora Bovary madre non aveva aperto bocca in tutta la giornata. Non era stata interpellata né sull'abito della nuora né per l'allestimento della festa. Si ritirò presto in camera sua. Il marito, invece di seguirla, mandò a prendere dei sigari a Saint-Victor e fumò fino a giorno, bevendo grog al maraschino, miscuglio sconosciuto alla compagnia che lo fece salire ancora di più nella considerazione altrui. Madame Bovary mère n'avait pas desserré les dents de la journée. On ne l'avait consultée ni sur la toilette de la bru, ni sur l'ordonnance du festin ; elle se retira de bonne heure. Son époux, au lieu de la suivre, envoya chercher des cigares à Saint-Victor et fuma jusqu'au jour, tout en buvant des grogs au kirsch, mélange inconnu à la campagne, et qui fut pour lui comme la source d'une considération plus grande encore.
Charles non aveva un'indole faceta. Durante il banchetto di nozze non aveva brillato affatto. Aveva risposto in modo mediocre ai frizzi, ai giochi di parole, ai doppi sensi, ai complimenti e alle spiritosaggini audaci che tutti si erano fatti un dovere di indirizzargli dall'inizio del pranzo. Charles n'était point de complexion facétieuse, il n'avait pas brillé pendant la noce. Il répondit médiocrement aux pointes, calembours, mots à double entente, compliments et paillardises que l'on se fit un devoir de lui décocher dès le potage.
Il giorno dopo, in compenso, sembrava un altro uomo. Lo si sarebbe detto la vergine della vigilia, mentre la sposa non lasciava trapelare nulla che consentisse di indovinare alcunché. I più scaltri non sapevano che cosa dire e, quando se la vedevano passare vicino, la osservavano con un interesse fuori di misura. Charles non cercava di dissimulare. La chiamava mogliettina, le dava del tu, chiedeva a tutti di lei, la cercava dappertutto e spesso lo si vedeva di lontano, mentre si tratteneva con lei in giardino fra gli alberi, cingerla con il braccio alla vita e continuare a camminare chinato a metà su di lei, gualcendole con il capo le gale intorno al collo del corsetto. Le lendemain, en revanche, il semblait un autre homme. C'est lui plutôt que l'on eût pris pour la vierge de la veille, tandis que la mariée ne laissait rien découvrir où l'on pût deviner quelque chose. Les plus malins ne savaient que répondre, et ils la considéraient, quand elle passait près d'eux, avec des tensions d'esprit démesurées. Mais Charles ne dissimulait rien. Il l'appelait " ma femme " , la tutoyait, s'informait d'elle à chacun, la cherchait partout, et souvent il l'entraînait dans les cours, où on l'apercevait de loin, entre les arbres, qui lui passait le bras sous la taille et continuait à marcher à demi penché sur elle, en lui chiffonnant avec sa tête la guimpe de son corsage.
Gli sposi se ne andarono due giorni dopo le nozze: Deux jours après la noce, les époux s'en allèrent :
Charles non avrebbe potuto trascurare più a lungo i suoi malati. Partirono sul barroccino di papà Rouault, che li accompagnò fino a Vassonville. Qui egli abbracciò ancora una volta la figlia, scese e tornò indietro. Ma, fatti un centinaio di passi, si fermò, e, guardando il barroccio che si allontanava con le ruote turbinanti nella polvere, emise un gran sospiro. Ricordava il suo matrimonio, i tempi di una volta, la prima gravidanza della moglie; era stato felice anche lui, il giorno in cui l'aveva condotta dalla casa paterna alla sua, in groppa al cavallo che galoppava nella neve; mancava poco a Natale e la campagna era tutta bianca; ella gli si teneva aggrappata con un braccio, mentre l'altro reggeva un paniere; le lunghe trine dell'acconciatura tipica delle donne di Caux le passavano sulla bocca, agitate dal vento, e quando lui voltava la testa, vedeva sopra la propria spalla il minuto viso roseo che sorrideva in silenzio, sotto la fascia d'oro della cuffia. Per scaldarsi le mani, ogni tanto ella gliele infilava nell'abbottonatura della giacca. Com'era lontano tutto questo! Adesso il loro figliolo avrebbe avuto trent'anni! Si voltò ancora una volta, ma sulla strada non c'era più nessuno. Si sentì triste come una casa vuota; i pensieri neri si mescolarono con i teneri ricordi, nel suo cervello offuscato dai vapori della baldoria, e per un momento sentì il desiderio di andare a fare un giro dalla parte della chiesa. Ma ebbe paura di diventare ancora più malinconico e tornò subito a casa. Charles, à cause de ses malades, ne pouvait s'absenter plus longtemps. Le père Rouault les fit reconduire dans sa carriole et les accompagna lui-même jusqu'à Vassonville. Là, il embrassa sa fille une dernière fois, mit pied à terre et reprit sa route. Lorsqu'il eut fait cent pas environ, il s'arrêta, et, comme il vit la carriole s'éloignant, dont les roues tournaient dans la poussière, il poussa un gros soupir. Puis il se rappela ses noces, son temps d'autrefois, la première grossesse de sa femme ; il était bien joyeux, lui aussi, le jour qu'il l'avait emmenée de chez son père dans sa maison, quand il la portait en croupe en trottant sur la neige ; car on était aux environs de Noël et la campagne était toute blanche ; elle le tenait par un bras, à l'autre était accroché son panier ; le vent agitait les longues dentelles de sa coiffure cauchoise, qui lui passaient quelquefois sur la bouche, et, lorsqu'il tournait la tête, il voyait près de lui, sur son épaule, sa petite mine rosée qui souriait silencieusement, sous la plaque d'or de son bonnet. Pour se réchauffer les doigts, elle les lui mettait, de temps en temps, dans la poitrine. Comme c'était vieux tout cela ! Leur fils, à présent, aurait trente ans ! Alors il regarda derrière lui, il n'aperçut rien sur la route. Il se sentit triste comme une maison démeublée ; et, les souvenirs tendres se mêlant aux pensées noires dans sa cervelle obscurcie par les vapeurs de la bombance, il eut bien envie un moment d'aller faire un tour du côté de l'église. Comme il eut peur, cependant, que cette vue ne le rendît plus triste encore, il s'en revint tout droit chez lui.
Charles e sua moglie arrivarono a Tostes verso le sei. I vicini vennero alle finestre per veder la nuova sposa del medico. La vieille bonne se présenta, lui fit ses salutations, s'excusa de ce que le dîner n'était pas prêt, et engagea Madame, en attendant, à prendre connaissance de sa maison
La vecchia governante si presentò, porse loro il benvenuto, si scusò perché la cena non era ancora pronta ed esortò la signora a visitare intanto la casa.

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La facciata in mattoni dava direttamente sulla via, o meglio, sulla strada maestra. Dietro la porta si trovavano appesi un pastrano con il bavero piccolo, una briglia, un berretto di pelle nero, e in un angolo, per terra, un paio di stivali ancora coperti di fango secco. A destra c'era la sala, e cioè la stanza dove si mangiava e si passavano le giornate. Una tappezzeria giallo-canarino, ravvivata in alto da una ghirlanda di fiori a tinte delicate, tremolava da cima a fondo sulla tela mal tesa; le tende di calicò orlate di rosso si incrociavano alle finestre e sulla stretta mensola del caminetto luccicava una pendola che rappresentava una testa di Ippocrate, fra due lampade di argento placcato sormontate da globi di forma ovale. All'altro lato del corridoio v'era lo studio di Charles, una stanzetta larga circa sei passi, arredata con tre sedie, un tavolo e una poltrona da ufficio. I volumi del dizionario della scienza medica, intonsi, ma con la rilegatura rovinata per essere passati fra le mani di troppi padroni, occupavano quasi da soli i sei ripiani di una libreria in legno di abete. Gli odori dei cibi penetravano nello studio, durante le consultazioni, e in cucina si udivano i malati tossire e raccontare tutte le loro afflizioni. Uno stanzone mal tenuto si apriva direttamente sul cortile dove c'era la scuderia: conteneva un forno e serviva da legnaia, cantina, ripostiglio; era pieno di ferrivecchi, barili vuoti, attrezzi agricoli fuori uso e di una gran quantità di cose coperte di polvere delle quali sarebbe stato impossibile indovinare l'uso. La façade de briques était juste à l'alignement de la rue, ou de la route plutôt. Derrière la porte se trouvaient accrochés un manteau à petit collet, une bride, une casquette de cuir noir, et, dans un coin, à terre, une paire de houseaux encore couverts de boue sèche. A droite était la salle, c'est-à-dire l'appartement où l'on mangeait et où l'on se tenait. Un papier jaune-serin, relevé dans le haut par une guirlande de fleurs pâles, tremblait tout entier sur sa toile mal tendue ; et sur l'étroit chambranle de la cheminée resplendissait une pendule à tête d'Hippocrate, entre deux flambeaux d'argent plaqué, sous des globes de forme ovale. De l'autre côté du corridor était le cabinet de Charles, petite pièce de six pas de large environ, avec une table, trois chaises et un fauteuil de bureau. Les tomes du Dictionnaire des sciences médicales , non coupés, mais dont la brochure avait souffert dans toutes les ventes successives par où ils avaient passé, garnissaient presque à eux seuls, les six rayons d'une bibliothèque en bois de sapin. L'odeur des roux pénétrait à travers la muraille, pendant les consultations, de même que l'on entendait de la cuisine, les malades tousser dans le cabinet et débiter toute leur histoire. Venait ensuite, s'ouvrant immédiatement sur la cour, où se trouvait l'écurie, une grande pièce délabrée qui avait un four, et qui servait maintenant de bûcher, de cellier, de garde-magasin, pleine de vieilles ferrailles, de tonneaux vides, d'instruments de culture hors de service, avec quantité d'autres choses poussiéreuses dont il était impossible de deviner l'usage.
Il giardino, più lungo che largo, si stendeva fra due muri assai rustici coperti da albicocchi a spalliera fino a una siepe di rovi che lo separava dai campi. In mezzo, una meridiana d'ardesia era posata su un piedistallo in muratura; quattro stente aiuole di rose canine circondavano simmetricamente il terreno destinato alle coltivazioni, più utili, degli ortaggi. In fondo, sotto gli abeti nani, un curato di pietra leggeva il breviario. Le jardin, plus long que large, allait, entre deux murs de bauge couverts d'abricots en espalier, jusqu'à une haie d'épines qui le séparait des champs. Il y avait au milieu un cadran solaire en ardoise, sur un piédestal de maçonnerie ; quatre plates-bandes garnies d'églantiers maigres entouraient symétriquement le carré plus utile des végétations sérieuses. Tout au fond, sous les sapinettes, un curé de plâtre lisait son bréviaire.
Emma salì nelle camere. La prima era vuota, ma la seconda, quella matrimoniale, conteneva un letto di mogano sotto un'alcova disegnata drappeggiata di rosso. Una scatola coperta di conchiglie decorava il cassettone e sullo scrittoio vicino alla finestra, infilato in una bottiglia, c'era un mazzolino di fiori d'arancio legato con un nastro di raso bianco. Un mazzolino da sposa, quello dell'altra! Emma lo guardò. Charles se ne accorse, lo prese e lo portò in solaio, mentre sua moglie, accomodata in una poltrona (le sue cose venivano intanto sistemate intorno a lei), pensava al proprio mazzolino, riposto in una scatola di cartone, e si domandava, fantasticando, che fine avrebbe fatto se per caso fosse morta. Emma monta dans les chambres. La première n'était point meublée ; mais la seconde, qui était la chambre conjugale, avait un lit d'acajou dans une alcôve à draperie rouge. Une boîte en coquillages décorait la commode ; et, sur le secrétaire, près de la fenêtre, il y avait, dans une carafe, un bouquet de fleurs d'oranger, noué par des rubans de satin blanc. C'était un bouquet de mariée, le bouquet de l'autre ! Elle le regarda. Charles s'en aperçut, il le prit et l'alla porter au grenier, tandis qu'assise dans un fauteuil ( on disposait ses affaires autour d'elle ) , Emma songeait à son bouquet de mariage, qui était emballé dans un carton, et se demandait, en rêvant, ce qu'on en ferait, si par hasard elle venait à mourir.
Durante i primi giorni fu occupata a studiare i cambiamenti da apportare alla casa. Tolse i globi dai candelabri, fece tappezzare di nuovo le camere, ridipingere la scala e mettere panchine nel giardino, tutto intorno alla meridiana; domandò come avrebbe potuto fare per avere una vasca con lo zampillo e i pesci rossi. E poi, suo marito, sapendo ch'ella amava le passeggiate in carrozza, trovò un carrozzino d'occasione che, per aver avuto un tempo i fanali nuovi e i parafanghi di cuoio impunturato, sembrava quasi un tilbury. Elle s'occupa, les premiers jours, à méditer des changements dans sa maison. Elle retira les globes des flambeaux, fit coller des papiers neufs, repeindre l'escalier et faire des bancs dans le jardin, tout autour du cadran solaire ; elle demanda même comment s'y prendre pour avoir un bassin à jet d'eau avec des poissons. Enfin son mari, sachant qu'elle aimait à se promener en voiture, trouva un boc d'occasion, qui, ayant une fois des lanternes neuves et des garde-crotte en cuir piqué, ressembla presque à un tilbury.
Charles era felice e senza pensieri. Una cenetta a due, una passeggiata la sera sulla strada maestra, un gesto della mano di Emma sui capelli, la vista del suo cappellino di paglia appeso alla maniglia di una finestra e un'infinità di altre cose dalle quali non aveva mai immaginato di poter trarre piacere, formavano il tessuto della sua felicità. Al mattino, a letto, con il capo accanto a quello di lei, sul guanciale, guardava la luce del sole filtrare attraverso la peluria bionda delle sue gote per metà nascoste dai lembi della cuffietta. Visti così da vicino, i suoi occhi gli sembravano più grandi, soprattutto quando Emma, svegliandosi, apriva e chiudeva più volte le palpebre; erano neri all'ombra e blu scuri nella luce piena, sembravano fatti a strati sovrapposti di colore, più denso dapprima e poi sempre più chiaro verso la superficie della cornea. Lo sguardo di lui si perdeva in quegli specchi profondi nei quali scorgeva rimpicciolita la propria immagine, fino alle spalle, con il fazzoletto di seta che le copriva il capo, e il collo della camicia aperto. E poi veniva l'ora di alzarsi. Lei si affacciava alla finestra per vederlo andar via; stava con i gomiti appoggiati al davanzale fra due vasi di gerani, indossando una vestaglia ampia. Charles, in strada, si allacciava gli speroni appoggiando il piede al paracarro, mentre ella continuava a conversare con lui dall'alto, strappando con la bocca pezzetti di fiore o d'erba, che soffiava dalla sua parte: volteggiavano, planavano, disegnavano semicerchi nell'aria, come un uccello, e andavano, prima di cadere, ad attaccarsi ai crini mal strigliati della vecchia cavalla bianca, immobile davanti alla porta. Montato a cavallo, Charles le mandava un bacio, lei rispondeva con un gesto, chiudeva la finestra ed egli se ne andava. Sulla strada maestra simile a un interminabile nastro di polvere, nei sentieri profondi lungo i quali gli alberi, curvandosi, formavano una cortina, nei viottoli ove il grano gli arrivava ai ginocchi, sotto il sole e con il profumo del mattino nelle narici, con il cuore pieno della gioia della notte, con l'animo in pace e i sensi appagati, se ne andava ruminando la sua felicità, come chi assapori, dopo mangiato, il gusto dei tartufi che sta digerendo. Il était donc heureux et sans souci de rien au monde. Un repas en tête-à-tête, une promenade le soir sur la grande route, un geste de sa main sur ses bandeaux, la vue de son chapeau de paille rond accroché à l'espagnolette d'une fenêtre, et bien d'autres choses encore où Charles n'avait jamais soupçonné de plaisir, composaient maintenant la continuité de son bonheur. Au lit, le matin, et côte à côte sur l'oreiller, il regardait la lumière du soleil passer parmi le duvet de ses joues blondes, que couvraient à demi les pattes escalopées de son bonnet. Vus de si près, ses yeux lui paraissaient agrandis, surtout quand elle ouvrait plusieurs fois de suite ses paupières en s'éveillant ; noirs à l'ombre et bleu foncé au grand jour, ils avaient comme des couches de couleurs successives, et qui plus épaisses dans le fond, allaient en s'éclaircissant vers la surface de l'émail. Son oeil, à lui, se perdait dans ces profondeurs, et il s'y voyait en petit jusqu'aux épaules, avec le foulard qui le coiffait et le haut de sa chemise entrouvert. Il se levait. Elle se mettait à la fenêtre pour le voir partir ; et elle restait accoudée sur le bord, entre deux pots de géraniums, vêtue de son peignoir, qui était lâche autour d'elle. Charles, dans la rue, bouclait ses éperons sur la borne ; et elle continuait à lui parler d'en haut, tout en arrachant avec sa bouche quelque bribe de fleur ou de verdure qu'elle soufflait vers lui, et qui voltigeant, se soutenant, faisant dans l'air des demi-cercles comme un oiseau, allait, avant de tomber, s'accrocher aux crins mal peignés de la vieille jument blanche, immobile à la porte. Charles, à cheval, lui envoyait un baiser ; elle répondait par un signe, elle refermait la fenêtre, il partait. Et alors, sur la grande route qui étendait sans en finir son long ruban de poussière, par les chemins creux où les arbres se courbaient en berceaux, dans les sentiers dont les blés lui montaient jusqu'aux genoux, avec le soleil sur ses épaules et l'air du matin à ses narines, le coeur plein des félicités de la nuit, l'esprit tranquille, la chair contente, il s'en allait ruminant son bonheur, comme ceux qui mâchent encore, après dîner, le goût des truffes qu'ils digèrent.
Fino a quel giorno, che cosa gli aveva dato la vita? Aveva conosciuto la felicità, forse, quando in collegio restava chiuso fra quelle alte mura, solo, in mezzo ai compagni più ricchi o più bravi di lui negli studi, che ridevano per il suo accento, lo burlavano per i suoi abiti, e le cui madri venivano in parlatorio con i manicotti pieni di dolciumi? O più tardi, quando studiava medicina e non aveva mai il borsellino così ben fornito da potersi permettere di portare a ballare qualche sartina che diventasse poi la sua amichetta? In seguito aveva vissuto per quattordici mesi con la vedova che a letto aveva i piedi freddi come ghiaccioli. Ma adesso possedeva per tutta la vita questa deliziosa fanciulla che adorava. Per lui l'universo non andava oltre l'orlo di seta della gonna di Emma; si rimproverava di non amarla abbastanza, non vedeva l'ora di rivederla, tornava a casa più presto che poteva, saliva le scale con il cuore in gola. Emma, nella sua camera, si faceva bella: Charles arrivava in punta di piedi e la baciava sul collo facendola gridare dalla sorpresa. Jusqu'à présent, qu'avait-il eu de bon dans l'existence ? Etait-ce son temps de collège, où il restait enfermé entre ces hauts murs, seul au milieu de ses camarades plus riches ou plus forts que lui dans leurs classes, qu'il faisait rire par son accent, qui se moquaient de ses habits, et dont les mères venaient au parloir avec des pâtisseries dans leur manchon ? Etait-ce plus tard, lorsqu'il étudiait la médecine et n'avait jamais la bourse assez ronde pour payer la contredanse à quelque petite ouvrière qui fût devenue sa maîtresse ? Ensuite il avait vécu pendant quatorze mois avec la veuve, dont les pieds, dans le lit, étaient froids comme des glaçons. Mais, à présent, il possédait pour la vie cette jolie femme qu'il adorait. L'univers, pour lui, n'excédait pas le tour soyeux de son jupon ; et il se reprochait de ne pas l'aimer, il avait envie de la revoir ; il s'en revenait vite, montait l'escalier, le coeur battant. Emma, dans sa chambre, était à faire sa toilette ; il arrivait à pas muets, il la baisait dans le dos, elle poussait un cri.
Non era capace di astenersi dal toccare continuamente il pettine, gli anelli, lo scialletto di lei; qualche volta le dava grossi baci schioccanti sulle gote, o la baciava dolcemente sulle braccia nude, dalla punta delle dita fino alle spalle; e lei lo respingeva, fra sorridente e annoiata, come si fa con un bambino troppo insistente. Il ne pouvait se retenir de toucher continuellement à son peigne, à ses bagues, à son fichu ; quelquefois, il lui donnait sur les joues de gros baisers à pleine bouche, ou c'étaient de petits baisers à la file tout le long de son bras nu, depuis le bout des doigts jusqu'à l'épaule ; et elle le repoussait, à demi souriante et ennuyée, comme on fait à un enfant qui se pend après vous.
Prima di sposarsi, Emma aveva creduto di essere innamorata, ma la felicità che sarebbe dovuta nascere da questo amore non esisteva, ed ella pensava ormai di essersi sbagliata. Cercava ora di capire che cosa volessero dire realmente le parole felicità, passione, ebbrezza, che le erano sembrate così belle nei libri. Avant qu'elle se mariât, elle avait cru avoir de l'amour ; mais le bonheur qui aurait dû résulter de cet amour n'étant pas venu, il fallait qu'elle se fût trompée, songea-t-elle. Et Emma cherchait à savoir ce que l'on entendait au juste dans la vie par les mots de félicité, de passion et d'ivresse , qui lui avaient paru si beaux dans les livres

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Italiano France
Aveva letto Paolo e Virginia, e aveva sognato la casetta di bambù, il negro Domingo, il cane Fedele, ma soprattutto la dolce amicizia di un bravo fratellino che vada a cogliere per noi frutti rossi su un albero più alto di un campanile, o che corra a piedi nudi sulla sabbia, per portarci un nido di uccelli. Elle avait lu Paul et Virginie et elle avait rêvé la maisonnette de bambous, le nègre Domingo, le chien Fidèle, mais surtout l'amitié douce de quelque bon petit frère, qui va chercher pour vous des fruits rouges dans des grands arbres plus hauts que des clochers, ou qui court pieds nus sur le sable, vous apportant un nid d'oiseau.
All'età di tredici anni suo padre la condusse con sé in città per metterla in collegio. Scesero in un albergo del quartiere Saint-Gervais, e mangiarono in piatti dipinti che illustravano la storia di madamigella di La Vallière. Le leggende esplicative, tagliate qua e là dai graffi dei coltelli, glorificavano tutte la religione, le gioie dello spirito, e i fasti della corte. Lorsqu'elle eut treize ans, son père l'amena lui-même à la ville, pour la mettre au couvent. Ils descendirent dans une auberge du quartier Saint-Gervais où ils eurent à leur souper des assiettes peintes qui représentaient l'histoire de mademoiselle de la Vallière. Les explications légendaires, coupées çà et là par l'égratignure des couteaux, glorifiaient toutes la religion, les délicatesses du coeur et les pompes de la Cour.
I primi tempi, in collegio, non si annoiò affatto; le piaceva la compagnia delle buone suore che, per divertirla, la conducevano nella cappella alla quale si accedeva dal refettorio per mezzo di un lungo corridoio. Giocava pochissimo durante la ricreazione, imparava bene il catechismo ed era sempre lei a rispondere a Monsignor Vicario nelle domande difficili. Vivendo senza mai uscire, nella tiepida atmosfera della scuola, in mezzo a queste donne smunte, con i loro rosari dalla croce di ottone, ella si assopì pian piano nel languore mistico che esala dai profumi dell'altare, dalla frescura delle acquasantiere e dal baluginio dei ceri. Invece di seguire la messa, guardava nel libriccino le pie vignette bordate d'azzurro; le piacevano la pecorella ammalata, il Sacro Cuore trafitto da frecce appuntite e il povero Gesù che cade portando la croce. Provò a stare un giorno intero senza mangiare per fare penitenza e studiava dentro di sé qualche voto da compiere. Loin de s'ennuyer au couvent les premiers temps, elle se plut dans la société des bonnes soeurs, qui, pour l'amuser, la conduisaient dans la chapelle, où l'on pénétrait du réfectoire par un long corridor. Elle jouait fort peu durant les récréations, comprenait bien le catéchisme, et c'est elle qui répondait toujours à M. le vicaire dans les questions difficiles. Vivant donc sans jamais sortir de la tiède atmosphère des classes et parmi ces femmes au teint blanc portant des chapelets à croix de cuivre, elle s'assoupit doucement à la langueur mystique qui s'exhale des parfums de l'autel, de la fraîcheur des bénitiers et du rayonnement des cierges. Au lieu de suivre la messe, elle regardait dans son livre les vignettes pieuses bordées d'azur, et elle aimait la brebis malade, le Sacré-Coeur percé de flèches aiguës, où le pauvre Jésus, qui tombe en marchant sur sa croix. Elle essaya, par mortification, de rester tout un jour sans manger. Elle cherchait dans sa tête quelque voeu à accomplir.
Quando andava a confessarsi, si accusava di piccoli peccati non commessi per poter rimanere più a lungo inginocchiata nell'ombra, con le mani giunte e il viso contro la grata, ascoltando i bisbigli del prete. Le parole fidanzato, sposo, amante celeste e matrimonio eterno, che ricorrono così spesso come paragoni nelle prediche, suscitavano nel fondo del suo cuore dolcezze inattese. Quand elle allait à confesse, elle inventait de petits péchés afin de rester là plus longtemps, à genoux dans l'ombre, les mains jointes, le visage à la grille sous le chuchotement du prêtre. Les comparaisons de fiancé , d'époux, d'amant céleste et de mariage éternel qui reviennent dans les sermons lui soulevaient au fond de l'âme des douceurs inattendues.
La sera, prima delle preghiere, aveva luogo nella sala di studio una lettura religiosa. Durante la settimana si leggevano sommari di storia sacra o le Conferenze dell'abate Frayssinous; e la domenica, per ricrearsi, qualche passo del Genio del Cristianesimo. Con quanta intensità ascoltò, le prime volte, la lamentazione sonora di quelle malinconie romantiche, reiteranti tutti gli echi della terra e dell'eternità! Se la sua infanzia fosse trascorsa nella retrobottega di un quartiere commerciale cittadino, avrebbe potuto entusiasmarsi per i travolgimenti lirici della natura che giungono a chi vive in città soltanto attraverso l'interpretazione degli scrittori. Ma ella conosceva anche troppo la campagna, i belati degli armenti, i prodotti del latte, gli aratri. Abituata alla tranquillità, desiderava per contrasto tutto ciò che era movimentato. Amava il mare soltanto per le sue tempeste, e la vegetazione solamente se cresceva a stento e rada in mezzo alle rovine. Era necessario per lei trarre dalle cose una specie di utile personale e respingeva come superfluo tutto ciò che non appagasse la brama immediata del cuore. Era più una sentimentale che un'artista, cercava emozioni più che paesaggi. Le soir, avant la prière, on faisait dans l'étude une lecture religieuse. C'était, pendant la semaine, quelque résumé d'Histoire Sainte ou les Conférences , de l'abbé Frayssinous, et, le dimanche, des passages du Génie du Christianisme par récréation. Comme elle écouta, les premières fois, la lamentation sonore des mélancolies romantiques se répétant à tous les échos de la terre et de l'éternité ! Si son enfance se fût écoulée dans l'arrière-boutique d'un quartier marchand, elle se serait peut-être ouverte alors aux envahissements lyriques de la nature, qui, d'ordinaire, ne nous arrivent que par la traduction des écrivains. Mais elle connaissait trop la campagne ; elle savait le bêlement des troupeaux, les laitages, les charrues. Habituée aux aspects calmes, elle se tournait, au contraire, vers les accidentés. Elle n'aimait la mer qu'à cause de ses tempêtes, et la verdure seulement lorsqu'elle était clairsemée parmi les ruines. Il fallait qu'elle pût retirer des choses une sorte de profit personnel ; et elle rejetait comme inutile tout ce qui ne contribuait pas à la consommation immédiate de son coeur, -- étant de tempérament plus sentimentale qu'artiste, cherchant des émotions et non des paysages.
Ogni mese veniva al convento, per otto giorni, una vecchia zitella ad accomodare la biancheria. Protetta dall'arcivescovo perché appartenente a un'antica famiglia nobile rovinata dalla rivoluzione, mangiava nel refettorio alla tavola delle suore e rimaneva con loro dopo il pasto a fare quattro chiacchiere prima di riprendere il lavoro. Spesso le educande scappavano dalla sala di studio per andare da lei. Conosceva a memoria certe canzoni galanti del secolo passato e le cantava a mezza voce mentre cuciva. Raccontava storie e novità, faceva commissioni in città a chi ne aveva bisogno, e prestava di nascosto alle ragazze più grandi certi romanzi che teneva sempre in tasca del grembiule, e dei quali divorava anche lei lunghi capitoli negli intervalli del suo lavoro. Non parlavano che di amore, di amanti e di innamorate, dame perseguitate che scomparivano in padiglioni fuori mano, postiglioni uccisi a ogni tappa, cavalli sfiancati in tutte le pagine, foreste tenebrose, cuori in tormento, giuramenti, singhiozzi, lacrime e baci, barche al chiaro di luna, usignoli nei boschetti, cavalieri coraggiosi come leoni, mansueti come agnelli, e virtuosi come nessuno, sempre ben vestiti e malinconici come sepolcri. Per sei mesi di fila, a quindici anni, Emma si imbrattò le mani con questa polvere di vecchie sale di lettura. Leggendo Walter Scott si appassionò più tardi ai soggetti storici, sognò forzieri, corpi di guardia, e menestrelli. Le sarebbe piaciuto vivere in qualche vecchio maniero, come quelle castellane dai lunghi corsetti, che passavano i giorni affacciate a una finestra a trifora, con i gomiti sulla pietra e il mento fra le mani, per veder giungere dal limite della campagna un cavaliere biancopiumato galoppante su un cavallo nero. In quel periodo si diede al culto di Maria Stuarda e, con una venerazione entusiasta, di tutte le donne illustri o sfortunate. Giovanna d'Arco, Héloïse, Agnès Sorel, la bella Ferronière e Clémence Isaure rifulgevano come comete contro la tenebrosa immensità della storia, ove spiccavano ancora qua e là, ma con assai minor rilievo, e senza alcun rapporto fra loro, San Luigi con la quercia, Baiardo morente, qualche crudeltà di Luigi XI, qualche notizia sulla notte di San Bartolomeo, il pennacchio del Bearnese, e, sempre vivo, il ricordo dei piatti dipinti che esaltavano Luigi XIV. Il y avait au couvent une vieille fille qui venait tous les mois, pendant huit jours, travailler à la lingerie. Protégée par l'archevêché comme appartenant à une ancienne famille de gentilshommes ruinés sous la Révolution, elle mangeait au réfectoire à la table des bonnes soeurs, et faisait avec elles, après le repas, un petit bout de causette avant de remonter à son ouvrage. Souvent les pensionnaires s'échappaient de l'étude pour l'aller voir. Elle savait par coeur des chansons galantes du siècle passé, qu'elle chantait à demi-voix, tout en poussant son aiguille. Elle contait des histoires, vous apprenait des nouvelles, faisait en ville vos commissions, et prêtait aux grandes, en cachette, quelque roman, qu'elle avait toujours dans les poches de son tablier, et dont la bonne demoiselle elle-même avalait de longs chapitres, dans les intervalles de sa besogne. Ce n'étaient qu'amours, amants, amantes, dames persécutées s'évanouissant dans des pavillons solitaires, postillons qu'on tue à tous les relais, chevaux qu'on crève à toutes les pages, forêts sombres, troubles du coeur, serments, sanglots, larmes et baisers nacelles au clair de lune rossignols dans les bosquets, messieurs braves comme des lions, doux comme des agneaux, vertueux comme on ne l'est pas, toujours bien mis, et qui pleurent comme des urnes. Pendant six mois, à quinze ans, Emma se graissa donc les mains à cette poussière des vieux cabinets de lecture. Avec Walter Scott, plus tard, elle s'éprit de choses historiques, rêva bahuts, salle des gardes et ménestrels. Elle aurait voulu vivre dans quelque vieux manoir, comme ces châtelaines au long corsage, qui, sous le trèfle des ogives, passaient leurs jours, le coude sur la pierre et le menton dans la main, à regarder venir du fond de la campagne un cavalier à plume blanche qui galope sur un cheval noir. Elle eut dans ce temps-là le culte de Marie Stuart, et des vénérations enthousiastes à l'endroit des femmes illustres ou infortunées. Jeanne d'Arc, Héloïse, Agnès Sorel, la belle Ferronnière et Clémence Isaure, pour elle, se détachaient comme des comètes sur l'immensité ténébreuse de l'histoire, où saillissaient encore çà et là, mais plus perdus dans l'ombre et sans aucun rapport entre eux, Saint Louis avec son chêne, Bayard mourant, quelques férocités de Louis XI, un peu de Saint-Barthélemy, le panache du Béarnais, et toujours le souvenir des assiettes peintes où Louis XIV était vanté.
Le canzoni che Emma cantava alle lezioni di musica parlavano soltanto di angioletti con le ali d'oro, di madonne, di lagune, di gondolieri; tranquille composizioni che le lasciavano intravedere, attraverso l'ingenuità dello stile e l'audacia della musica, la seducente fantasmagoria delle realtà sentimentali. Alcune delle compagne portavano in convento gli album dei ricordi ricevuti in dono. Bisognava tenerli nascosti e non era cosa da poco; li sfogliavano in dormitorio. Emma maneggiava con delicatezza le belle rilegature di raso e fissava con uno sguardo affascinato i nomi degli autori sconosciuti - spesso conti o visconti - che avevano firmato le loro composizioni. A la classe de musique, dans les romances qu'elle chantait, il n'était question que de petits anges aux ailes d'or, de madones, de lagunes, de gondoliers, pacifiques compositions qui lui laissaient entrevoir, à travers la niaiserie du style et les imprudences de la note, l'attirante fantasmagorie des réalités sentimentales. Quelques-unes de ses camarades apportaient au couvent les keepsakes qu'elles avaient reçus en étrennes. Il les fallait cacher, c'était une affaire ; on les lisait au dortoir. Maniant délicatement leurs belles reliures de satin, Emma fixait ses regards éblouis sur le nom des auteurs inconnus qui avaient signé, le plus souvent, comtes ou vicomtes, au bas de leurs pièces.
Sollevava fremendo, con un soffio, la carta velina delle illustrazioni che si alzava un po' piegata e ricadeva piano sulla contropagina. Si vedeva, dietro la balaustra di un balcone, un giovane con una corta mantellina, il quale stringeva fra le braccia una fanciulla in abito bianco, con una borsa appesa alla cintura; oppure il ritratto di un'anonima signora inglese, dai boccoli, che la fissava con i grandi occhi chiari di sotto la tesa di un cappello di paglia rotondo. Vi si vedevano signore adagiate su un carrozzone che correvano senza scosse nel parco, ove un levriero saltava davanti ai cavalli condotti al trotto da due piccoli postiglioni in pantaloni a coscia bianchi. Altre dame sognavano su divani, avendo accanto a sé missive dissuggellate e contemplando la luna attraverso la finestra semiaperta e per metà drappeggiata da una cortina nera. Le più ingenue baciavano, mentre una lagrima rigava loro la gota, una tortorella attraverso le sbarre di una gabbia gotica, oppure, sorridendo con il capo reclinato su una spalla, sfogliavano una margherita con le dita sottili e incurvate all'indietro come babbucce orientali. E c'eravate anche voi, sultani dalle lunghe pipe, in estasi sotto le volte a tutto sesto fra le braccia delle baiadere, e poi giaurri, scimitarre, fez, ma soprattutto voi, paesaggi sbiaditi di contrade esaltate all'eccesso, che spesso mostrate palmizi vicino a pinete, tigri a destra e un leone a sinistra, minareti tartari all'orizzonte e, in primo piano, rovine romane e cammelli accovacciati, il tutto inquadrato da una foresta vergine molto linda, con un raggio di sole tremolante nell'acqua sulla quale spiccano, come scalfitture bianche, qua e là, su un fondo grigio-acciaio, alcuni cigni che nuotano. Elle frémissait, en soulevant de son haleine le papier de soie des gravures, qui se levait à demi plié et retombait doucement contre la page. C'était derrière la balustrade d'un balcon, un jeune homme en court manteau qui serrait dans ses bras une jeune fille en robe blanche, portant une aumônière à sa ceinture ; ou bien les portraits anonymes des ladies anglaises à boucles blondes, qui, sous leur chapeau de paille vous regardent avec leurs grands yeux clairs. On en voyait d'étalées dans des voitures, glissant au milieu des parcs, où un lévrier sautait devant l'attelage que conduisaient au trot deux petits postillons en culotte blanche. D'autres, rêvant sur des sofas près d'un billet décacheté, contemplaient la lune, par la fenêtre entrouverte, à demi drapée d'un rideau noir. Les naïves, une larme sur la joue, becquetaient une tourterelle à travers les barreaux d'une cage gothique, ou, souriant la tête sur l'épaule, effeuillaient une marguerite de leurs doigts pointus, retroussés comme des souliers à la poulaine. Et vous y étiez aussi, sultans à longues pipes, pâmés sous des tonnelles, aux bras des bayadères, djiaours, sabres turcs, bonnets grecs, et vous surtout, paysages blafards des contrées dithyrambiques, qui souvent nous montrez à la fois des palmiers, des sapins, des tigres à droite, un lion à gauche, des minarets tartares à l'horizon, au premier plan des ruines romaines, puis des chameaux accroupis ; -- le tout encadré d'une forêt vierge bien nettoyée, et avec un grand rayon de soleil perpendiculaire tremblotant dans l'eau, où se détachent en écorchures blanches, sur un fond d'acier gris, de loin en loin, des cygnes qui nagent.
E la lucerna applicata alla parete sopra il capo di Emma rischiarava queste visioni del mondo che si susseguivano sotto i suoi occhi, una dopo l'altra, nel silenzio del dormitorio rotto soltanto dal rumore lontano di una carrozza ritardataria che rotolava ancora per le vie. Et l'abat-jour du quinquet, accroché dans la muraille au-dessus de la tête d'Emma, éclairait tous ces tableaux du monde, qui passaient devant elle les uns après les autres, dans le silence du dortoir et au bruit lointain de quelque fiacre attardé qui roulait encore sur les boulevards.
Quando sua madre morì, i primi giorni ella pianse a lungo. Si fece dare un quadretto con i capelli della morta e, in una lettera indirizzata ai Bertaux, tutta piena di tristi riflessioni sulla vita, chiese di essere seppellita nella stessa tomba, quando fosse venuto il momento. Suo padre, credendola malata, venne a trovarla. Emma si sentì intimamente soddisfatta di aver raggiunto così presto questo prezioso ideale di malinconica esistenza al quale non pervengono mai le anime mediocri. Si lasciò scivolare in meandri lamartiniani, ascoltò il suono delle arpe sui laghi, tutti i canti di cigno, le foglie cadere, le vergini pure che salgono in cielo, e la voce dell'Eterno in fondo alle valli. A un certo punto tutto ciò le venne a noia, ma non volle riconoscerlo e continuò, prima per abitudine, poi per vanità, finché non senza stupore si rese conto di sentirsi placata, senza più tristezza nel cuore che ruga sulla fronte. Quand sa mère mourut, elle pleura beaucoup les premiers jours. Elle se fit faire un tableau funèbre avec les cheveux de la défunte, et, dans une lettre qu'elle envoyait aux Bertaux, toute pleine de réflexions tristes sur la vie, elle demandait qu'on l'ensevelît plus tard dans le même tombeau. Le bonhomme la crut malade et vint la voir. Emma fut intérieurement satisfaite de se sentir arrivée du premier coup à ce rare idéal des existences pâles, où ne parviennent jamais les coeurs médiocres. Elle se laissa donc glisser dans les méandres lamartiniens, écouta les harpes sur les lacs, tous les chants de cygnes mourants, toutes les chutes de feuilles, les vierges pures qui montent au ciel, et la voix de l'Eternel discourant dans les vallons. Elle s'en ennuya, n'en voulut point convenir, continua par habitude, ensuite par vanité, et fut enfin surprise de se sentir apaisée, et sans plus de tristesse au coeur que de rides sur son front.
Le buone religiose, dopo aver fatto un gran conto sulla sua vocazione, si accorsero con grande sbalordimento che la signorina Rouault sembrava voler sfuggire alle loro premure. L'avevano tanto assillata con gli uffici, le novene, i ritiri, le prediche, avevano così ben cercato di inculcarle il rispetto per i santi e i martiri e le avevano dato tanti di quei buoni consigli per la modestia del corpo e la salute dell'anima, da indurla a comportarsi come un cavallo tirato per le briglie: ella si fermò di botto e il morso le sfuggì di fra i denti. Il suo spirito che, positivo pur fra le infatuazioni, aveva amato la chiesa per i suoi fiori, la musica per le parole delle canzoni, e la letteratura per le passioni che suscitava, insorgeva davanti ai misteri della fede, e ancora più si irritava contro la disciplina che riusciva insopportabile al temperamento di lei. Quando suo padre la tolse dal collegio, alle suore non dispiacque affatto di vederla andar via. La superiora trovava addirittura che ella era diventata meno rispettosa, negli ultimi tempi, verso la comunità. Les bonnes religieuses, qui avaient si bien présumé de sa vocation, s'aperçurent avec de grands étonnements que mademoiselle Rouault semblait échapper à leur soin. Elles lui avaient, en effet, tant prodigué les offices, les retraites, les neuvaines et les sermons, si bien prêché le respect que l'on doit aux saints et aux martyrs, et donné tant de bons conseils pour la modestie du corps et le salut de son âme, qu'elle fit comme les chevaux que l'on tire par la bride elle s'arrêta court et le mors lui sortit des dents. Cet esprit, positif au milieu de ses enthousiasmes, qui avait aimé l'église pour ses fleurs, la musique pour les paroles des romances, et la littérature pour ses excitations passionnelles, s'insurgeait devant les mystères de la foi, de même qu'elle s'irritait davantage contre la discipline, qui était quelque chose d'antipathique à sa constitution. Quand son père la retira de pension, on ne fut point fâché de la voir partir. La supérieure trouvait même qu'elle était devenue, dans les derniers temps, peu révérencieuse envers la communauté.
Tornata a casa, Emma si divertì dapprima a comandare la servitù, ma ben presto la campagna le venne a noia e rimpianse il convento. Quando Charles venne per la prima volta ai Bertaux, si sentiva delusa, senza più nulla da imparare e incapace di nuove emozioni. Emma, rentrée chez elle, se plut d'abord au commandement des domestiques, prit ensuite la campagne en dégoût et regretta son couvent. Quand Charles vint aux Bertaux pour la première fois, elle se considérait comme fort désillusionnée, n'ayant plus rien à apprendre, ne devant plus rien sentir.
Ma il desiderio di qualcosa di diverso, o forse il fatto di sentirsi stuzzicata dalla presenza di quest'uomo, fu sufficiente a indurla a ritenere di trovarsi di fronte a quella meravigliosa passione che, fino ad allora, si era comportata come un grande uccello dalle piume rosa planate nello splendore dei cieli poetici; e adesso non riusciva a credere che la tranquillità nella quale viveva fosse davvero la felicità sognata. Mais l'anxiété d'un état nouveau, ou peut-être l'irritation causée par la présence de cet homme, avait suffi à lui faire croire qu'elle possédait enfin cette passion merveilleuse qui jusqu'alors s'était tenue comme un grand oiseau au plumage rose planant dans la splendeur des ciels poétiques ; -- et elle ne pouvait s'imaginer à présent que ce calme où elle vivait fût le bonheur qu'elle avait rêvé

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A volte si diceva che questi sarebbero dovuti essere i giorni più felici della sua vita, la cosiddetta luna di miele. Per poterne gustare davvero la dolcezza, senza dubbio, bisognava partire per quei paesi dai nomi altisonanti, dove i primi giorni di matrimonio hanno più soavi pigrizie. In diligenza, all'ombra di tendine di seta azzurra, si sale per ripide strade ascoltando la canzone del postiglione che echeggia fra le montagne insieme con le campanelle delle capre e il rombo sordo delle cascate. Al tramonto, sulla riva dei golfi marini, ci si può inebriare con la fragranza dei limoni; la sera, sulla terrazza di una villa, soli, le mani dell'uno intrecciate con le mani dell'altra, si possono fare progetti guardando le stelle. Secondo lei, taluni luoghi sulla terra possedevano la peculiarità di produrre la felicità, quasi essa fosse stata una pianta alla quale è necessario un particolare terreno, una pianta che cresce male in qualunque altro luogo. Come avrebbe voluto potersi affacciare al balcone di uno chalet svizzero, o chiudere la sua malinconia in un cottage scozzese, insieme con un marito che indossasse un abito a giacca lunga di velluto nero, calzasse morbidi stivali e portasse un cappello a punta e i polsini. Elle songeait quelquefois que c'étaient là pourtant les plus beaux jours de sa vie, la lune de miel, comme on disait. Pour en goûter la douceur, il eût fallu, sans doute, s'en aller vers ces pays à noms sonores où les lendemains de mariage ont de plus suaves paresses ! Dans des chaises de poste, sous des stores de soie bleue, on monte au pas des routes escarpées, écoutant la chanson du postillon, qui se répète dans la montagne avec les clochettes des chèvres et le bruit sourd de la cascade. Quand le soleil se couche, on respire au bord des golfes le parfum des citronniers ; puis, le soir, sur la terrasse des villas, seuls et les doigts confondus, on regarde les étoiles en faisant des projets. Il lui semblait que certains lieux sur la terre devaient produire du bonheur, comme une plante particulière au sol et qui pousse mal tout autre part. Que ne pouvait-elle s'accouder sur le balcon des chalets suisses ou enfermer sa tristesse dans un cottage écossais, avec un mari vêtu d'un habit de velours noir à longues basques, et qui porte des bottes molles, un chapeau pointu et des manchettes !
Forse avrebbe desiderato confidar a qualcuno queste sue idee. Ma in qual modo avrebbe potuto descrivere quel malessere vago che mutava aspetto come le nuvole o che turbinava come il vento? Le mancavano le parole, l'occasione, il coraggio. Peut-être aurait-elle souhaité faire à quelqu'un la confidence de toutes ces choses. Mais comment dire un insaisissable malaise, qui change d'aspect comme les nuées, qui tourbillonne comme le vent ? Les mots lui manquaient donc, l'occasion, la hardiesse.
Eppure, se Charles avesse voluto, se lo avesse sospettato, se una sola volta lo sguardo di lui avesse indovinato i suoi pensieri, un'improvvisa piena di sentimenti sarebbe scaturita da lei, così come i frutti maturi si staccano da una spalliera soltanto sfiorandoli con la mano. Ma a mano a mano che cresceva l'intimità della loro vita, veniva a determinarsi un distacco spirituale che la allontanava sempre più da lui. Si Charles l'avait voulu cependant, s'il s'en fût douté, si son regard, une seule fois, fût venu à la rencontre de sa pensée, il lui semblait qu'une abondance subite se serait détachée de son coeur, comme tombe la récolte d'un espalier quand on y porte la main. Mais, à mesure que se serrait davantage l'intimité de leur vie, un détachement intérieur se faisait qui la déliait de lui.
La conversazione di Charles era piatta come un marciapiede e le idee più comuni vi sfilavano nel loro abito di tutti i giorni, senza suscitare emozione o risate o fantasticherie. Quando abitava a Rouen, diceva, non aveva mai provato la curiosità di andare a vedere gli attori di Parigi. Non sapeva nuotare né tirare di scherma o con la pistola, e una volta non seppe spiegarle un termine di equitazione che lei aveva letto in un romanzo. La conversation de Charles était plate comme un trottoir de rue, et les idées de tout le monde y défilaient dans leur costume ordinaire, sans exciter d'émotion, de rire ou de rêverie. Il n'avait jamais été curieux, disait-il, pendant qu'il habitait Rouen, d'aller voir au théâtre les acteurs de Paris. Il ne savait ni nager, ni faire des armes, ni tirer le pistolet, et il ne put, un jour, lui expliquer un terme d'équitation qu'elle avait rencontré dans un roman.
Un uomo, non avrebbe dovuto, invece, conoscere tutto, eccellere in molteplici attività, saper iniziare una donna al fuoco della passione, alle raffinatezze della vita, a tutti i misteri? Ma costui non insegnava niente, non sapeva niente, non desiderava niente... La credeva felice e lei gliene voleva per quella tranquillità tanto saldamente stabilitasi, per quella pesante serenità, per il piacere stesso che gli dava. Un homme, au contraire, ne devait-il pas tout connaître, exceller en des activités multiples, vous initier aux énergies de la passion, aux raffinements de la vie, à tous les mystères ? Mais il n'enseignait rien, celui-là, ne savait rien, ne souhaitait rien. Il la croyait heureuse ; et elle lui en voulait de ce calme si bien assis, de cette pesanteur sereine, du bonheur même qu'elle lui donnait.
Qualche volta si metteva a disegnare e per Charles era una grande gioia restare lì in piedi a guardarla, china sul foglio, mentre socchiudeva gli occhi per vedere meglio la propria opera, o mentre arrotondava sul pollice palline di mollica di pane. In quanto al pianoforte, più le dita di lei correvano veloci, più Charles si meravigliava. Emma suonava con disinvoltura e percorreva tutta la tastiera da cima a fondo senza interrompersi. Il vecchio strumento, le cui corde minacciavano di spezzarsi, così scosso da lei, si sentiva, se le finestre erano aperte, fino in fondo al villaggio e spesso il galoppino del messo comunale che passava sulla via maestra senza cappello e in pantofole si fermava con le scartoffie in mano ad ascoltare. Elle dessinait quelquefois ; et c'était pour Charles un grand amusement que de rester là, tout debout, à la regarder penchée sur son carton, clignant des yeux afin de mieux voir son ouvrage, ou arrondissant, sur son pouce, des boulettes de mie de pain. Quant au piano, plus les doigts y couraient vite, plus il s'émerveillait. Elle frappait sur les touches avec aplomb, et parcourait du haut en bas tout le clavier sans s'interrompre. Ainsi secoué par elle, le vieil instrument, dont les cordes frisaient, s'entendait jusqu'au bout du village si la fenêtre était ouverte, et souvent le clerc de l'huissier qui passait sur la grande route, nu-tête et en chaussons, s'arrêtait à l'écouter, sa feuille de papier à la main.
Emma, d'altronde, sapeva dirigere bene la casa. Mandava ai malati il conto delle visite con lettere ben compilate che non avevano l'aspetto di fatture. Quando, la domenica, avevano qualche vicino a pranzo, riusciva sempre a offrire piatti presentati con garbo, le piaceva disporre piramidi di prugne regina Claudia su foglie di vite, serviva la marmellata già rovesciata dai vasetti nel piatto, e parlava addirittura di comperare degli sciacquabocca per il dessert. Tutto questo contribuiva a procurare a Bovary una maggiore considerazione. Emma, d'autre part, savait conduire sa maison. Elle envoyait aux malades le compte des visites dans des lettres bien tournées qui ne sentaient pas la facture. Quand ils avaient, le dimanche, quelque voisin à dîner, elle trouvait moyen d'offrir un plat coquet, s'entendait à poser sur des feuilles de vigne les pyramides de reines-claudes, servait renversés les pots de confitures dans une assiette, et même elle parlait d'acheter des rince-bouche pour le dessert. Il rejaillissait de tout cela beaucoup de considération sur Bovary.
Charles si sentiva ora più importante perché possedeva una donna simile. Mostrava con orgoglio due schizzi a matita disegnati da sua moglie; li aveva fatti montare con una larga cornice e appesi in salotto a lunghi cordoni verdi contro la tappezzeria. All'uscita dalla messa lo si poteva vedere sulla porta di casa con belle pantofole ricamate. Charles finissait par s'estimer davantage de ce qu'il possédait une pareille femme. Il montrait avec orgueil, dans la salle, deux petits croquis d'elle, à la mine de plomb, qu'il avait fait encadrer de cadres très larges et suspendus contre le papier de la muraille à de longs cordons verts. Au sortir de la messe, on le voyait sur sa porte avec de belles pantoufles en tapisserie.
Rientrava tardi, la sera; alle dieci, talvolta a mezzanotte. Non aveva ancora cenato, e siccome la governante era già andato a letto a quell'ora, lo serviva Emma. Charles, per mangiare più comodo, si toglieva la giacca. Elencava, una dopo l'altra, tutte le persone che aveva incontrato, i paesi dove si era recato, le ricette che aveva prescritto, soddisfatto di sé; mangiava la carne con le cipolle avanzata, toglieva la crosta al formaggio, sgranocchiava una mela, vuotava la bottiglia, poi se ne andava a letto e, supino, cominciava a russare. Il rentrait tard, à dix heures, minuit quelquefois. Alors il demandait à manger, et, comme la bonne était couchée, c'était Emma qui le servait. Il retirait sa redingote pour dîner plus à son aise. Il disait les uns après les autres tous les gens qu'il avait rencontrés, les villages où il avait été, les ordonnances qu'il avait écrites, et satisfait de lui-même, il mangeait le reste du miroton, épluchait son fromage, croquait une pomme, vidait sa carafe, puis s'allait mettre au lit, se couchait sur le dos et ronflait.
Aveva sempre portato una berretta da notte di cotone e adesso il fazzoletto di seta gli scivolava via dagli orecchi; si svegliava al mattino con i capelli che gli spiovevano sulla faccia, imbiancati dai piumini sfuggiti dal guanciale slacciatosi durante la notte. Portava sempre robusti stivali, con due grosse pieghe al collo del piede che scendevano oblique lungo le caviglie mentre il resto della tomaia era diritto e teso come se fosse sostenuto da una forma di legno. Asseriva che andavano benissimo per la campagna. Comme il avait eu longtemps l'habitude du bonnet de coton, son foulard ne lui tenait pas aux oreilles ; aussi ses cheveux, le matin, étaient rabattus pêle-mêle sur sa figure et blanchis par le duvet de son oreiller, dont les cordons se dénouaient pendant la nuit. Il portait toujours de fortes bottes, qui avaient au cou-de-pied deux plis épais obliquant vers les chevilles, tandis que le reste de l'empeigne se continuait en ligne droite, tendu comme par un pied de bois. Il disait que c'était bien assez bon pour la campagne .
La madre approvava le sue economie. Veniva infatti a trovarlo, come sempre, allorché in casa sua era scoppiata qualche burrasca più violenta del solito. Nutriva una certa prevenzione contro la nuora. La trovava troppo raffinata per la loro posizione finanziaria; la legna, lo zucchero e le candele si consumavano come in un palazzo e la quantità di carbonella che si bruciava in cucina sarebbe bastata per cucinare venticinque piatti. Le insegnava a riporre la biancheria negli armadi e a sorvegliare il macellaio quando portava la carne. Emma accettava queste lezioni e la suocera le prodigava senza risparmio. Gli appellativi 'figlia mia' e 'mamma' si incrociavano per tutto il giorno, accompagnati da piccoli fremiti delle labbra che pronunciavano parole dolci con voce tremante di collera. Sa mère l'approuvait en cette économie ; car elle le venait voir comme autrefois, lorsqu'il y avait eu chez elle quelque bourrasque un peu violente ; et cependant madame Bovary mère semblait prévenue contre sa bru. Elle lui trouvait un genre trop relevé pour leur position de fortune ; le bois, le sucre et la chandelle filaient comme dans une grande maison , et la quantité de braise qui se brûlait à la cuisine aurait suffi pour vingt-cinq plats ! Elle rangeait son linge dans les armoires et lui apprenait à surveiller le boucher quand il apportait la viande. Emma recevait ces leçons ; madame Bovary les prodiguait ; et les mots de ma fille et de ma mère s'échangeaient tout le long du jour, accompagnés d'un petit frémissement des lèvres, chacune lançant des paroles douces d'une voix tremblante de colère.
Ai tempi della signora Dubuc, la vecchia Bovary si sentiva la preferita nel cuore del figlio; ma ora l'amore di Charles per Emma le sembrava un tradimento alla sua tenerezza, un'invasione di ciò che le apparteneva. Considerava la felicità di suo figlio con un silenzio triste, come chi, caduto in rovina, si trovi a guardare, attraverso i vetri, estranei a tavola nella sua antica dimora. Rammentava a Charles, quando era in vena di rievocazioni, le proprie pene e i sacrifici sopportati, paragonandoli alla negligenza di Emma, perveniva alla conclusione che non era davvero il caso di adorarla in modo così esclusivo. Du temps de madame Dubuc, la vieille femme se sentait encore la préférée ; mais, à présent, l'amour de Charles pour Emma lui semblait une désertion de sa tendresse, un envahissement sur ce qui lui appartenait ; et elle observait le bonheur de son fils avec un silence triste, comme quelqu'un de ruiné qui regarde, à travers les carreaux, des gens attablés dans son ancienne maison. Elle lui rappelait, en manière de souvenirs, ses peines et ses sacrifices, et, les comparant aux négligences d'Emma, concluait qu'il n'était point raisonnable de l'adorer d'une façon si exclusive.
Charles non sapeva che cosa rispondere; rispettava la madre e amava profondamente la moglie. Considerava infallibile il giudizio dell'una e irreprensibile il comportamento dell'altra. Charles ne savait que répondre ; il respectait sa mère, et il aimait infiniment sa femme ; il considérait le jugement de l'une comme infaillible, et cependant il trouvait l'autre irréprochable.
Quando la madre non era più con loro, azzardava timidamente, e negli stessi termini, qualcuna delle più innocenti osservazioni che le aveva sentito fare. A Emma bastava una parola per dimostrargli che si sbagliava e per rispedirlo ai suoi malati. Quand madame Bovary était partie, il essayait de hasarder timidement, et dans les mêmes termes, une ou deux des plus anodines observations qu'il avait entendu faire à sa maman ; Emma, lui prouvant d'un mot qu'il se trompait, le renvoyait à ses malades.
Intanto, seguendo le teorie nelle quali credeva, ella cercò di crearsi l'amore. In giardino, al chiaro di luna, recitava tutte le rime amorose che sapeva a memoria e sospirava romanze malinconiche, ma non sentiva agitarsi dentro di sé nessuna passione, e Charles non sembrava né scosso né più innamorato. Cependant, d'après des théories qu'elle croyait bonnes, elle voulut se donner de l'amour. Au clair de lune, dans le jardin, elle récitait tout ce qu'elle savait par coeur de rimes passionnées et lui chantait en soupirant des adagios mélancoliques ; mais elle se trouvait ensuite aussi calme qu'auparavant, et Charles n'en paraissait ni plus amoureux ni plus remué.
Dopo aver tentato invano di far sprizzare la divina scintilla stuzzicando l'acciarino del suo cuore, e, del resto, del tutto incapace di comprendere quanto non provava come di credere a quanto non si manifestasse nelle forme tradizionali, non faticò a convincersi che la passione di Charles non era affatto qualcosa di grande. Quand elle eut ainsi un peu battu le briquet sur son coeur sans en faire jaillir une étincelle, incapable, du reste, de comprendre ce qu'elle n'éprouvait pas, comme de croire à tout ce qui ne se manifestait point par des formes convenues, elle se persuada sans peine que la passion de Charles n'avait plus rien d'exorbitant.
Le sue espansioni avevano preso un ritmo regolare; la baciava a orari fissi. Era un'abitudine come le altre. Era come un dessert già previsto dopo un monotono pranzo. Ses expansions étaient devenues régulières ; il l'embrassait à de certaines heures. C'était une habitude parmi les autres, et comme un dessert prévu d'avance, après la monotonie du dîner.
Un guardacaccia guarito da una pleurite le aveva regalato una cuccioletta di levriero italiana; Emma la portava con sé, nelle sue passeggiate, poiché talvolta usciva, per avere qualche momento di solitudine e per togliersi di davanti agli occhi l'eterno giardino o la strada polverosa. Un garde-chasse, guéri par Monsieur, d'une fluxion de poitrine, avait donné à Madame une petite levrette d'Italie ; elle la prenait pour se promener, car elle sortait quelquefois, afin d'être seule un instant et de n'avoir plus sous les yeux l'éternel jardin avec la route poudreuse.
Arrivava di solito fino al boschetto di faggi, e raggiungeva la casetta abbandonata che si trovava nell'angolo del muro di cinta, dalla parte della campagna. Nel fossato di confine, fra l'erba, crescevano lunghe canne dalle foglie taglienti. Elle allait jusqu'à la hêtraie de Banneville, prés du pavillon abandonné qui fait l'angle du mur, du côté des champs. Il y a dans le saut-de-loup, parmi les herbes, de longs roseaux à feuilles coupantes.
Cominciava con il guardarsi intorno per vedere se qualcosa fosse cambiato dall'ultima volta che era venuta. Ritrovava allo stesso posto le digitali, i radicchi, i ciuffi di ortiche intorno ai grossi ciottoli, e le macchie dei licheni sulle persiane delle tre finestre, sempre chiuse, che marcivano infradicite sopra le sbarre di ferro coperte di ruggine. I pensieri di Emma, dapprima imprecisi, vagabondavano a caso, come la cagnolina, che percorreva cerchi nei campi abbaiando alle farfalle gialline e dava la caccia ai topiragno addentando i papaveri al limitare di un campo di grano. A poco a poco le idee si delineavano, e, seduta sull'erba, frugandola piano con il puntale dell'ombrellino, Emma si domandava ripetutamente: Elle commençait par regarder tout alentour, pour voir si rien n'avait changé depuis la dernière fois qu'elle était venue. Elle retrouvait aux mêmes places les digitales et les ravenelles, les bouquets d'orties entourant les gros cailloux, et les plaques de lichen le long des trois fenêtres, dont les volets toujours clos s'égrenaient de pourriture, sur leurs barres de fer rouillées. Sa pensée, sans but d'abord, vagabondait au hasard, comme sa levrette, qui faisait des cercles dans la campagne, jappait après les papillons jaunes, donnait la chasse aux musaraignes, ou mordillait les coquelicots sur le bord d'une pièce de blé. Puis ses idées peu à peu se fixaient, et, assise sur le gazon, qu'elle fouillait à petits coups avec le bout de son ombrelle, Emma se répétait :
"Perché, buon Dio, mi sono sposata?" -- Pourquoi, mon Dieu ! me suis-je mariée ?
Diceva a se stessa che se le cose fossero andate diversamente avrebbe forse avuto modo di incontrare un altro uomo; e cercava di immaginare come sarebbero potuti essere questi avvenimenti non verificatisi, come sarebbe stata questa esistenza diversa, questo marito che non aveva conosciuto. Non tutti gli uomini, infatti, erano uguali a quello che aveva sposato. Sarebbe potuto essere bello, intelligente, distinto, attraente, proprio come dovevano esserlo i mariti delle sue ex compagne di collegio. Che cosa facevano loro, in questo momento? Nelle città ove le strade sono piene di rumore, con il chiasso dei teatri, gli splendori dei balli, potevano condurre un'esistenza nella quale il cuore si rallegra e i sensi si aprono. E invece la sua vita era fredda come un granaio con la finestra esposta a nord e in essa la noia, simile a un ragno silenzioso, filava ragnatele nell'ombra in tutti gli angoli del suo cuore. Rammentava i giorni in cui venivano distribuiti i premi, quando saliva sul palco per ricevere le piccole corone. Era assai graziosa, con i capelli raccolti in una treccia, l'abito bianco e le scarpette scollate di stoffa bruna; e, quando ritornava al suo posto, gli uomini si chinavano verso di lei per farle complimenti. Il cortile era pieno di carrozze, dai finestrini le facevano cenni di saluto, il maestro di musica, passando con la custodia del violino sotto il braccio, si chinava salutandola. Come tutto ciò era lontano, come era lontano! Elle se demandait s'il n'y aurait pas eu moyen, par d'autres combinaisons du hasard, de rencontrer un autre homme ; et elle cherchait à imaginer quels eussent été ces événements non survenus, cette vie différente, ce mari qu'elle ne connaissait pas. Tous, en effet, ne ressemblaient pas à celui-là. Il aurait pu être beau, spirituel, distingué, attirant, tels qu'ils étaient sans doute, ceux qu'avaient épousés ses anciennes camarades du couvent. Que faisaient-elles maintenant ? A la ville, avec le bruit des rues, le bourdonnement des théâtres et les clartés du bal, elles avaient des existences où le coeur se dilate, où les sens s'épanouissent. Mais elle, sa vie était froide comme un grenier dont la lucarne est au nord, et l'ennui, araignée silencieuse, filait sa toile dans l'ombre à tous les coins de son coeur. Elle se rappelait les jours de distribution de prix, où elle montait sur l'estrade pour aller chercher ses petites couronnes. Avec ses cheveux en tresse, sa robe blanche et ses souliers de prunelles découverts, elle avait une façon gentille, et les messieurs, quand elle regagnait sa place, se penchaient pour lui faire des compliments ; la cour était pleine de calèches, on lui disait adieu par les portières, le maître de musique passait en saluant, avec sa boîte à violon. Comme c'était loin, tout cela ! comme c'était loin !
Chiamava Djali, le faceva posare il muso sulle ginocchia, e, carezzandole la lunga testa affusolata, le diceva: Elle appelait Djali, la prenait entre ses genoux, passait ses doigts sur sa longue tête fine et lui disait :
"Avanti, da' un bacetto alla padrona, tu che non hai dispiaceri". -- Allons, baisez maîtresse, vous qui n'avez pas de chagrins.
Poi, osservando l'aria malinconica dell'agile bestiola che sbadigliava pigramente, si inteneriva e, paragonandola a se stessa, le parlava a voce alta, come con una persona bisognosa di consolazione. Puis, considérant la mine mélancolique du svelte animal qui bâillait avec lenteur, elle s'attendrissait, et, le comparant à elle-même, lui parlait tout haut, comme à quelqu'un d'affligé que l'on console.
A volte si alzava un vento a raffiche, brezze marine che, superando d'un balzo tutta la piantura della regione di Caux, portavano molto addentro nelle campagne una frescura salmastra. Raso terra fischiavano fra i giunchi, rumoreggiavano con un rapido fruscio fra le foglie dei faggi, mentre le cime di questi alberi continuavano il loro maestoso mormorio dondolandosi senza posa. Emma si stringeva addosso lo scialle e si alzava. Il arrivait parfois des rafales de vent, brises de la mer qui, roulant d'un bond sur tout le plateau du pays de Caux, apportaient, jusqu'au loin dans les champs, une fraîcheur salée. Les joncs sifflaient à ras de terre, et les feuilles des hêtres bruissaient en un frisson rapide, tandis que les cimes, se balançant toujours, continuaient leur grand murmure. Emma serrait son châle contre ses épaules et se levait.
Nel viale, una luce verde, attenuata dal fogliame, illuminava il musco rasato che scricchiolava dolcemente sotto i suoi passi. Il sole era al tramonto, il cielo rosseggiava fra i rami, e i tronchi tutti eguali e ben allineati somigliavano a un colonnato scuro contro un fondale d'oro; Emma si sentiva presa da un vago sgomento, chiamava Djali, e tornava svelta a Tostes, seguendo la via maestra. A casa, sprofondava in una poltrona e per tutta la sera non apriva più bocca. Dans l'avenue, un jour vert rabattu par le feuillage éclairait la mousse rase qui craquait doucement sous ses pieds. Le soleil se couchait ; le ciel était rouge entre les branches, et les troncs pareils des arbres plantés en ligne droite semblaient une colonnade brune se détachant sur un fond d'or ; une peur la prenait, elle appelait Djali, s'en retournait vite à Tostes par la grande route, s'affaissait dans un fauteuil, et de toute la soirée ne parlait pas.
Ma, verso la fine di settembre, nella sua vita accadde qualcosa di straordinario: fu invitata alla Vaubyessard, dal marchese di Andervilliers. Mais, vers la fin de septembre, quelque chose d'extraordinaire tomba dans sa vie : elle fut invitée à la Vaubyessard, chez le marquis d'Andervilliers.
Segretario di Stato sotto la Restaurazione, il marchese cercava di tornare all'attività politica e si preparava da molto tempo a presentare la propria candidatura alla Camera dei deputati. Secrétaire d'Etat sous la Restauration, le Marquis, cherchant à rentrer dans la vie politique, préparait de longue main sa candidature à la Chambre des députés.
D'inverno faceva molte distribuzioni di legna e, al Consiglio Generale, reclamava con gran foga nuove strade per il suo distretto. Il faisait, l'hiver, de nombreuses distributions de fagots, et, au Conseil général, réclamait avec exaltation toujours des routes pour son arrondissement.
Nel periodo più caldo dell'estate, aveva sofferto di un ascesso in bocca, dal quale Charles l'aveva liberato, come per miracolo, con un preciso colpo di bisturi. L'amministratore del marchese, mandato a Tostes per pagare l'operazione, raccontò al suo ritorno, la sera, di avere visto ciliegie magnifiche nel giardino del medico. Ora, poiché i ciliegi della Vaubyessard crescevano stenti, il marchese fece chiedere a Bovary qualche ramoscello per innestarli e in seguito si fece un dovere di andare di persona a ringraziarlo. Vide Emma e ne trovò l'aspetto assai grazioso, i modi tutt'altro che provinciali; tanto che al castello non si ritenne di eccedere in condiscendenza né di fare uno sgarbo a nessuno invitando la giovane coppia. Il avait eu, lors des grandes chaleurs, un abcès dans la bouche, dont Charles l'avait soulagé comme par miracle, en y donnant à point un coup de lancette. L'homme d'affaires, envoyé à Tostes pour payer l'opération, conta, le soir, qu'il avait vu dans le jardinet du médecin des cerises superbes. Or, les cerisiers poussaient mal à la Vaubyessard, M. le Marquis demanda quelques boutures à Bovary, se fit un devoir de l'en remercier lui-même, aperçut Emma, trouva qu'elle avait une jolie taille et qu'elle ne saluait point en paysanne ; si bien qu'on ne crut pas au château outrepasser les bornes de la condescendance, ni d'autre part commettre une maladresse, en invitant le jeune ménage.
Un mercoledì alle tre, il signore e la signora Bovary salirono sul loro carrozzino, e si partirono per la Vaubyessard. Dietro la vettura era stato sistemato un grande baule, davanti, sul grembialino, v'era una cappelliera, e Charles teneva fra le gambe una scatola di cartone. Un mercredi, à trois heures, M. et madame Bovary, montés dans leur boc , partirent pour la Vaubyessard, avec une grande malle attachée par-derrière et une boîte à chapeau qui était posée devant le tablier. Charles avait, de plus, un carton entre les jambes.
Giunsero a destinazione al calar della notte, mentre incominciavano ad accendere i lampioni del parco per illuminare la via alle carrozze. Ils arrivèrent à la nuit tombante, comme on commençait à allumer des lampions dans le parc, afin d'éclairer les voitures

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Il castello, una costruzione moderna, all'italiana, con due ale che si protendevano in avanti e tre scaloni, si ergeva in fondo a un immenso prato nel quale pascolavano alcune mucche fra gruppi di grandi alberi distanziati fra loro. Arbusti a cespuglio, rododendri, siringhe, palle di neve, gonfiavano i loro irregolari ciuffi di vegetazione sulla linea curva del sentiero cosparso di sabbia. Un fiumicello scorreva sotto un ponte; in mezzo alla bruma si intravedevano alcune capanne dal tetto di paglia sparse qua e là sulla distesa erbosa che saliva sui due fianchi in dolci pendii coperti di boschi. Dietro, nel fitto, v'erano, su due file parallele, le rimesse e le scuderie, ultimi resti dell'antico castello demolito. Le château, de construction moderne, à l'italienne avec deux ailes avançant et trois perrons, se déployait au bas d'une immense pelouse où paissaient quelques vaches, entre des bouquets de grands arbres espacés, tandis que des bannettes d'arbustes, rhododendrons, seringas et boules-de-neige bombaient leurs touffes de verdure inégales sur la ligne courbe du chemin sablé. Une rivière passait sous un pont ; à travers la brume, on distinguait des bâtiments à toit de chaume, éparpillés dans la prairie, que bordaient en pente douce deux coteaux couverts de bois, et par-derrière, dans les massifs, se tenaient, sur deux lignes parallèles, les remises et les écuries, restes conservés de l'ancien château démoli.
Il carrozzino di Charles si fermò davanti allo scalone centrale: comparvero alcuni domestici e il marchese si fece avanti offrendo il braccio alla moglie del medico ed entrò con lei nel vestibolo. Le boc de Charles s'arrêta devant le perron du milieu ; des domestiques parurent ; le Marquis s'avança, et, offrant son bras à la femme du médecin, l'introduisit dans le vestibule.
Questo locale era pavimentato con lastre di marmo e aveva un altissimo soffitto, tanto che i passi e le voci vi risonavano come in chiesa. Di fronte saliva uno scalone diritto, a sinistra una galleria, che dava sul giardino, conduceva alla sala da biliardo, dalla porta aperta della quale proveniva il suono prodotto dal cozzare delle biglie d'avorio. Quando Emma l'attraversò per andare nel salone, vide, intenti al gioco, uomini dal viso grave, con il mento affondato nelle alte cravatte, tutti con i segni delle onorificenze ricevute, i quali sorridevano silenziosamente usando le stecche. Sul rivestimento di legno scuro delle pareti, grandi quadri ostentavano nella parte bassa delle cornici dorate nomi scritti in caratteri neri. Vi lesse: Il était pavé de dalles en marbre, très haut, et le bruit des pas, avec celui des voix, y retentissait comme dans une église. En face montait un escalier droit, et à gauche une galerie donnant sur le jardin conduisait à la salle de billard dont on entendait, dès la porte, caramboler les boules d'ivoire. Comme elle la traversait pour aller au salon, Emma vit autour du jeu des hommes à figure grave, le menton posé sur de hautes cravates, décorés tous, et qui souriaient silencieusement, en poussant leur queue. Sur la boiserie sombre du lambris, de grands cadres dorés portaient, au bas de leur bordure, des noms écrits en lettres noires. Elle lut :
Jean-Antoine d'Andervilliers d'Yvervonville, conte di Vaubyessard e barone della Fresnay, caduto nella battaglia di Coutras il 20 ottobre 1587. E, su un altro: Jean-Antoine Henry-Guy d'Andervilliers della Vaubyessard, ammiraglio di Francia e cavaliere dell'Ordine di San Michele, ferito nel combattimento della Hougue-Saint-Vaast il 29 maggio 1692, morto alla Vaubyessard il 23 gennaio 1693. Riuscì a distinguere a malapena gli altri perché la luce delle lampade, concentrata sul tappeto verde del biliardo, lasciava in ombra il resto della stanza. Le tele orizzontali ne restavano oscurate e su di esse l'ombra veniva spezzata da sottili aghi luminosi lungo le screpolature della vernice. E in tutti quei grandi rettangoli neri incorniciati d'oro, spiccavano, qua e là, soltanto le parti più chiare della pittura, una fronte pallida, due occhi che fissavano la sala, parrucche fluenti su spalle incipriate, abiti rossi, o la fibbia di una giarrettiera sopra un polpaccio grassoccio. " Jean-Antoine d'Andervilliers d'Yverbonville, comte de la Vaubyessard et baron de la Fresnaye, tué à la bataille de Coutras, le 20 octobre 1587. " Et sur un autre : " Jean-Antoine-Henry-Guy d'Andervilliers de la Vaubyessard, amiral de France et chevalier de l'ordre de Saint-Michel, blessé au combat de la Hougue-Saint-Vaast, le 29 mai 1692, mort à la Vaubyessard le 23 janvier 1693. " Puis on distinguait à peine ceux qui suivaient, car la lumière des lampes, rabattue sur le tapis vert du billard, laissait flotter une ombre dans l'appartement. Brunissant les toiles horizontales, elle se brisait contre elles en arêtes fines, selon les craquelures du vernis ; et de tous ces grands carrés noirs brodés d'or sortaient, çà et là, quelque portion plus claire de la peinture, un front pâle, deux yeux qui vous regardaient, des perruques se déroulant sur l'épaule poudrée des habits rouges, ou bien la boucle d'une jarretière au haut d'un mollet rebondi.
Il marchese aprì la porta del salone; una delle signore si alzò (la marchesa in persona), andò incontro a Emma, la fece sedere accanto a sé su un divanetto a esse, e si mise a chiacchierare amichevolmente come se la conoscesse da lunghissimo tempo. Le Marquis ouvrit la porte du salon ; une des dames se leva ( la Marquise elle-même ) , vint à la rencontre d'Emma et la fit asseoir près d'elle, sur une causeuse, où elle se mit à lui parler amicalement, comme si elle la connaissait depuis longtemps.
Era una donna sulla quarantina, aveva belle spalle, un naso aquilino e la voce strascicata; quella sera portava sui capelli castani una semplice acconciatura di pizzo che ricadeva all'indietro in forma triangolare. Una giovane donna bionda sedeva accanto a lei su una sedia dall'alta spalliera, accanto al caminetto, alcuni uomini, tutti con un fiore all'occhiello, chiacchieravano con delle signore. C'était une femme de la quarantaine environ, à belles épaules, à nez busqué, à la voix traînante, et portant, ce soir-là, sur ses cheveux châtains, un simple fichu de guipure qui retombait par-derrière, en triangle. Une jeune personne blonde se tenait à côté, dans une chaise à dossier long ; et des messieurs, qui avaient une petite fleur à la boutonnière de leur habit, causaient avec les dames, tout autour de la cheminée.
La cena fu servita alle sette. Gli uomini, più numerosi, sedettero alla prima tavola preparata nel vestibolo, le signore alla seconda, nella sala da pranzo, con il marchese e la marchesa. A sept heures, on servit le dîner. Les hommes, plus nombreux, s'assirent à la première table, dans le vestibule, et les dames à la seconde, dans la salle à manger, avec le Marquis et la Marquise.
Entrando, Emma si sentì investita da una folata calda, nella quale si mescolavano i profumi dei fiori, della bella biancheria, delle carni cucinate e dei tartufi. Le candele dei candelabri si specchiavano come fiammelle allungate nelle campane d'argento, i cristalli sfaccettati, velati da un vapore opaco, si rimandavano pallidi raggi di luce lungo la tavola per tutta la lunghezza della quale erano disposti in linea diritta mazzolini di fiori, e, nei piatti decorati con una larga bordura, i tovaglioli piegati a forma di mitra avevano fra le due pieghe un panino ovale. Le zampe rosse dei gamberi sporgevano dall'orlo dei piatti; sul musco posto dentro cestini traforati grossi frutti erano disposti in bell'ordine: dalle quaglie ancora sotto le loro piume si levavano volute di fumo. Il maggiordomo, con le calze di seta, i pantaloni a coscia, la cravatta bianca a fiocco, grave come un giudice, passava fra le spalle dei convitati i piatti con le carni già tagliate in pezzi che, quando venivano scelti, egli faceva cadere con un solo colpo di cucchiaio nel piatto del commensale. Una statua di donna, avvolta fino al mento in drappeggi, guardava immobile la sala piena di gente, dall'alto di una grossa stufa di maiolica orlata di ottone. Emma se sentit, en entrant, enveloppée par un air chaud, mélange du parfum des fleurs et du beau linge, du fumet des viandes et de l'odeur des truffes. Les bougies des candélabres allongeaient des flammes sur les cloches d'argent ; les cristaux à facettes, couverts d'une buée mate, se renvoyaient des rayons pâles ; des bouquets étaient en ligne sur toute la longueur de la table, et, dans les assiettes à large bordure, les serviettes, arrangées en manière de bonnet d'évêque, tenaient entre le bâillement de leurs deux plis chacune un petit pain de forme ovale. Les pattes rouges des homards dépassaient les plats ; de gros fruits dans des corbeilles à jour s'étageaient sur la mousse ; les cailles avaient leurs plumes, des fumées montaient ; et, en bas de soie, en culotte courte, en cravate blanche, en jabot, grave comme un juge, le maître d'hôtel, passant entre les épaules des convives les plats tout découpés, faisait d'un coup de sa cuiller sauter pour vous le morceau qu'on choisissait. Sur le grand poêle de porcelaine à baguette de cuivre, une statue de femme drapée jusqu'au menton regardait immobile la salle pleine de monde.
La signora Bovary notò che molte delle signore non avevano messo i guanti nel bicchiere. Madame Bovary remarqua que plusieurs dames n'avaient pas mis leurs gants dans leur verre.
Seduto a capotavola, solo in mezzo alle signore, curvo sul piatto e con il tovagliolo annodato al collo come un bambino, un vecchio mangiava sbrodolandosi con i sughi delle vivande. Aveva gli occhi infiammati e portava il codino annodato con un sottile nastro nero. Era il suocero del marchese, il vecchio duca di Laverdère, il quale, si diceva, aveva goduto i favori del conte d'Artois più d'ogni altro, al tempo delle partite di caccia al Vaudreil, presso il marchese di Conflans, ed era stato l'amante della regina Maria Antonietta fra de Coigny e de Lauzun. Aveva condotto una vita clamorosa e debosciata, piena di duelli, di scommesse, di donne rapite, dilapidando la sua fortuna e gettando nella costernazione l'intera famiglia. Un domestico, in piedi dietro la seggiola, gli nominava ad alta voce nell'orecchio i piatti che lui gli indicava con il dito, balbettando qualcosa. Lo sguardo di Emma era irresistibilmente attratto da questo vegliardo dalle labbra cascanti, come da qualcosa di straordinario e di augusto: egli aveva vissuto a corte e si era coricato in letti di regine. Cependant, au haut bout de la table, seul parmi toutes ces femmes, courbé sur son assiette remplie, et la serviette nouée dans le dos comme un enfant, un vieillard mangeait, laissant tomber de sa bouche des gouttes de sauce. Il avait les yeux éraillés et portait une petite queue enroulée d'un ruban noir. C'était le beau-père du marquis, le vieux duc de Laverdière, l'ancien favori du comte d'Artois, dans le temps des parties de chasse au Vaudreuil, chez le marquis de Conflans, et qui avait été, disait-on, l'amant de la reine Marie-Antoinette entre MM. de Coigny et de Lauzun. Il avait mené une vie bruyante de débauches, pleine de duels, de paris, de femmes enlevées, avait dévoré sa fortune et effrayé toute sa famille. Un domestique, derrière sa chaise, lui nommait tout haut, dans l'oreille, les plats qu'il désignait du doigt en bégayant ; et sans cesse les yeux d'Emma revenaient d'eux-mêmes sur ce vieil homme à lèvres pendantes, comme sur quelque chose d'extraordinaire et d'auguste. Il avait vécu à la Cour et couché dans le lit des reines !
Venne servito lo champagne ghiacciato. A Emma corse un fremito sulla pelle quando ne sentì il gelo sulle labbra. Non aveva mai visto le melagrane né assaggiato l'ananasso. Anche lo zucchero le sembrò più fine e più bianco di com'era abituata a vederlo. On versa du vin de Champagne à la glace. Emma frissonna de toute sa peau en sentant ce froid dans sa bouche. Elle n'avait jamais vu de grenades ni mangé d'ananas. Le sucre en poudre même lui parut plus blanc et plus fin qu'ailleurs.
Terminata la cena, le signore salirono nelle loro stanze per prepararsi al ballo. Les dames, ensuite, montèrent dans leurs chambres s'apprêter pour le bal.
Emma si agghindò con la scrupolosa attenzione di un'attrice al suo debutto. Pettinò i capelli come le era stato consigliato dal parrucchiere, poi indossò una veste di lana leggera che aveva disteso sul letto. I pantaloni di Charles avevano la cintura troppo stretta. Emma fit sa toilette avec la conscience méticuleuse d'une actrice à son début. Elle disposa ses cheveux d'après les recommandations du coiffeur, et elle entra dans sa robe de barège, étalée sur le lit. Le pantalon de Charles le serrait au ventre.
"Le staffe mi daranno fastidio, per ballare" egli disse. -- Les sous-pieds vont me gêner pour danser, dit-il.
"Ballare?" domandò Emma. -- Danser ? reprit Emma.
"Sì!" -- Oui !
"Ma hai perso la testa? Vuoi renderti ridicolo? Rimani a sedere. È più dignitoso per un medico" soggiunse. -- Mais tu as perdu la tête ! On se moquerait de toi, reste à ta place. D'ailleurs, c'est plus convenable pour un médecin, ajouta-t-elle.
Charles tacque. Camminava su e giù, aspettando che Emma fosse pronta. Charles se tut. Il marchait de long en large, attendant qu'Emma fût habillée.
Standole alle spalle la vedeva nello specchio, fra due candelabri. Gli occhi neri parevano più fondi ancora. I capelli, dolcemente rigonfi sugli orecchi, splendevano di riflessi azzurri. Sui petali di una rosa dal gambo sottile, infilata nello chignon, tremolavano gocce di rugiada spruzzatevi ad arte. Indossava un abito di un color zafferano chiaro, drappeggiato da tre mazzi di roselline circondate di foglie verdi. Il la voyait par-derrière, dans la glace, entre deux flambeaux. Ses yeux noirs semblaient plus noirs. Ses bandeaux, doucement bombés vers les oreilles, luisaient d'un éclat bleu ; une rose à son chignon tremblait sur une tige mobile, avec des gouttes d'eau factices au bout de ses feuilles. Elle avait une robe de safran pâle, relevée par trois bouquets de roses pompon mêlées de verdure.
Charles fece per baciarla su una spalla. Charles vint l'embrasser sur l'épaule.
"Lasciami," disse Emma "mi sciupi il vestito". -- Laisse-moi ! dit-elle, tu me chiffonnes.
Un ritornello eseguito da un violino giunse fino a loro insieme con il suono di un corno. Emma discese lo scalone facendo uno sforzo per non correre. On entendit une ritournelle de violon et les sons d'un cor. Elle descendit l'escalier, se retenant de courir.
Le danze erano cominciate con una quadriglia. Stava arrivando gente. C'era ressa. Ella sedette su una panchetta vicino alla porta. Les quadrilles étaient commencés. Il arrivait du monde. On se poussait. Elle se plaça près de la porte, sur une banquette.
Quando la contraddanza ebbe termine, il centro della sala rimase vuoto per i gruppi di uomini che chiacchieravano in piedi e per i domestici in livrea che giravano con grandi vassoi. Le signore, sedute in fila, agitavano i ventagli dipinti, nascondevano a metà i sorrisi dietro i loro bouquet e facevano circolare con gesti graziosi i flaconcini dal tappo d'oro fra le mani strette nei guanti bianchi che rivelavano la forma delle unghie e serravano i polsi. Le guarnizioni di pizzo fremevano sui corsetti, le spille di diamanti scintillavano sui petti, i braccialetti a ciondoli tintinnavano sulle braccia nude. Le pettinature aderenti sulla fronte e raccolte in chignon sulla nuca, erano ornate da coroncine, grappoli o ramoscelli di non ti scordar di me, di gelsomini, di fiori di melograno, spighe e fiordalisi. Tranquille, al proprio posto, madri dal viso arcigno sfoggiavano turbanti rossi. Quand la contredanse fut finie, le parquet resta libre pour les groupes d'hommes causant debout et les domestiques en livrée qui apportaient de grands plateaux. Sur la ligne des femmes assises, les éventails peints s'agitaient, les bouquets cachaient à demi le sourire des visages, et les flacons à bouchons d'or tournaient dans des mains entrouvertes dont les gants blancs marquaient la forme des ongles et serraient la chair au poignet. Les garnitures de dentelles, les broches de diamants, les bracelets à médaillon frissonnaient aux corsages, scintillaient aux poitrines, bruissaient sur les bras nus. Les chevelures, bien collées sur les fronts et tordues à la nuque, avaient, en couronnes, en grappes ou en rameaux, des myosotis, du jasmin, des fleurs de grenadier, des épis ou des bleuets. Pacifiques à leurs places, des mères à figure renfrognée portaient des turbans rouges.
Emma aveva un po' di batticuore quando, mentre il suo cavaliere la teneva per la punta delle dita, si allineò con gli altri in attesa del colpo di archetto che dava inizio alla danza. Ben presto l'emozione svanì. Ondeggiando al ritmo dell'orchestra scivolò in avanti movendo lievemente il capo. Mentre ascoltava i virtuosismi del violino che di tanto in tanto sonava un a solo quando gli altri strumenti tacevano, un sorriso le salì alle labbra; in questi istanti era possibile udire il suono prodotto dai luigi d'oro che si rovesciavano sul tappeto verde della vicina sala da gioco. Poi, con uno squillo sonoro della cornetta, tutta l'orchestra riprendeva a suonare. I piedi segnavano ancora una volta il ritmo, le gonne si gonfiavano e frusciavano, le mani si stringevano e si lasciavano, gli occhi, che un momento prima si erano abbassati, si rialzavano e fissavano altri occhi. Le coeur d'Emma lui battit un peu lorsque, son cavalier la tenant par le bout des doigts, elle vint se mettre en ligne et attendit le coup d'archet pour partir. Mais bientôt l'émotion disparut ; et, se balançant au rythme de l'orchestre, elle glissait en avant, avec des mouvements légers du cou. Un sourire lui montait aux lèvres à certaines délicatesses du violon, qui jouait seul, quelquefois, quand les autres instruments se taisaient ; on entendait le bruit clair des louis d'or qui se versaient à côté, sur le tapis des tables ; puis tout reprenait à la fois, le cornet à pistons lançait un éclat sonore, les pieds retombaient en mesure, les jupes se bouffaient et frôlaient, les mains se donnaient, se quittaient ; les mêmes yeux, s'abaissant devant vous, revenaient se fixer sur les vôtres.
Alcuni uomini, una quindicina, di un'età che andava dai venticinque ai quarant'anni, sparsi fra i cavalieri o fra coloro che chiacchieravano sulla soglia delle porte, si facevano notare nella folla, per una certa qual aria di famiglia, evidente a prescindere dall'età, dall'abbigliamento o dalla fisionomia. Quelques hommes ( une quinzaine ) de vingt-cinq à quarante ans, disséminés parmi les danseurs ou causant à l'entrée des portes, se distinguaient de la foule par un air de famille, quelles que fussent leurs différences d'âge, de toilette ou de figure.
Gli abiti di queste persone, di ottimo taglio, sembravano fatti di un panno più morbido; i capelli, ondulati sulle tempie, trattati con lozioni più fini. Avevano il colorito della ricchezza, quella carnagione bianca che prende risalto dal colore delle porcellane, dalla lucentezza delle sete, dalle vernici dei mobili di pregio, e che si mantiene tale attraverso un regime moderato, ma fatto di cibi squisiti. Le cravatte basse indossate da queste persone consentivano loro di muovere il capo a proprio agio. I lunghi favoriti ricadevano su colletti rovesciati e questi gentiluomini solevano asciugarsi le labbra usando fazzoletti ricamati con grandi cifre e profumati con essenze soavi. Quelli di loro che cominciavano a invecchiare mantenevano un aspetto giovanile, mentre un'aria matura traspariva dalle fattezze dei giovani. Nei loro sguardi indifferenti aleggiava la tranquillità delle passioni sempre soddisfatte, e attraverso le maniere piacevoli traspariva quella particolare durezza che deriva dal dominio delle cose non del tutto facili, in cui la forza si esercita o la vanità si diverte: la doma dei cavalli di razza o l'amicizia delle donne perdute. Leurs habits, mieux faits, semblaient d'un drap plus souple, et leurs cheveux, ramenés en boucles vers les tempes, lustrés par des pommades plus fines. Ils avaient le teint de la richesse, ce teint blanc que rehaussent la pâleur des porcelaines, les moires du satin, le vernis des beaux meubles, et qu'entretient dans sa santé un régime discret de nourritures exquises. Leur cou tournait à l'aise sur des cravates basses ; leurs favoris longs tombaient sur des cols rabattus ; ils s'essuyaient les lèvres à des mouchoirs brodés d'un large chiffre, d'où sortait une odeur suave. Ceux qui commençaient à vieillir avaient l'air jeune, tandis que quelque chose de mûr s'étendait sur le visage des jeunes. Dans leurs regards indifférents flottait la quiétude de passions journellement assouvies ; et, à travers leurs manières douces, perçait cette brutalité particulière que communique la domination de choses à demi faciles, dans lesquelles la force s'exerce et où la vanité s'amuse, le maniement des chevaux de race et la société des femmes perdues.
A pochi passi da Emma, un gentiluomo in abito blu parlava dell'Italia con una giovane fanciulla pallida ingioiellata di perle. Magnificavano l'imponenza del colonnato di San Pietro, Tivoli, il Vesuvio, Castellamare e le Cascine, le rose di Genova e il Colosseo al chiaro di luna. Con l'altro orecchio, Emma ascoltava una conversazione piena di parole per lei incomprensibili. C'era ressa intorno a un giovanotto che aveva battuto, la settimana precedente, Miss Arabelle e Romulus, e aveva guadagnato duemila luigi saltando un fosso in Inghilterra. Uno si lamentava dei suoi cavalli da corsa che ingrassavano, un altro degli errori di stampa che avevano snaturato il nome del suo puledro. A trois pas d'Emma, un cavalier en habit bleu causait Italie avec une jeune femme pâle, portant une parure de perles. Ils vantaient la grosseur des piliers de Saint-Pierre, Tivoli, le Vésuve, Castellamare et les Cassines, les roses de Gênes, le Colisée au clair de lune. Emma écoutait de son autre oreille une conversation pleine de mots qu'elle ne comprenait pas. On entourait un tout jeune homme qui avait battu, la semaine d'avant, Miss-Arabelle et Romulus , et gagné deux mille louis à sauter un fossé, en Angleterre. L'un se plaignait de ses coureurs qui engraissaient ; un autre, des fautes d'impression qui avaient dénaturé le nom de son cheval.
L'aria nella sala da ballo era divenuta greve; la luce dei lampadari si affievoliva. Molti invitati andavano ad affollare la sala del biliardo. Un domestico salì su una sedia e ruppe due vetri; il rumore del cristallo in frantumi fece volgere il capo alla signora Bovary che vide, attraverso le vetrate, i volti curiosi dei contadini. Questo le ricordò i Bertaux. Rivide la fattoria, lo stagno melmoso, suo padre con il camiciotto nel frutteto, e lei stessa nell'atto di scremare, come faceva un tempo, con un dito, le ciotole di latte nella latteria. Ma nello sfolgorio dell'attuale realtà, la vita di un tempo, così nitida nel ricordo fino a un attimo prima, si dissolveva senza lasciar tracce, tanto da farle dubitare di averla davvero vissuta. Era qui: oltre i confini della sala da ballo non esistevano che le tenebre, avvolgenti tutto il resto. Stava gustando un gelato al maraschino; lo reggeva con la mano sinistra in una conchiglia dorata e lo assaporava con gli occhi socchiusi. L'air du bal était lourd ; les lampes pâlissaient. On refluait dans la salle de billard. Un domestique monta sur une chaise et cassa deux vitres ; au bruit des éclats de verre, madame Bovary tourna la tête et aperçut dans le jardin, contre les carreaux, des faces de paysans qui regardaient. Alors le souvenir des Bertaux lui arriva. Elle revit la ferme, la mare bourbeuse, son père en blouse sous les pommiers, et elle se revit elle-même, comme autrefois, écrémant avec son doigt les terrines de lait dans la laiterie. Mais, aux fulgurations de l'heure présente, sa vie passée, si nette jusqu'alors, s'évanouissait tout entière, et elle doutait presque de l'avoir vécue. Elle était là ; puis autour du bal, il n'y avait plus que de l'ombre, étalée sur tout le reste. Elle mangeait alors une glace au marasquin, qu'elle tenait de la main gauche dans une coquille de vermeil, et fermait à demi les yeux, la cuiller entre les dents.
Vicino a lei, una signora lasciò cadere il ventaglio, mentre passava uno dei ballerini. Une dame, près d'elle, laissa tomber son éventail. Un danseur passait.
"Sarebbe così gentile, signore," disse la dama "da volermi raccogliere il ventaglio? Mi è caduto dietro il divano." -- Que vous seriez bon, monsieur, dit la dame, de vouloir bien ramasser mon éventail, qui est derrière ce canapé !
Il giovanotto si chinò e, mentre faceva il gesto di tendere il braccio, Emma vide la mano della giovane signora gettargli nel cappello qualcosa di bianco, piegato a triangolo. Egli raccolse il ventaglio, lo porse rispettosamente alla dama che ringraziò con un cenno del capo e prese ad aspirare il profumo del suo bouquet. Le monsieur s'inclina, et, pendant qu'il faisait le mouvement d'étendre son bras, Emma vit la main de la jeune dame qui jetait dans son chapeau quelque chose de blanc, plié en triangle. Le monsieur, ramenant l'éventail, l'offrit à la dame, respectueusement ; elle le remercia d'un signe de tête et se mit à respirer son bouquet.
Dopo la cena, nel corso della quale erano stati serviti molti vini spagnoli e del Reno, zuppe di frutti di mare e di latte di mandorle, pudding alla Trafalgar e ogni sorta di carni fredde circondate da gelatine tremolanti nei piatti, le carrozze, una dopo l'altra, cominciarono ad andarsene. Scostando un angolo delle tende di mussolina si vedevano le luci delle loro lanterne scivolare nel buio. I divani restarono vuoti; soltanto qualche giocatore si tratteneva ancora intorno ai tavoli. I musicisti si rinfrescavano la punta delle dita umettandole di saliva; Charles era mezzo addormentato, con la schiena appoggiata contro una porta. Après le souper, où il y eut beaucoup de vins d'Espagne et de vins du Rhin, des potages à la bisque et au lait d'amandes, des puddings à la Trafalgar et toutes sortes de viandes froides avec des gelées alentour qui tremblaient dans les plats, les voitures, les unes après les autres, commencèrent à s'en aller. En écartant du coin le rideau de mousseline, on voyait glisser dans l'ombre la lumière de leurs lanternes. Les banquettes s'éclaircirent ; quelques joueurs restaient encore ; les musiciens rafraîchissaient, sur leur langue, le bout de leurs doigts ; Charles dormait à demi, le dos appuyé contre une porte.
Alle tre del mattino incominciò il cotillon. Emma non sapeva ballare il valzer. Tutte le altre signore lo ballavano, anche la signorina d'Andervilliers e la marchesa; erano rimasti soltanto gli ospiti che dormivano al castello, una dozzina di persone circa. A trois heures du matin, le cotillon commença. Emma ne savait pas valser. Tout le monde valsait, mademoiselle d'Andervilliers elle-même et la marquise ; il n'y avait plus que les hôtes du château, une douzaine de personnes à peu près.
Ciò nonostante uno dei ballerini, che tutti chiamavano familiarmente Visconte e che indossava un panciotto molto aperto e assai ben tagliato, invitò per la seconda volta la signora Bovary, assicurandole che avrebbe pensato lui a guidarla e che lei se la sarebbe cavata benissimo. Cependant, un des valseurs, qu'on appelait familièrement vicomte , et dont le gilet très ouvert semblait moulé sur sa poitrine, vint une seconde fois encore inviter madame Bovary, l'assurant qu'il la guiderait et qu'elle s'en tirerait bien.
Cominciarono a ballare, adagio, e poi sempre più in fretta, giravano e tutto girava intorno a loro, le lampade, i mobili, le pareti, il pavimento, come un disco su un perno. Quando passavano vicino alle porte, l'orlo della gonna di Emma si avvolgeva intorno ai pantaloni del suo cavaliere, le loro gambe si incrociavano; egli abbassava lo sguardo su di lei, e incontrava i suoi occhi; una improvvisa stanchezza la prese e la costrinse a fermarsi. Ricominciarono a ballare; trascinandola con un ritmo sempre più rapido, il visconte disparve con lei in fondo alla galleria, ove Emma, ansimante, si sentì cadere e per un attimo appoggiò il capo alla spalla di lui. Poi sempre girando, ma più lentamente, egli la condusse al suo posto; Emma si abbandonò contro la parete e si coprì gli occhi con una mano. Ils commencèrent lentement, puis allèrent plus vite. Ils tournaient : tout tournait autour d'eux, les lampes, les meubles, les lambris, et le parquet, comme un disque sur un pivot. En passant auprès des portes, la robe d'Emma, par le bas, s'éraflait au pantalon ; leurs jambes entraient l'une dans l'autre ; il baissait ses regards vers elle, elle levait les siens vers lui ; une torpeur la prenait, elle s'arrêta. Ils repartirent ; et, d'un mouvement plus rapide, le vicomte, l'entraînant, disparut avec elle jusqu'au bout de la galerie, où, haletante, elle faillit tomber, et, un instant, s'appuya la tête sur sa poitrine. Et puis, tournant toujours, mais plus doucement, il la reconduisit à sa place ; elle se renversa contre la muraille et mit la main devant ses yeux.
Quando li riaprì, al centro del salone, seduta su uno sgabello, si trovava una dama e ai suoi piedi erano inginocchiati tre cavalieri. Ella scelse il Visconte e il violino riprese a suonare. Quand elle les rouvrit, au milieu du salon, une dame assise sur un tabouret avait devant elle trois valseurs agenouillés. Elle choisit le Vicomte, et le violon recommença.
Tutti li guardavano. Passavano e ripassavano, lei con il busto diritto e fermo, il capo reclinato, lui sempre nella stessa posa, la figura inarcata, il braccio ben incurvato, il mento proteso. Quella sì, era una brava ballerina! Continuarono a lungo e stancarono tutti gli altri. On les regardait. Ils passaient et revenaient, elle immobile du corps et le menton baissé, et lui toujours dans sa même pose, la taille cambrée, le coude arrondi, la bouche en avant. Elle savait valser, celle-là ! Ils continuèrent longtemps et fatiguèrent tous les autres.
Vi fu ancora qualche breve conversazione, poi, dopo i saluti, o meglio, il buongiorno, gli ospiti del castello andarono a dormire. On causa quelques minutes encore, et, après les adieux ou plutôt le bonjour, les hôtes du château s'allèrent coucher.
Charles si trascinò per le scale, affermando di sentirsi le gambe che rientravano nel corpo. Aveva passato cinque ore di seguito sempre in piedi accanto a un tavolo, a osservare i giocatori di whist, senza capirci niente. Tirò un gran sospiro di sollievo quando poté togliersi le scarpe. Charles se traînait à la rampe, les genoux lui rentraient dans le corps . Il avait passé cinq heures de suite, tout debout devant les tables, à regarder jouer au whist sans y rien comprendre. Aussi poussa-t-il un grand soupir de satisfaction lorsqu'il eut retiré ses bottes.
Emma si gettò uno scialle sulle spalle, aprì la finestra e si affacciò. Emma mit un châle sur ses épaules, ouvrit la fenêtre et s'accouda.
La notte era buia. Cadeva qualche goccia di pioggia. Aspirò il vento umido che le rinfrescava le palpebre. Negli orecchie le risonava ancora la musica del ballo ed ella faceva uno sforzo per tenersi sveglia e prolungare in questo modo l'illusione di quella vita lussuosa che avrebbe dovuto abbandonare così presto. La nuit était noire. Quelques gouttes de pluie tombaient. Elle aspira le vent humide qui lui rafraîchissait les paupières. La musique du bal bourdonnait encore à ses oreilles, et elle faisait des efforts pour se tenir éveillée, afin de prolonger l'illusion de cette vie luxueuse qu'il lui faudrait tout à l'heure abandonner.
Albeggiava. Emma guardò a lungo le finestre del castello, cercando di indovinare dietro quali di esse si trovassero le camere di coloro che più l'avevano colpita durante la festa. Avrebbe voluto conoscere le loro vite, farne parte, confondervisi. Le petit jour parut. Elle regarda les fenêtres du château, longuement, tâchant de deviner quelles étaient les chambres de tous ceux qu'elle avait remarqués la veille. Elle aurait voulu savoir leurs existences, y pénétrer, s'y confondre.
Rabbrividiva di freddo. Si spogliò e si rannicchiò sotto le coperte contro Charles che dormiva. Mais elle grelottait de froid. Elle se déshabilla et se blottit entre les draps, contre Charles qui dormait.
A colazione v'era molta gente. Il pasto durò dieci minuti, e non vennero serviti liquori, cosa che stupì il medico. Poi la signorina d'Andervilliers raccolse in un panierino i pezzetti di ciambella per portarli ai cigni del laghetto e tutti andarono a passeggiare nelle serre, ove le piante più strane, irte di peli, erano disposte in piramidi sotto i vasi appesi simili a nidi di serpenti troppo gremiti, e dai quali traboccavano lunghi cordoni verdi attorcigliati. In fondo, la serra degli aranci conduceva fino ai locali di servizio del castello. Il marchese, per divertire la giovane ospite, l'accompagnò a visitare le scuderie. Sopra le mangiatoie a forme di cesta, su piccole targhe di porcellana, stava scritto in nero il nome dei cavalli. Ogni animale si agitava nel suo stallo quando qualcuno gli passava vicino facendo schioccare la lingua. Il pavimento della selleria era lucido come quello di un salone. Nel mezzo, su due colonne girevoli, erano appesi i finimenti per le carrozze, mentre sulle pareti si trovavano disposti in bell'ordine i morsi, gli speroni, le fruste, i barbazzali. Il y eut beaucoup de monde au déjeuner. Le repas dura dix minutes ; on ne servit aucune liqueur, ce qui étonna le médecin. Ensuite mademoiselle d'Andervilliers ramassa des morceaux de brioche dans une bannette, pour les porter aux cygnes sur la pièce d'eau, et on s'alla promener dans la serre chaude, où des plantes bizarres, hérissées de poils, s'étageaient en pyramides sous des vases suspendus, qui, pareils à des nids de serpents trop pleins, laissaient retomber, de leurs bords, de longs cordons verts entrelacés. L'orangerie, que l'on trouvait au bout, menait à couvert jusqu'aux communs du château. Le Marquis, pour amuser la jeune femme, la mena voir les écuries. Au-dessus des râteliers en forme de corbeille, des plaques de porcelaine portaient en noir le nom des chevaux. Chaque bête s'agitait dans sa stalle, quand on passait près d'elle, en claquant de la langue. Le plancher de la sellerie luisait à l'oeil comme le parquet d'un salon. Les harnais de voiture étaient dressés dans le milieu sur deux colonnes tournantes, et les mors, les fouets, les étriers, les gourmettes rangés en ligne tout le long de la muraille.
Charles aveva intanto pregato un domestico di preparargli un carrozzino. Glielo portarono davanti allo scalone e, non appena tutti i pacchi furono sistemati, i Bovary presentarono i loro omaggi al marchese e alla marchesa e ripartirono per Tostes. Charles, cependant, alla prier un domestique d'atteler son boc . On l'amena devant le perron, et, tous les paquets y étant fourrés, les époux Bovary firent leurs politesses au Marquis et à la Marquise, et repartirent pour Tostes.
Emma, silenziosa, guardava girare le ruote. Charles, seduto a un'estremità del sedile, guidava con le braccia in fuori il piccolo cavallo che trottava all'ambio fra le stanghe troppo larghe per lui. Le redini lente gli battevano sulla groppa e si inzuppavano di sudore e il baule, sistemato dietro, batteva contro il carrozzino colpi violenti a intervalli regolari. Emma, silencieuse, regardait tourner les roues. Charles, posé sur le bord extrême de la banquette, conduisait les deux bras écartés, et le petit cheval trottait l'amble dans les brancards, qui étaient trop larges pour lui. Les guides molles battaient sur sa croupe en s'y trempant d'écume, et la boîte ficelée derrière le boc donnait contre la caisse de grands coups réguliers.
Erano arrivati alle colline di Thibourville, quando incrociarono alcuni cavalieri che ridevano e fumavano sigari. Emma credette di riconoscere il Visconte; si voltò, ma non le riuscì di scorgere altro se non, lontano all'orizzonte, l'altalenare delle teste al ritmo ineguale del trotto o del galoppo. Ils étaient sur les hauteurs de Thibourville, lorsque devant eux, tout à coup, des cavaliers passèrent en riant, avec des cigares à la bouche. Emma crut reconnaître le Vicomte ; elle se détourna, et n'aperçut à l'horizon que le mouvement des têtes s'abaissant et montant, selon la cadence inégale du trot ou du galop.
Un quarto di miglio più avanti furono costretti a fermarsi per aggiustare con un po' di corda l'imbracatura che si era rotta. Un quart de lieue plus loin, il fallut s'arrêter pour raccommoder, avec de la corde, le reculement qui était rompu.
Charles diede un'ultima occhiata ai finimenti, e vide qualcosa in terra, fra le gambe del cavallo; lo raccolse: si trattava di un portasigari ricamato, di seta verde, con uno stemma al centro, come la portiera di una carrozza. Mais Charles, donnant au harnais un dernier coup d'oeil, vit quelque chose par terre, entre les jambes de son cheval ; et il ramassa un porte-cigares tout bordé de soie verte et blasonné à son milieu comme la portière d'un carrosse.
"Ci sono anche due sigari dentro" disse. "Andranno bene per questa sera, dopo cena." -- Il y a même deux cigares dedans, dit-il ; ce sera pour ce soir, après dîner.
"Ma tu fumi?" domandò Emma. -- Tu fumes donc ? demanda-t-elle.
"Qualche volta, quando mi capita." -- Quelquefois, quand l'occasion se présente.
Si mise in tasca l'oggetto e frustò il cavallino. Il mit sa trouvaille dans sa poche et fouetta le bidet.
Quando giunsero a casa, il pranzo non era ancora pronto. La signora andò in collera. Nastasie rispose con insolenza. Quand ils arrivèrent chez eux, le dîner n'était point prêt. Madame s'emporta. Nastasie répondit insolemment.
"Se ne vada! Questo è prendere in giro, lei è licenziata!" -- Partez ! dit Emma. -- C'est se moquer, je vous chasse.
Il pranzo consistette in una zuppa di cipolle e in un pezzo di vitello all'acetosella. Charles, seduto di fronte a Emma, fregandosi le mani con aria soddisfatta, disse: Il y avait pour dîner de la soupe à l'oignon, avec un morceau de veau à l'oseille. Charles, assis devant Emma, dit en se frottant les mains d'un air heureux :
"Com'è piacevole ritrovarsi a casa propria!" -- Cela fait plaisir de se retrouver chez soi !
Dalla cucina giungevano i singhiozzi di Nastasie. Charles era affezionato a questa povera donna, che si era occupata di lui e gli aveva tenuto compagnia per tante sere nell'inerzia della sua vedovanza. Era la sua prima paziente, la prima persona che aveva conosciuto a Tostes. On entendait Nastasie qui pleurait. Il aimait un peu cette pauvre fille. Elle lui avait, autrefois, tenu société pendant bien des soirs, dans les désoeuvrements de son veuvage. C'était sa première pratique, sa plus ancienne connaissance du pays.
"Ma l'hai licenziata sul serio?" domandò infine. - Est-ce que tu l'as renvoyée pour tout de bon ? dit-il enfin.
"Sì, chi me lo impedisce?" rispose Emma. - Oui. Qui m'en empêche ? répondit-elle.
Poi, mentre veniva preparata la camera da letto, andarono a scaldarsi in cucina. Charles si mise a fumare. Fumava sporgendo le labbra, sputando ogni minuto e allontanando il fumo a ogni boccata con la mano. Puis ils se chauffèrent dans la cuisine, pendant qu'on apprêtait leur chambre. Charles se mit à fumer. Il fumait en avançant les lèvres, crachant à toute minute, se reculant à chaque bouffée.
"Ti farà male" disse Emma sdegnosamente. -- Tu vas te faire mal, dit-elle dédaigneusement.
Charles posò il sigaro e corse a bere un bicchiere d'acqua fredda alla pompa. Emma afferrò il portasigari e lo gettò in fretta in fondo a un cassetto. Il déposa son cigare, et courut avaler, à la pompe, un verre d'eau froide. Emma, saisissant le porte-cigares, le jeta vivement au fond de l'armoire.
L'indomani fu una giornata interminabile. Emma passeggiò nel giardino, su e giù sempre per gli stessi vialetti, fermandosi davanti alle aiuole, alle spalliere, al curato di gesso, guardando sbalordita tutte queste vecchie cose che conosceva tanto bene. Come le sembrava lontana la festa al castello! Che cos'era a far sembrare tanto distanti il mattino dell'altro ieri e la sera di oggi? La gita alla Vaubyessard aveva aperto una voragine nella sua vita, un crepaccio come quelli che in una sola notte gli uragani riescono a scavare nei fianchi delle montagne. Ma era rassegnata: chiuse religiosamente nel cassettone il suo bell'abito da sera e le scarpine di raso alle quali la cera che rendeva lustro il pavimento del salone aveva ingiallito le suole. Anche al suo cuore era accaduto qualcosa di simile: sfiorato dal lusso si era velato di un non so che d'impalpabile e d'indelebile. La journée fut longue, le lendemain ! Elle se promena dans son jardinet, passant et revenant par les mêmes allées, s'arrêtant devant les plates-bandes, devant l'espalier, devant le curé de plâtre, considérant avec ébahissement toutes ces choses d'autrefois qu'elle connaissait si bien. Comme le bal déjà lui semblait loin ! Qui donc écartait, à tant de distance, le matin d'avant-hier et le soir d'aujourd'hui ? Son voyage à la Vaubyessard avait fait un trou dans sa vie, à la manière de ces grandes crevasses qu'un orage, en une seule nuit, creuse quelquefois dans les montagnes. Elle se résigna pourtant ; elle serra pieusement dans la commode sa belle toilette et jusqu'à ses souliers de satin, dont la semelle s'était jaunie à la cire glissante du parquet. Son coeur était comme eux : au frottement de la richesse, il s'était placé dessus quelque chose qui ne s'effacerait pas.
Ricordare il ballo fu una delle occupazioni di Emma: ogni mercoledì, svegliandosi si diceva: "Ah! Otto giorni fa... quindici giorni fa... tre settimane fa ero laggiù!" A poco a poco le fisionomie le si confusero nella memoria; dimenticò i motivi delle danze, non ricordò più con tanta chiarezza le livree o i saloni, i particolari svanirono, ma il rimpianto non l'abbandonò. Ce fut donc une occupation pour Emma que le souvenir de ce bal. Toutes les fois que revenait le mercredi, elle se disait en s'éveillant : Ah ! il y a huit jours... il y a quinze jours..., il y a trois semaines, j'y étais ! Et peu à peu, les physionomies se confondirent dans sa mémoire, elle oublia l'air des contredanses, elle ne vit plus si nettement les livrées et les appartements ; quelques détails s'en allèrent, mais le regret lui resta

9

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Spesso, quando Charles era fuori, Emma andava a prendere nell'armadio, fra le pieghe della biancheria dove lo aveva nascosto, il portasigari di seta verde. Lo guardava, lo apriva e ne aspirava l'odore della fodera, un misto di verbena e di tabacco. Di chi era? Del Visconte. Un regalo della sua amante, forse. L'avevano ricamato su un telaio di palissandro, piccola suppellettile facilmente occultabile, e questo lavoro aveva tenuto occupata per lunghe ore una pensosa ricamatrice che su di esso aveva reclinato i morbidi riccioli. Un soffio d'amore era passato fra i fili del canovaccio: ogni punto aveva fermato una speranza o un ricordo, e tutti i fili di seta intersecantisi rappresentavano l'insieme di una stessa silenziosa passione. E poi, un mattino, il Visconte l'aveva portato con sé. Di che cosa avevano parlato, mentre esso era posato sulla larga mensola del caminetto fra i vasi di fiori e la pendola Pompadour? Emma in quel momento si trovava a Tostes. Il visconte a Parigi. Così lontano. Com'era Parigi? Che nome pieno di smisurate promesse! Le piaceva ripeterlo a mezza voce; le risonava negli orecchi come lo scampanio di una cattedrale, fiammeggiava ai suoi occhi perfino sulle etichette dei vasetti delle creme. Elle le regardait, l'ouvrait, et même elle flairait l'odeur de sa doublure, mêlée de verveine et de tabac. A qui appartenait-il ?... Au Vicomte. C'était peut-être un cadeau de sa maîtresse. On avait brodé cela sur quelque métier de palissandre, meuble mignon que l'on cachait à tous les yeux, qui avait occupé bien des heures et où s'étaient penchées les boucles molles de la travailleuse pensive. Un souffle d'amour avait passé parmi les mailles du canevas ; chaque coup d'aiguille avait fixé là une espérance ou un souvenir, et tous ces fils de soie entrelacés n'étaient que la continuité de la même passion silencieuse. Et puis le Vicomte, un matin, l'avait emporté avec lui. De quoi avait-on parlé, lorsqu'il restait sur les cheminées à large chambranle, entre les vases de fleurs et les pendules Pompadour ? Elle était à Tostes. Lui, il était à Paris, maintenant ; là-bas ! Comment était ce Paris ? Quel nom démesuré ! Elle se le répétait à demi-voix, pour se faire plaisir ; il sonnait à ses oreilles comme un bourdon de cathédrale, il flamboyait à ses yeux jusque sur l'étiquette de ses pots de pommade.
La notte, quando i pescivendoli, sui loro carretti, passavano sotto le sue finestre cantando la Marjolaine, Emma si svegliava, ascoltava lo strepito delle ruote cerchiate di ferro che si smorzava sulla terra battuta all'uscita del villaggio e si diceva: La nuit, quand les mareyeurs, dans leurs charrettes, passaient sous ses fenêtres en chantant La Marjolaine , elle s'éveillait ; et écoutant le bruit des roues ferrées, qui, à la sortie du pays, s'amortissait vite sur la terre :
"Domani saranno laggiù!" -- Ils y seront demain ! se disait-elle.
Li seguiva con il pensiero, mentre salivano e scendevano nel superare le colline, mentre attraversavano i villaggi, mentre correvano sulla strada maestra al chiarore delle stelle. Al termine di una distanza imprecisata v'era sempre l'immagine confusa di una piazza ove il suo sogno aveva fine. Et elle les suivait dans sa pensée, montant et descendant les côtes, traversant les villages, filant sur la grande route à la clarté des étoiles. Au bout d'une distance indéterminée, il se trouvait toujours une place confuse où expirait son rêve.
Comperò una piantina di Parigi: facendo scorrere la punta del dito sulla carta, immaginava di fare lunghe passeggiate nella capitale. Risaliva i boulevard, si fermava ad ogni angolo formato dalle linee delle strade, davanti ai quadratini bianchi che rappresentavano le case. Alla fine aveva gli occhi stanchi: chiudeva le palpebre e nel buio vedeva palpitare al vento le fiammelle dei lampioni a gas o immaginava i predellini delle carrozze che ricadevano con gran fracasso davanti ai colonnati dei teatri. Elle s'acheta un plan de Paris, et, du bout de son doigt, sur la carte, elle faisait des courses dans la capitale. Elle remontait les boulevards, s'arrêtant à chaque angle, entre les lignes des rues, devant les carrés blancs qui figurent les maisons. Les yeux fatigués à la fin, elle fermait ses paupières, et elle voyait dans les ténèbres se tordre au vent des becs de gaz, avec des marche-pieds de calèches, qui se déployaient à grand fracas devant le péristyle des théâtres.
Si abbonò a un giornale femminile, il Cestino, e allo Spirito dei salotti. Divorava, senza lasciarsi sfuggire nulla, tutte le cronache delle prime, delle corse, delle serate, si interessava al debutto di una cantante o all'apertura di un negozio. Si teneva al corrente con la moda, conosceva gli indirizzi dei buoni sarti, i giorni in cui il bel mondo andava al Bois o all'Opéra. Studiò gli arredamenti descritti da Eugène Sue, lesse Balzac e George Sand, cercando in queste letture un immaginario soddisfacimento alle proprie brame. Portava i libri anche a tavola e li sfogliava mentre suo marito, mangiando, cercava di conversare. Il ricordo del Visconte veniva rinnovato di continuo dalle letture. Emma scopriva somiglianze tra lui e i personaggi inventati. Ma il cerchio del quale egli era il centro, a poco a poco si allargava e l'alone che lo circondava andava espandendosi intorno alla sua figura per illuminare altri sogni. Elle s'abonna à la Corbeille , journal des femmes, et au Sylphe des salons. Elle dévorait, sans en rien passer, tous les comptes rendus de premières représentations, de courses et de soirées, s'intéressait au début d'une chanteuse, à l'ouverture d'un magasin. Elle savait les modes nouvelles, l'adresse des bons tailleurs, les jours de Bois ou d'Opéra. Elle étudia, dans Eugène Sue, des descriptions d'ameublements ; elle lut Balzac et George Sand, y cherchant des assouvissements imaginaires pour ses convoitises personnelles. A table même, elle apportait son livre, et elle tournait les feuillets, pendant que Charles mangeait en lui parlant. Le souvenir du Vicomte revenait toujours dans ses lectures. Entre lui et les personnages inventés, elle établissait des rapprochements. Mais le cercle dont il était le centre peu à peu s'élargit autour de lui, et cette auréole qu'il avait, s'écartant de sa figure, s'étala plus au loin, pour illuminer d'autres rêves.
Parigi, più vasta di un oceano, scintillava dunque agli occhi di Emma, avvolta da un'atmosfera purpurea. I molteplici aspetti della vita che si agitava in quel tumulto erano però ben suddivisi e classificati in quadri distinti. Emma ne prendeva in considerazione soltanto due o tre, i quali finivano per cancellare tutti gli altri e per rappresentare da soli l'intera umanità. L'ambiente nel quale si movevano gli ambasciatori erano i saloni dai pavimenti lucidi, dalle pareti rivestite di specchi, in mezzo ai quali si trovavano tavole ovali ricoperte da tappeti di velluto con la frangia d'oro. Non mancavano gli abiti a strascico, i grandi misteri, le angosce dissimulate da un sorriso. Veniva poi il mondo delle duchesse: qui tutti erano pallidi, si alzavano alle quattro del pomeriggio, le donne, povere care!, portavano sottovesti dall'orlo ricamato a punto inglese, e gli uomini, dotati di insospettate capacità sotto un'apparenza frivola, sfiancavano i loro cavalli in gite di piacere, trascorrevano le estati a Baden, e, verso la quarantina, sposavano ricche ereditiere. Nei salottini dei ristoranti dove si cena dopo mezzanotte, si divertiva, al lume della candele, la folla eterogenea degli uomini di lettere e delle attrici. Creature prodighe come re, piene di ambizioni idealizzate e di deliri fantastici. Conducevano un'esistenza che si librava al di sopra di tutto fra cielo e terra, in mezzo alle tempeste, qualcosa di veramente sublime. Quanto al resto degli uomini, erano tutti nullità, senza una precisa ubicazione, quasi non esistessero affatto. D'altronde, quanto più le cose erano vicine, tanto più i pensieri di lei se ne allontanavano. Tutto ciò che le era prossimo in maniera immediata, la campagna noiosa, i piccoli borghesi imbecilli, la banalità della vita, le sembrava un'eccezione, un caso anormale in cui lei si trovava presa mentre, al di là di ciò, si stendeva a perdita d'occhio lo sterminato paese della felicità e delle passioni. Confondeva, nelle sue smanie, la sensualità del lusso con le gioie più intime, l'eleganza delle abitudini con le delicatezze del sentimento. Per l'amore, come per le piante esotiche, non era forse indispensabile un terreno adatto e una temperatura particolare? I sospiri al chiaro di luna, i lunghi abbracci, le lacrime che scorrono sulle mani abbandonate, gli ardori della carne e i languori della tenerezza non possono quindi andare separati dai balconi dei grandi castelli pieni di comodità, dai boudoir dalle tende di seta e dagli spessi tappeti, dalle giardiniere fiorite, dai letti troneggianti sopra un piedistallo né dallo scintillio delle pietre preziose e dai galloni delle livree. Paris, plus vague que l'Océan, miroitait donc aux yeux d'Emma dans une atmosphère vermeille. La vie nombreuse qui s'agitait en ce tumulte y était cependant divisée par parties, classée en tableaux distincts. Emma n'en apercevait que deux ou trois qui lui cachaient tous les autres, et représentaient à eux seuls l'humanité complète. Le monde des ambassadeurs marchait sur des parquets luisants, dans des salons lambrissés de miroirs, autour de tables ovales couvertes d'un tapis de velours à crépines d'or. Il y avait là des robes à queue, de grands mystères, des angoisses dissimulées sous des sourires. Venait ensuite la société des duchesses ; on y était pâle ; on se levait à quatre heures ; les femmes, pauvres anges ! portaient du point d'Angleterre au bas de leur jupon, et les hommes, capacités méconnues sous des dehors futiles, crevaient leurs chevaux par partie de plaisir, allaient passer à Bade la saison d'été, et, vers la quarantaine enfin, épousaient des héritières. Dans les cabinets de restaurants où l'on soupe après minuit riait, à la clarté des bougies, la foule bigarrée des gens de lettres et des actrices. Ils étaient, ceux-là, prodigues comme des rois, pleins d'ambitions idéales et de délires fantastiques. C'était une existence au-dessus des autres, entre ciel et terre, dans les orages, quelque chose de sublime. Quant au reste du monde, il était perdu, sans place précise, et comme n'existant pas. Plus les choses, d'ailleurs, étaient voisines, plus sa pensée s'en détournait. Tout ce qui l'entourait immédiatement, campagne ennuyeuse, petits bourgeois imbéciles, médiocrité de l'existence, lui semblait une exception dans le monde, un hasard particulier où elle se trouvait prise, tandis qu'au-delà s'étendait à perte de vue l'immense pays des félicités et des passions. Elle confondait, dans son désir, les sensualités du luxe avec les joies du coeur, l'élégance des habitudes et les délicatesses du sentiment. Ne fallait-il pas à l'amour, comme aux plantes indiennes, des terrains préparés, une température particulière ? Les soupirs au clair de lune, les longues étreintes, les larmes qui coulent sur les mains qu'on abandonne, toutes les fièvres de la chair et les langueurs de la tendresse ne se séparaient donc pas du balcon des grands châteaux qui sont pleins de loisirs, d'un boudoir à stores de soie avec un tapis bien épais, des jardinières remplies, un lit monté sur une estrade, ni du scintillement des pierres précieuses et des aiguillettes de la livrée.
Lo stalliere che ogni mattina veniva a strigliare la cavalla attraversava il corridoio con i piedi nudi entro grossi zoccoli e con indosso un lacero camiciotto. Era questo il valletto dai calzoni a coscia del quale ci si doveva accontentare! Quando aveva finito il suo lavoro, se ne andava e non tornava più per tutta la giornata; Charles infatti, appena rientrava, portava lui stesso la bestia nella scuderia, le toglieva la sella, le metteva la cavezza, mentre la domestica portava un fascio di fieno e lo gettava in qualche modo nella greppia. Le garçon de la poste, qui, chaque matin, venait panser la jument, traversait le corridor avec ses gros sabots ; sa blouse avait des trous, ses pieds étaient nus dans des chaussons. C'était là le groom en culotte courte dont il fallait se contenter ! Quand son ouvrage était fini, il ne revenait plus de la journée ; car Charles, en rentrant, mettait lui-même son cheval à l'écurie, retirait la selle et passait le licou, pendant que la bonne apportait une botte de paille et la jetait, comme elle le pouvait, dans la mangeoire.
Per sostituire Nastasie (era infatti andata via da Tostes versando fiumi di lacrime) Emma prese al suo servizio una ragazzetta di quattordici anni, orfana e dall'aria mite. Non le permise di portare cuffie di cotone, le insegnò a rivolgersi alla gente usando la terza persona, a portare un bicchiere d'acqua sul vassoio, a bussare alle porte prima di entrare, a stirare, inamidare e a vestirla, cercò di farne, insomma, la sua cameriera. La nuova domestica obbediva senza brontolare per non essere licenziata; e siccome la signora, di solito, non toglieva la chiave dalla credenza, Félicité, ogni sera, faceva una piccola provvista di zucchero e se lo mangiava tutta sola a letto dopo aver recitato le preghiere. Pour remplacer Nastasie ( qui enfin partit de Tostes, en versant des ruisseaux de larmes ) , Emma prit à son service une jeune fille de quatorze ans, orpheline et de physionomie douce. Elle lui interdit les bonnets de coton, lui apprit qu'il fallait vous parler à la troisième personne, apporter un verre d'eau dans une assiette, frapper aux portes avant d'entrer, et à repasser, à empeser, à l'habiller, voulut en faire sa femme de chambre. La nouvelle bonne obéissait sans murmure pour n'être point renvoyée ; et, comme Madame, d'habitude, laissait la clef au buffet, Félicité, chaque soir prenait une petite provision de sucre qu'elle mangeait toute seule, dans son lit, après avoir fait sa prière.
Qualche volta, nel pomeriggio, andava dirimpetto a casa a chiacchierare con i postiglioni, mentre la signora era di sopra in camera sua. L'après-midi, quelquefois, elle allait causer en face avec les postillons. Madame se tenait en haut, dans son appartement.
Emma indossava una vestaglia molto aperta sul davanti, con il collo a scialle che lasciava scorgere una camicetta plissettata e con tre bottoni d'oro. Un cordone con grosse nappine le serviva da cintura e le pantofoline color granato avevano un ciuffo di nastro alto che si allargava fin sul collo del piede. Si era comperata un sottomano, un blocco di carta da lettere, un portapenne, e delle buste benché non avesse nessuno con cui corrispondere; spolverava il suo scaffale, si guardava nello specchio, prendeva un libro, poi lo lasciava cadere sulle ginocchia seguendo un sogno scaturito fra una riga e l'altra. Aveva voglia di viaggiare o di tornare in collegio. Desiderava al contempo morire e andare ad abitare a Parigi. Elle portait une robe de chambre tout ouverte, qui laissait voir, entre les revers à châle du corsage, une chemisette plissée avec trois boutons d'or. Sa ceinture était une cordelière à gros glands, et ses petites pantoufles de couleur grenat avaient une touffe de rubans larges, qui s'étalait sur le couvre-pied. Elle s'était acheté un buvard, une papeterie, un porte-plume et des enveloppes, quoiqu'elle n'eût personne à qui écrire ; elle époussetait son étagère, se regardait dans la glace, prenait un livre, puis, rêvant entre les lignes, le laissait tomber sur ses genoux. Elle avait envie de faire des voyages ou de retourner vivre à son couvent. Elle souhaitait à la fois mourir et habiter Paris.
Con qualunque maltempo, con la pioggia o con la neve, Charles continuava a cavalcare per le strade di campagna. Mangiava la frittata insieme con i contadini, si trovava costretto a infilare il braccio in letti bagnati, a ricevere in viso il getto tiepido dei salassi, ad ascoltare i rantoli, a esaminare catini, a sollevare molta biancheria sporca, ma a casa, la sera, lo aspettavano il fuoco fiammeggiante, la tavola apparecchiata, mobili confortevoli, una moglie elegante, graziosa, che aveva un odore fresco, un profumo che non si sapeva bene da dove venisse, quasi fosse la pelle di lei a possederlo e a darlo anche ai suoi abiti. Charles, à la neige à la pluie, chevauchait par les chemins de traverse. Il mangeait des omelettes sur la table des fermes, entrait son bras dans des lits humides, recevait au visage le jet tiède des saignées, écoutait des râles, examinait des cuvettes, retroussait bien du linge sale ; mais il trouvait, tous les soirs, un feu flambant, la table servie, des meubles souples, et une femme en toilette fine, charmante et sentant frais, à ne savoir même d'où venait cette odeur, ou si ce n'était pas sa peau qui parfumait sa chemise.
Emma riusciva ad affascinarlo con innumerevoli raffinatezze: talvolta si trattava di un nuovo modo di confezionare i piattini di carta per i candelieri, oppure di una guarnizione diversa su un abito, o del nome esotico di una vivanda assai semplice, che la domestica non aveva saputo cucinare, ma che Charles ingoiava fino in fondo lo stesso, e con piacere. Elle le charmait par quantité de délicatesses : c'était tantôt une manière nouvelle de façonner pour les bougies des bobèches de papier, un volant qu'elle changeait à sa robe, ou le nom extraordinaire d'un mets bien simple, et que la bonne avait manqué, mais que Charles, jusqu'au bout, avalait avec plaisir.
Le capitò di vedere a Rouen alcune signore le quali portavano appeso all'orologio un mazzetto di ciondoli; subito comperò dei ciondoli. Volle mettere sul caminetto due grossi vasi di vetro azzurro e, qualche tempo dopo, una scatola da lavoro in avorio con un ditale dorato. Meno Charles capiva queste eleganze, più ne subiva il fascino. Esse aggiungevano qualcosa al piacere dei sensi e alla dolcezza del focolare. Cospargevano di una polvere d'oro tutto il modesto sentiero della sua vita. Elle vit à Rouen des dames qui portaient à leur montre un paquet de breloques ; elle acheta des breloques. Elle voulut sur sa cheminée deux grands vases de verre bleu, et, quelque temps après, un nécessaire d'ivoire, avec un dé de vermeil. Moins Charles comprenait ces élégances, plus il en subissait la séduction. Elles ajoutaient quelque chose au plaisir de ses sens et à la douceur de son foyer. C'était comme une poussière d'or qui sablait tout du long le petit sentier de sa vie.
Godeva buona salute, aveva un bel colorito, e la sua reputazione si era assai ben consolidata. I contadini gli volevano un gran bene perché non era altezzoso. Soleva accarezzare i bambini, non andava mai all'osteria e inoltre ispirava fiducia per la sua moralità. Otteneva particolari successi nella cura delle affezioni bronchiali e delle malattie di petto. Aveva una gran paura di mandare il suo prossimo al Creatore e di conseguenza si limitava a prescrivere pozioni calmanti, qualche emetico, un pediluvio o dei salassi. Non che la chirurgia gli facesse paura, anzi salassava la gente con facilità, come se si fosse trattato di cavalli e aveva una forza infernale nel cavare i denti. Il se portait bien, il avait bonne mine ; sa réputation était établie tout à fait. Les campagnards le chérissaient parce qu'il n'était pas fier. Il caressait les enfants, n'entrait jamais au cabaret, et, d'ailleurs, inspirait de la confiance par sa moralité. Il réussissait particulièrement dans les catarrhes et maladies de poitrine. Craignant beaucoup de tuer son monde, Charles, en effet, n'ordonnait guère que des potions calmantes, de temps à autre de l'émétique, un bain de pieds ou des sangsues. Ce n'est pas que la chirurgie lui fit peur ; il vous saignait les gens largement, comme des chevaux, et il avait pour l'extraction des dents une poigne d'enfer .
Per tenersi al corrente, si abbonò all'Alveare medico, un giornale nuovo di cui gli erano pervenuti i prospetti; lo leggeva, in parte, dopo cena, ma il tepore della stanza, insieme con la fatica della digestione, facevano sì che in capo a cinque minuti, fosse addormentato; rimaneva là, con il mento appoggiato alle mani e i capelli arruffati come una criniera che arrivavano fino al piede della lampada. Emma lo guardava e alzava le spalle. Perché non aveva almeno per marito uno di quegli uomini accesi di taciturno fervore che lavorano di notte in mezzo ai libri e che, giunti ai sessant'anni, l'età dei reumatismi, portano finalmente una piccola spilla a forma di croce sull'abito nero di cattivo taglio? Enfin, pour se tenir au courant , il prit un abonnement à la Ruche médicale , journal nouveau dont il avait reçu le prospectus. Il en lisait un peu après son dîner ; mais la chaleur de l'appartement, jointe à la digestion, faisait qu'au bout de cinq minutes il s'endormait ; et il restait là, le menton sur ses deux mains, et les cheveux étalés comme une crinière jusqu'au pied de la lampe. Emma le regardait en haussant les épaules. Que n'avait-elle, au moins, pour mari un de ces hommes d'ardeurs taciturnes qui travaillent la nuit dans les livres, et portent enfin, à soixante ans, quand vient l'âge des rhumatismes, une brochette de croix, sur leur habit noir, mal fait.
Emma avrebbe desiderato che il nome di Bovary, ora il suo nome, fosse illustre, le sarebbe piaciuto vederlo nelle librerie, leggerlo nei giornali, noto in tutta la Francia. Ma Charles non aveva ambizioni! Un medico di Yvetot, con il quale si era trovato ultimamente per un consulto, lo aveva quasi mortificato addirittura al capezzale del paziente e davanti a tutti i parenti riuniti. Quando Charles, la sera, raccontò il fatto, Emma si accalorò molto contro il collega del marito. Quest'ultimo fu intenerito dall'atteggiamento di sua moglie: la baciò sulla fronte con gli occhi pieni di lacrime. Ma Emma era esasperata e piena di vergogna, lo avrebbe preso volentieri a schiaffi. Andò nel corridoio, aprì la finestra e rimase a respirare l'aria fresca per calmarsi. Elle aurait voulu que ce nom de Bovary, qui était le sien, fût illustre, le voir étalé chez les libraires, répété dans les journaux, connu par toute la France. Mais Charles n'avait point d'ambition : Un médecin d'Yvetot, avec qui dernièrement il s'était trouvé en consultation, l'avait humilié quelque peu, au lit même du malade, devant les parents assemblés. Quand Charles lui raconta, le soir, cette anecdote, Emma s'emporta bien haut contre le confrère. Charles en fut attendri. Il la baisa au front avec une larme. Mais elle était exaspérée de honte, elle avait envie de le battre, elle alla dans le corridor ouvrir la fenêtre et huma l'air frais pour se calmer.
"Che disgraziato! Povero disgraziato!" ripeteva, mordendosi le labbra. -- Quel pauvre homme ! quel pauvre homme ! disait-elle tout bas, en se mordant les lèvres.
Si sentiva sempre più irritata dal suo modo di comportarsi. Con il passare degli anni Charles prendeva abitudini grossolane; alla fine del pranzo era solito tagliuzzare i tappi delle bottiglie vuote; dopo aver mangiato si passava la lingua sui denti. Sorbiva il brodo producendo gorgoglii chioccianti a ogni cucchiaiata, e, poiché cominciava a ingrassare, gli occhi, già piccoli, sembravano spostarsi verso le tempie, spinti verso l'alto dalle gote gonfie di adipe. Elle se sentait, d'ailleurs, plus irritée de lui. Il prenait, avec l'âge, des allures épaisses ; il coupait, au dessert, le bouchon des bouteilles vides ; il se passait, après manger, la langue sur les dents ; il faisait, en avalant sa soupe, un gloussement à chaque gorgée, et, comme il commençait d'engraisser, ses yeux, déjà petits, semblaient remontés vers les tempes par la bouffissure de ses pommettes.
A volte Emma gli ricacciava nel panciotto il bordo rosso delle maglie, gli raddrizzava la cravatta o buttava via i guanti consumati che egli stava per infilare. Ma non faceva questo per lui, bensì per se stessa, per una specie di estensione del suo egoismo, di irritazione nervosa. Altre volte gli parlava di ciò che aveva letto, un brano di un romanzo, una nuova commedia o l'ultimo aneddoto sul gran mondo riportato dal giornale; dopotutto, Charles era qualcuno, un orecchio sempre disposto ad ascoltare, un'approvazione sempre pronta. La cagnolina stessa riceveva le sue confidenze ed ella ne avrebbe fatte anche ai ceppi del caminetto e al bilanciere della pendola. Emma, quelquefois, lui rentrait dans son gilet la bordure rouge de ses tricots, rajustait sa cravate, ou jetait à l'écart les gants déteints qu'il se disposait à passer ; et ce n'était pas, comme il croyait, pour lui ; c'était pour elle-même, par expansion d'égoïsme, agacement nerveux. Quelquefois aussi, elle lui parlait des choses qu'elle avait lues, comme d'un passage de roman, d'une pièce nouvelle, ou de l'anecdote du grand monde que l'on racontait dans le feuilleton ; car, enfin, Charles était quelqu'un, une oreille toujours ouverte, une approbation toujours prête. Elle faisait bien des confidences à sa levrette ! Elle en eût fait aux bûches de la cheminée et au balancier de la pendule.
In fondo al cuore continuava a sperare che accadesse qualcosa di diverso. Come i marinai in pericolo, volgeva sguardi disperati sulla solitudine della sua vita, cercando di scorgere una vela bianca lontana fra le brume dell'orizzonte. Non sapeva che cosa stava aspettando, quale vento avrebbe spinto verso di lei l'avvenimento desiderato, a quale lido l'avrebbe fatta approdare, se si sarebbe trattato di una scialuppa o di un vascello a tre ponti carico di angosce o pieno di felicità fino ai boccaporti. Ogni mattino, al risveglio, sperava che ciò avvenisse, proprio quel giorno, e ascoltava ogni rumore, si alzava di soprassalto, e si stupiva che ancora non accadesse nulla; poi, al tramonto, sempre più triste, desiderava di essere all'indomani. Au fond de son âme, cependant, elle attendait un événement. Comme les matelots en détresse, elle promenait sur la solitude de sa vie des yeux désespérés, cherchant au loin quelque voile blanche dans les brumes de l'horizon. Elle ne savait pas quel serait ce hasard, le vent qui le pousserait jusqu'à elle, vers quel rivage il la mènerait, s'il était chaloupe ou vaisseau à trois ponts, chargé d'angoisses ou plein de félicités jusqu'aux sabords. Mais, chaque matin, à son réveil, elle l'espérait pour la journée, et elle écoutait tous les bruits, se levait en sursaut, s'étonnait qu'il ne vînt pas ; puis, au coucher du soleil, toujours plus triste, désirait être au lendemain.
Tornò la primavera. Emma provò a volte un senso di soffocamento, ai primi calori, quando fiorirono i peri. Le printemps reparut. Elle eut des étouffements aux premières chaleurs, quand les poiriers fleurirent.
Fin dai primi giorni di luglio, cominciò a contare sulle dita quante settimane mancavano per arrivare al mese di ottobre, nella speranza che il marchese di Andervilliers forse avrebbe dato ancora un ballo alla Vaubyessard. Ma tutto il mese di settembre trascorse senza che giungessero lettere o visite. Dès le commencement de juillet, elle compta sur ses doigts combien de semaines lui restaient pour arriver au mois d'octobre, pensant que le marquis d'Andervilliers, peut-être, donnerait encore un bal à la Vaubyessard. Mais tout septembre s'écoula sans lettres ni visites.
Dopo quella delusione, il suo cuore rimase vuoto ancora una volta, e la serie delle giornate tutte uguali ricominciò. Après l'ennui de cette déception, son coeur de nouveau resta vide, et alors la série des mêmes journées recommença.
Ormai si sarebbero susseguite dunque, così, tutte in fila, monotone, anonime, e senza portare con sé proprio nulla? Le altre esistenze, per quanto piatte fossero, avevano almeno la probabilità di un avvenimento imprevisto, e gli avvenimenti imprevisti provocano talora peripezie senza fine, e tutto cambia. Soltanto per lei non succedeva mai niente, Dio aveva voluto così! L'avvenire si presentava come un corridoio nero in fondo al quale v'era una porta sprangata. Elles allaient donc maintenant se suivre ainsi à la file, toujours pareilles, innombrables, et n'apportant rien ! Les autres existences, si plates qu'elles fussent, avaient du moins la chance d'un événement. Une aventure amenait parfois des péripéties à l'infini, et le décor changeait. Mais, pour elle, rien n'arrivait, Dieu l'avait voulu ! L'avenir était un corridor tout noir, et qui avait au fond sa porte bien fermée.
Non si interessò più di musica. Perché sonare? Chi l'avrebbe ascoltata? Dal momento che non avrebbe mai potuto esibirsi con un abito di velluto con le maniche corte, a un concerto, su un pianoforte Erard, facendo correre le dita leggere sui tasti d'avorio, e sentire intorno a sé, circondarla come una brezza, un mormorio estatico, non valeva la pena di annoiarsi a studiare. Lasciò in fondo a un cassetto anche i fogli da disegno e i ricami. A che serviva? A che serviva? E poi, cucire la innervosiva. Elle abandonna la musique. Pourquoi jouer ? qui l'entendrait ? Puisqu'elle ne pourrait jamais, en robe de velours à manches courtes, sur un piano d'Erard, dans un concert, battant de ses doigts légers les touches d'ivoire, sentir, comme une brise, circuler autour d'elle un murmure d'extase, ce n'était pas la peine de s'ennuyer à étudier. Elle laissa dans l'armoire ses cartons à dessin et la tapisserie. A quoi bon ? à quoi bon ? La couture l'irritait.
"Ho già letto tutto" si diceva. -- J'ai tout lu, se disait-elle.
E restava lì a far arroventare le molle nella brace del camino o a guardar cadere la pioggia. Et elle restait à faire rougir les pincettes, ou regardant la pluie tomber.
Che tristezza, la domenica, quando sonava il vespro! Ascoltava con una concentrazione attonita battere a uno a uno i rintocchi sordi della campana. Sul tetto un gatto camminava lentamente facendo la gobba, sotto i raggi di un pallido sole. Il vento sollevava nugoli di polvere sulla strada maestra. Di tanto in tanto, un cane lontano ululava: e la campana, a intervalli regolari, continuava i suoi rintocchi monotoni che si perdevano nella campagna. Comme elle était triste le dimanche, quand on sonnait les vêpres ! Elle écoutait, dans un hébétement attentif, tinter un à un les coups fêlés de la cloche. Quelque chat sur les toits, marchant lentement, bombait son dos aux rayons pâles du soleil. Le vent, sur la grande route, soufflait des traînées de poussières. Au loin, parfois, un chien hurlait : et la cloche, à temps égaux, continuait sa sonnerie monotone qui se perdait dans la campagne.
Intanto la gente usciva di chiesa. Le donne avevano gli zoccoli lucidati, i contadini le bluse nuove, i bambini piccoli, senza cappello, saltellavano davanti a loro; tutti si avviavano verso casa. E fino a notte cinque o sei uomini, sempre gli stessi, restavano a giocare al turacciolo, davanti alla porta dell'osteria. Cependant on sortait de l'église. Les femmes en sabots cirés, les paysans en blouse neuve, les petits enfants qui sautillaient nu-tête devant eux, tout rentrait chez soi. Et, jusqu'à la nuit, cinq ou six hommes, toujours les mêmes, restaient à jouer au bouchon, devant la grande porte de l'auberge.
Fu un inverno freddo. I vetri, la mattina, erano coperti da uno strato di gelo e la luce che filtrava attraverso essi, biancastra come quella dei vetri smerigliati, si manteneva talvolta uguale per tutta la giornata. Alle quattro del pomeriggio bisognava già accendere il lume. L'hiver fut froid. Les carreaux, chaque matin, étaient chargés de givre, et la lumière, blanchâtre à travers eux, comme par des verres dépolis, quelquefois ne variait pas de la journée. Dès quatre heures du soir, il fallait allumer la lampe.
Nelle belle giornate, Emma scendeva in giardino. La brina aveva posato sui cavoli merletti d'argento con lunghi fili chiari che andavano da un cespo all'altro. Gli uccelli tacevano, tutto sembrava addormentato, la spalliera coperta di paglia, e la vigna, simile a un grande serpente malato sotto la sporgenza del muro, dove, avvicinandosi, era possibile scorgere i centopiedi trascinarsi sulle innumerevoli gambe. In mezzo agli abeti nani, il curato con il tricorno, che leggeva il breviario, aveva perduto il piede destro e il gesso, sfaldandosi con il gelo, gli aveva coperto di croste bianche il viso. Les jours qu'il faisait beau, elle descendait dans le jardin. La rosée avait laissé sur les choux des guipures d'argent avec de longs fils clairs qui s'étendaient de l'un à l'autre. On n'entendait pas d'oiseaux, tout semblait dormir, l'espalier couvert de paille et la vigne comme un grand serpent malade sous le chaperon du mur, où l'on voyait, en s'approchant, se traîner des cloportes à pattes nombreuses. Dans les sapinettes, près de la haie, le curé en tricorne qui lisait son bréviaire avait perdu le pied droit et même le plâtre, s'écaillant à la gelée, avait fait des gales blanches sur sa figure.
Poi rientrava, chiudeva la porta, attizzava il fuoco e abbandonandosi al calore del caminetto sentiva ripiombare su di sé, ancora più pesante, la noia. Desiderava scendere in cucina a chiacchierare con la domestica, ma una specie di pudore la tratteneva. Puis elle remontait, fermait la porte, étalait les charbons, et, défaillant à la chaleur du foyer, sentait l'ennui plus lourd qui retombait sur elle. Elle serait bien descendue causer avec la bonne, mais une pudeur la retenait.
Tutti i giorni alla stessa ora il maestro di scuola, la berretta nera di seta sul capo, apriva le imposte di casa sua e la guardia campestre passava con la sciabola sul camiciotto. La sera e la mattina, i cavalli della posta, a tre a tre, attraversavano la strada per andare a bere al fontanile. Di tanto in tanto la campanella della porta di un'osteria tintinnava e quando c'era vento si sentiva cigolare sui ganci che lo reggevano il catino d'ottone che serviva da insegna alla bottega del barbiere. Questa bottega era decorata da una vecchia illustrazione di un giornale di moda incollata contro un vetro e da una testa femminile di cera dai capelli gialli. Anche il parrucchiere si lamentava della sua vocazione soffocata, del suo avvenire rovinato, e sognava una bottega in qualche grande città, come Rouen, per esempio, sul porto, vicino al teatro, e intanto passeggiava su e giù tutto il giorno, fra la chiesa e il municipio, imbronciato e in attesa di clientela. Quando la signora Bovary alzava gli occhi, lo vedeva sempre là, come una sentinella, di guardia con la papalina di traverso e una giacca di raso. Tous les jours, à la même heure, le maître d'école, en bonnet de soie noire, ouvrait les auvents de sa maison, et le garde-champêtre passait, portant son sabre sur sa blouse. Soir et matin, les chevaux de la poste, trois par trois, traversaient la rue pour aller boire à la mare. De temps à autre, la porte d'un cabaret faisait tinter sa sonnette, et, quand il y avait du vent, l'on entendait grincer sur leurs deux tringles les petites cuvettes en cuivre du perruquier, qui servaient d'enseigne à sa boutique. Elle avait pour décoration une vieille gravure de modes collée contre un carreau et un buste de femme en cire, dont les cheveux étaient jaunes. Lui aussi, le perruquier, il se lamentait de sa vocation arrêtée, de son avenir perdu, et, rêvant quelque boutique dans une grande ville, comme à Rouen, par exemple, sur le port, près du théâtre, il restait toute la journée à se promener en long, depuis la mairie jusqu'à l'église, sombre, et attendant la clientèle. Lorsque madame Bovary levait les yeux, elle le voyait toujours là, comme une sentinelle en faction, avec son bonnet grec sur l'oreille et sa veste de lasting.
Nel pomeriggio, talvolta, dietro i vetri della sala, nella via, compariva una testa d'uomo, dai favoriti neri e dal volto abbronzato, sul quale si stendeva lentamente un largo sorriso dolce che scopriva i denti bianchi. Subito si facevano sentire le note di un valzer e sopra l'organino, in una minuscola sala da ballo, ballerini alti un dito, dame in turbante rosa, tirolesi in giacchettino, scimmie in marsina nera, cavalieri in pantaloni a coscia giravano e giravano fra le poltrone, i divani, le mensole, moltiplicandosi nei pezzetti di specchio tenuti insieme da una carta d'oro. L'uomo girava la manovella guardando a destra e a sinistra e verso le finestre. Di tanto in tanto lanciava contro un paracarro un lungo getto di saliva scura e appoggiava su un ginocchio il suo strumento, la cui cinghia dura gli stancava la spalla; ora triste e lenta, ora gioiosa e veloce, la musica dell'organino si diffondeva attraverso una tendina di taffetà rosa o una grata di ottone ad arabeschi. Erano motivi in voga nei teatri, motivi che venivano cantati nei saloni, che accompagnavano, la sera, le danze sotto i lampadari splendenti, echi del mondo dai quali Emma veniva raggiunta. E allora sarabande senza fine si srotolavano nella sua mente: come una baiadera su un tappeto a fiori il suo pensiero saltellava con le note, ondeggiava di sogno in sogno, di malinconia in malinconia. L'uomo, dopo aver ricevuto l'elemosina che gli veniva gettata nel berretto, copriva l'organino con una vecchia coperta turchina, se lo passava sulla schiena e si allontanava con passo pesante. Emma lo guardava andar via. Dans l'après-midi, quelquefois, une tête d'homme apparaissait derrière les vitres de la salle, tête hâlée, à favoris noirs, et qui souriait lentement d'un large sourire doux à dents blanches. Une valse aussitôt commençait, et, sur l'orgue, dans un petit salon, des danseurs hauts comme le doigt, femmes en turban rose, Tyroliens en jaquette, singes en habit noir, messieurs en culotte courte, tournaient, tournaient entre les fauteuils, les canapés, les consoles, se répétant dans les morceaux de miroir que raccordait à leurs angles un filet de papier doré. L'homme faisait aller sa manivelle, regardant à droite, à gauche et vers les fenêtres. De temps à autre, tout en lançant contre la borne un long jet de salive brune, il soulevait du genou son instrument, dont la bretelle dure lui fatiguait l'épaule ; et, tantôt dolente et traînarde, ou joyeuse et précipitée, la musique de la boîte s'échappait en bourdonnant à travers un rideau de taffetas rose, sous une grille de cuivre en arabesque. C'étaient des airs que l'on jouait ailleurs sur les théâtres, que l'on chantait dans les salons, que l'on dansait le soir sous des lustres éclairés, échos du monde qui arrivaient jusqu'à Emma. Des sarabandes à n'en plus finir se déroulaient dans sa tête, et, comme une bayadère sur les fleurs d'un tapis, sa pensée bondissait avec les notes, se balançait de rêve en rêve, de tristesse en tristesse. Quand l'homme avait reçu l'aumône dans sa casquette, il rabattait une vieille couverture de laine bleue, passait son orgue sur son dos et s'éloignait d'un pas lourd. Elle le regardait partir.
Soprattutto all'ora dei pasti sentiva di non poterne più: in quella stanzetta al pianterreno, dove la stufa faceva fumo, la porta cigolava, i muri trasudavano e i pavimenti erano sempre umidi, le sembrava che tutta l'amarezza della sua esistenza le venisse servita nel piatto e, come il fumo del bollito, salivano dal fondo dell'anima sua altrettante zaffate di tedio insulso. Charles mangiava con lentezza, Emma sgranocchiava qualche nocciolina o si divertiva, appoggiata a un gomito, a disegnare linee con la punta del coltello, sulla tela cerata. Mais c'était surtout aux heures des repas qu'elle n'en pouvait plus, dans cette petite salle au rez-de-chaussée, avec le poêle qui fumait, la porte qui criait, les murs qui suintaient, les pavés humides ; toute l'amertume de l'existence lui semblait servie sur son assiette, et, à la fumée du bouilli, il montait du fond de son âme comme d'autres bouffées d'affadissement. Charles était long à manger ; elle grignotait quelques noisettes, ou bien, appuyée du coude, s'amusait, avec la pointe de son couteau, à faire des raies sur la toile cirée.
Adesso trascurava del tutto l'andamento della casa e la suocera, quando andò a Tostes a trascorrere una parte della quaresima, si stupì molto di questo cambiamento. Infatti, la nuora, un tempo tanto diligente e scrupolosa, trascorreva ora intere giornate senza vestirsi, portava calze di cotone grigio e si faceva lume con la candela. Ripeteva che bisognava fare economia, perché non erano ricchi, dichiarava di essere del tutto soddisfatta e felicissima, diceva che Tostes le piaceva molto e continuava con nuovi argomenti che tappavano la bocca alla suocera. Inoltre Emma non sembrava più disposta a seguire i suoi consigli. Una volta, essendosi la vecchia Bovary azzardata a dire che i padroni devono sorvegliare la religiosità dei domestici, Emma le aveva rivolto uno sguardo così irato e un sorriso tanto gelido, che la buona donna non aveva più fiatato. Elle laissait maintenant tout aller dans son ménage, et madame Bovary mère, lorsqu'elle vint passer à Tostes une partie du carême, s'étonna fort de ce changement. Elle, en effet, si soigneuse autrefois et délicate, elle restait à présent des journées entières sans s'habiller, portait des bas de coton gris, s'éclairait à la chandelle. Elle répétait qu'il fallait économiser, puisqu'ils n'étaient pas riches, ajoutant qu'elle était très contente, très heureuse, que Tostes lui plaisait beaucoup, et autres discours nouveaux qui fermaient la bouche à la belle-mère. Du reste, Emma ne semblait plus disposée à suivre ses conseils ; une fois même, madame Bovary s'étant avisée de prétendre que les maîtres devaient surveiller la religion de leurs domestiques, elle lui avait répondu d'un oeil si colère et avec un sourire tellement froid, que la bonne femme ne s'y frotta plus.
Emma divenne capricciosa e difficile. Ordinava per sé pietanze che poi non toccava nemmeno, un giorno beveva soltanto latte e il giorno dopo dozzine di tazze di tè. Spesso si ostinava a non voler uscire di casa e subito dopo si sentiva soffocare, apriva le finestre e indossava abiti leggeri. Dopo aver strapazzato duramente la domestica, le faceva dei regali o la mandava a passeggio dalle vicine, e talvolta perfino gettava ai poveri tutte le monete d'argento che aveva nel borsellino, benché non fosse di animo tenero né si lasciasse commuovere facilmente dalle pene altrui, come del resto la maggior parte di coloro che discendono da una stirpe contadina e conservano nell'anima qualcosa che ricorda la callosità delle mani dei padri. Emma devenait difficile, capricieuse. Elle se commandait des plats pour elle, n'y touchait point, un jour ne buvait que du lait pur, et, le lendemain, des tasses de thé à la douzaine. Souvent elle s'obstinait à ne pas sortir, puis elle suffoquait, ouvrait les fenêtres, s'habillait en robe légère. Lorsqu'elle avait bien rudoyé sa servante, elle lui faisait des cadeaux ou l'envoyait se promener chez les voisines, de même qu'elle jetait parfois aux pauvres toutes les pièces blanches de sa bourse, quoiqu'elle ne fût guère tendre cependant, ni facilement accessible à l'émotion d'autrui, comme la plupart des gens issus de campagnards, qui gardent toujours à l'âme quelque chose de la callosité des mains paternelles.
Verso la fine di febbraio, papà Rouault, memore della sua guarigione, portò di persona al genero una superba tacchina e si fermò tre giorni a Tostes. Fu Emma a tenergli compagnia, perché Charles era occupato con i malati. Papà Rouault fumò in camera, sputò sugli alari, parlò di colture, di vitelli, di mucche, di pollame e di consigli municipali; tanto che Emma, quando gli chiuse la porta alle spalle, fu presa da un senso di soddisfazione tale da lasciare stupita lei stessa. D'altro canto non nascondeva più il suo disprezzo per cose e persone; a volte manifestava opinioni bizzarre, biasimava ciò che otteneva l'approvazione di tutti e giudicava benevolmente perversità e immoralità da tutti riprovate: questi atteggiamenti facevano spalancare tanto d'occhi a suo marito. Vers la fin de février, le père Rouault, en souvenir de sa guérison, apporta lui-même à son gendre une dinde superbe, et il resta trois jours à Tostes. Charles étant à ses malades, Emma lui tint compagnie. Il fuma dans la chambre, cracha sur les chenets, causa culture, veaux, vaches, volailles et conseil municipal ; si bien qu'elle referma la porte, quand il fut parti, avec un sentiment de satisfaction qui la surprit elle-même. D'ailleurs, elle ne cachait plus son mépris pour rien, ni pour personne ; et elle se mettait quelque fois à exprimer des opinions singulières, blâmant ce que l'on approuvait, et approuvant des choses perverses ou immorales : ce qui faisait ouvrir de grands yeux à son mari.
Quella miserevole esistenza sarebbe durata per sempre? Non le sarebbe mai stato possibile uscirne? Era convinta di non valere meno di tutte le altre che vivevano felici. Alla Vaubyessard aveva visto duchesse più grasse di lei e dalle maniere più volgari delle sue ed esecrava l'ingiustizia del Cielo; appoggiava il capo al muro e piangeva; invidiava le vite tumultuose, i balli mascherati, i piaceri sfacciati con tutti quegli smarrimenti che lei ancora non conosceva, ma che certo dovevano causare. Est-ce que cette misère durerait toujours ? est-ce qu'elle n'en sortirait pas ? Elle valait bien cependant toutes celles qui vivaient heureuses ! Elle avait vu des duchesses à la Vaubyessard qui avaient la taille plus lourde et les façons plus communes, et elle exécrait l'injustice de Dieu ; elle s'appuyait la tête aux murs pour pleurer ; elle enviait les existences tumultueuses, les nuits masquées, les insolents plaisirs avec tous les éperduments qu'elle ne connaissait pas et qu'ils devaient donner.
Impallidiva e soffriva di palpitazioni. Charles le somministrò valeriana e le faceva fare bagni alla canfora. Qualsiasi cosa si tentasse, serviva soltanto ad aumentare il suo nervosismo. Elle pâlissait et avait des battements de coeur. Charles lui administra de la valériane et des bains de camphre. Tout ce que l'on essayait semblait l'irriter davantage.
V'erano giorni in cui parlava con un'irruenza febbrile; a tali esaltazioni facevano seguito d'improvviso torpori duranti i quali rimaneva muta e immobile. Allora soltanto in un modo riusciva a rianimarsi, versandosi sulle braccia il contenuto di un flacone di acqua di Colonia. En de certains jours, elle bavardait avec une abondance fébrile ; à ces exaltations succédaient tout à coup des torpeurs où elle restait sans parler, sans bouger. Ce qui la ranimait alors, c'était de se répandre sur les bras un flacon d'eau de Cologne.
Quel continuo lagnarsi di Tostes indusse Charles a supporre che la causa dei suoi malori dipendesse da qualche influsso dei luoghi, e, convinto di essere nel giusto, egli cominciò a prendere seriamente in esame la possibilità di andare a stabilirsi altrove. Comme elle se plaignait de Tostes continuellement, Charles imagina que la cause de sa maladie était sans doute dans quelque influence locale, et, s'arrêtant à cette idée, il songea sérieusement à aller s'établir ailleurs.
Da allora Emma si mise a bere aceto, per dimagrire, si buscò una tossettina secca e perse del tutto l'appetito. Dès lors, elle but du vinaigre pour se faire maigrir, contracta une petite toux sèche et perdit complètement l'appétit.
A Charles dispiaceva non poco lasciare, dopo quattro anni, Tostes, e proprio nel momento in cui la sua posizione cominciava a consolidarsi. Ma se era indispensabile!... La condusse a Rouen, per farla visitare dal suo ex maestro, il quale diagnosticò una forma nervosa e consigliò un cambiamento d'aria. Il en coûtait à Charles d'abandonner Tostes après quatre ans de séjour et au moment où il commençait à s'y poser . S'il le fallait, cependant ! Il la conduisit à Rouen voir son ancien maître. C'était une maladie nerveuse : on devait la changer d'air.
Dopo numerose ricerche, in diversi luoghi, Charles venne a sapere che nel dipartimento di Neufchâtel v'era una grossa borgata chiamata Yonville-l'Abbaye il cui medico, un esule polacco, se ne era andato da una settimana. Allora scrisse al farmacista del luogo per sapere il numero degli abitanti, a quale distanza si trovasse il più vicino collega, quanto guadagnasse in un anno il suo predecessore, eccetera. Le risposte furono soddisfacenti e venne così deciso di traslocare, verso la primavera, se nel frattempo la salute di Emma non fosse migliorata. Après s'être tourné de côté et d'autre, Charles apprit qu'il y avait dans l'arrondissement de Neufchâtel, un fort bourg nommé Yonville-l'Abbaye, dont le médecin, qui était un réfugié polonais, venait de décamper la semaine précédente. Alors il écrivit au pharmacien de l'endroit pour savoir quel était le chiffre de la population, la distance où se trouvait le confrère le plus voisin, combien par année gagnait son prédécesseur, etc. ; et, les réponses ayant été satisfaisantes, il se résolut à déménager vers le printemps, si la santé d'Emma ne s'améliorait pas.
Un giorno, mentre in previsione del trasloco, Emma stava riordinando un cassetto, qualcosa le punse un dito. Era un filo di ferro del suo bouquet di nozze. I fiori d'arancio erano gialli di polvere e i nastri di raso orlati d'argento si sfilacciavano ai bordi. Emma lo gettò nel caminetto. Prese fuoco più in fretta della paglia secca, e rimase sulla cenere come un cespuglio che si consumava a poco a poco. Rimase a guardarlo mentre bruciava. Le piccole bacche di cartone scoppiettavano, il filo di ottone si contorceva, il gallone d'argento si fondeva e le corolle di carta, raggrinzite, si dondolavano lungo la piastra del camino, come farfalle nere, per sparire poi su per la cappa. Quand on partit de Tostes, au mois de mars, madame Bovary était enceinte
Quando partirono da Tostes, nel mese di marzo, la signora Bovary era incinta.
G. Fleubert Madame Bovary Часть первая

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Italiano France
Stavamo studiando, quando entrò il preside seguito da un nuovo alunno vestito in borghese e dal bidello che trasportava un grosso banco. Quelli che dormivano si svegliarono e si alzarono in piedi come sorpresi in piena attività. Nous étions à l'Etude, quand le Proviseur entra suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail
Il preside ci fece cenno di star comodi, poi si rivolse all'insegnante: Le Proviseur nous fit signe de nous rasseoir ; puis, se tournant vers le maître d'études :
"Professor Roger," disse sottovoce "le raccomando questo allievo. Viene ammesso alla quinta, ma se il profitto e la condotta lo renderanno meritevole, passerà fra i grandi, come richiederebbe la sua età". -- Monsieur Roger, lui dit-il à demi-voix, voici un élève que je vous recommande, il entre en cinquième. Si son travail et sa conduite sont méritoires, il passera dans les grands , où l'appelle son âge.
Il 'nuovo', un giovane e robusto campagnolo d'una quindicina di anni circa, alto di statura più di ognuno di noi, rimaneva in un angolo dietro la porta, di modo che lo vedevamo appena. Aveva i capelli tagliati diritti sulla fronte, come un chierichetto di paese: sembrava assennato e molto intimorito. Benché non avesse le spalle larghe, dava l'impressione che la giacchetta di panno verde con i bottoni neri lo stringesse sotto le ascelle; gli spacchi dei risvolti delle maniche lasciavano vedere i polsi arrossati a furia di rimanere scoperti. Le gambe calzate di blu sbucavano da un paio di pantaloni giallastri sostenuti con troppa energia dalle bretelle. Portava scarpe chiodate robuste e mal lucidate. Resté dans l'angle, derrière la porte, si bien qu'on l'apercevait à peine, le nouveau était un gars de la campagne, d'une quinzaine d'années environ, et plus haut de taille qu'aucun de nous tous. Il avait les cheveux coupés droit sur le front, comme un chantre de village, l'air raisonnable et fort embarrassé. Quoiqu'il ne fût pas large des épaules, son habit-veste de drap vert à boutons noirs devait le gêner aux entournures et laissait voir, par la fente des parements, des poignets rouges habitués à être nus. Ses jambes, en bas bleus, sortaient d'un pantalon jaunâtre très tiré par les bretelles. Il était chaussé de souliers forts, mal cirés, garnis de clous
Cominciammo a recitare le lezioni. Egli stava tutto orecchi ad ascoltarle, attento come se ascoltasse un sermone, senza osare nemmeno incrociare le gambe o appoggiarsi al gomito, e alle due, quando suonò la campana, il professore dovette chiamarlo perché si mettesse in fila con noi. On commença la récitation des leçons. Il les écouta de toutes ses oreilles, attentif comme au sermon, n'osant même croiser les cuisses, ni s'appuyer sur le coude, et, à deux heures, quand la cloche sonna, le maître d'études fut obligé de l'avertir, pour qu'il se mît avec nous dans les rangs.
Avevamo l'abitudine entrando in classe di gettare a terra i berretti per restare con le mani più libere; bisognava lanciarli stando sulla soglia fin sotto il banco, in modo che battessero contro il muro e sollevassero più polvere possibile; così era 'l'uso'. Nous avions l'habitude, en entrant en classe, de jeter nos casquettes par terre, afin d'avoir ensuite nos mains plus libres ; il fallait, dès le seuil de la porte, les lancer sous le banc, de façon à frapper contre la muraille en faisant beaucoup de poussière ; c'était là le genre .
Ma, sia che non avesse notato la manovra o che non avesse osato metterla in pratica, alla fine della preghiera, il 'nuovo' teneva ancora il berretto sulle ginocchia. Si trattava di uno di quei copricapi non ben definibili, nei quali è possibile trovare gli elementi del cappuccio di pelo, del colbacco, del cappello rotondo, del berretto di lontra e del berretto da notte, una di quelle povere cose, insomma, la cui bruttezza silenziosa ha la stessa profondità d'espressione del viso d'un idiota. Di forma ovoidale e tenuto teso dalle stecche di balena, cominciava con tre salsicciotti rotondi, poi, separate da una striscia rossa, si alternavano losanghe di velluto e di pelo di coniglio; veniva in seguito una specie di sacco che terminava con un poligono sostenuto da cartone ed era coperto da un complicato ricamo di passamaneria, dal quale pendeva, al termine di un lungo e troppo sottile cordone, un ciuffetto di fili d'oro a guisa di nappina. Il berretto era nuovo di zecca e la visiera splendeva. Mais, soit qu'il n'eût pas remarqué cette manoeuvre ou qu'il n'eût osé s'y soumettre, la prière était finie que le nouveau tenait encore sa casquette sur ses deux genoux. C'était une de ces coiffure d'ordre composite, où l'on retrouve les éléments du bonnet à poil, du chapska du chapeau rond, de la casquette de loutre et du bonnet de coton, une de ces pauvres choses, enfin, dont la laideur muette a des profondeurs d'expression comme le visage d'un imbécile. Ovoïde et renflée de baleines, elle commençait par trois boudins circulaires ; puis s'alternaient, séparés par une bande rouge, des losanges de velours et de poils de lapin ; venait ensuite une façon de sac qui se terminait par un polygone cartonné, couvert d'une broderie en soutache compliquée, et d'où pendait, au bout d'un long cordon trop mince, un petit croisillon de fils d'or, en manière de gland. Elle était neuve ; la visière brillait.
"Si alzi" disse il professore. -- Levez-vous, dit le professeur.
Lo scolaro si alzò: il berretto cadde per terra. Tutta la classe scoppiò a ridere. Il se leva ; sa casquette tomba. Toute la classe se mit à rire.
Egli si chinò per raccoglierlo. Un compagno con una gomitata lo fece di nuovo cadere: il ragazzo ancora una volta lo raccattò. Il se baissa pour la reprendre. Un voisin la fit tomber d'un coup de coude, il la ramassa encore une fois.
"Si sbarazzi del suo casco" disse il professore che era un uomo di spirito. -- Débarrassez-vous donc de votre casque, dit le professeur, qui était un homme d'esprit.
Un'altra clamorosa risata della scolaresca sconcertò il povero ragazzo, tanto che egli non seppe più se dovesse tenere il berretto in mano, lasciarlo per terra o metterselo in testa. Il y eut un rire éclatant des écoliers qui décontenança le pauvre garçon, si bien qu'il ne savait s'il fallait garder sa casquette à la main, la laisser par terre ou la mettre sur sa tête.
Si rimise a sedere e lo posò sulle ginocchia. Il se rassit et la posa sur ses genoux
"Si alzi," riprese il professore "e mi dica il suo nome". -- Levez-vous, reprit le professeur, et dites-moi votre nom.
Il 'nuovo', farfugliando, pronunciò un nome incomprensibile. Le nouveau articula, d'une voix bredouillante, un nom inintelligible.
"Ripeta!" -- Répétez !
Si udì lo stesso farfugliamento di sillabe, sommerso dagli schiamazzi della classe. Le même bredouillement de syllabes se fit entendre, couvert par les huées de la classe.
"Più forte," gridò l'insegnante "più forte!" -- Plus haut ! cria le maître, plus haut !
Il 'nuovo', prendendo una decisione eroica, aprì una bocca smisurata e gridò a pieni polmoni, come per chiamare qualcuno, questa parola: "Charbovari". Le nouveau , prenant alors une résolution extrême, ouvrit une bouche démesurée et lança à pleins poumons, comme pour appeler quelqu'un, ce mot : Charbovari .
Di colpo si levò uno strepito che salì in crescendo con acuti scoppi di voce (chi urlava, chi abbaiava, chi pestava i piedi, mentre tutti ripetevano: "Charbovari, Charbovari!") per smorzarsi poi in note isolate, e riprendere all'improvviso in una fila di banchi, ove qualche risata soffocata si levava ancora, simile a un petardo non del tutto spento. Ce fut un vacarme qui s'élança d'un bond, monta en crescendo , avec des éclats de voix aigus ( on hurlait, on aboyait, on trépignait, on répétait : Charbovari ! Charbovari ! ) , puis qui roula en notes isolées, se calmant à grand-peine, et parfois qui reprenait tout à coup sur la ligne d'un banc où saillissait encore çà et là, comme un pétard mal éteint, quelque rire étouffé.
Finalmente, sotto una gragnola di castighi, nella classe si ristabilì a poco a poco l'ordine e il professore, dopo essere riuscito ad afferrare il nome di Charles Bovary, dopo esserselo fatto dettare, compitare e rileggere, ordinò al povero diavolo di andare immediatamente a sedersi nel banco dei negligenti, ai piedi della cattedra. Il 'nuovo' si avviò, ma ebbe un'esitazione. Cependant, sous la pluie des pensums, l'ordre peu à peu se rétablit dans la classe, et le professeur, parvenu à saisir le nom de Charles Bovary, se l'étant fait dicter, épeler et relire, commanda tout de suite au pauvre diable d'aller s'asseoir sur le banc de paresse, au pied de la chaire. Il se mit en mouvement, mais, avant de partir, hésita.
"Che cosa c'è?" domandò il professore. -- Que cherchez-vous ? demanda le professeur.
"Il mio berr..." fece timidamente l'alunno guardandosi intorno smarrito. -- Ma cas..., fit timidement le nouveau , promenant autour de lui des regards inquiets.
"Cinquecento versi a tutta la classe!" Questa frase, gridata con voce furiosa, arrestò come il quos ego, una nuova tempesta. -- Cinq cents vers à toute la classe ! exclamé d'une voix furieuse, arrêta, comme le Quos ego , une bourrasque nouvelle.
"Suvvia, calmatevi!" continuò il professore indignato, asciugandosi la fronte con un fazzoletto che aveva tirato fuori dalla berretta accademica. "Quanto all'ultimo arrivato, mi copierà venti volte la frase ridiculus sum." -- Restez donc tranquilles ! continuait le professeur indigné, et s'essuyant le front avec son mouchoir qu'il venait de prendre dans sa toque : Quant à vous, le nouveau , vous me copierez vingt fois le verbe ridiculus sum .
Poi, in tono più dolce, soggiunse: Puis, d'une voix plus douce :
"Ritroverà il suo berretto: nessuno l'ha rubato". -- Eh ! vous la retrouverez, votre casquette ; on ne vous l'a pas volée !
Tutto tornò tranquillo. Le teste si chinarono sui fogli e il 'nuovo' mantenne per due ore una condotta esemplare, sebbene di tanto in tanto qualche pallina di carta andasse a spiaccicarglisi sul viso, lanciata con l'estremità di un pennino. Il ragazzo, dopo essersi asciugato con la mano, restava immobile, gli occhi bassi. Tout reprit son calme. Les têtes se courbèrent sur les cartons, et le nouveau resta pendant deux heures dans une tenue exemplaire, quoiqu'il y eût bien, de temps à autre, quelque boulette de papier lancée d'un bec de plume qui vînt s'éclabousser sur sa figure. Mais il s'essuyait avec la main, et demeurait immobile, les yeux baissés.
Nell'aula di studio, la sera, tirò fuori di sotto il banco le mezze maniche, mise in ordine le sue piccole cose e tracciò con diligenza le righe sul foglio. Lo vedemmo lavorare con coscienza, cercare tutti i vocaboli sul dizionario e fare ogni cosa con il maggiore impegno. Senza dubbio grazie alla buona volontà di cui diede prova gli fu possibile evitare di essere retrocesso alla classe inferiore, poiché, pur conoscendo discretamente le regole, non riusciva a esprimersi con eleganza. Il curato del villaggio lo aveva iniziato allo studio del latino: i suoi genitori infatti, per non spendere, lo avevano mandato in collegio il più tardi possibile. Le soir, à l'Etude, il tira ses bouts de manches de son pupitre, mit en ordre ses petites affaires, régla soigneusement son papier. Nous le vîmes qui travaillait en conscience, cherchant tous les mots dans le dictionnaire et se donnant beaucoup de mal. Grâce, sans doute, à cette bonne volonté dont il fit preuve, il dut de ne pas descendre dans la classe inférieure ; car, s'il savait passablement ses règles, il n'avait guère d'élégance dans les tournures. C'était le curé de son village qui lui avait commencé le latin, ses parents, par économie, ne l'ayant envoyé au collège que le plus tard possible.
Il padre, Charles-Denis-Bartholomé Bovary, un ex maggiore medico compromessosi verso il 1812 in certi loschi affari riguardanti la coscrizione e costretto a lasciare il servizio, sfruttò le sue attrattive fisiche per ghermire al volo una dote di settantamila franchi che gli veniva offerta con la figlia di un commerciante invaghitasi della sua prestanza. Bell'uomo, millantatore, abile nel fare risuonare gli speroni, fornito di favoriti che si univano ai baffi, con le dita sempre inanellate e vestito di colori vistosi, aveva l'aspetto di un bravaccio e il brio disinvolto di un commesso viaggiatore. Una volta sposatosi, visse due o tre anni con la dote della moglie, mangiando bene, alzandosi tardi, fumando in grandi pipe di porcellana, rientrando a casa soltanto dopo gli spettacoli a teatro, e frequentando i caffè. Il suocero morì lasciando ben poco: egli ne rimase indignato, volle mettersi nell'industria, ma perdette del denaro e si ritirò allora in campagna con l'intento di valorizzare le terre. Ma siccome si intendeva tanto di agricoltura quanto di industria tessile, montava egli stesso i cavalli invece di mandarli a lavorare nei campi, beveva il sidro imbottigliato anziché venderlo, mangiava i più bei polli del suo allevamento e ingrassava gli stivali da caccia con il lardo dei maiali, non tardò molto a rendersi conto che il miglior partito consisteva nel rinunciare ad ogni speculazione. Son père, M. Charles-Denis-Bartholomé Bovary, ancien aide-chirurgien-major, compromis, vers 1812, dans des affaires de conscription, et forcé, vers cette époque, de quitter le service, avait alors profité de ses avantages personnels pour saisir au passage une dot de soixante mille francs, qui s'offrait en la fille d'un marchand bonnetier, devenue amoureuse de sa tournure. Bel homme, hâbleur, faisant sonner haut ses éperons, portant des favoris rejoints aux moustaches, les doigts toujours garnis de bagues et habillé de couleurs voyantes, il avait l'aspect d'un brave, avec l'entrain facile d'un commis voyageur. Une fois marié, il vécut deux ou trois ans sur la fortune de sa femme, dînant bien, se levant tard, fumant dans de grandes pipes en porcelaine, ne rentrant le soir qu'après le spectacle et fréquentant les cafés. Le beau-père mourut et laissa peu de chose ; il en fut indigné, se lança dans la fabrique , y perdit quelque argent, puis se retira dans la campagne, où il voulut faire valoir . Mais, comme il ne s'entendait guère plus en culture qu'en indienne, qu'il montait ses chevaux au lieu de les envoyer au labour, buvait son cidre en bouteilles au lieu de le vendre en barriques, mangeait les plus belles volailles de sa cour et graissait ses souliers de chasse avec le lard de ses cochons, il ne tarda point à s'apercevoir qu'il valait mieux planter là toute spéculation.
Con la spesa di duecento franchi all'anno, trovò allora da affittare, in un villaggio sul confine fra la regione di Caux e la Piccardia, una specie di via di mezzo fra la fattoria e la casa padronale; qui, accorato, roso dai rimpianti, accusando il destino, invidioso di tutti, si ritirò all'età di quarantacinque anni, disgustato degli uomini e deciso a vivere in pace. Moyennant deux cents francs par an, il trouva donc à louer dans un village, sur les confins du pays de Caux et de la Picardie, une sorte de logis moitié ferme, moitié maison de maître ; et, chagrin, rongé de regrets, accusant le ciel, jaloux contre tout le monde, il s'enferma dès l'âge de quarante-cinq ans, dégoûté des hommes, disait-il, et décidé à vivre en paix.
Sua moglie, un tempo innamorata pazza di lui, l'aveva stancato con un amore servile che era riuscito soltanto ad allontanarlo. Di carattere gaio, espansiva, traboccante di tenerezza, in vecchiaia (come il vino che esposto all'aria inacidisce), era divenuta di difficile carattere, piagnucolosa, nervosa. Aveva sofferto terribilmente dapprima senza lagnarsi quando lo vedeva correre dietro a tutte le gonnelle del paese o quando tornava da lei, la sera, dai luoghi più malfamati, sazio e con l'alito da avvinazzato. Poi il suo orgoglio si era ribellato. Allora aveva taciuto, inghiottendo la rabbia con uno stoicismo silenzioso protrattosi fino alla sua morte. Andava in giro senza posa, indaffarata. Si recava dagli avvocati, dal presidente, poneva attenzione alle scadenze delle cambiali, otteneva proroghe; e in casa stirava, cuciva, faceva il bucato, sorvegliava gli operai, pagava loro i salari, mentre il signor Bovary, sempre intorpidito da una sonnolenza imbronciata dalla quale si riscuoteva soltanto per rivolgerle frasi sgarbate, rimaneva a fumare accanto al fuoco, sputando nella cenere. Sa femme avait été folle de lui autrefois ; elle l'avait aimé avec mille servilités qui l'avaient détaché d'elle encore davantage. Enjouée jadis, expansive et toute aimante, elle était, en vieillissant, devenue ( à la façon du vin éventé qui se tourne en vinaigre ) d'humeur difficile, piaillarde, nerveuse. Elle avait tant souffert, sans se plaindre, d'abord, quand elle le voyait courir après toutes les gotons de village et que vingt mauvais lieux le lui renvoyaient le soir, blasé et puant l'ivresse ! Puis l'orgueil s'était révolté. Alors elle s'était tue, avalant sa rage dans un stoïcisme muet, qu'elle garda jusqu'à sa mort. Elle était sans cesse en courses, en affaires. Elle allait chez les avoués, chez le président, se rappelait l'échéance des billets, obtenait des retards ; et, à la maison, repassait, cousait, blanchissait, surveillait les ouvriers, soldait les mémoires, tandis que, sans s'inquiéter de rien, Monsieur, continuellement engourdi dans une somnolence boudeuse dont il ne se réveillait que pour lui dire des choses désobligeantes, restait à fumer au coin du feu, en crachant dans les cendres.
Quando le nacque un bambino, dovette metterlo a balia. Una volta tornato a casa, il piccolo fu viziato come un principe. La madre lo nutriva di dolciumi, il padre gli consentiva di correre scalzo e, atteggiandosi a filosofo, affermava addirittura che lo avrebbe lasciato andare in giro nudo come i piccoli degli animali. A differenza delle aspirazioni materne, aveva in mente un certo ideale virile di fanciullezza, e, uniformandosi a esso, cercava di allevare duramente suo figlio, alla spartana, in modo che crescesse robusto. Lo faceva dormire in camere non riscaldate, gli insegnava a bere grandi sorsate di rum e a insultare le processioni. Ma, essendo di indole pacifica, il bambino corrispondeva male a quei tentativi. La madre se lo tirava sempre dietro, gli ritagliava le figurine, gli raccontava favole, lo intratteneva con monologhi interminabili, pieni di patetica vivacità e di chiacchiere leziose. La sua vita vuota faceva sì che trasferisse tutte le proprie disperse e frustrate ambizioni in questo bambino. Sognava per lui posizioni elevate; lo vedeva già grande, bello e intelligente, avviato alla carriera di ingegnere o di magistrato. Gli insegnò a leggere e anche, accompagnandolo su un vecchio pianoforte, a cantare due o tre canzoncine. Ma il signor Bovary, alieno alla cultura, riteneva inutile tutto ciò. Possedevano forse il denaro per mandarlo alle scuole governative, per comprargli una carica o avviargli un commercio? Con un po' di faccia tosta un uomo riesce sempre nella vita! La signora Bovary si limitava a mordersi le labbra e suo figlio a bighellonare per il villaggio. Quand elle eut un enfant, il le fallut mettre en nourrice. Rentré chez eux, le marmot fut gâté comme un prince. Sa mère le nourrissait de confitures ; son père le laissait courir sans souliers, et, pour faire le philosophe, disait même qu'il pouvait bien aller tout nu, comme les enfants des bêtes. A l'encontre des tendances maternelles, il avait en tête un certain idéal viril de l'enfance, d'après lequel il tâchait de former son fils, voulant qu'on l'élevât durement, à la spartiate, pour lui faire une bonne constitution. Il l'envoyait se coucher sans feu, lui apprenait à boire de grands coups de rhum et à insulter les processions. Mais, naturellement paisible, le petit répondait mal à ses efforts. Sa mère le traînait toujours après elle ; elle lui découpait des cartons, lui racontait des histoires, s'entretenait avec lui dans des monologues sans fin, pleins de gaietés mélancoliques et de chatteries babillardes. Dans l'isolement de sa vie, elle reporta sur cette tête d'enfant toutes ses vanités éparses, brisées. Elle rêvait de hautes positions, elle le voyait déjà grand, beau, spirituel, établi, dans les ponts et chaussées ou dans la magistrature. Elle lui apprit à lire, et même lui enseigna, sur un vieux piano qu'elle avait, à chanter deux ou trois petites romances. Mais, à tout cela, M. Bovary, peu soucieux des lettres, disait que ce n'était pas la peine ! Auraient-ils jamais de quoi l'entretenir dans les écoles du gouvernement, lui acheter une charge ou un fonds de commerce ? D'ailleurs, avec du toupet, un homme réussit toujours dans le monde . Madame Bovary se mordait les lèvres, et l'enfant vagabondait dans le village.
Il bambino andava con i bifolchi, divertendosi a cercar di colpire i corvi che si alzavano a volo, lanciando zolle di terra. Mangiava le more lungo i fossati, custodiva i tacchini armato di una bacchetta, rivoltava il fieno tagliato, correva nel bosco, giocava a campana nei giorni di pioggia sotto il portico della chiesa, supplicava il sagrestano di lasciargli suonare le campane nelle feste grandi, per appendersi di peso alla lunga corda e farsi trascinare dal suo slancio. Il suivait les laboureurs, et chassait, à coups de motte de terre, les corbeaux qui s'envolaient. Il mangeait des mûres le long des fossés, gardait les dindons avec une gaule, fanait à la moisson, courait dans le bois, jouait à la marelle sous le porche de l'église les jours de pluie, et, aux grandes fêtes, suppliait le bedeau de lui laisser sonner les cloches, pour se pendre de tout son corps à la grande corde et se sentir emporter par elle dans sa volée.
In questo modo crebbe come una quercia. Aveva mani robuste e un colorito sano. Aussi poussa-t-il comme un chêne. Il acquit de fortes mains, de belles couleurs.
A dodici anni, la madre riuscì a fargli cominciare gli studi. Il compito di istruirlo venne affidato al curato. Ma le lezioni erano così brevi e saltuarie da servire a ben poco. Venivano impartite a tempo perso nella sagrestia, in piedi, fra un battesimo e un funerale; oppure il prevosto, se non doveva uscire, mandava a chiamare il suo allievo dopo l'Angelus. Salivano nella camera del sacerdote e prendevano posto: moscerini e falene turbinavano intorno alla candela. Faceva caldo, e il bambino si addormentava, il brav'uomo si assopiva con le mani incrociate sul ventre e ben presto russava a bocca aperta. Altre volte il curato, tornando dall'aver portato il viatico a qualche malato dei dintorni, scorgeva Charles che faceva il monello nei prati, lo chiamava, gli teneva un predicozzo di un quarto d'ora e approfittava dell'occasione per fargli coniugare i verbi, magari ai piedi di un albero. Talvolta la pioggia li interrompeva, o sopraggiungeva un conoscente di passaggio. D'altra parte, il maestro si dichiarava soddisfatto dell'allievo, e affermava che il giovanotto aveva una gran memoria. A douze ans, sa mère obtint que l'on commençât ses études. On en chargea le curé. Mais les leçons étaient si courtes et si mal suivies, qu'elles ne pouvaient servir à grand-chose. C'était aux moments perdus qu'elles se donnaient, dans la Sacristie, debout, à la hâte, entre un baptême et un enterrement ; ou bien le curé envoyait chercher son élève après l'Angelus , quand il n'avait pas à sortir. On montait dans sa chambre, on s'installait : les moucherons et les papillons de nuit tournoyaient autour de la chandelle. Il faisait chaud, l'enfant s'endormait ; et le bonhomme, s'assoupissant les mains sur son ventre, ne tardait pas à ronfler, la bouche ouverte. D'autres fois, quand M. le curé, revenant de porter le viatique à quelque malade des environs, apercevait Charles qui polissonnait dans la campagne, il l'appelait, le sermonnait un quart d'heure et profitait de l'occasion pour lui faire conjuguer son verbe au pied d'un arbre. La pluie venait les interrompre, ou une connaissance qui passait. Du reste, il était toujours content de lui, disait même que le jeune homme avait beaucoup de mémoire.
Charles non poteva fermarsi lì. La signora Bovary fu drastica. Vergognoso e forse stufo, suo marito cedette senza opporre resistenza e trascorse così ancora un anno, durante il quale il ragazzo fece la prima comunione. Charles ne pouvait en rester là. Madame fut énergique. Honteux, ou fatigué plutôt, Monsieur céda sans résistance, et l'on attendit encore un an que le gamin eût fait sa première communion.
Passarono altri sei mesi; l'anno successivo, Charles fu definitivamente mandato al collegio di Rouen, dove l'accompagnò il padre stesso verso la fine di ottobre, all'epoca della fiera di San Romano. Six mois se passèrent encore ; et, l'année d'après, Charles fut définitivement envoyé au collège de Rouen, où son père l'amena lui-même, vers la fin d'octobre, à l'époque de la foire Saint-Romain.
Sarebbe impossibile a chiunque ricordare di lui alcunché di memorabile. Era un ragazzo d'indole tranquilla, che giocava durante la ricreazione, lavorava nelle ore di studio, stava attento in classe, dormiva bene e mangiava con appetito. Nelle libere uscite era affidato a un mercante di chincaglierie all'ingrosso, di Rue Ganterie, che lo prendeva con sé una volta al mese, la domenica, quando la bottega era chiusa; lo mandava a passeggiare al porto, dove poteva guardare i battelli e lo riportava in collegio alle sette, prima di cena. Il serait maintenant impossible à aucun de nous de se rien rappeler de lui. C'était un garçon de tempérament modéré, qui jouait aux récréations, travaillait à l'étude, écoutant en classe, dormant bien au dortoir, mangeant bien au réfectoire. Il avait pour correspondant un quincaillier en gros de la rue Ganterie, qui le faisait sortir une fois par mois, le dimanche, après que sa boutique était fermée, l'envoyait se promener sur le port à regarder les bateaux, puis le ramenait au collège dès sept heures, avant le souper.
La sera di ogni giovedì, Charles scriveva una lunga lettera alla madre, con l'inchiostro rosso e la chiudeva con tre suggelli; poi ripassava storia o leggeva un vecchio libro, l'Anacarsi, che girava nell'aula di studio. Durante la passeggiata, conversava con il domestico, proveniente come lui dalla campagna. Le soir de chaque jeudi, il écrivait une longue lettre à sa mère, avec de l'encre rouge et trois pains à cacheter ; puis il repassait ses cahiers d'histoire, ou bien il lisait un vieux volume d' Anacharsis qui traînait dans l'étude. En promenade, il causait avec le domestique, qui était de la campagne comme lui.
Continuando ad applicarsi con impegno, si mantenne sempre in una posizione intermedia fra i primi e gli ultimi della classe: una volta meritò anche un premio di storia naturale. Ma, alla fine della terza, i genitori lo ritirarono dal collegio per fargli studiare medicina, convinti che il ragazzo avrebbe saputo badare a se stesso fino al conseguimento del diploma di maturità. A force de s'appliquer, il se maintint toujours vers le milieu de la classe ; une fois même, il gagna un premier accessit d'histoire naturelle. Mais à la fin de sa troisième, ses parents le retirèrent du collège pour lui faire étudier la médecine, persuadés qu'il pourrait se pousser seul jusqu'au baccalauréat.
Sua madre gli trovò una camera al quinto piano sull'Eau-de-Robec, presso un tintore di sua conoscenza. Si accordò per la pensione, procurò i mobili, un tavolo e due sedie, fece portare da casa un vecchio letto di ciliegio e inoltre acquistò una stufetta di ghisa con una provvista di legna che avrebbe scaldato il povero figliolo. Poi, alla fine della settimana, partì, dopo aver raccomandato mille volte al ragazzo di comportarsi bene adesso che veniva abbandonato a se stesso. Sa mère lui choisit une chambre, au quatrième, sur l'Eau-de-Robec, chez un teinturier de sa connaissance. Elle conclut les arrangements pour sa pension, se procura des meubles, une table et deux chaises, fit venir de chez elle un vieux lit en merisier, et acheta de plus un petit poêle en fonte, avec la provision de bois qui devait chauffer son pauvre enfant. Puis elle partit au bout de la semaine, après mille recommandations de se bien conduire, maintenant qu'il allait être abandonné à lui-même.
Il programma dei corsi, che Charles lesse nell'affisso esposto alla scuola, lo lasciò stordito, corsi di anatomia, di patologia, di fisiologia, corsi di farmacia, di chimica e di botanica, di clinica e di terapeutica, senza contare l'igiene e gli altri argomenti medici, tutti nomi dei quali ignorava l'etimologia e che erano per lui come tante porte di santuari pieni di auguste tenebre. Le programme des cours, qu'il lut sur l'affiche, lui fit un effet d'étourdissement : cours d'anatomie, cours de pathologie, cours de physiologie, cours de pharmacie, cours de chimie, et de botanique, et de clinique, et de thérapeutique, sans compter l'hygiène ni la matière médicale, tous noms dont il ignorait les étymologies et qui étaient comme autant de portes de sanctuaires pleins d'augustes ténèbres.
Non ci capì niente: e ascoltare con la massima attenzione non serviva a nulla, non gli riusciva d'intendere. Ciò nonostante studiava, aveva quaderni ben tenuti, seguiva tutti i corsi senza perdere una sola lezione. Assolveva il suo compito quotidiano così come fa il cavallo della giostra, il quale gira in circolo con gli occhi bendati senza sapere a che serve la sua fatica. Il n'y comprit rien ; il avait beau écouter, il ne saisissait pas. Il travaillait pourtant, il avait des cahiers reliés, il suivait tous les cours, il ne perdait pas une seule visite. Il accomplissait sa petite tâche quotidienne à la manière du cheval de manège, qui tourne en place les yeux bandés, ignorant de la besogne qu'il broie.
Per evitargli spese, sua madre gli mandava, servendosi del corriere, un pezzo di vitello al forno che lui consumava a pranzo, quando rientrava battendo i piedi per il freddo dall'ospedale. Non appena mangiato, doveva correre alle lezioni, all'anfiteatro di anatomia, all'ospedale, e ritornare attraversando tutta la città. La sera, dopo la magra cena della pensione, saliva in camera sua e si rimetteva al lavoro con gli abiti ancora umidi che gli fumavano addosso al calore della stufa rovente. Pour lui épargner de la dépense, sa mère lui envoyait chaque semaine, par le messager, un morceau de veau cuit au four, avec quoi il déjeunait le matin, quand il était rentré de l'hôpital, tout en battant la semelle contre le mur. Ensuite il fallait courir aux leçons, à l'amphithéâtre, à l'hospice, et revenir chez lui, à travers toutes les rues. Le soir, après le maigre dîner de son propriétaire, il remontait à sa chambre et se remettait au travail, dans ses habits mouillés qui fumaient sur son corps, devant le poêle rougi.
Nelle belle serate estive, quando l'aria è tiepida e le vie deserte, quando le servette giocano al volano sulla soglia di casa, apriva la finestra e si affacciava. Il fiume che rende questo quartiere di Rouen simile a una piccola, ignobile Venezia, scorreva in basso, sotto di lui, giallo, violetto o azzurro, fra ponti e inferriate. Alcuni operai accoccolati sulla sponda si lavavano le braccia nell'acqua. Stese su bastoni che sporgevano dall'alto degli abbaini, matasse di cotone asciugavano all'aria. Di fronte, al di là dei tetti, si apriva il cielo grande e puro, con il sole rosso al tramonto. Come si deve star bene laggiù! Che frescura, sotto i faggi! E dilatava le narici per aspirare i profumi della campagna che non potevano arrivare fino a lui. Dans les beaux soirs d'été, à l'heure où les rues tièdes sont vides, quand les servantes jouent au volant sur le seuil des portes, il ouvrait sa fenêtre et s'accoudait. La rivière, qui fait de ce quartier de Rouen comme une ignoble petite Venise, coulait en bas, sous lui, jaune, violette ou bleue, entre ses ponts et ses grilles. Des ouvriers, accroupis au bord, lavaient leurs bras dans l'eau. Sur des perches partant du haut des greniers, des écheveaux de coton séchaient à l'air. En face, au-delà des toits, le grand ciel pur s'étendait, avec le soleil rouge se couchant. Qu'il devait faire bon là-bas ! Quelle fraîcheur sous la hêtraie ! Et il ouvrait les narines pour aspirer les bonnes odeurs de la campagne, qui ne venaient pas jusqu'à lui.
Dimagrì, si alzò di statura e il suo viso assunse una sorta di espressione triste che lo rese quasi interessante. Il maigrit, sa taille s'allongea, et sa figure prit une sorte d'expression dolente qui la rendit presque intéressante.
Senza quasi accorgersene, per indolenza, finì con l'abbandonare tutti i proponimenti fatti. Una volta rimase assente a una visita, l'indomani a una lezione, e in ultimo, prendendo gusto alla pigrizia, a poco a poco trascurò del tutto gli studi. Naturellement, par nonchalance, il en vint à se délier de toutes les résolutions qu'il s'était faites. Une fois, il manqua la visite, le lendemain son cours, et, savourant la paresse, peu à peu, n'y retourna plus.
Prese l'abitudine di frequentare le osterie e si appassionò al gioco del domino. Chiudersi ogni sera in uno sporco locale pubblico per battere sui tavolini di marmo gli ossicini di montone contrassegnati dai punti neri gli sembrava una preziosa manifestazione di libertà che lo innalzava nella stima di se stesso. Era una specie di iniziazione alla vita, l'accesso ai piaceri proibiti; entrando posava la mano sulla maniglia della porta con un piacere quasi sensuale. E allora molti lati nascosti del suo carattere si rivelarono: imparò canzonacce che cantava durante le bevute, si entusiasmò per Béranger, imparò a prepararsi il ponce e infine conobbe l'amore. Il prit l'habitude du cabaret, avec la passion des dominos. S'enfermer chaque soir dans un sale appartement public, pour y taper sur des tables de marbre de petits os de mouton marqués de points noirs, lui semblait un acte précieux de sa liberté, qui le rehaussait d'estime vis-à-vis de lui-même. C'était comme l'initiation au monde, l'accès des plaisirs défendus ; et, en entrant, il posait la main sur le bouton de la porte avec une joie presque sensuelle. Alors, beaucoup de choses comprimées en lui, se dilatèrent ; il apprit par coeur des couplets qu'il chantait aux bienvenues, s'enthousiasma pour Béranger, sut faire du punch et connut enfin l'amour.
Grazie a una simile preparazione l'esame d'ufficiale sanitario fu un fiasco completo. A casa lo aspettavano la sera stessa per festeggiare la promozione! Grâce à ces travaux préparatoires, il échoua complètement à son examen d'officier de santé. On l'attendait le soir même à la maison pour fêter son succès !
Partì a piedi e si fermò alle prime case del paese; fece chiamare la madre e le raccontò tutto. La signora Bovary lo scusò, attribuendo la colpa dell'insuccesso all'ingiustizia degli esaminatori, e lo rassicurò dicendogli che si sarebbe assunta l'incarico di aggiustare le cose. Il partit à pied et s'arrêta vers l'entrée du village, où il fit demander sa mère, lui conta tout. Elle l'excusa, rejetant l'échec sur l'injustice des examinateurs, et le raffermit un peu, se chargeant d'arranger les choses.
Suo padre seppe la verità soltanto cinque anni dopo: era ormai cosa vecchia ed egli l'accettò, non potendo ammettere che suo figlio fosse uno sciocco. Cinq ans plus tard seulement, M. Bovary connut la vérité ; elle était vieille, il l'accepta, ne pouvant d'ailleurs supposer qu'un homme issu de lui fût un sot.
Charles si rimise subito al lavoro e si preparò, senza perder tempo, all'esame, imparando a memoria tutte le risposte. Ottenne la promozione con una discreta media. Che giorno meraviglioso per sua madre! Per l'occasione fu organizzato un gran pranzo. Charles se remit donc au travail et prépara sans discontinuer les matières de son examen, dont il apprit d'avance toutes les questions par coeur. Il fut reçu avec une assez bonne note. Quel beau jour pour sa mère ! On donna un grand dîner.
Ma dove avrebbe esercitato la professione? A Tostes. Laggiù infatti, v'era un solo vecchio medico. La signora Bovary ne aspettava da tempo la morte, e il poveretto non aveva ancora chiuso gli occhi che già Charles si era installato nello studio di fronte come suo successore. Où irait-il exercer son art ? A Tostes. Il n'y avait là qu'un vieux médecin. Depuis longtemps madame Bovary guettait sa mort, et le bonhomme n'avait point encore plié bagage, que Charles était installé en face, comme son successeur.
Tuttavia, l'averlo allevato, l'avergli fatto imparare la medicina, l'aver scoperto Tostes perché potesse esercitarla, non bastava ancora: bisognava dargli moglie. E sua madre gliela trovò: la vedova di un usciere di Dieppe, sui quarantacinque anni, e con milleduecento franchi di rendita. Mais ce n'était pas tout que d'avoir élevé son fils, de lui avoir fait apprendre la médecine et découvert Tostes pour l'exercer : il lui fallait une femme. Elle lui en trouva une : la veuve d'un huissier de Dieppe, qui avait quarante-cinq ans et douze cents livres de rente.
Per quanto fosse brutta, secca come una fascina e fiorita come una primavera, alla signora Dubuc non mancavano certo pretendenti fra cui scegliere. Per raggiungere il suo scopo mamma Bovary fu costretta a eliminarli tutti e riuscì con molta abilità a sventare perfino gli intrighi di un salumiere spalleggiato dai preti. Quoiqu'elle fût laide, sèche comme un cotret, et bourgeonnée comme un printemps, certes madame Dubuc ne manquait pas de partis à choisir. Pour arriver à ses fins, la mère Bovary fut obligée de les évincer tous, et elle déjoua même fort habilement les intrigues d'un charcutier qui était soutenu par les prêtres.
Charles aveva intravisto nel matrimonio la possibilità di migliorare la propria situazione, immaginando una maggiore libertà e la facoltà di disporre a suo piacere della propria persona e del proprio denaro. Ma la padrona era la moglie: egli doveva in pubblico dire questo e non quello, mangiare di magro il venerdì, vestirsi come voleva lei e non dar pace, per suo ordine, ai clienti che non pagavano. Era lei ad aprire la corrispondenza; spiava le mosse del marito, e origliava contro la tramezza quando venivano delle donne a farsi visitare. Charles avait entrevu dans le mariage l'avènement d'une condition meilleure, imaginant qu'il serait plus libre et pourrait disposer de sa personne et de son argent. Mais sa femme fut le maître ; il devait devant le monde dire ceci, ne pas dire cela, faire maigre tous les vendredis, s'habiller comme elle l'entendait, harceler par son ordre les clients qui ne payaient pas. Elle décachetait ses lettres, épiait ses démarches, et l'écoutait, à travers la cloison, donner ses consultations dans son cabinet, quand il y avait des femmes.
Bisognava portarle tutte le mattina la cioccolata a letto e avere per lei ogni sorta di riguardi. Si lagnava in continuazione dei suoi nervi, dei suoi polmoni, delle sue malinconie. Il rumore dei passi la infastidiva; se restava sola, la solitudine le era insopportabile, ma se tornavano da lei era soltanto, di certo, per vederla morire. La sera quando Charles rientrava, ella tirava fuori di sotto le coperte le lunghe e magre braccia, gliele buttava al collo e, dopo averlo fatto sedere sulla sponda del letto, cominciava a parlargli dei suoi dispiaceri: era stata dimenticata, suo marito amava un'altra. L'avevano avvertita che sarebbe stata infelice; finiva poi per chiedergli qualche sciroppo ricostituente e un po' più d'amore. Il lui fallait son chocolat tous les matins, des égards à n'en plus finir. Elle se plaignait sans cesse de ses nerfs, de sa poitrine, de ses humeurs. Le bruit des pas lui faisait mal ; on s'en allait, la solitude lui devenait odieuse ; revenait-on près d'elle, c'était pour la voir mourir, sans doute. Le soir, quand Charles rentrait, elle sortait de dessous ses draps ses longs bras maigres, les lui passait autour du cou, et, l'ayant fait asseoir au bord du lit, se mettait à lui parler de ses chagrins : il l'oubliait, il en aimait une autre ! On lui avait bien dit qu'elle serait malheureuse ; et elle finissait en lui demandant quelque sirop pour sa santé et un peu plus d'amour

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Italiano France
Una notte verso le undici furono svegliati dal rumore degli zoccoli di un cavallo che si fermò proprio davanti alla porta. La domestica si affacciò all'abbaino e scambiò qualche parola con l'uomo in basso nella strada. Cercava il medico: aveva una lettera per lui. Anastasia discese le scale tremando di freddo e aprì la serratura e i catenacci uno dopo l'altro. L'uomo legò fuori il cavallo e, seguendo la domestica, entrò rapidamente dietro di lei. Cavò dal berretto di lana a nappine grigie una lettera avvolta in un cencio e la presentò compito a Charles, che si appoggiò con il gomito al guanciale per leggerla. Anastasia, accanto al letto, reggeva il lume. La signora, pudicamente, rimase voltata di spalle, verso la parete. Une nuit, vers onze heures, ils furent réveillés par le bruit d'un cheval qui s'arrêta juste à la porte. La bonne ouvrit la lucarne du grenier et parlementa quelque temps avec un homme resté en bas, dans la rue. Il venait chercher le médecin ; il avait une lettre. Nastasie descendit les marches en grelottant, et alla ouvrir la serrure et les verrous, l'un après l'autre. L'homme laissa son cheval, et, suivant la bonne, entra tout à coup derrière elle. Il tira de dedans son bonnet de laine à houppes grises, une lettre enveloppée dans un chiffon, et la présenta délicatement à Charles, qui s'accouda sur l'oreiller pour la lire. Nastasie, près du lit, tenait la lumière. Madame, par pudeur, restait tournée vers la ruelle et montrait le dos.
La lettera, sigillata con un piccolo bollo di ceralacca blu, supplicava il signor Bovary di recarsi subito alla fattoria dei Bertaux per curare una gamba rotta. Da Tostes ai Bertaux ci sono sei buone leghe di cammino, passando da Longueville e Saint-Victor. Era una notte buia. La signora Bovary stava in ansia per il marito. Decisero pertanto che lo stalliere sarebbe partito subito, e Charles avrebbe aspettato tre ore, fino al sorgere della luna. Gli avrebbero mandato incontro un ragazzo della fattoria per mostrargli la strada e per aprire i cancelli. Cette lettre, cachetée d'un petit cachet de cire bleue, suppliait M. Bovary de se rendre immédiatement à la ferme des Bertaux, pour remettre une jambe cassée. Or il y a, de Tostes aux Bertaux, six bonnes lieues de traverse, en passant par Longueville et Saint-Victor. La nuit était noire. Madame Bovary jeune redoutait les accidents pour son mari. Donc il fut décidé que le valet d'écurie prendrait les devants. Charles partirait trois heures plus tard, au lever de la lune. On enverrait un gamin à sa rencontre, afin de lui montrer le chemin de la ferme et d'ouvrir les clôtures devant lui.
Verso le quattro del mattino, Charles, bene avvolto nel mantello, si mise in cammino alla volta dei Bertaux. Aveva appena abbandonato il tepore del letto e, ancora insonnolito, si lasciava cullare dal trotto tranquillo del cavallo. Quando il ronzino si fermava di propria iniziativa davanti a quelle buche circondate di rovi che i contadini scavano ai bordi dei solchi, Charles si svegliava di soprassalto, ricordava subito la gamba rotta e cercava di farsi venire in mente tutto quel che sapeva sulle fratture. Non pioveva più: cominciava ad albeggiare e sui rami spogli dei meli si posavano immobili alcuni uccelli, con le piume ritte contro il vento freddo del mattino. La campagna piatta si stendeva a perdita d'occhio e i boschetti intorno alle fattorie macchiavano di violetto scuro, a larghi intervalli, la sterminata superficie grigia che si perdeva all'orizzonte nel colore tetro del cielo. Ogni tanto Charles apriva gli occhi, poi la sua mente stanca lasciava che il sonno prendesse il sopravvento e ben presto egli scivolava in una specie di sonnolenza in cui le sensazioni attuali si confondevano con i ricordi; gli sembrava di avere una doppia personalità, di essere al contempo studente e marito, coricato come poco prima, nel proprio letto, o intento ad attraversare, come una volta, una corsia d'ospedale. Nella sua immaginazione l'odore caldo dei cataplasmi si fondeva con quello aspro della rugiada; sentiva il rotolio degli anelli di ferro dei letti sull'asta e sua moglie che dormiva. Mentre attraversava Vassonville, vide sul bordo di un fosso un ragazzo seduto sull'erba. Vers quatre heures du matin, Charles, bien enveloppé dans son manteau, se mit en route pour les Bertaux. Encore endormi par la chaleur du sommeil, il se laissait bercer au trot pacifique de sa bête. Quand elle s'arrêtait d'elle-même devant ces trous entourés d'épines que l'on creuse au bord des sillons, Charles se réveillant en sursaut, se rappelait vite la jambe cassée, et il tâchait de se remettre en mémoire toutes les fractures qu'il savait. La pluie ne tombait plus ; le jour commençait à venir, et, sur les branches des pommiers sans feuilles, des oiseaux se tenaient immobiles, hérissant leurs petites plumes au vent froid du matin. La plate campagne s'étalait à perte de vue, et les bouquets d'arbres autour des fermes faisaient, à intervalles éloignés, des taches d'un violet noir sur cette grande surface grise, qui se perdait à l'horizon dans le ton morne du ciel. Charles, de temps à autre, ouvrait les yeux ; puis, son esprit se fatiguant et le sommeil revenant de soi-même, bientôt il entrait dans une sorte d'assoupissement où, ses sensations récentes se confondant avec des souvenirs, lui-même se percevait double, à la fois étudiant et marié, couché dans son lit comme tout à l'heure, traversant une salle d'opérés comme autrefois. L'odeur chaude des cataplasmes se mêlait dans sa tête à la verte odeur de la rosée ; il entendait rouler sur leur tringle les anneaux de fer des lits et sa femme dormir... Comme il passait par Vassonville, il aperçut, au bord d'un fossé, un jeune garçon assis sur l'herbe.
" È lei il dottore? " domandò il fanciullo. -- Etes-vous le médecin ? demanda l'enfant.
Alla risposta di Charles, raccattò gli zoccoli e si mise a correre davanti a lui. Et, sur la réponse de Charles, il prit ses sabots à ses mains et se mit à courir devant lui.
Strada facendo, dai discorsi della sua guida, l'ufficiale sanitario capì che il signor Rouault doveva essere uno dei più ricchi agricoltori. Si era rotto la gamba la sera prima, mentre tornava da una festa data, in occasione dell'Epifania, da un vicino. L'officier de santé, chemin faisant, comprit aux discours de son guide que M. Rouault devait être un cultivateur des plus aisés. Il s'était cassé la jambe, la veille au soir, en revenant de faire les Rois , chez un voisin.
Gli era morta la moglie da due anni. Aveva con sé solo la signorina, che lo aiutava a far andare avanti la casa. Sa femme était morte depuis deux ans. Il n'avait avec lui que sa demoiselle , qui l'aidait à tenir la maison.
I solchi delle carreggiate si fecero più profondi vicino alla cascina dei Bertaux. Il fanciullo si infilò allora in un buco della siepe, scomparve e riapparve poi in fondo a un cortile per aprire il cancello. Il cavallo scivolava sull'erba bagnata; Charles era costretto ad abbassarsi per passare sotto i rami. I cani da guardia abbaiavano dai canili, tirando sulle catene. Quando entrò ai Bertaux, il cavallo si adombrò e fece uno scarto brusco. Les ornières devinrent plus profondes. On approchait des Bertaux. Le petit gars, se coulant alors par un trou de haie, disparut, puis il revint au bout d'une cour en ouvrir la barrière. Le cheval glissait sur l'herbe mouillée ; Charles se baissait pour passer sous les branches. Les chiens de garde à la niche aboyaient en tirant sur leur chaîne. Quand il entra dans les Bertaux, son cheval eut peur et fit un grand écart.
Era una bella fattoria. Dalle porte, aperte in alto, delle scuderie si potevano scorgere grossi cavalli da tiro che mangiavano tranquilli in rastrelliere nuove. Lungo i fabbricati fumava una grande concimaia e in mezzo ai polli e ai tacchini troneggiavano cinque o sei pavoni, un lusso per i pollai di Caux. L'ovile era vasto, il granaio imponente, con i muri lisci come una mano. Sotto le tettoie si trovavano due grandi carri, quattro aratri, con le fruste e i finimenti e l'equipaggiamento completo e con i ciuffi di lana turchina insudiciati dalla polvere sottile che cadeva dai granai. Il cortile, dagli alberi piantati a distanze regolari, saliva in pendio e, vicino allo stagno, schiamazzava facendo un gaio baccano un branco d'oche. C'était une ferme de bonne apparence. On voyait dans les écuries, par le dessus des portes ouvertes, de gros chevaux de labour qui mangeaient tranquillement dans des râteliers neufs. Le long des bâtiments s'étendait un large fumier, de la buée s'en élevait, et, parmi les poules et les dindons, picoraient dessus cinq ou six paons, luxe des basses-cours cauchoises. La bergerie était longue, la grange était haute, à murs lisses comme la main. Il y avait sous le hangar deux grandes charrettes et quatre charrues, avec leurs fouets, leurs colliers, leurs équipages complets, dont les toisons de laine bleue se salissaient à la poussière fine qui tombait des greniers. La cour allait en montant, plantée d'arbres symétriquement espacés, et le bruit gai d'un troupeau d'oies retentissait près de la mare.
Una giovane donna con un abito di lana blu guarnito da tre volanti si fece sulla soglia di casa per ricevere il signor Bovary: lo fece entrare in cucina dove un grande fuoco fiammeggiava. La colazione della servitù bolliva intorno al fuoco in pignattini di diversa misura. Dentro il camino erano stati messi ad asciugare degli indumenti umidi. La paletta, le molle, la canna del soffietto, tutte di enormi proporzioni, splendevano come acciaio levigato; lungo le pareti, una ricca batteria da cucina baluginava alla luce viva del fuoco e ai primi raggi del sole che entravano dai vetri. Une jeune femme, en robe de mérinos bleu garnie de trois volants, vint sur le seuil de la maison pour recevoir M. Bovary, qu'elle fit entrer dans la cuisine, où flambait un grand feu. Le déjeuner des gens bouillonnait alentour, dans des petits pots de taille inégale. Des vêtements humides séchaient dans l'intérieur de la cheminée. La pelle, les pincettes et le bec du soufflet, tous de proportion colossale, brillaient comme de l'acier poli, tandis que le long des murs s'étendait une abondante batterie de cuisine, où miroitait inégalement la flamme claire du foyer, jointe aux premières lueurs du soleil arrivant par les carreaux.
Charles salì al primo piano per visitare il malato. Era a letto, sotto le coperte, sudato, e aveva scaraventato lontano il berretto da notte. Era un ometto tarchiato, di cinquant'anni, con la pelle bianca e gli occhi azzurri, calvo sopra la fronte e con gli orecchini. Aveva accanto a sé, su una seggiola, una grande bottiglia di acquavite dalla quale attingeva di tanto in tanto per farsi coraggio; ma appena vide il medico, la sua eccitazione cadde e, invece di bestemmiare come aveva continuato a fare per dodici ore, si mise a gemere debolmente. Charles monta, au premier, voir le malade. Il le trouva dans son lit, suant sous ses couvertures et ayant rejeté bien loin son bonnet de coton. C'était un gros petit homme de cinquante ans, à la peau blanche, à l'oeil bleu, chauve sur le devant de la tête, et qui portait des boucles d'oreilles. Il avait à ses côtés, sur une chaise, une grande carafe d'eau-de-vie, dont il se versait de temps à autre pour se donner du coeur au ventre ; mais, dès qu'il vit le médecin, son exaltation tomba, et, au lieu de sacrer comme il faisait depuis douze heures, il se prit à geindre faiblement.
La frattura era semplice e senza alcuna complicazione. Charles non avrebbe potuto augurarsi un caso più facile. Allora, ricordando l'atteggiamento dei suoi maestri accanto al letto dei feriti, cercò di confortare il paziente con ogni sorta di buone parole, carezze chirurgiche che sono come l'olio per ingrassare il bisturi. Per procurarsi delle stecche, andarono a prendere un fascio di assicelle, nella rimessa. Charles ne scelse una, la spaccò per il lungo e ne tolse le asperità con un pezzo di vetro, mentre la domestica stracciava lenzuola per ricavarne bende e la signorina Emma si dava da fare per confezionare cuscinetti. Le occorse parecchio tempo per trovare l'astuccio da lavoro, e suo padre finì con lo spazientirsi: ella non rispose, ma cucendo si pungeva le dita e le portava alla bocca per succhiarsele. La fracture était simple, sans complication d'aucune espèce. Charles n'eût osé en souhaiter de plus facile. Alors, se rappelant les allures de ses maîtres auprès du lit des blessés, il réconforta le patient avec toutes sortes de bons mots, caresses chirurgicales qui sont comme l'huile dont on graisse les bistouris. Afin d'avoir des attelles, on alla chercher, sous la charretterie, un paquet de lattes. Charles en choisit une, la coupa en morceaux et la polit avec un éclat de vitre, tandis que la servante déchirait des draps pour faire des bandes, et que mademoiselle Emma tâchait de coudre des coussinets. Comme elle fut longtemps avant de trouver son étui, son père s'impatienta ; elle ne répondit rien ; mais, tout en cousant, elle se piquait les doigts, qu'elle portait ensuite à sa bouche pour les sucer.
Charles rimase colpito dal candore delle sue unghie. Erano lucide, appuntite, più levigate degli avori di Dieppe, e fatte a mandorla. La mano tuttavia non era altrettanto bella, non abbastanza bianca, forse, e aveva le falangi un po' nodose; era inoltre troppo lunga e priva di morbidezza nella linea del contorno. Emma aveva bellissimi gli occhi: benché fossero bruni, sembravano neri per via delle ciglia, e guardavano tutto francamente con un candido ardire. Charles fut surpris de la blancheur de ses ongles. Ils étaient brillants, fins du bout, plus nettoyés que les ivoires de Dieppe, et taillés en amande. Sa main pourtant n'était pas belle, point assez pâle peut-être, et un peu sèche aux phalanges ; elle était trop longue aussi, et sans molles inflexions de lignes sur les contours. Ce qu'elle avait de beau, c'étaient les yeux ; quoiqu'ils fussent bruns, ils semblaient noirs à cause des cils, et son regard arrivait franchement à vous avec une hardiesse candide
Terminata la medicazione, il medico fu invitato dallo stesso signor Rouault a mangiare un boccone prima di andarsene. Une fois le pansement fait, le médecin fut invité, par M. Rouault lui-même, à prendre un morceau avant de partir.
Charles discese nella sala a pianterreno. Due coperti con bicchieri d'argento erano preparati su una piccola tavola posta ai piedi di un vasto letto a baldacchino rivestito di tela stampata con figure di turchi. Un odore d'iris e di panni umidi filtrava dal grande armadio in legno di quercia situato di fronte la finestra. In terra, negli angoli, stavano allineati, ritti, alcuni sacchi di grano. Costituivano quanto era avanzato dopo avere riempito il granaio vicino, al quale si accedeva per mezzo di tre gradini di pietra. Attaccato a un chiodo, in mezzo a una parete verde la cui vernice si staccava sotto l'azione del salnitro, per decorare la stanza, v'era, in una cornice dorata, il disegno a matita nera di una testa di Minerva sotto il quale si leggeva in caratteri gotici: Al mio caro papà. Charles descendit dans la salle, au rez-de-chaussée. Deux couverts, avec des timbales d'argent, y étaient mis sur une petite table, au pied d'un grand lit à baldaquin revêtu d'une indienne à personnages représentant des Turcs. On sentait une odeur d'iris et de draps humides, qui s'échappait de la haute armoire en bois de chêne, faisant face à la fenêtre. Par terre, dans les angles, étaient rangés, debout, des sacs de blé. C'était le trop-plein du grenier proche, où l'on montait par trois marches de pierre. Il y avait, pour décorer l'appartement, accrochée à un clou, au milieu du mur dont la peinture verte s'écaillait sous le salpêtre, une tête de Minerve au crayon noir, encadrée de dorure, et qui portait au bas, écrit en lettres gothiques : " A mon cher papa. "
Parlarono dapprima del malato, poi del tempo, del freddo terribile, dei lupi che infestavano i campi di notte. La signorina Rouault non si divertiva troppo in campagna, soprattutto adesso che quasi tutta la responsabilità del buon andamento della fattoria ricadeva su di lei. Poiché la stanza non era riscaldata, ella tremava di freddo pur continuando a mangiare, scoprendo così un poco le labbra carnose, che aveva l'abitudine di mordicchiare quando non parlava. On parla d'abord du malade, puis du temps qu'il faisait, des grands froids, des loups qui couraient les champs, la nuit. Mademoiselle Rouault ne s'amusait guère à la campagne, maintenant surtout qu'elle était chargée presque à elle seule des soins de la ferme. Comme la salle était fraîche, elle grelottait tout en mangeant, ce qui découvrait un peu ses lèvres charnues, qu'elle avait coutume de mordillonner à ses moments de silence.
Portava un colletto bianco, piatto. I capelli erano divisi a metà da una scriminatura sottile che seguiva la curva del capo, e scendevano, in due bande, neri e compatti, così da sembrare un tutto unico tanto erano lisci; lasciavano a malapena scorgere il lobo dell'orecchio prima di fondersi, dietro, in una crocchia voluminosa e formavano sulle tempie delle onde che il medico di campagna vide la per la prima volta in vita sua. Son cou sortait d'un col blanc, rabattu. Ses cheveux, dont les deux bandeaux noirs semblaient chacun d'un seul morceau, tant ils étaient lisses, étaient séparés sur le milieu de la tête par une raie fine, qui s'enfonçait légèrement selon la courbe du crâne ; et, laissant voir à peine le bout de l'oreille, ils allaient se confondre par derrière en un chignon abondant, avec un mouvement ondé vers les tempes, que le médecin de campagne remarqua là pour la première fois de sa vie. Ses pommettes étaient roses.
Emma Rouault aveva le guance rosate e portava, come un uomo, infilato fra due bottoni del corsetto, un occhialino di tartaruga. Quando Charles, dopo essere salito a salutare papà Rouault, rientrò nella stanza prima di andarsene, la trovò in piedi, con la fronte appoggiata ai vetri, che guardava nell'orto dove il vento aveva fatto cadere i sostegni dei fagioli. Si voltò: Elle portait, comme un homme, passé entre deux boutons de son corsage, un lorgnon d'écaille. Quand Charles, après être monté dire adieu au père Rouault, rentra dans la salle avant de partir, il la trouva debout, le front contre la fenêtre, et qui regardait dans le jardin, où les échalas des haricots avaient été renversés par le vent. Elle se retourna.
"Cerca qualcosa?" -- Cherchez-vous quelque chose ? demanda-t-elle.
"Il frustino, se non le dispiace" egli rispose, mettendosi a frugare sul letto, dietro le porte, sotto le sedie; il frustino era caduto per terra, fra i sacchi e il muro. La signorina Emma lo vide e si chinò sui sacchi di grano. Charles, per cavalleria, si precipitò, e, mentre allungava il braccio nell'identico movimento di lei, si accorse che sfiorava con il petto il dorso della giovane donna, Ella si rialzò tutta rossa, guardandolo di sopra la spalla mentre gli porgeva il nerbo di bue. -- Ma cravache, s'il vous plaît, répondit-il. Et il se mit à fureter sur le lit, derrière les portes, sous les chaises ; elle était tombée à terre, entre les sacs et la muraille. Mademoiselle Emma l'aperçut ; elle se pencha sur les sacs de blé. Charles, par galanterie, se précipita et, comme il allongeait aussi son bras dans le même mouvement, il sentit sa poitrine effleurer le dos de la jeune fille, courbée sous lui. Elle se redressa toute rouge et le regarda par-dessus l'épaule, en lui tendant son nerf de boeuf.
Invece di tornare ai Bertaux tre giorni dopo, come aveva promesso, il medico vi fece ritorno l'indomani, poi regolarmente due volte la settimana, senza contare le visite impreviste che faceva di tanto in tanto, quasi inavvertitamente. Au lieu de revenir aux Bertaux trois jours après, comme il l'avait promis, c'est le lendemain même qu'il y retourna, puis deux fois la semaine régulièrement, sans compter les visites inattendues qu'il faisait de temps à autre, comme par mégarde.
Del resto, tutto andò bene. La guarigione si verificò secondo le regole e quando, in capo a quarantasei giorni, si vide papà Rouault che si provava a fare i primi passi da solo nella malandata casa, tutti cominciarono a considerare il signor Bovary un uomo di grandi capacità. Papà Rouault stesso affermava che non sarebbe stato curato meglio dai primi medici di Yvetot o addirittura di Rouen. Tout, du reste, alla bien ; la guérison s'établit selon les règles, et quand, au bout de quarante-six jours, on vit le père Rouault qui s'essayait à marcher seul dans sa masure , on commença à considérer M. Bovary comme un homme de grande capacité. Le père Rouault disait qu'il n'aurait pas été mieux guéri par les premiers médecins d'Yvetot ou même de Rouen.
Quanto a Charles non cercava di domandarsi quale fosse il motivo per cui veniva ai Bertaux tanto volentieri. Se ci avesse pensato, avrebbe senza dubbio attribuito il suo zelo alla gravità del caso o forse al guadagno che sperava di trarne. Ma era proprio per questo che le visite alla fattoria costituivano per lui un così delizioso diversivo nelle meschine occupazioni della sua esistenza? In quei giorni si alzava presto, partiva al galoppo, incitava il cavallo, poi scendeva per pulirsi i piedi nell'erba, e infilava i guanti neri prima di entrare. Gli piaceva giungere in quel cortile, sentire contro la spalla il cancello che cedeva, udire il gallo che cantava sul muro, vedere i contadini che gli andavano incontro. Gli piacevano il granaio e le scuderie. Si era affezionato a papà Rouault che, battendogli sulla mano, lo chiamava il suo salvatore; gli piaceva il suono degli zoccoletti della signorina Emma sulle piastrelle pulite della cucina; i tacchi alti aumentavano un poco la sua statura e, quando gli camminava dinanzi, le suole di legno, sollevandosi rapidamente, producevano un suono schioccante contro la pelle dei talloni. Quant à Charles, il ne chercha point à se demander pourquoi il venait aux Bertaux avec plaisir. Y eût-il songé, qu'il aurait sans doute attribué son zèle à la gravité du cas, ou peut-être au profit qu'il en espérait. Etait-ce pour cela, cependant, que ses visites à la ferme faisaient, parmi les pauvres occupations de sa vie, une exception charmante ? Ces jours-là il se levait de bonne heure, partait au galop, poussait sa bête, puis il descendait pour s'essuyer les pieds sur l'herbe, et passait ses gants noirs avant d'entrer. Il aimait à se voir arriver dans la cour, à sentir contre son épaule la barrière qui tournait, et le coq qui chantait sur le mur, les garçons qui venaient à sa rencontre. Il aimait la grange et les écuries ; il aimait le père Rouault, qui lui tapait dans la main en l'appelant son sauveur ; il aimait les petits sabots de mademoiselle Emma sur les dalles lavées de la cuisine ; ses talons hauts la grandissaient un peu, et, quand elle marchait devant lui, les semelles de bois, se relevant vite, claquaient avec un bruit sec contre le cuir de la bottine.
Ella lo riaccompagnava sempre fino al primo gradino della scala esterna. Quando non gli avevano ancora portato il cavallo, si tratteneva là. Si erano già salutati e ambedue tacevano; un turbine d'aria l'avvolgeva, sollevandole i capelli corti e ribelli della nuca, facendole sventolare i nastri del grembiale sulle anche e attorcigliandoli come banderuole. Un giorno, all'epoca del disgelo, l'acqua scorreva sulla corteccia degli alberi nel cortile e la neve si scioglieva sui tetti. Emma stava sulla soglia; andò a cercare un ombrello e l'aprì. L'ombrello di seta color gola di piccione, attraversato dai raggi del sole, le illuminava di riflessi cangianti la pelle bianca del viso. Là, sotto quel dolce tepore, ella sorrideva e si sentivano le gocce d'acqua cadere a una a una sul tessuto teso. Elle le reconduisait toujours jusqu'à la première marche du perron. Lorsqu'on n'avait pas encore amené son cheval, elle restait là. On s'était dit adieu, on ne parlait plus ; le grand air l'entourait, levant pêle-mêle les petits cheveux follets de sa nuque, ou secouant sur sa hanche les cordons de son tablier, qui se tortillaient comme des banderoles. Une fois, par un temps de dégel, l'écorce des arbres suintait dans la cour, la neige sur les couvertures des bâtiments se fondait. Elle était sur le seuil ; elle alla chercher son ombrelle, elle l'ouvrit. L'ombrelle, de soie gorge de pigeon, que traversait le soleil, éclairait de reflets mobiles la peau blanche de sa figure. Elle souriait là-dessous à la chaleur tiède ; et on entendait les gouttes d'eau, une à une, tomber sur la moire tendue.
Da principio, quando Charles aveva cominciato a frequentare i Bertaux, la giovane signora Bovary non tralasciava di chiedere notizie del malato e aveva perfino riservato per il signor Rouault, nel registro che teneva in partita doppia, una bella pagina bianca. Ma quando seppe che egli aveva una figlia, si affrettò a informarsi meglio; le dissero che la signorina Rouault, allevata in collegio, dalle Orsoline, aveva ricevuto, come suol dirsi, un'ottima educazione, e che di conseguenza conosceva la danza, la geografia, il disegno, sapeva ricamare e suonare il pianoforte. Fu il colmo! Dans les premiers temps que Charles fréquentait les Bertaux, madame Bovary jeune ne manquait pas de s'informer du malade, et même sur le livre qu'elle tenait en partie double, elle avait choisi pour M. Rouault une belle page blanche. Mais quand elle sut qu'il avait une fille, elle alla aux informations ; et elle apprit que mademoiselle Rouault, élevée au couvent, chez les Ursulines, avait reçu, comme on dit, une belle éducation , qu'elle savait, en conséquence, la danse, la géographie, le dessin, faire de la tapisserie et toucher du piano. Ce fut le comble !
"Per questo, dunque," ragionava fra sé "ha il viso così raggiante, quando va a trovarla; per questo, si mette il panciotto nuovo, a rischio di rovinarlo con la pioggia? Ah! Quella donna! Quella donna! ..." -- C'est donc pour cela, se disait-elle, qu'il a la figure si épanouie quand il va la voir, et qu'il met son gilet neuf, au risque de l'abîmer à la pluie ? Ah ! cette femme ! cette femme !...
E, d'istinto, la detestò. Dapprima si sfogò con le allusioni, ma Charles non le capiva; in seguito si servì di osservazioni casuali, che egli lasciava cadere per paura della bufera; e infine di invettive a bruciapelo alle quali suo marito non sapeva che cosa rispondere - Come mai tornava ai Bertaux dato che il signor Rouault era guarito e che quella gente non aveva ancora pagato l'onorario? Ah! Forse perché laggiù v'era una certa persona, qualcuno che sapeva conversare, un'abile ricamatrice, una donna spiritosa. Ecco cosa gli piaceva! Per lui ci volevano signorine di città! E continuava: Et elle la détesta, d'instinct. D'abord, elle se soulagea par des allusions, Charles ne les comprit pas ; ensuite, par des réflexions incidentes qu'il laissait passer de peur de l'orage ; enfin, par des apostrophes à brûle-pourpoint auxquelles il ne savait que répondre. -- D'où vient qu'il retournait aux Bertaux, puisque M. Rouault était guéri et que ces gens-là n'avaient pas encore payé ? Ah ! c'est qu'il y avait là-bas une personne , quelqu'un qui savait causer, une brodeuse, un bel esprit. C'était là ce qu'il aimait : il lui fallait des demoiselles de ville ! -- Et elle reprenait :
"La figlia di papà Rouault, una signorina di città! Figuriamoci! Il nonno faceva il pastore e hanno un cugino che per poco non è finito alle assise per una brutta ferita in una rissa. Non è proprio il caso di darsi tante arie e di andare in chiesa la domenica vestita di seta come una contessa. D'altra parte, quel povero diavolo, senza il raccolto del ravizzone, l'anno scorso, non avrebbe saputo come fare per pagare i debiti!" -- La fille au père Rouault, une demoiselle de ville ! Allons donc ! leur grand-père était berger, et ils ont un cousin qui a failli passer par les assises pour un mauvais coup, dans une dispute. Ce n'est pas la peine de faire tant de fla-fla, ni de se montrer le dimanche à l'église avec une robe de soie, comme une comtesse. Pauvre bonhomme, d'ailleurs, qui sans les colzas de l'an passé eût été bien embarrassé de payer ses arrérages !
Tediato, Charles smise di andare ai Bertaux. Héloïse gli aveva fatto giurare sul libro da messa che non ci sarebbe più tornato, dopo una scenata piena di singhiozzi e di baci, in un prorompere di passione. Obbedì, ma l'ardire dei desideri contrastava con il servilismo del suo comportamento, e, per una specie di ingenua ipocrisia, egli ritenne che il divieto di vederla gli desse il diritto di amarla. E poi la vedova era magra, aveva i denti lunghi; portava in tutte le stagioni uno scialletto nero che le arrivava alle scapole; la sua figura ossuta era fasciata da abiti aderenti e troppo corti che le lasciavano scoperte le caviglie là ove, sulle calze grigie, si incrociavano i nastri delle larghe scarpe. Par lassitude, Charles cessa de retourner aux Bertaux. Héloïse lui avait fait jurer qu'il n'irait plus, la main sur son livre de messe, après beaucoup de sanglots et de baisers, dans une grande explosion d'amour. Il obéit donc ; mais la hardiesse de son désir protesta contre la servilité de sa conduite, et, par une sorte d'hypocrisie naïve, il estima que cette défense de la voir était pour lui comme un droit de l'aimer. Et puis la veuve était maigre ; elle avait les dents longues ; elle portait en toute saison un petit châle noir dont la pointe lui descendait entre les omoplates ; sa taille dure était engainée dans des robes en façon de fourreau, trop courtes, qui découvraient ses chevilles, avec les rubans de ses souliers larges s'entrecroisant sur des bas gris.
La madre di Charles veniva ogni tanto a trovarli, ma in capo a qualche giorno la nuora era riuscita a renderla tagliente e pungente come lei stessa; e allora si mettevano all'opera simili a due coltelli, scarnificandolo con le loro riflessioni e osservazioni. Faceva male a mangiare tanto! Perché offrire sempre da bere al primo venuto? Che testardaggine, non volersi mettere la maglia di lana! La mère de Charles venait les voir de temps à autre ; mais, au bout de quelques jours, la bru semblait l'aiguiser à son fil ; et alors, comme deux couteaux, elles étaient à le scarifier par leurs réflexions et leurs observations. Il avait tort de tant manger ! Pourquoi toujours offrir la goutte au premier venu ? Quel entêtement que de ne pas vouloir porter de flanelle !
All'inizio della primavera accadde che un notaio di Ingouville, al quale erano affidati i fondi della vedova Dubuc, prendesse il volo portando con sé tutti i denari del suo studio. Héloïse, invero, possedeva ancora, oltre a essere comproprietaria di un battello per una quota valutata non meno di seimila franchi, la casa di via Saint-François, eppure, di tanta e tanto sbandierata ricchezza non era comparso in casa che qualche mobile e un po' di biancheria. Bisognava mettere le cose in chiaro. La casa di Dieppe risultò coperta di ipoteche fino alle fondamenta; a quanto ammontasse il denaro depositato dal notaio, Dio solo lo sapeva, e in realtà la quota del battello non superava i mille scudi. La brava donna aveva dunque mentito! Esasperato, il signor Bovary padre sfasciò una sedia sul pavimento e accusò la moglie di aver causato l'infelicità del figlio legandolo a una simile rozza i cui finimenti valevano ancor meno della pelle. Si recarono a Tostes. Alle spiegazioni seguirono le scenate. Héloïse, in lacrime, si gettò nelle braccia del marito scongiurandolo di proteggerla dai suoceri. Charles volle difenderla. I genitori, indignati, se ne andarono. Il arriva qu'au commencement du printemps, un notaire d'Ingouville, détenteur de fonds à la veuve Dubuc, s'embarqua, par une belle marée, emportant avec lui tout l'argent de son étude. Héloïse, il est vrai, possédait encore, outre une part de bateau évaluée six mille francs, sa maison de la rue Saint-François ; et cependant, de toute cette fortune que l'on avait fait sonner si haut, rien, si ce n'est un peu de mobilier et quelques nippes, n'avait paru dans le ménage. Il fallut tirer la chose au clair. La maison de Dieppe se trouva vermoulue d'hypothèques jusque dans ses pilotis ; ce qu'elle avait mis chez le notaire, Dieu seul le savait, et la part de barque n'excéda point mille écus. Elle avait donc menti, la bonne dame ! Dans son exaspération, M. Bovary père, brisant une chaise contre les pavés, accusa sa femme d'avoir fait le malheur de leur fils en l'attelant à une haridelle semblable, dont les harnais ne valaient pas la peau. Ils vinrent à Tostes. On s'expliqua. Il y eut des scènes. Héloïse, en pleurs, se jetant dans les bras de son mari, le conjura de la défendre de ses parents. Charles voulut parler pour elle. Ceux-ci se choquèrent, et ils partirent.
Ma il colpo era giunto al segno. Otto giorni dopo, mentre stendeva in cortile la biancheria, Héloïse ebbe uno sbocco di sangue e l'indomani, mentre Charles le voltava le spalle per chiudere le tende della finestra, disse: "Ah! Mio Dio", esalò un sospiro e cadde in deliquio. Era morta! V'era di che restarne sbalorditi. Mais le coup était porté . Huit jours après, comme elle étendait du linge dans sa cour, elle fut prise d'un crachement de sang, et le lendemain, tandis que Charles avait le dos tourné pour fermer le rideau de la fenêtre, elle dit : " Ah ! mon Dieu ! " poussa un soupir et s'évanouit. Elle était morte ! Quel étonnement !
Dopo i funerali, Charles tornò a casa. Al pianterreno non c'era nessuno. Salì al primo piano, in camera da letto, vide un abito di lei ancora appeso ai piedi dell'alcova; allora, appoggiandosi allo scrittoio, rimase fino a sera perduto in un doloroso fantasticare. Dopo tutto Héloïse l'aveva amato. Quand tout fut fini au cimetière, Charles rentra chez lui. Il ne trouva personne en bas ; il monta au premier, dans la chambre, vit sa robe encore accrochée au pied de l'alcôve ; alors, s'appuyant contre le secrétaire, il resta jusqu'au soir perdu dans une rêverie douloureuse. Elle l'avait aimé, après tout.

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Una mattina papà Rouault portò a Charles l'onorario per la cura della frattura alla gamba: settantacinque franchi in monete da quaranta soldi e una tacchina. Aveva saputo della disgrazia e lo consolò come meglio poteva. Un matin, le père Rouault vint apporter à Charles le payement de sa jambe remise : soixante et quinze francs en pièces de quarante sous et une dinde. Il avait appris son malheur, et l'en consola tant qu'il put.
"So cosa vuol dire!" disse battendogli una mano sulla spalla "Mi sono trovato anch'io nelle stesse condizioni! Quando mancò la mia povera moglie, andavo nei campi per restare solo, mi gettavo ai piedi di un albero, piangevo, invocavo Dio, lo bestemmiavo; avrei voluto essere come le talpe che vedevo appese ai rami degli alberi, con il ventre brulicante di vermi, crepato, insomma. E quando pensavo che, in quello stesso momento, altri se ne stavano con le loro mogliettine e le tenevano abbracciate contro di sé, io battevo grandi colpi per terra con il bastone; ero come pazzo, non mangiavo più; lei non mi crederebbe, ma soltanto l'idea di andare al caffè mi ripugnava. Beh, piano piano, un giorno dietro l'altro, una primavera dopo un autunno, un autunno appresso a un'estate, tutto ha preso a scorrer via, briciola a briciola, filo dopo filo, se n'è andato, si è allontanato, o meglio, è diminuito, perché resta sempre qualcosa in fondo, come potrei spiegare... un peso sul cuore. Ma dal momento che è il nostro destino, non bisogna lasciarsi andare e, perché gli altri sono morti, desiderare di morire... È necessario che lei si scuota, signor Bovary; passerà anche questo! Venga a trovarci; mia figlia la ricorda spesso, sa? E dice che lei l'ha dimenticata. Tornerà presto la primavera, venga a sparare qualche fucilata ai conigli nella garenna, per distrarsi un po'!" -- Je sais ce que c'est ! disait-il en lui frappant sur l'épaule ; j'ai été comme vous, moi aussi ! Quand j'ai eu perdu ma pauvre défunte, j'allais dans les champs pour être tout seul ; je tombais au pied d'un arbre, je pleurais, j'appelais le bon Dieu, je lui disais des sottises ; j'aurais voulu être comme les taupes, que je voyais aux branches, qui avaient des vers leur grouillant dans le ventre, crevé, enfin. Et quand je pensais que d'autres, à ce moment-là, étaient avec leurs bonnes petites femmes à les tenir embrassées contre eux, je tapais de grands coups par terre avec mon bâton ; j'étais quasiment fou, que je ne mangeais plus ; l'idée d'aller seulement au café me dégoûtait, vous ne croiriez pas. Eh bien, tout doucement, un jour chassant l'autre, un printemps sur un hiver et un automne par-dessus un été, ça a coulé brin à brin, miette à miette ; ça s'en est allé, c'est parti, c'est descendu, je veux dire, car il vous reste toujours quelque chose au fond, comme qui dirait... un poids, là, sur la poitrine ! Mais, puisque c'est notre sort à tous, on ne doit pas non plus se laisser dépérir, et, parce que d'autres sont morts, vouloir mourir... Il faut vous secouer, monsieur Bovary ; ça se passera ! Venez nous voir ; ma fille pense à vous de temps à autre, savez-vous bien, et elle dit comme ça que vous l'oubliez. Voilà le printemps bientôt ; nous vous ferons tirer un lapin dans la garenne, pour vous dissiper un peu.
Charles seguì il suo consiglio. Ritornò ai Bertaux. Ritrovò tutto come prima, cioè tutto com'era stato cinque mesi prima. I peri erano già in fiore e il buon Rouault, di nuovo in piedi, andava e veniva e questo rendeva la fattoria più animata. Charles suivit son conseil. Il retourna aux Bertaux ; il retrouva tout comme la veille, comme il y avait cinq mois, c'est-à-dire. Les poiriers déjà étaient en fleur, et le bonhomme Rouault, debout maintenant, allait et venait, ce qui rendait la ferme plus animée.
Convinto che fosse suo dovere prodigare al medico il maggior numero di gentilezze a causa del suo lutto, lo pregò di non scoprirsi il capo, gli parlò a bassa voce, come se fosse malato, e fece mostra addirittura di adirarsi perché non avevano preparato, come era suo desiderio, qualcosa di più leggero dei soliti cibi, una tazza di crema o delle pere cotte. Raccontò alcune storielle. Charles si sorprese a ridere; ma il ricordo della moglie, ritornatogli all'improvviso nella memoria, lo rattristò. Servirono il caffè; non ci pensò più. Croyant qu'il était de son devoir de prodiguer au médecin le plus de politesses possible, à cause de sa position douloureuse, il le pria de ne point se découvrir la tête, lui parla à voix basse, comme s'il eût été malade, et même fit semblant de se mettre en colère de ce que l'on n'avait pas apprêté à son intention quelque chose d'un peu plus léger que tout le reste, tels que des petits pots de crème ou des poires cuites. Il conta des histoires. Charles se surprit à rire ; mais le souvenir de sa femme, lui revenant tout à coup, l'assombrit. On apporta le café ; il n'y pensa plus.
Ci pensava sempre meno via via che si abituava a vivere solo. Il piacere nuovo di sentirsi indipendente gli rese ben presto più sopportabile la solitudine. Adesso poteva pranzare e cenare quando voleva, entrare o uscire senza dare spiegazioni, e, quando si sentiva stanco morto, poteva sdraiarsi a gambe e braccia distese sul letto. Pertanto si viziava, si coccolava e accettava tutta la consolazione che gli veniva offerta. D'altra parte, la morte della moglie non lo aveva affatto danneggiato nella professione poiché, per un mese intero, la gente aveva continuato a ripetere: "Pover'uomo! Che disgrazia!" Tutti parlavano di lui, la clientela era aumentata; e poi andava ai Berteaux quando gli pareva. Sperava in qualcosa di indefinito, lo pervadeva una vaga felicità; spazzolandosi i favoriti davanti allo specchio, aveva l'impressione di avere un viso più simpatico. Il y pensa moins, à mesure qu'il s'habituait à vivre seul. L'agrément nouveau de l'indépendance lui rendit bientôt la solitude plus supportable. Il pouvait changer maintenant les heures de ses repas, rentrer ou sortir sans donner de raisons, et, lorsqu'il était bien fatigué, s'étendre de ses quatre membres, tout en large, dans son lit. Donc, il se choya, se dorlota et accepta les consolations qu'on lui donnait. D'autre part, la mort de sa femme ne l'avait pas mal servi dans son métier, car on avait répété durant un mois : " Ce pauvre jeune homme ! quel malheur ! " Son nom s'était répandu, sa clientèle s'était accrue ; et puis il allait aux Bertaux tout à son aise. Il avait un espoir sans but, un bonheur vague ; il se trouvait la figure plus agréable en brossant ses favoris devant son miroir.
Andò laggiù un giorno, verso le tre; tutti erano al lavoro nei campi; entrò in cucina ma non vide subito Emma; le imposte erano chiuse. Attraverso le fessure del legno il sole disegnava sul pavimento lunghe linee sottili di luce che si spezzavano contro gli angoli dei mobili e tremolavano sul soffitto. Sulla tavola le mosche salivano lungo i bicchieri sporchi e, ronzando, affogavano nel sidro rimastovi. La luce che filtrava dal camino rendeva simile a un velluto la fuliggine della piastra e colorava di un pallido azzurro la cenere fredda. Emma cuciva, fra il focolare e la finestra; non portava il fazzoletto da collo e sulle spalle nude aveva piccole gocce di sudore. Il arriva un jour vers trois heures ; tout le monde était aux champs ; il entra dans la cuisine, mais n'aperçut point d'abord Emma, les auvents étaient fermés. Par les fentes du bois, le soleil allongeait sur les pavés de grandes raies minces, qui se brisaient à l'angle des meubles et tremblaient au plafond. Des mouches, sur la table, montaient le long des verres qui avaient servi, et bourdonnaient en se noyant au fond, dans le cidre resté. Le jour qui descendait par la cheminée, veloutant la suie de la plaque, bleuissait un peu les cendres froides. Entre la fenêtre et le foyer, Emma cousait ; elle n'avait point de fichu, on voyait sur ses épaules nues de petites gouttes de sueur.
Come si usa in campagna, Emma gli offrì di bere qualcosa. Charles rifiutò, ella insistette e ridendo gli propose di bere con lei un bicchierino di liquore. Andò a prendere nell'armadio una bottiglia di curaçao, con due bicchieri, ne riempì uno fino all'orlo, versò nell'altro una piccolissima dose e, dopo aver brindato, lo portò alla bocca. Poiché era quasi vuoto, fu costretta ad arrovesciare il capo per bere: con la testa all'indietro, le labbra protese, il collo reclinato, rideva perché non sentiva nessun sapore e, allungando la punta della lingua fra i denti minuti, dava leccatine al fondo del bicchiere. Selon la mode de la campagne, elle lui proposa de boire quelque chose. Il refusa, elle insista, et enfin lui offrit, en riant, de prendre un verre de liqueur avec elle. Elle alla donc chercher dans l'armoire une bouteille de curaçao, atteignit deux petits verres, emplit l'un jusqu'au bord, versa à peine dans l'autre, et, après avoir trinqué, le porta à sa bouche. Comme il était presque vide, elle se renversait pour boire ; et, la tête en arrière, les lèvres avancées, le cou tendu, elle riait de ne rien sentir, tandis que le bout de sa langue, passant entre ses dents fines, léchait à petits coups le fond du verre.
Poi si rimise a sedere e ricominciò a rammendare una calza bianca di cotone. Lavorava in silenzio, a capo chino. Anche Charles taceva. L'aria, passando sotto la porta, spingeva un bioccolo di polvere sulle lastre del pavimento e lui lo guardava spostarsi; riusciva soltanto a sentire la testa che gli pulsava e il gridare lontano di una gallina che aveva fatto l'uovo in qualche aia. Di tanto in tanto, Emma si rinfrescava le gote premendovi il palmo delle mani fatte raffreddare sui pomoli di ferro dei grandi alari. Elle se rassit et elle reprit son ouvrage, qui était un bas de coton blanc où elle faisait des reprises ; elle travaillait le front baissé ; elle ne parlait pas, Charles non plus. L'air passant par le dessous de la porte, poussait un peu de poussière sur les dalles ; il la regardait se traîner, et il entendait seulement le battement intérieur de sa tête, avec le cri d'une poule, au loin, qui pondait dans les cours. Emma, de temps à autre, se rafraîchissait les joues en y appliquant la paume de ses mains, qu'elle refroidissait après cela sur la pomme de fer des grands chenets.
Si lagnava di provare talvolta, con il cambiamento della stagione, un senso di stordimento; gli domandò se i bagni di mare le avrebbero giovato; poi prese a parlare del convento e Charles del suo collegio; la conversazione si avviò. Salirono nella camera di lei. Ella gli mostrò i suoi vecchi libri di musica, i volumetti ricevuti in premio e le corone di foglie di quercia abbandonate in fondo a un armadio. Gli parlò anche di sua madre, del cimitero, e infine gli mostrò l'aiuola in giardino, dove ogni primo venerdì del mese coglieva i fiori da portare sulla tomba. Ma il giardiniere che avevano non capiva niente; la servitù non valeva più nulla. Le sarebbe piaciuto molto vivere in città, almeno d'inverno, sebbene durante l'estate la campagna potesse essere ancora più noiosa, con le giornate che non finiscono mai; a seconda degli argomenti, la sua voce si faceva limpida, acuta, si colmava d'improvviso languore, si trascinava in modulazioni che finivano quasi in un sussurro quando ella parlava fra sé, - ora allegra, con i candidi occhi spalancati, poi con le palpebre socchiuse su uno sguardo sommerso dalla noia e i pensieri vaganti chissà dove. Elle se plaignit d'éprouver, depuis le commencement de la saison, des étourdissements ; elle demanda si les bains de mer lui seraient utiles ; elle se mit à causer du couvent, Charles de son collège, les phrases leur vinrent. Ils montèrent dans sa chambre. Elle lui fit voir ses anciens cahiers de musique, les petits livres qu'on lui avait donnés en prix et les couronnes en feuilles de chêne, abandonnées dans un bas d'armoire. Elle lui parla encore de sa mère, du cimetière, et même lui montra dans le jardin la plate-bande dont elle cueillait les fleurs, tous les premiers vendredis de chaque mois, pour les aller mettre sur sa tombe. Mais le jardinier qu'ils avaient n'y entendait rien ; on était si mal servi ! Elle eût bien voulu, ne fût-ce au moins que pendant l'hiver, habiter la ville, quoique la longueur des beaux jours rendît peut-être la campagne plus ennuyeuse encore durant l'été ; -- et, selon ce qu'elle disait, sa voix était claire, aiguë, ou se couvrant de langueur tout à coup, traînait des modulations qui finissaient presque en murmures, quand elle se parlait à elle-même, -- tantôt joyeuse, ouvrant des yeux naïfs, puis les paupières à demi closes, le regard noyé d'ennui, la pensée vagabondant.
Tornato a casa, la sera, Charles ripensò a tutte le frasi che Emma aveva detto, sforzandosi di ricordarle una per una, di completarne il senso, per rendersi conto del periodo della sua esistenza quando non la conosceva ancora. Ma non riusciva a immaginarla diversa da come l'aveva vista la prima volta o da come l'aveva lasciata poche ore prima. Poi si domandò che cosa sarebbe stato di lei, si sarebbe sposata, e con chi? Ahimè! Papà Rouault era molto ricco, e lei... così bella! Il viso di Emma gli tornava di continuo davanti agli occhi e qualcosa di monotono, come il ronfare di una trottola, gli ronzava negli orecchi: "Se ti sposassi! Però! Se ti sposassi!" La notte non riuscì a dormire, aveva la gola serrata, lo tormentava la sete: si alzò per andare a bere e spalancò la finestra. Il cielo era pieno di stelle, soffiava un vento caldo; lontano, i cani abbaiavano. Voltò il capo dalla parte dei Bertaux. Le soir, en s'en retournant, Charles reprit une à une les phrases qu'elle avait dites, tâchant de se les rappeler, d'en compléter le sens, afin de se faire la portion d'existence qu'elle avait vécue dans le temps qu'il ne la connaissait pas encore. Mais jamais il ne put la voir en sa pensée, différemment qu'il ne l'avait vue la première fois, ou telle qu'il venait de la quitter tout à l'heure. Puis il se demanda ce qu'elle deviendrait, si elle se marierait, et à qui ? hélas ! le père Rouault était bien riche, et elle !... si belle ! Mais la figure d'Emma revenait toujours se placer devant ses yeux, et quelque chose de monotone comme le ronflement d'une toupie bourdonnait à ses oreilles : " Si tu te mariais, pourtant ! Si tu te mariais ! " La nuit, il ne dormit pas, sa gorge était serrée, il avait soif ; il se leva pour aller boire à son pot à l'eau et il ouvrit la fenêtre ; le ciel était couvert d'étoiles, un vent chaud passait, au loin des chiens aboyaient. Il tourna la tête du côté des Bertaux.
Pensando che, in fin dei conti, non rischiava niente, decise di chiedere la mano della ragazza alla prima occasione. Ma, ogni volta, la paura di non trovare le parole adatte gli suggellava le labbra. Pensant qu'après tout l'on ne risquait rien, Charles se promit de faire la demande quand l'occasion s'en offrirait ; mais, chaque fois qu'elle s'offrit, la peur de ne point trouver les mots convenables lui collait les lèvres.
Papà Rouault non sarebbe stato scontento di sbarazzarsi della figlia che in casa non era di grande aiuto. In cuor suo la scusava, ritenendola troppo intellettuale per occuparsi di agricoltura, mestiere maledetto da Dio dato che, esercitandolo, nessuno è mai diventato milionario. Ben lontano dall'aver fatto fortuna, il brav'uomo ci rimetteva tutti gli anni: infatti era abilissimo nelle compravendite e si compiaceva di tutte le astuzie di chi contratta, mentre l'agricoltura vera e propria e le cure per il buon andamento della fattoria erano fatte per lui meno che per chiunque altro. Non spendeva volentieri il suo denaro, ma non faceva economia quando si trattava delle proprie comodità: voleva mangiar bene e avere una casa confortevole. Gli piacevano il sidro forte, gli arrosti sanguinolenti, il caffè con l'acquavite, ben dosato. Mangiava in cucina, solo, vicino al fuoco, su un tavolino sopra il quale erano disposti i piatti già preparati, come a teatro. Le père Rouault n'eût pas été fâché qu'on le débarrassât de sa fille, qui ne lui servait guère dans sa maison. Il l'excusait intérieurement, trouvant qu'elle avait trop d'esprit pour la culture, métier maudit du ciel, puisqu'on n'y voyait jamais de millionnaire. Loin d'y avoir fait fortune, le bonhomme y perdait tous les ans ; car, s'il excellait dans les marchés, où il se plaisait aux ruses du métier, en revanche la culture proprement dite, avec le gouvernement intérieur de la ferme, lui convenait moins qu'à personne. Il ne retirait pas volontiers ses mains de dedans ses poches, et n'épargnait point la dépense pour tout ce qui regardait sa vie, voulant être bien nourri, bien chauffé, bien couché. Il aimait le gros cidre, les gigots saignants, les glorias longuement battus. Il prenait ses repas dans la cuisine, seul, en face du feu, sur une petite table qu'on lui apportait toute service, comme au théâtre.
Perciò, non appena si accorse che Charles aveva preso una cotta per sua figlia e che ben presto gliela avrebbe chiesta in moglie, incominciò subito a ruminare sull'affare. Non era un gran partito, né avrebbe desiderato un genero come lui; ma dicevano che fosse un brav'uomo, molto istruito e certo non sarebbe stato a cavillare sulla dote. E poi, siccome papà Rouault sarebbe stato costretto a vendere ventidue acri della proprietà per pagare i grossi debiti con il muratore e per sostenere la spesa di un nuovo albero per il torchio, si disse: Lorsqu'il s'aperçut donc que Charles avait les pommettes rouges près de sa fille, ce qui signifiait qu'un de ces jours on la lui demanderait en mariage, il rumina d'avance toute l'affaire. Il le trouvait bien un peu gringalet, et ce n'était pas là un gendre comme il l'eût souhaité ; mais on le disait de bonne conduite, économe, fort instruit, et sans doute qu'il ne chicanerait pas trop sur la dot. Or, comme le père Rouault allait être forcé de vendre vingt-deux âcres de son bien , qu'il devait beaucoup au maçon, beaucoup au bourrelier, que l'arbre du pressoir était à remettre :
"Se me la chiede, io gliela do". -- S'il me la demande, se dit-il, je la lui donne.
Per San Michele, Charles trascorse tre giorni ai Bertaux. L'ultimo passò, come i precedenti, in un continuo rimandare, un quarto d'ora dopo l'altro. Papà Rouault lo accompagnò, sulla via del ritorno, per un tratto. Camminavano lungo un sentiero incassato e stavano per lasciarsi; era ormai giunto il momento di parlare. Charles si concesse ancora un po' di respiro, fino all'angolo della siepe, e finalmente, quando l'ebbero oltrepassata, mormorò: A l'époque de la Saint-Michel, Charles était venu passer trois jours aux Bertaux. La dernière journée s'était écoulée comme les précédentes, à reculer de quart d'heure en quart d'heure. Le père Rouault lui fit la conduite ; ils marchaient dans un chemin creux, ils s'allaient quitter ; c'était le moment. Charles se donna jusqu'au coin de la haie, et enfin, quand on l'eut dépassée :
"Signor Rouault; vorrei dirle qualcosa". -- Maître Rouault, murmura-t-il, je voudrais bien vous dire quelque chose.
Si fermarono. Charles taceva. Ils s'arrêtèrent. Charles se taisait.
"Avanti, mi dica! Come se non sapessi già tutto!" disse papà Rouault ridendo piano. -- Mais contez-moi votre histoire ! est-ce que je ne sais pas tout ? dit le père Rouault, en riant doucement.
"Papà Rouault... papà Rouault..." balbettò Charles. -- Père Rouault..., père Rouault..., balbutia Charles.
"Io non domando di meglio" continuò l'agricoltore. "Per quanto sia convinto che la piccola è del mio stesso parere, bisognerà chiederglielo. Lei se ne vada; io tornerò a casa. Se è un sì, mi ascolti bene, non è il caso che lei ritorni, per non dar nell'occhio, e, d'altra parte, Emma sarà troppo agitata. Ma, per non lasciarla sulle spine, spalancherò l'imposta della finestra fin contro il muro: potrà vederla da qui dietro, sporgendosi oltre la siepe." -- Moi, je ne demande pas mieux, continua le fermier. Quoique sans doute la petite soit de mon idée, il faut pourtant lui demander son avis. Allez-vous-en donc ; je m'en vais retourner chez nous. Si c'est oui, entendez-moi bien, vous n'aurez pas besoin de revenir, à cause du monde, et, d'ailleurs, ça la saisirait trop. Mais pour que vous ne vous mangiez pas le sang, je pousserai tout grand l'auvent de la fenêtre contre le mur : vous pourrez le voir par derrière, en vous penchant sur la haie.
Detto questo, si allontanò. Et il s'éloigna.
Charles legò il cavallo a un albero, corse a mettersi sul sentiero e attese. Passò mezz'ora, poi contò altri diciannove minuti con l'orologio alla mano. A un tratto sentì un colpo contro il muro. L'imposta era stata spalancata, il saliscendi tremava ancora. Charles attacha son cheval à un arbre. Il courut se mettre dans le sentier ; il attendit. Une demi-heure se passa, puis il compta dix-neuf minutes à sa montre. Tout à coup un bruit se fit contre le mur ; l'auvent s'était rabattu, la cliquette tremblait encore.
L'indomani alle nove, Charles era già alla fattoria. Quando entrò Emma arrossì, sforzandosi di sorridere per darsi un contegno. Papà Rouault abbracciò il futuro genero. Le questioni di interesse furono rimandate: c'era tutto il tempo per parlarne in seguito, dato che il matrimonio non poteva decentemente aver luogo prima della fine, per Charles, del periodo di lutto, e cioè verso la primavera prossima. Le lendemain, dès neuf heures, il était à la ferme. Emma rougit quand il entra, tout en s'efforçant de rire un peu, par contenance. Le père Rouault embrassa son futur gendre. On remit à causer des arrangements d'intérêt ; on avait, d'ailleurs, du temps devant soi, puisque le mariage ne pouvait décemment avoir lieu avant la fin du deuil de Charles, c'est-à-dire vers le printemps de l'année prochaine.
L'inverno trascorse in questa attesa. La signorina Rouault si occupò del corredo. In parte fu ordinato a Rouen; in quanto a lei, confezionò alcune camicie e cuffie da notte con modelli che si era fatta imprestare. Durante le visite di Charles alla fattoria, si discutevano i preparativi per le nozze, ci si domandava in quale locale si sarebbe svolto il pranzo, si facevano progetti sul numero e sulla qualità delle portate. L'hiver se passa cette attente. Mademoiselle Rouault s'occupa de son trousseau. Une partie en fut commandée à Rouen, et elle se confectionna des chemises et des bonnets de nuit, d'après des dessins de modes qu'elle emprunta. Dans les visites que Charles faisait à la ferme, on causait des préparatifs de la noce ; on se demandait dans quel appartement se donnerait le dîner ; on rêvait à la quantité de plats qu'il faudrait et qu'elles seraient les entrées.
Emma, invece, avrebbe desiderato un matrimonio celebrato a mezzanotte, alla luce delle fiaccole; ma papà Rouault non riuscì a capacitarsi di una simile idea. Fu celebrato quindi un matrimonio al quale parteciparono quarantatré invitati, i quali restarono per sedici ore a tavola, ricominciarono il festino il giorno dopo con qualche strascico anche nei giorni successivi. Emma eût, au contraire, désiré se marier à minuit, aux flambeaux ; mais le père Rouault ne comprit rien à cette idée. Il y eut donc une noce, où vinrent quarante-trois personnes, où l'on resta seize heures à table, qui recommença le lendemain et quelque peu les jours suivants

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Italiano France
Gli invitati arrivarono di buon'ora, in carrozza, in calesse, in carretto, su vecchi barrocci senza mantice, su giardiniere con le tendine di cuoio; e i giovanotti dei villaggi vicini su carrette sopra le quali stavano in piedi, reggendosi con le mani alle sponde per non cadere andando al trotto con grandi scossoni. Venne gente fin da dieci miglia lontano, da Goderville, da Normanville, e da Cany. Erano stati invitati tutti i parenti delle due famiglie, erano state riallacciate le amicizie che la discordia aveva interrotto, erano stati mandati inviti a conoscenze perdute di vista da molto tempo. Les conviés arrivèrent de bonne heure dans des voitures, carrioles à un cheval, chars à bancs à deux roues, vieux cabriolets sans capote, tapissières à rideaux de cuir, et les jeunes gens des villages les plus voisins dans des charrettes où ils se tenaient debout, en rang, les mains appuyées sur les ridelles pour ne pas tomber, allant au trot et secoués dur. Il en vint de dix lieues loin, de Goderville, de Normanville et de Cany. On avait invité tous les parents des deux familles, on s'était raccommodé avec les amis brouillés, on avait écrit à des connaissances perdues de vue depuis longtemps.
Di tanto in tanto si sentivano schiocchi di frusta dietro la siepe; subito il cancello veniva aperto per lasciare entrare un calesse. Al galoppo il veicolo arrivava fino al primo gradino della scalinata d'ingresso, ove si fermava di colpo, svuotandosi del suo carico; la gente scendeva da tutti i lati, massaggiandosi i ginocchi e stiracchiandosi. Le signore, con la cuffia, vestivano secondo la moda cittadina, con le catene d'oro per l'orologio, le mantelline con i lembi che s'incrociavano alla cintola, e scialletti colorati, appuntati sulla schiena con una spilla, che lasciavano scoperti la nuca e il collo. I ragazzi, vestiti come i padri, sembravano a disagio negli abiti nuovi (molti indossavano quel giorno il primo paio di scarpe della loro vita) e accanto a essi, senza osare pronunciare parola, nell'abito bianco della prima comunione, allungato per l'occasione, si vedeva qualche fanciulla di quattordici o sedici anni, senza dubbio la sorella o la cugina di uno di loro, rossa in viso, smarrita, con i capelli unti di unguento di rose e con una gran paura di sporcarsi i guanti. Non essendoci abbastanza stallieri per staccare i cavalli da tutte le carrozze, gli uomini si rimboccavano le maniche e lo facevano essi stessi. Secondo la posizione sociale, indossavano marsine, finanziere, giacche corte, giacche di media lunghezza, 'abiti buoni' circondati dalla considerazione di tutta la famiglia, che uscivano dall'armadio soltanto per le solennità; finanziere a grandi falde fluttuanti al vento, con il colletto cilindrico e tasche grandi come sacchi; giacche di panno spesso che di solito si accompagnavano con berretti dalla visiera cerchiata di rame; giacchette cortissime con sul dorso due bottoni ravvicinati come un paio d'occhi e con le falde che sembravano tagliate da un unico blocco dall'ascia di un carpentiere. Qualcuno, certo destinato agli ultimi posti a tavola, indossava delle bluse da cerimonia, cioè con il collo rovesciato sulle spalle, il dorso pieghettato, la vita molto bassa attaccata a una fascia cucita. De temps à autre, on entendait des coups de fouet derrière la haie ; bientôt la barrière s'ouvrait : c'était une carriole qui entrait. Galopant jusqu'à la première marche du perron, elle s'y arrêtait court, et vidait son monde, qui sortait par tous les côtés en se frottant les genoux et en s'étirant les bras. Les dames, en bonnet, avaient des robes à la façon de la ville, des chaînes de montre en or, des pèlerines à bouts croisés dans la ceinture, ou de petits fichus de couleur attachés dans le dos avec une épingle, et qui leur découvraient le cou par derrière. Les gamins, vêtus pareillement à leurs papas, semblaient incommodés par leurs habits neufs ( beaucoup même étrennèrent ce jour-là la première paire de bottes de leur existence ) , et l'on voyait à côté d'eux, ne soufflant mot dans la robe blanche de sa première communion rallongée pour la circonstance, quelque grande fillette de quatorze ou seize ans, leur cousine ou leur soeur aînée sans doute, rougeaude, ahurie, les cheveux gras de pommade à la rose, et ayant bien peur de salir ses gants. Comme il n'y avait point assez de valets d'écurie pour dételer toutes les voitures, les messieurs retroussaient leurs manches et s'y mettaient eux-mêmes. Suivant leur position sociale différente, ils avaient des habits, des redingotes, des vestes, des habits-vestes : -- bons habits, entourés de toute la considération d'une famille, et qui ne sortaient de l'armoire que pour les solennités ; redingotes à grandes basques flottant au vent, à collet cylindrique, à poches larges comme des sacs ; vestes de gros drap, qui accompagnaient ordinairement quelque casquette cerclée de cuivre à sa visière ; habits-vestes très courts, ayant dans le dos deux boutons rapprochés comme une paire d'yeux, et dont les pans semblaient avoir été coupés à même un seul bloc, par la hache du charpentier. Quelques-uns encore ( mais ceux-là, bien sûr, devaient dîner au bas bout de la table ) portaient des blouses de cérémonie, c'est-à-dire dont le col était rabattu sur les épaules, le dos froncé à petits plis et la taille attachée très bas par une ceinture cousue.
Le camicie si gonfiavano sui petti come corazze. Tutti si erano fatti tagliare i capelli per l'occasione e gli orecchi spiccavano staccati dalla testa nel vuoto creato loro intorno. Et les chemises sur les poitrines bombaient comme des cuirasses ! Tout le monde était tondu à neuf, les oreilles s'écartaient des têtes, on était rasé de près ;
Qualcuno che si era alzato addirittura prima dell'alba, essendosi rasato al buio, mostrava dei tagli diagonali sotto il naso, oppure, lungo le mascelle, scorticature larghe come uno scudo da tre franchi, che l'aria aveva infiammato durante il viaggio e che ora chiazzavano di rosa tutte quelle larghe e allegre facce smorte. quelques-uns même qui s'étaient levés dès avant l'aube, n'ayant pas vu clair à se faire la barbe, avaient des balafres en diagonale sous le nez, ou, le long des mâchoires, des pelures d'épiderme larges comme des écus de trois francs, et qu'avait enflammées le grand air pendant la route, ce qui marbrait un peu de plaques roses toutes ces grosses faces blanches épanouies.
Il municipio si trovava a mezzo miglio dalla fattoria e tutti ci andarono e tornarono a piedi dopo la cerimonia in chiesa. La mairie se trouvant à une demi-lieue de la ferme, on s'y rendit à pied, et l'on revint de même, une fois la cérémonie faite à l'église.
Il corteo, dapprima ininterrotto come una sciarpa colorata che ondeggiasse nella campagna lungo lo stretto sentiero serpeggiante in mezzo al grano verde, ben presto si allungò e si spezzettò in diversi gruppi che si attardarono a chiacchierare. In testa veniva il suonatore di violino con lo strumento ornato di nastri legati al riccio, poi gli sposi, i parenti e gli amici disposti a caso; e, dietro a tutti, i bambini che si divertivano a strappare le campanule agli steli dell'avena, o a farsi dispetti senza essere veduti. Il vestito di Emma, un po' troppo lungo, sfiorava il sentiero; di tanto in tanto ella si fermava, lo tirava su e delicatamente, con le mani guantate, toglieva le pagliuzze e gli aghi dei cardi, mentre Charles, le mani penzoloni, aspettava che avesse finito. Papà Rouault con in capo un cappello a cilindro nuovo e i polsi della marsina nera che gli coprivano le mani fino alle unghie, dava il braccio alla signora Bovary madre. Il signor Bovary padre disprezzava, in fondo al cuore, tutta quella gente; era venuto indossando una semplice finanziera di taglio militare, con una sola fila di bottoni, e snocciolava triviali galanterie a una forosetta bionda, la quale si inchinava, arrossiva e non sapeva cosa rispondere. Gli altri invitati chiacchieravano dei loro affari, si facevano di soppiatto scherzi, per creare in anticipo quell'atmosfera di eccitazione indispensabile alla festa. E, tendendo l'orecchio, era possibile sentire il frin-frin del violinista che continuava a suonare nell'aperta campagna. Questi, quando si accorgeva di essersi lasciato indietro il corteo, si fermava per riprendere fiato, strofinava a lungo l'archetto sulla colofonia affinché le corde vibrassero di più, poi si rimetteva in cammino alzando e abbassando il manico del violino per dargli meglio il ritmo. Il suono dello strumento faceva fuggire lontano gli uccellini. Le cortège, d'abord uni comme une seule écharpe de couleur, qui ondulait dans la campagne, le long de l'étroit sentier serpentant entre les blés verts, s'allongea bientôt et se coupa en groupes différents, qui s'attardaient à causer. Le ménétrier allait en tête, avec son violon empanaché de rubans à la coquille ; les mariés venaient ensuite, les parents, les amis tout au hasard, et les enfants restaient derrière, s'amusant à arracher les clochettes des brins d'avoine, ou à se jouer entre eux, sans qu'on les vît. La robe d'Emma, trop longue, traînait un peu par le bas ; de temps à autre, elle s'arrêtait pour la tirer, et alors délicatement, de ses doigts gantés, elle enlevait les herbes rudes avec les petits dards des chardons, pendant que Charles, les mains vides, attendait qu'elle eût fini. Le père Rouault, un chapeau de soie neuf sur la tête et les parements de son habit noir lui couvrant les mains jusqu'aux ongles, donnait le bras à madame Bovary mère. Quant à M. Bovary père, qui, méprisant au fond tout ce monde-là, était venu simplement avec une redingote à un rang de boutons d'une coupe militaire, il débitait des galanteries d'estaminet à une jeune paysanne blonde. Elle saluait, rougissait, ne savait que répondre. Les autres gens de la noce causaient de leurs affaires ou se faisaient des niches dans le dos, s'excitant d'avance à la gaieté ; et, en y prêtant l'oreille, on entendait toujours le crin-crin du ménétrier qui continuait à jouer dans la campagne. Quand il s'apercevait qu'on était loin derrière lui, il s'arrêtait à reprendre haleine, cirait longuement de colophane son archet, afin que les cordes grinçassent mieux, et puis il se remettait à marcher, abaissant et levant tour à tour le manche de son violon, pour se bien marquer la mesure à lui-même. Le bruit de l'instrument faisait partir de loin les petits oiseaux.
La tavola era apparecchiata sotto la tettoia dei carri. C'erano quattro lombate di bue, sei fricassee di pollo, un umido di vitello, tre cosciotti arrosto, e, nel mezzo, un bel maialino di latte allo spiedo, circondato da quattro salsicciotti all'acetosella. Negli angoli troneggiavano le bottiglie di acquavite e il sidro dolce, imbottigliato, premeva con la sua spuma densa contro i turaccioli. Tutti i bicchieri erano già stati riempiti di vino fino all'orlo. Grandi piatti di crema gialla tremolavano alla più piccola scossa della tavola e mostravano sulla liscia superficie le iniziali degli sposi novelli tracciate con un sottile arabesco. Era venuto un pasticciere di Yvetot per occuparsi delle torte e dei torroni. Questi si era dato un gran da fare, non essendo conosciuto nel paese, e al dolce servì personalmente una torta decorata che strappò grida di meraviglia. La base era costituita da un cartone quadrato azzurro, raffigurante un tempio con portici, colonnati, statuette di stucco disposte tutto intorno in nicchie costellate di stelle di carta dorata; al secondo ripiano v'era un torrione di pasta di savoiardi circondato da minute fortificazioni di angelica, mandorle, uva passa, spicchi d'arancia; infine sulla piattaforma superiore, costituita da un prato verde con rocce e laghi di marmellata ove navigavano barchette di gusci di nocciole, un Amorino si dondolava su un'altalena di cioccolata i cui pali di sostegno terminavano con due boccioli di rose fresche poste lì sopra a guisa di pomoli. C'était sous le hangar de la charretterie que la table était dressée. Il y avait dessus quatre aloyaux, six fricassées de poulets, du veau à la casserole, trois gigots, et, au milieu, un joli cochon de lait rôti, flanqué de quatre endeuilles à l'oseille. Aux angles, se dressait l'eau-de-vie dans des carafes. Le cidre doux en bouteilles poussait sa mousse épaisse autour des bouchons, et tous les verres, d'avance, avaient été remplis de vin jusqu'au bord. De grands plats de crème jaune, qui flottaient d'eux-mêmes au moindre choc de la table, présentaient, dessinés sur leur surface unie, les chiffres des nouveaux époux en arabesques de nonpareille. On avait été chercher un pâtissier à Yvetot, pour les tourtes et les nougats. Comme il débutait dans le pays, il avait soigné les choses ; et il apporta, lui-même, au dessert, une pièce montée qui fit pousser des cris. A la base, d'abord, c'était un carré de carton bleu figurant un temple avec portiques, colonnades et statuettes de stuc tout autour, dans des niches constellées d'étoiles en papier doré ; puis se tenait au second étage un donjon en gâteau de Savoie, entouré de menues fortifications en angélique, amandes, raisins secs, quartiers d'oranges ; et enfin, sur la plate-forme supérieure, qui était une prairie verte où il y avait des rochers avec des lacs de confitures et des bateaux en écales de noisettes, on voyait un petit Amour, se balançant à une escarpolette de chocolat, dont les deux poteaux étaient terminés par deux boutons de rose naturels, en guise de boules, au sommet.
Continuarono a mangiare fino a sera. Quando erano stanchi di stare seduti, i commensali si alzavano, andavano a passeggiare nei cortili, o a fare una partita al gioco del turacciolo nel granaio, per poi rimettersi a tavola. Verso la fine qualcuno si addormentò e si mise a russare. Ma, arrivati al caffè, tutti si rianimarono: intonarono canti, fecero gare di forza sollevando pesi, passando sotto il proprio pollice, tentando di sollevare i carretti sulle spalle, raccontarono storielle salaci, abbracciarono le proprie dame. Quando giunse il momento di andarsene, la sera, i cavalli, ingozzati di avena fino agli occhi, non entrarono tanto facilmente fra le stanghe; si inalberavano, sgroppavano, rompevano i finimenti. I padroni ridevano e imprecavano, e per tutta la notte, sotto il chiaro di luna, sulle strade della regione, vi furono calessi trascinati al gran galoppo che traballavano nei rigagnoli, sobbalzavano sui mucchi di ciottoli, si fermavano contro le scarpate con le donne che si spenzolavano fuori dei finestrini per afferrare le redini. Jusqu'au soir, on mangea. Quand on était trop fatigué d'être assis, on allait se promener dans les cours ou jouer une partie de bouchon dans la grange ; puis on revenait à table. Quelques-uns, vers la fin, s'y endormirent et ronflèrent. Mais, au café, tout se ranima ; alors on entama des chansons, on fit des tours de force, on portait des poids, on passait sous son pouce, on essayait à soulever les charrettes sur ses épaules, on disait des gaudrioles, on embrassait les dames. Le soir, pour partir, les chevaux gorgés d'avoine jusqu'aux naseaux, eurent du mal à entrer dans les brancards ; ils ruaient, se cabraient, les harnais se cassaient, leurs maîtres juraient ou riaient ; et toute la nuit, au clair de la lune, par les routes du pays, il y eut des carrioles emportées qui couraient au grand galop, bondissant dans les saignées, sautant par-dessus les mètres de cailloux, s'accrochant aux talus, avec des femmes qui se penchaient en dehors de la portière pour saisir les guides.
Quelli che si erano fermati ai Bertaux trascorsero la notte bevendo, in cucina. I ragazzi si erano addormentati sotto le panche. Ceux qui restèrent aux Bertaux passèrent la nuit à boire dans la cuisine. Les enfants s'étaient endormis sous les bancs.
La sposa aveva supplicato suo padre perché le fossero risparmiati gli scherzi consueti. Papà Rouault arrivò giusto in tempo per impedire a un cugino pescivendolo, il quale aveva portato come regalo di nozze due sogliole, di soffiare con la bocca un getto d'acqua attraverso la serratura nella camera nuziale. Dovette spiegargli che la posizione di suo genero non consentiva tali sconvenienze. Ma il cugino non si lasciò convincere. Dentro di sé accusava papà Rouault di superbia e infine andò a riunirsi in un angolo a quattro o cinque altri invitati, i quali, essendo loro toccati per caso a tavola, varie volte di seguito, pezzi di carne scadenti, si sentivano maltrattati e mormoravano alle spalle dell'ospite augurandosi con parole velate la sua rovina. La mariée avait supplié son père qu'on lui épargnât les plaisanteries d'usage. Cependant, un mareyeur de leurs cousins ( qui même avait apporté, comme présent de noces, une paire de soles ) commençait à souffler de l'eau avec sa bouche par le trou de la serrure, quand le père Rouault arriva juste à temps pour l'en empêcher, et lui expliqua que la position grave de son gendre ne permettait pas de telles inconvenances. Le cousin, toutefois, céda difficilement à ces raisons. En dedans de lui-même, il accusa le père Rouault d'être fier, et il alla se joindre dans un coin à quatre ou cinq autres des invités qui, ayant eu par hasard plusieurs fois de suite à table les bas morceaux des viandes, trouvaient aussi qu'on les avait mal reçus, chuchotaient sur le compte de leur hôte et souhaitaient sa ruine à mots couverts.
La signora Bovary madre non aveva aperto bocca in tutta la giornata. Non era stata interpellata né sull'abito della nuora né per l'allestimento della festa. Si ritirò presto in camera sua. Il marito, invece di seguirla, mandò a prendere dei sigari a Saint-Victor e fumò fino a giorno, bevendo grog al maraschino, miscuglio sconosciuto alla compagnia che lo fece salire ancora di più nella considerazione altrui. Madame Bovary mère n'avait pas desserré les dents de la journée. On ne l'avait consultée ni sur la toilette de la bru, ni sur l'ordonnance du festin ; elle se retira de bonne heure. Son époux, au lieu de la suivre, envoya chercher des cigares à Saint-Victor et fuma jusqu'au jour, tout en buvant des grogs au kirsch, mélange inconnu à la campagne, et qui fut pour lui comme la source d'une considération plus grande encore.
Charles non aveva un'indole faceta. Durante il banchetto di nozze non aveva brillato affatto. Aveva risposto in modo mediocre ai frizzi, ai giochi di parole, ai doppi sensi, ai complimenti e alle spiritosaggini audaci che tutti si erano fatti un dovere di indirizzargli dall'inizio del pranzo. Charles n'était point de complexion facétieuse, il n'avait pas brillé pendant la noce. Il répondit médiocrement aux pointes, calembours, mots à double entente, compliments et paillardises que l'on se fit un devoir de lui décocher dès le potage.
Il giorno dopo, in compenso, sembrava un altro uomo. Lo si sarebbe detto la vergine della vigilia, mentre la sposa non lasciava trapelare nulla che consentisse di indovinare alcunché. I più scaltri non sapevano che cosa dire e, quando se la vedevano passare vicino, la osservavano con un interesse fuori di misura. Charles non cercava di dissimulare. La chiamava mogliettina, le dava del tu, chiedeva a tutti di lei, la cercava dappertutto e spesso lo si vedeva di lontano, mentre si tratteneva con lei in giardino fra gli alberi, cingerla con il braccio alla vita e continuare a camminare chinato a metà su di lei, gualcendole con il capo le gale intorno al collo del corsetto. Le lendemain, en revanche, il semblait un autre homme. C'est lui plutôt que l'on eût pris pour la vierge de la veille, tandis que la mariée ne laissait rien découvrir où l'on pût deviner quelque chose. Les plus malins ne savaient que répondre, et ils la considéraient, quand elle passait près d'eux, avec des tensions d'esprit démesurées. Mais Charles ne dissimulait rien. Il l'appelait " ma femme " , la tutoyait, s'informait d'elle à chacun, la cherchait partout, et souvent il l'entraînait dans les cours, où on l'apercevait de loin, entre les arbres, qui lui passait le bras sous la taille et continuait à marcher à demi penché sur elle, en lui chiffonnant avec sa tête la guimpe de son corsage.
Gli sposi se ne andarono due giorni dopo le nozze: Deux jours après la noce, les époux s'en allèrent :
Charles non avrebbe potuto trascurare più a lungo i suoi malati. Partirono sul barroccino di papà Rouault, che li accompagnò fino a Vassonville. Qui egli abbracciò ancora una volta la figlia, scese e tornò indietro. Ma, fatti un centinaio di passi, si fermò, e, guardando il barroccio che si allontanava con le ruote turbinanti nella polvere, emise un gran sospiro. Ricordava il suo matrimonio, i tempi di una volta, la prima gravidanza della moglie; era stato felice anche lui, il giorno in cui l'aveva condotta dalla casa paterna alla sua, in groppa al cavallo che galoppava nella neve; mancava poco a Natale e la campagna era tutta bianca; ella gli si teneva aggrappata con un braccio, mentre l'altro reggeva un paniere; le lunghe trine dell'acconciatura tipica delle donne di Caux le passavano sulla bocca, agitate dal vento, e quando lui voltava la testa, vedeva sopra la propria spalla il minuto viso roseo che sorrideva in silenzio, sotto la fascia d'oro della cuffia. Per scaldarsi le mani, ogni tanto ella gliele infilava nell'abbottonatura della giacca. Com'era lontano tutto questo! Adesso il loro figliolo avrebbe avuto trent'anni! Si voltò ancora una volta, ma sulla strada non c'era più nessuno. Si sentì triste come una casa vuota; i pensieri neri si mescolarono con i teneri ricordi, nel suo cervello offuscato dai vapori della baldoria, e per un momento sentì il desiderio di andare a fare un giro dalla parte della chiesa. Ma ebbe paura di diventare ancora più malinconico e tornò subito a casa. Charles, à cause de ses malades, ne pouvait s'absenter plus longtemps. Le père Rouault les fit reconduire dans sa carriole et les accompagna lui-même jusqu'à Vassonville. Là, il embrassa sa fille une dernière fois, mit pied à terre et reprit sa route. Lorsqu'il eut fait cent pas environ, il s'arrêta, et, comme il vit la carriole s'éloignant, dont les roues tournaient dans la poussière, il poussa un gros soupir. Puis il se rappela ses noces, son temps d'autrefois, la première grossesse de sa femme ; il était bien joyeux, lui aussi, le jour qu'il l'avait emmenée de chez son père dans sa maison, quand il la portait en croupe en trottant sur la neige ; car on était aux environs de Noël et la campagne était toute blanche ; elle le tenait par un bras, à l'autre était accroché son panier ; le vent agitait les longues dentelles de sa coiffure cauchoise, qui lui passaient quelquefois sur la bouche, et, lorsqu'il tournait la tête, il voyait près de lui, sur son épaule, sa petite mine rosée qui souriait silencieusement, sous la plaque d'or de son bonnet. Pour se réchauffer les doigts, elle les lui mettait, de temps en temps, dans la poitrine. Comme c'était vieux tout cela ! Leur fils, à présent, aurait trente ans ! Alors il regarda derrière lui, il n'aperçut rien sur la route. Il se sentit triste comme une maison démeublée ; et, les souvenirs tendres se mêlant aux pensées noires dans sa cervelle obscurcie par les vapeurs de la bombance, il eut bien envie un moment d'aller faire un tour du côté de l'église. Comme il eut peur, cependant, que cette vue ne le rendît plus triste encore, il s'en revint tout droit chez lui.
Charles e sua moglie arrivarono a Tostes verso le sei. I vicini vennero alle finestre per veder la nuova sposa del medico. La vieille bonne se présenta, lui fit ses salutations, s'excusa de ce que le dîner n'était pas prêt, et engagea Madame, en attendant, à prendre connaissance de sa maison
La vecchia governante si presentò, porse loro il benvenuto, si scusò perché la cena non era ancora pronta ed esortò la signora a visitare intanto la casa.

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La facciata in mattoni dava direttamente sulla via, o meglio, sulla strada maestra. Dietro la porta si trovavano appesi un pastrano con il bavero piccolo, una briglia, un berretto di pelle nero, e in un angolo, per terra, un paio di stivali ancora coperti di fango secco. A destra c'era la sala, e cioè la stanza dove si mangiava e si passavano le giornate. Una tappezzeria giallo-canarino, ravvivata in alto da una ghirlanda di fiori a tinte delicate, tremolava da cima a fondo sulla tela mal tesa; le tende di calicò orlate di rosso si incrociavano alle finestre e sulla stretta mensola del caminetto luccicava una pendola che rappresentava una testa di Ippocrate, fra due lampade di argento placcato sormontate da globi di forma ovale. All'altro lato del corridoio v'era lo studio di Charles, una stanzetta larga circa sei passi, arredata con tre sedie, un tavolo e una poltrona da ufficio. I volumi del dizionario della scienza medica, intonsi, ma con la rilegatura rovinata per essere passati fra le mani di troppi padroni, occupavano quasi da soli i sei ripiani di una libreria in legno di abete. Gli odori dei cibi penetravano nello studio, durante le consultazioni, e in cucina si udivano i malati tossire e raccontare tutte le loro afflizioni. Uno stanzone mal tenuto si apriva direttamente sul cortile dove c'era la scuderia: conteneva un forno e serviva da legnaia, cantina, ripostiglio; era pieno di ferrivecchi, barili vuoti, attrezzi agricoli fuori uso e di una gran quantità di cose coperte di polvere delle quali sarebbe stato impossibile indovinare l'uso. La façade de briques était juste à l'alignement de la rue, ou de la route plutôt. Derrière la porte se trouvaient accrochés un manteau à petit collet, une bride, une casquette de cuir noir, et, dans un coin, à terre, une paire de houseaux encore couverts de boue sèche. A droite était la salle, c'est-à-dire l'appartement où l'on mangeait et où l'on se tenait. Un papier jaune-serin, relevé dans le haut par une guirlande de fleurs pâles, tremblait tout entier sur sa toile mal tendue ; et sur l'étroit chambranle de la cheminée resplendissait une pendule à tête d'Hippocrate, entre deux flambeaux d'argent plaqué, sous des globes de forme ovale. De l'autre côté du corridor était le cabinet de Charles, petite pièce de six pas de large environ, avec une table, trois chaises et un fauteuil de bureau. Les tomes du Dictionnaire des sciences médicales , non coupés, mais dont la brochure avait souffert dans toutes les ventes successives par où ils avaient passé, garnissaient presque à eux seuls, les six rayons d'une bibliothèque en bois de sapin. L'odeur des roux pénétrait à travers la muraille, pendant les consultations, de même que l'on entendait de la cuisine, les malades tousser dans le cabinet et débiter toute leur histoire. Venait ensuite, s'ouvrant immédiatement sur la cour, où se trouvait l'écurie, une grande pièce délabrée qui avait un four, et qui servait maintenant de bûcher, de cellier, de garde-magasin, pleine de vieilles ferrailles, de tonneaux vides, d'instruments de culture hors de service, avec quantité d'autres choses poussiéreuses dont il était impossible de deviner l'usage.
Il giardino, più lungo che largo, si stendeva fra due muri assai rustici coperti da albicocchi a spalliera fino a una siepe di rovi che lo separava dai campi. In mezzo, una meridiana d'ardesia era posata su un piedistallo in muratura; quattro stente aiuole di rose canine circondavano simmetricamente il terreno destinato alle coltivazioni, più utili, degli ortaggi. In fondo, sotto gli abeti nani, un curato di pietra leggeva il breviario. Le jardin, plus long que large, allait, entre deux murs de bauge couverts d'abricots en espalier, jusqu'à une haie d'épines qui le séparait des champs. Il y avait au milieu un cadran solaire en ardoise, sur un piédestal de maçonnerie ; quatre plates-bandes garnies d'églantiers maigres entouraient symétriquement le carré plus utile des végétations sérieuses. Tout au fond, sous les sapinettes, un curé de plâtre lisait son bréviaire.
Emma salì nelle camere. La prima era vuota, ma la seconda, quella matrimoniale, conteneva un letto di mogano sotto un'alcova disegnata drappeggiata di rosso. Una scatola coperta di conchiglie decorava il cassettone e sullo scrittoio vicino alla finestra, infilato in una bottiglia, c'era un mazzolino di fiori d'arancio legato con un nastro di raso bianco. Un mazzolino da sposa, quello dell'altra! Emma lo guardò. Charles se ne accorse, lo prese e lo portò in solaio, mentre sua moglie, accomodata in una poltrona (le sue cose venivano intanto sistemate intorno a lei), pensava al proprio mazzolino, riposto in una scatola di cartone, e si domandava, fantasticando, che fine avrebbe fatto se per caso fosse morta. Emma monta dans les chambres. La première n'était point meublée ; mais la seconde, qui était la chambre conjugale, avait un lit d'acajou dans une alcôve à draperie rouge. Une boîte en coquillages décorait la commode ; et, sur le secrétaire, près de la fenêtre, il y avait, dans une carafe, un bouquet de fleurs d'oranger, noué par des rubans de satin blanc. C'était un bouquet de mariée, le bouquet de l'autre ! Elle le regarda. Charles s'en aperçut, il le prit et l'alla porter au grenier, tandis qu'assise dans un fauteuil ( on disposait ses affaires autour d'elle ) , Emma songeait à son bouquet de mariage, qui était emballé dans un carton, et se demandait, en rêvant, ce qu'on en ferait, si par hasard elle venait à mourir.
Durante i primi giorni fu occupata a studiare i cambiamenti da apportare alla casa. Tolse i globi dai candelabri, fece tappezzare di nuovo le camere, ridipingere la scala e mettere panchine nel giardino, tutto intorno alla meridiana; domandò come avrebbe potuto fare per avere una vasca con lo zampillo e i pesci rossi. E poi, suo marito, sapendo ch'ella amava le passeggiate in carrozza, trovò un carrozzino d'occasione che, per aver avuto un tempo i fanali nuovi e i parafanghi di cuoio impunturato, sembrava quasi un tilbury. Elle s'occupa, les premiers jours, à méditer des changements dans sa maison. Elle retira les globes des flambeaux, fit coller des papiers neufs, repeindre l'escalier et faire des bancs dans le jardin, tout autour du cadran solaire ; elle demanda même comment s'y prendre pour avoir un bassin à jet d'eau avec des poissons. Enfin son mari, sachant qu'elle aimait à se promener en voiture, trouva un boc d'occasion, qui, ayant une fois des lanternes neuves et des garde-crotte en cuir piqué, ressembla presque à un tilbury.
Charles era felice e senza pensieri. Una cenetta a due, una passeggiata la sera sulla strada maestra, un gesto della mano di Emma sui capelli, la vista del suo cappellino di paglia appeso alla maniglia di una finestra e un'infinità di altre cose dalle quali non aveva mai immaginato di poter trarre piacere, formavano il tessuto della sua felicità. Al mattino, a letto, con il capo accanto a quello di lei, sul guanciale, guardava la luce del sole filtrare attraverso la peluria bionda delle sue gote per metà nascoste dai lembi della cuffietta. Visti così da vicino, i suoi occhi gli sembravano più grandi, soprattutto quando Emma, svegliandosi, apriva e chiudeva più volte le palpebre; erano neri all'ombra e blu scuri nella luce piena, sembravano fatti a strati sovrapposti di colore, più denso dapprima e poi sempre più chiaro verso la superficie della cornea. Lo sguardo di lui si perdeva in quegli specchi profondi nei quali scorgeva rimpicciolita la propria immagine, fino alle spalle, con il fazzoletto di seta che le copriva il capo, e il collo della camicia aperto. E poi veniva l'ora di alzarsi. Lei si affacciava alla finestra per vederlo andar via; stava con i gomiti appoggiati al davanzale fra due vasi di gerani, indossando una vestaglia ampia. Charles, in strada, si allacciava gli speroni appoggiando il piede al paracarro, mentre ella continuava a conversare con lui dall'alto, strappando con la bocca pezzetti di fiore o d'erba, che soffiava dalla sua parte: volteggiavano, planavano, disegnavano semicerchi nell'aria, come un uccello, e andavano, prima di cadere, ad attaccarsi ai crini mal strigliati della vecchia cavalla bianca, immobile davanti alla porta. Montato a cavallo, Charles le mandava un bacio, lei rispondeva con un gesto, chiudeva la finestra ed egli se ne andava. Sulla strada maestra simile a un interminabile nastro di polvere, nei sentieri profondi lungo i quali gli alberi, curvandosi, formavano una cortina, nei viottoli ove il grano gli arrivava ai ginocchi, sotto il sole e con il profumo del mattino nelle narici, con il cuore pieno della gioia della notte, con l'animo in pace e i sensi appagati, se ne andava ruminando la sua felicità, come chi assapori, dopo mangiato, il gusto dei tartufi che sta digerendo. Il était donc heureux et sans souci de rien au monde. Un repas en tête-à-tête, une promenade le soir sur la grande route, un geste de sa main sur ses bandeaux, la vue de son chapeau de paille rond accroché à l'espagnolette d'une fenêtre, et bien d'autres choses encore où Charles n'avait jamais soupçonné de plaisir, composaient maintenant la continuité de son bonheur. Au lit, le matin, et côte à côte sur l'oreiller, il regardait la lumière du soleil passer parmi le duvet de ses joues blondes, que couvraient à demi les pattes escalopées de son bonnet. Vus de si près, ses yeux lui paraissaient agrandis, surtout quand elle ouvrait plusieurs fois de suite ses paupières en s'éveillant ; noirs à l'ombre et bleu foncé au grand jour, ils avaient comme des couches de couleurs successives, et qui plus épaisses dans le fond, allaient en s'éclaircissant vers la surface de l'émail. Son oeil, à lui, se perdait dans ces profondeurs, et il s'y voyait en petit jusqu'aux épaules, avec le foulard qui le coiffait et le haut de sa chemise entrouvert. Il se levait. Elle se mettait à la fenêtre pour le voir partir ; et elle restait accoudée sur le bord, entre deux pots de géraniums, vêtue de son peignoir, qui était lâche autour d'elle. Charles, dans la rue, bouclait ses éperons sur la borne ; et elle continuait à lui parler d'en haut, tout en arrachant avec sa bouche quelque bribe de fleur ou de verdure qu'elle soufflait vers lui, et qui voltigeant, se soutenant, faisant dans l'air des demi-cercles comme un oiseau, allait, avant de tomber, s'accrocher aux crins mal peignés de la vieille jument blanche, immobile à la porte. Charles, à cheval, lui envoyait un baiser ; elle répondait par un signe, elle refermait la fenêtre, il partait. Et alors, sur la grande route qui étendait sans en finir son long ruban de poussière, par les chemins creux où les arbres se courbaient en berceaux, dans les sentiers dont les blés lui montaient jusqu'aux genoux, avec le soleil sur ses épaules et l'air du matin à ses narines, le coeur plein des félicités de la nuit, l'esprit tranquille, la chair contente, il s'en allait ruminant son bonheur, comme ceux qui mâchent encore, après dîner, le goût des truffes qu'ils digèrent.
Fino a quel giorno, che cosa gli aveva dato la vita? Aveva conosciuto la felicità, forse, quando in collegio restava chiuso fra quelle alte mura, solo, in mezzo ai compagni più ricchi o più bravi di lui negli studi, che ridevano per il suo accento, lo burlavano per i suoi abiti, e le cui madri venivano in parlatorio con i manicotti pieni di dolciumi? O più tardi, quando studiava medicina e non aveva mai il borsellino così ben fornito da potersi permettere di portare a ballare qualche sartina che diventasse poi la sua amichetta? In seguito aveva vissuto per quattordici mesi con la vedova che a letto aveva i piedi freddi come ghiaccioli. Ma adesso possedeva per tutta la vita questa deliziosa fanciulla che adorava. Per lui l'universo non andava oltre l'orlo di seta della gonna di Emma; si rimproverava di non amarla abbastanza, non vedeva l'ora di rivederla, tornava a casa più presto che poteva, saliva le scale con il cuore in gola. Emma, nella sua camera, si faceva bella: Charles arrivava in punta di piedi e la baciava sul collo facendola gridare dalla sorpresa. Jusqu'à présent, qu'avait-il eu de bon dans l'existence ? Etait-ce son temps de collège, où il restait enfermé entre ces hauts murs, seul au milieu de ses camarades plus riches ou plus forts que lui dans leurs classes, qu'il faisait rire par son accent, qui se moquaient de ses habits, et dont les mères venaient au parloir avec des pâtisseries dans leur manchon ? Etait-ce plus tard, lorsqu'il étudiait la médecine et n'avait jamais la bourse assez ronde pour payer la contredanse à quelque petite ouvrière qui fût devenue sa maîtresse ? Ensuite il avait vécu pendant quatorze mois avec la veuve, dont les pieds, dans le lit, étaient froids comme des glaçons. Mais, à présent, il possédait pour la vie cette jolie femme qu'il adorait. L'univers, pour lui, n'excédait pas le tour soyeux de son jupon ; et il se reprochait de ne pas l'aimer, il avait envie de la revoir ; il s'en revenait vite, montait l'escalier, le coeur battant. Emma, dans sa chambre, était à faire sa toilette ; il arrivait à pas muets, il la baisait dans le dos, elle poussait un cri.
Non era capace di astenersi dal toccare continuamente il pettine, gli anelli, lo scialletto di lei; qualche volta le dava grossi baci schioccanti sulle gote, o la baciava dolcemente sulle braccia nude, dalla punta delle dita fino alle spalle; e lei lo respingeva, fra sorridente e annoiata, come si fa con un bambino troppo insistente. Il ne pouvait se retenir de toucher continuellement à son peigne, à ses bagues, à son fichu ; quelquefois, il lui donnait sur les joues de gros baisers à pleine bouche, ou c'étaient de petits baisers à la file tout le long de son bras nu, depuis le bout des doigts jusqu'à l'épaule ; et elle le repoussait, à demi souriante et ennuyée, comme on fait à un enfant qui se pend après vous.
Prima di sposarsi, Emma aveva creduto di essere innamorata, ma la felicità che sarebbe dovuta nascere da questo amore non esisteva, ed ella pensava ormai di essersi sbagliata. Cercava ora di capire che cosa volessero dire realmente le parole felicità, passione, ebbrezza, che le erano sembrate così belle nei libri. Avant qu'elle se mariât, elle avait cru avoir de l'amour ; mais le bonheur qui aurait dû résulter de cet amour n'étant pas venu, il fallait qu'elle se fût trompée, songea-t-elle. Et Emma cherchait à savoir ce que l'on entendait au juste dans la vie par les mots de félicité, de passion et d'ivresse , qui lui avaient paru si beaux dans les livres

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Aveva letto Paolo e Virginia, e aveva sognato la casetta di bambù, il negro Domingo, il cane Fedele, ma soprattutto la dolce amicizia di un bravo fratellino che vada a cogliere per noi frutti rossi su un albero più alto di un campanile, o che corra a piedi nudi sulla sabbia, per portarci un nido di uccelli. Elle avait lu Paul et Virginie et elle avait rêvé la maisonnette de bambous, le nègre Domingo, le chien Fidèle, mais surtout l'amitié douce de quelque bon petit frère, qui va chercher pour vous des fruits rouges dans des grands arbres plus hauts que des clochers, ou qui court pieds nus sur le sable, vous apportant un nid d'oiseau.
All'età di tredici anni suo padre la condusse con sé in città per metterla in collegio. Scesero in un albergo del quartiere Saint-Gervais, e mangiarono in piatti dipinti che illustravano la storia di madamigella di La Vallière. Le leggende esplicative, tagliate qua e là dai graffi dei coltelli, glorificavano tutte la religione, le gioie dello spirito, e i fasti della corte. Lorsqu'elle eut treize ans, son père l'amena lui-même à la ville, pour la mettre au couvent. Ils descendirent dans une auberge du quartier Saint-Gervais où ils eurent à leur souper des assiettes peintes qui représentaient l'histoire de mademoiselle de la Vallière. Les explications légendaires, coupées çà et là par l'égratignure des couteaux, glorifiaient toutes la religion, les délicatesses du coeur et les pompes de la Cour.
I primi tempi, in collegio, non si annoiò affatto; le piaceva la compagnia delle buone suore che, per divertirla, la conducevano nella cappella alla quale si accedeva dal refettorio per mezzo di un lungo corridoio. Giocava pochissimo durante la ricreazione, imparava bene il catechismo ed era sempre lei a rispondere a Monsignor Vicario nelle domande difficili. Vivendo senza mai uscire, nella tiepida atmosfera della scuola, in mezzo a queste donne smunte, con i loro rosari dalla croce di ottone, ella si assopì pian piano nel languore mistico che esala dai profumi dell'altare, dalla frescura delle acquasantiere e dal baluginio dei ceri. Invece di seguire la messa, guardava nel libriccino le pie vignette bordate d'azzurro; le piacevano la pecorella ammalata, il Sacro Cuore trafitto da frecce appuntite e il povero Gesù che cade portando la croce. Provò a stare un giorno intero senza mangiare per fare penitenza e studiava dentro di sé qualche voto da compiere. Loin de s'ennuyer au couvent les premiers temps, elle se plut dans la société des bonnes soeurs, qui, pour l'amuser, la conduisaient dans la chapelle, où l'on pénétrait du réfectoire par un long corridor. Elle jouait fort peu durant les récréations, comprenait bien le catéchisme, et c'est elle qui répondait toujours à M. le vicaire dans les questions difficiles. Vivant donc sans jamais sortir de la tiède atmosphère des classes et parmi ces femmes au teint blanc portant des chapelets à croix de cuivre, elle s'assoupit doucement à la langueur mystique qui s'exhale des parfums de l'autel, de la fraîcheur des bénitiers et du rayonnement des cierges. Au lieu de suivre la messe, elle regardait dans son livre les vignettes pieuses bordées d'azur, et elle aimait la brebis malade, le Sacré-Coeur percé de flèches aiguës, où le pauvre Jésus, qui tombe en marchant sur sa croix. Elle essaya, par mortification, de rester tout un jour sans manger. Elle cherchait dans sa tête quelque voeu à accomplir.
Quando andava a confessarsi, si accusava di piccoli peccati non commessi per poter rimanere più a lungo inginocchiata nell'ombra, con le mani giunte e il viso contro la grata, ascoltando i bisbigli del prete. Le parole fidanzato, sposo, amante celeste e matrimonio eterno, che ricorrono così spesso come paragoni nelle prediche, suscitavano nel fondo del suo cuore dolcezze inattese. Quand elle allait à confesse, elle inventait de petits péchés afin de rester là plus longtemps, à genoux dans l'ombre, les mains jointes, le visage à la grille sous le chuchotement du prêtre. Les comparaisons de fiancé , d'époux, d'amant céleste et de mariage éternel qui reviennent dans les sermons lui soulevaient au fond de l'âme des douceurs inattendues.
La sera, prima delle preghiere, aveva luogo nella sala di studio una lettura religiosa. Durante la settimana si leggevano sommari di storia sacra o le Conferenze dell'abate Frayssinous; e la domenica, per ricrearsi, qualche passo del Genio del Cristianesimo. Con quanta intensità ascoltò, le prime volte, la lamentazione sonora di quelle malinconie romantiche, reiteranti tutti gli echi della terra e dell'eternità! Se la sua infanzia fosse trascorsa nella retrobottega di un quartiere commerciale cittadino, avrebbe potuto entusiasmarsi per i travolgimenti lirici della natura che giungono a chi vive in città soltanto attraverso l'interpretazione degli scrittori. Ma ella conosceva anche troppo la campagna, i belati degli armenti, i prodotti del latte, gli aratri. Abituata alla tranquillità, desiderava per contrasto tutto ciò che era movimentato. Amava il mare soltanto per le sue tempeste, e la vegetazione solamente se cresceva a stento e rada in mezzo alle rovine. Era necessario per lei trarre dalle cose una specie di utile personale e respingeva come superfluo tutto ciò che non appagasse la brama immediata del cuore. Era più una sentimentale che un'artista, cercava emozioni più che paesaggi. Le soir, avant la prière, on faisait dans l'étude une lecture religieuse. C'était, pendant la semaine, quelque résumé d'Histoire Sainte ou les Conférences , de l'abbé Frayssinous, et, le dimanche, des passages du Génie du Christianisme par récréation. Comme elle écouta, les premières fois, la lamentation sonore des mélancolies romantiques se répétant à tous les échos de la terre et de l'éternité ! Si son enfance se fût écoulée dans l'arrière-boutique d'un quartier marchand, elle se serait peut-être ouverte alors aux envahissements lyriques de la nature, qui, d'ordinaire, ne nous arrivent que par la traduction des écrivains. Mais elle connaissait trop la campagne ; elle savait le bêlement des troupeaux, les laitages, les charrues. Habituée aux aspects calmes, elle se tournait, au contraire, vers les accidentés. Elle n'aimait la mer qu'à cause de ses tempêtes, et la verdure seulement lorsqu'elle était clairsemée parmi les ruines. Il fallait qu'elle pût retirer des choses une sorte de profit personnel ; et elle rejetait comme inutile tout ce qui ne contribuait pas à la consommation immédiate de son coeur, -- étant de tempérament plus sentimentale qu'artiste, cherchant des émotions et non des paysages.
Ogni mese veniva al convento, per otto giorni, una vecchia zitella ad accomodare la biancheria. Protetta dall'arcivescovo perché appartenente a un'antica famiglia nobile rovinata dalla rivoluzione, mangiava nel refettorio alla tavola delle suore e rimaneva con loro dopo il pasto a fare quattro chiacchiere prima di riprendere il lavoro. Spesso le educande scappavano dalla sala di studio per andare da lei. Conosceva a memoria certe canzoni galanti del secolo passato e le cantava a mezza voce mentre cuciva. Raccontava storie e novità, faceva commissioni in città a chi ne aveva bisogno, e prestava di nascosto alle ragazze più grandi certi romanzi che teneva sempre in tasca del grembiule, e dei quali divorava anche lei lunghi capitoli negli intervalli del suo lavoro. Non parlavano che di amore, di amanti e di innamorate, dame perseguitate che scomparivano in padiglioni fuori mano, postiglioni uccisi a ogni tappa, cavalli sfiancati in tutte le pagine, foreste tenebrose, cuori in tormento, giuramenti, singhiozzi, lacrime e baci, barche al chiaro di luna, usignoli nei boschetti, cavalieri coraggiosi come leoni, mansueti come agnelli, e virtuosi come nessuno, sempre ben vestiti e malinconici come sepolcri. Per sei mesi di fila, a quindici anni, Emma si imbrattò le mani con questa polvere di vecchie sale di lettura. Leggendo Walter Scott si appassionò più tardi ai soggetti storici, sognò forzieri, corpi di guardia, e menestrelli. Le sarebbe piaciuto vivere in qualche vecchio maniero, come quelle castellane dai lunghi corsetti, che passavano i giorni affacciate a una finestra a trifora, con i gomiti sulla pietra e il mento fra le mani, per veder giungere dal limite della campagna un cavaliere biancopiumato galoppante su un cavallo nero. In quel periodo si diede al culto di Maria Stuarda e, con una venerazione entusiasta, di tutte le donne illustri o sfortunate. Giovanna d'Arco, Héloïse, Agnès Sorel, la bella Ferronière e Clémence Isaure rifulgevano come comete contro la tenebrosa immensità della storia, ove spiccavano ancora qua e là, ma con assai minor rilievo, e senza alcun rapporto fra loro, San Luigi con la quercia, Baiardo morente, qualche crudeltà di Luigi XI, qualche notizia sulla notte di San Bartolomeo, il pennacchio del Bearnese, e, sempre vivo, il ricordo dei piatti dipinti che esaltavano Luigi XIV. Il y avait au couvent une vieille fille qui venait tous les mois, pendant huit jours, travailler à la lingerie. Protégée par l'archevêché comme appartenant à une ancienne famille de gentilshommes ruinés sous la Révolution, elle mangeait au réfectoire à la table des bonnes soeurs, et faisait avec elles, après le repas, un petit bout de causette avant de remonter à son ouvrage. Souvent les pensionnaires s'échappaient de l'étude pour l'aller voir. Elle savait par coeur des chansons galantes du siècle passé, qu'elle chantait à demi-voix, tout en poussant son aiguille. Elle contait des histoires, vous apprenait des nouvelles, faisait en ville vos commissions, et prêtait aux grandes, en cachette, quelque roman, qu'elle avait toujours dans les poches de son tablier, et dont la bonne demoiselle elle-même avalait de longs chapitres, dans les intervalles de sa besogne. Ce n'étaient qu'amours, amants, amantes, dames persécutées s'évanouissant dans des pavillons solitaires, postillons qu'on tue à tous les relais, chevaux qu'on crève à toutes les pages, forêts sombres, troubles du coeur, serments, sanglots, larmes et baisers nacelles au clair de lune rossignols dans les bosquets, messieurs braves comme des lions, doux comme des agneaux, vertueux comme on ne l'est pas, toujours bien mis, et qui pleurent comme des urnes. Pendant six mois, à quinze ans, Emma se graissa donc les mains à cette poussière des vieux cabinets de lecture. Avec Walter Scott, plus tard, elle s'éprit de choses historiques, rêva bahuts, salle des gardes et ménestrels. Elle aurait voulu vivre dans quelque vieux manoir, comme ces châtelaines au long corsage, qui, sous le trèfle des ogives, passaient leurs jours, le coude sur la pierre et le menton dans la main, à regarder venir du fond de la campagne un cavalier à plume blanche qui galope sur un cheval noir. Elle eut dans ce temps-là le culte de Marie Stuart, et des vénérations enthousiastes à l'endroit des femmes illustres ou infortunées. Jeanne d'Arc, Héloïse, Agnès Sorel, la belle Ferronnière et Clémence Isaure, pour elle, se détachaient comme des comètes sur l'immensité ténébreuse de l'histoire, où saillissaient encore çà et là, mais plus perdus dans l'ombre et sans aucun rapport entre eux, Saint Louis avec son chêne, Bayard mourant, quelques férocités de Louis XI, un peu de Saint-Barthélemy, le panache du Béarnais, et toujours le souvenir des assiettes peintes où Louis XIV était vanté.
Le canzoni che Emma cantava alle lezioni di musica parlavano soltanto di angioletti con le ali d'oro, di madonne, di lagune, di gondolieri; tranquille composizioni che le lasciavano intravedere, attraverso l'ingenuità dello stile e l'audacia della musica, la seducente fantasmagoria delle realtà sentimentali. Alcune delle compagne portavano in convento gli album dei ricordi ricevuti in dono. Bisognava tenerli nascosti e non era cosa da poco; li sfogliavano in dormitorio. Emma maneggiava con delicatezza le belle rilegature di raso e fissava con uno sguardo affascinato i nomi degli autori sconosciuti - spesso conti o visconti - che avevano firmato le loro composizioni. A la classe de musique, dans les romances qu'elle chantait, il n'était question que de petits anges aux ailes d'or, de madones, de lagunes, de gondoliers, pacifiques compositions qui lui laissaient entrevoir, à travers la niaiserie du style et les imprudences de la note, l'attirante fantasmagorie des réalités sentimentales. Quelques-unes de ses camarades apportaient au couvent les keepsakes qu'elles avaient reçus en étrennes. Il les fallait cacher, c'était une affaire ; on les lisait au dortoir. Maniant délicatement leurs belles reliures de satin, Emma fixait ses regards éblouis sur le nom des auteurs inconnus qui avaient signé, le plus souvent, comtes ou vicomtes, au bas de leurs pièces.
Sollevava fremendo, con un soffio, la carta velina delle illustrazioni che si alzava un po' piegata e ricadeva piano sulla contropagina. Si vedeva, dietro la balaustra di un balcone, un giovane con una corta mantellina, il quale stringeva fra le braccia una fanciulla in abito bianco, con una borsa appesa alla cintura; oppure il ritratto di un'anonima signora inglese, dai boccoli, che la fissava con i grandi occhi chiari di sotto la tesa di un cappello di paglia rotondo. Vi si vedevano signore adagiate su un carrozzone che correvano senza scosse nel parco, ove un levriero saltava davanti ai cavalli condotti al trotto da due piccoli postiglioni in pantaloni a coscia bianchi. Altre dame sognavano su divani, avendo accanto a sé missive dissuggellate e contemplando la luna attraverso la finestra semiaperta e per metà drappeggiata da una cortina nera. Le più ingenue baciavano, mentre una lagrima rigava loro la gota, una tortorella attraverso le sbarre di una gabbia gotica, oppure, sorridendo con il capo reclinato su una spalla, sfogliavano una margherita con le dita sottili e incurvate all'indietro come babbucce orientali. E c'eravate anche voi, sultani dalle lunghe pipe, in estasi sotto le volte a tutto sesto fra le braccia delle baiadere, e poi giaurri, scimitarre, fez, ma soprattutto voi, paesaggi sbiaditi di contrade esaltate all'eccesso, che spesso mostrate palmizi vicino a pinete, tigri a destra e un leone a sinistra, minareti tartari all'orizzonte e, in primo piano, rovine romane e cammelli accovacciati, il tutto inquadrato da una foresta vergine molto linda, con un raggio di sole tremolante nell'acqua sulla quale spiccano, come scalfitture bianche, qua e là, su un fondo grigio-acciaio, alcuni cigni che nuotano. Elle frémissait, en soulevant de son haleine le papier de soie des gravures, qui se levait à demi plié et retombait doucement contre la page. C'était derrière la balustrade d'un balcon, un jeune homme en court manteau qui serrait dans ses bras une jeune fille en robe blanche, portant une aumônière à sa ceinture ; ou bien les portraits anonymes des ladies anglaises à boucles blondes, qui, sous leur chapeau de paille vous regardent avec leurs grands yeux clairs. On en voyait d'étalées dans des voitures, glissant au milieu des parcs, où un lévrier sautait devant l'attelage que conduisaient au trot deux petits postillons en culotte blanche. D'autres, rêvant sur des sofas près d'un billet décacheté, contemplaient la lune, par la fenêtre entrouverte, à demi drapée d'un rideau noir. Les naïves, une larme sur la joue, becquetaient une tourterelle à travers les barreaux d'une cage gothique, ou, souriant la tête sur l'épaule, effeuillaient une marguerite de leurs doigts pointus, retroussés comme des souliers à la poulaine. Et vous y étiez aussi, sultans à longues pipes, pâmés sous des tonnelles, aux bras des bayadères, djiaours, sabres turcs, bonnets grecs, et vous surtout, paysages blafards des contrées dithyrambiques, qui souvent nous montrez à la fois des palmiers, des sapins, des tigres à droite, un lion à gauche, des minarets tartares à l'horizon, au premier plan des ruines romaines, puis des chameaux accroupis ; -- le tout encadré d'une forêt vierge bien nettoyée, et avec un grand rayon de soleil perpendiculaire tremblotant dans l'eau, où se détachent en écorchures blanches, sur un fond d'acier gris, de loin en loin, des cygnes qui nagent.
E la lucerna applicata alla parete sopra il capo di Emma rischiarava queste visioni del mondo che si susseguivano sotto i suoi occhi, una dopo l'altra, nel silenzio del dormitorio rotto soltanto dal rumore lontano di una carrozza ritardataria che rotolava ancora per le vie. Et l'abat-jour du quinquet, accroché dans la muraille au-dessus de la tête d'Emma, éclairait tous ces tableaux du monde, qui passaient devant elle les uns après les autres, dans le silence du dortoir et au bruit lointain de quelque fiacre attardé qui roulait encore sur les boulevards.
Quando sua madre morì, i primi giorni ella pianse a lungo. Si fece dare un quadretto con i capelli della morta e, in una lettera indirizzata ai Bertaux, tutta piena di tristi riflessioni sulla vita, chiese di essere seppellita nella stessa tomba, quando fosse venuto il momento. Suo padre, credendola malata, venne a trovarla. Emma si sentì intimamente soddisfatta di aver raggiunto così presto questo prezioso ideale di malinconica esistenza al quale non pervengono mai le anime mediocri. Si lasciò scivolare in meandri lamartiniani, ascoltò il suono delle arpe sui laghi, tutti i canti di cigno, le foglie cadere, le vergini pure che salgono in cielo, e la voce dell'Eterno in fondo alle valli. A un certo punto tutto ciò le venne a noia, ma non volle riconoscerlo e continuò, prima per abitudine, poi per vanità, finché non senza stupore si rese conto di sentirsi placata, senza più tristezza nel cuore che ruga sulla fronte. Quand sa mère mourut, elle pleura beaucoup les premiers jours. Elle se fit faire un tableau funèbre avec les cheveux de la défunte, et, dans une lettre qu'elle envoyait aux Bertaux, toute pleine de réflexions tristes sur la vie, elle demandait qu'on l'ensevelît plus tard dans le même tombeau. Le bonhomme la crut malade et vint la voir. Emma fut intérieurement satisfaite de se sentir arrivée du premier coup à ce rare idéal des existences pâles, où ne parviennent jamais les coeurs médiocres. Elle se laissa donc glisser dans les méandres lamartiniens, écouta les harpes sur les lacs, tous les chants de cygnes mourants, toutes les chutes de feuilles, les vierges pures qui montent au ciel, et la voix de l'Eternel discourant dans les vallons. Elle s'en ennuya, n'en voulut point convenir, continua par habitude, ensuite par vanité, et fut enfin surprise de se sentir apaisée, et sans plus de tristesse au coeur que de rides sur son front.
Le buone religiose, dopo aver fatto un gran conto sulla sua vocazione, si accorsero con grande sbalordimento che la signorina Rouault sembrava voler sfuggire alle loro premure. L'avevano tanto assillata con gli uffici, le novene, i ritiri, le prediche, avevano così ben cercato di inculcarle il rispetto per i santi e i martiri e le avevano dato tanti di quei buoni consigli per la modestia del corpo e la salute dell'anima, da indurla a comportarsi come un cavallo tirato per le briglie: ella si fermò di botto e il morso le sfuggì di fra i denti. Il suo spirito che, positivo pur fra le infatuazioni, aveva amato la chiesa per i suoi fiori, la musica per le parole delle canzoni, e la letteratura per le passioni che suscitava, insorgeva davanti ai misteri della fede, e ancora più si irritava contro la disciplina che riusciva insopportabile al temperamento di lei. Quando suo padre la tolse dal collegio, alle suore non dispiacque affatto di vederla andar via. La superiora trovava addirittura che ella era diventata meno rispettosa, negli ultimi tempi, verso la comunità. Les bonnes religieuses, qui avaient si bien présumé de sa vocation, s'aperçurent avec de grands étonnements que mademoiselle Rouault semblait échapper à leur soin. Elles lui avaient, en effet, tant prodigué les offices, les retraites, les neuvaines et les sermons, si bien prêché le respect que l'on doit aux saints et aux martyrs, et donné tant de bons conseils pour la modestie du corps et le salut de son âme, qu'elle fit comme les chevaux que l'on tire par la bride elle s'arrêta court et le mors lui sortit des dents. Cet esprit, positif au milieu de ses enthousiasmes, qui avait aimé l'église pour ses fleurs, la musique pour les paroles des romances, et la littérature pour ses excitations passionnelles, s'insurgeait devant les mystères de la foi, de même qu'elle s'irritait davantage contre la discipline, qui était quelque chose d'antipathique à sa constitution. Quand son père la retira de pension, on ne fut point fâché de la voir partir. La supérieure trouvait même qu'elle était devenue, dans les derniers temps, peu révérencieuse envers la communauté.
Tornata a casa, Emma si divertì dapprima a comandare la servitù, ma ben presto la campagna le venne a noia e rimpianse il convento. Quando Charles venne per la prima volta ai Bertaux, si sentiva delusa, senza più nulla da imparare e incapace di nuove emozioni. Emma, rentrée chez elle, se plut d'abord au commandement des domestiques, prit ensuite la campagne en dégoût et regretta son couvent. Quand Charles vint aux Bertaux pour la première fois, elle se considérait comme fort désillusionnée, n'ayant plus rien à apprendre, ne devant plus rien sentir.
Ma il desiderio di qualcosa di diverso, o forse il fatto di sentirsi stuzzicata dalla presenza di quest'uomo, fu sufficiente a indurla a ritenere di trovarsi di fronte a quella meravigliosa passione che, fino ad allora, si era comportata come un grande uccello dalle piume rosa planate nello splendore dei cieli poetici; e adesso non riusciva a credere che la tranquillità nella quale viveva fosse davvero la felicità sognata. Mais l'anxiété d'un état nouveau, ou peut-être l'irritation causée par la présence de cet homme, avait suffi à lui faire croire qu'elle possédait enfin cette passion merveilleuse qui jusqu'alors s'était tenue comme un grand oiseau au plumage rose planant dans la splendeur des ciels poétiques ; -- et elle ne pouvait s'imaginer à présent que ce calme où elle vivait fût le bonheur qu'elle avait rêvé

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A volte si diceva che questi sarebbero dovuti essere i giorni più felici della sua vita, la cosiddetta luna di miele. Per poterne gustare davvero la dolcezza, senza dubbio, bisognava partire per quei paesi dai nomi altisonanti, dove i primi giorni di matrimonio hanno più soavi pigrizie. In diligenza, all'ombra di tendine di seta azzurra, si sale per ripide strade ascoltando la canzone del postiglione che echeggia fra le montagne insieme con le campanelle delle capre e il rombo sordo delle cascate. Al tramonto, sulla riva dei golfi marini, ci si può inebriare con la fragranza dei limoni; la sera, sulla terrazza di una villa, soli, le mani dell'uno intrecciate con le mani dell'altra, si possono fare progetti guardando le stelle. Secondo lei, taluni luoghi sulla terra possedevano la peculiarità di produrre la felicità, quasi essa fosse stata una pianta alla quale è necessario un particolare terreno, una pianta che cresce male in qualunque altro luogo. Come avrebbe voluto potersi affacciare al balcone di uno chalet svizzero, o chiudere la sua malinconia in un cottage scozzese, insieme con un marito che indossasse un abito a giacca lunga di velluto nero, calzasse morbidi stivali e portasse un cappello a punta e i polsini. Elle songeait quelquefois que c'étaient là pourtant les plus beaux jours de sa vie, la lune de miel, comme on disait. Pour en goûter la douceur, il eût fallu, sans doute, s'en aller vers ces pays à noms sonores où les lendemains de mariage ont de plus suaves paresses ! Dans des chaises de poste, sous des stores de soie bleue, on monte au pas des routes escarpées, écoutant la chanson du postillon, qui se répète dans la montagne avec les clochettes des chèvres et le bruit sourd de la cascade. Quand le soleil se couche, on respire au bord des golfes le parfum des citronniers ; puis, le soir, sur la terrasse des villas, seuls et les doigts confondus, on regarde les étoiles en faisant des projets. Il lui semblait que certains lieux sur la terre devaient produire du bonheur, comme une plante particulière au sol et qui pousse mal tout autre part. Que ne pouvait-elle s'accouder sur le balcon des chalets suisses ou enfermer sa tristesse dans un cottage écossais, avec un mari vêtu d'un habit de velours noir à longues basques, et qui porte des bottes molles, un chapeau pointu et des manchettes !
Forse avrebbe desiderato confidar a qualcuno queste sue idee. Ma in qual modo avrebbe potuto descrivere quel malessere vago che mutava aspetto come le nuvole o che turbinava come il vento? Le mancavano le parole, l'occasione, il coraggio. Peut-être aurait-elle souhaité faire à quelqu'un la confidence de toutes ces choses. Mais comment dire un insaisissable malaise, qui change d'aspect comme les nuées, qui tourbillonne comme le vent ? Les mots lui manquaient donc, l'occasion, la hardiesse.
Eppure, se Charles avesse voluto, se lo avesse sospettato, se una sola volta lo sguardo di lui avesse indovinato i suoi pensieri, un'improvvisa piena di sentimenti sarebbe scaturita da lei, così come i frutti maturi si staccano da una spalliera soltanto sfiorandoli con la mano. Ma a mano a mano che cresceva l'intimità della loro vita, veniva a determinarsi un distacco spirituale che la allontanava sempre più da lui. Si Charles l'avait voulu cependant, s'il s'en fût douté, si son regard, une seule fois, fût venu à la rencontre de sa pensée, il lui semblait qu'une abondance subite se serait détachée de son coeur, comme tombe la récolte d'un espalier quand on y porte la main. Mais, à mesure que se serrait davantage l'intimité de leur vie, un détachement intérieur se faisait qui la déliait de lui.
La conversazione di Charles era piatta come un marciapiede e le idee più comuni vi sfilavano nel loro abito di tutti i giorni, senza suscitare emozione o risate o fantasticherie. Quando abitava a Rouen, diceva, non aveva mai provato la curiosità di andare a vedere gli attori di Parigi. Non sapeva nuotare né tirare di scherma o con la pistola, e una volta non seppe spiegarle un termine di equitazione che lei aveva letto in un romanzo. La conversation de Charles était plate comme un trottoir de rue, et les idées de tout le monde y défilaient dans leur costume ordinaire, sans exciter d'émotion, de rire ou de rêverie. Il n'avait jamais été curieux, disait-il, pendant qu'il habitait Rouen, d'aller voir au théâtre les acteurs de Paris. Il ne savait ni nager, ni faire des armes, ni tirer le pistolet, et il ne put, un jour, lui expliquer un terme d'équitation qu'elle avait rencontré dans un roman.
Un uomo, non avrebbe dovuto, invece, conoscere tutto, eccellere in molteplici attività, saper iniziare una donna al fuoco della passione, alle raffinatezze della vita, a tutti i misteri? Ma costui non insegnava niente, non sapeva niente, non desiderava niente... La credeva felice e lei gliene voleva per quella tranquillità tanto saldamente stabilitasi, per quella pesante serenità, per il piacere stesso che gli dava. Un homme, au contraire, ne devait-il pas tout connaître, exceller en des activités multiples, vous initier aux énergies de la passion, aux raffinements de la vie, à tous les mystères ? Mais il n'enseignait rien, celui-là, ne savait rien, ne souhaitait rien. Il la croyait heureuse ; et elle lui en voulait de ce calme si bien assis, de cette pesanteur sereine, du bonheur même qu'elle lui donnait.
Qualche volta si metteva a disegnare e per Charles era una grande gioia restare lì in piedi a guardarla, china sul foglio, mentre socchiudeva gli occhi per vedere meglio la propria opera, o mentre arrotondava sul pollice palline di mollica di pane. In quanto al pianoforte, più le dita di lei correvano veloci, più Charles si meravigliava. Emma suonava con disinvoltura e percorreva tutta la tastiera da cima a fondo senza interrompersi. Il vecchio strumento, le cui corde minacciavano di spezzarsi, così scosso da lei, si sentiva, se le finestre erano aperte, fino in fondo al villaggio e spesso il galoppino del messo comunale che passava sulla via maestra senza cappello e in pantofole si fermava con le scartoffie in mano ad ascoltare. Elle dessinait quelquefois ; et c'était pour Charles un grand amusement que de rester là, tout debout, à la regarder penchée sur son carton, clignant des yeux afin de mieux voir son ouvrage, ou arrondissant, sur son pouce, des boulettes de mie de pain. Quant au piano, plus les doigts y couraient vite, plus il s'émerveillait. Elle frappait sur les touches avec aplomb, et parcourait du haut en bas tout le clavier sans s'interrompre. Ainsi secoué par elle, le vieil instrument, dont les cordes frisaient, s'entendait jusqu'au bout du village si la fenêtre était ouverte, et souvent le clerc de l'huissier qui passait sur la grande route, nu-tête et en chaussons, s'arrêtait à l'écouter, sa feuille de papier à la main.
Emma, d'altronde, sapeva dirigere bene la casa. Mandava ai malati il conto delle visite con lettere ben compilate che non avevano l'aspetto di fatture. Quando, la domenica, avevano qualche vicino a pranzo, riusciva sempre a offrire piatti presentati con garbo, le piaceva disporre piramidi di prugne regina Claudia su foglie di vite, serviva la marmellata già rovesciata dai vasetti nel piatto, e parlava addirittura di comperare degli sciacquabocca per il dessert. Tutto questo contribuiva a procurare a Bovary una maggiore considerazione. Emma, d'autre part, savait conduire sa maison. Elle envoyait aux malades le compte des visites dans des lettres bien tournées qui ne sentaient pas la facture. Quand ils avaient, le dimanche, quelque voisin à dîner, elle trouvait moyen d'offrir un plat coquet, s'entendait à poser sur des feuilles de vigne les pyramides de reines-claudes, servait renversés les pots de confitures dans une assiette, et même elle parlait d'acheter des rince-bouche pour le dessert. Il rejaillissait de tout cela beaucoup de considération sur Bovary.
Charles si sentiva ora più importante perché possedeva una donna simile. Mostrava con orgoglio due schizzi a matita disegnati da sua moglie; li aveva fatti montare con una larga cornice e appesi in salotto a lunghi cordoni verdi contro la tappezzeria. All'uscita dalla messa lo si poteva vedere sulla porta di casa con belle pantofole ricamate. Charles finissait par s'estimer davantage de ce qu'il possédait une pareille femme. Il montrait avec orgueil, dans la salle, deux petits croquis d'elle, à la mine de plomb, qu'il avait fait encadrer de cadres très larges et suspendus contre le papier de la muraille à de longs cordons verts. Au sortir de la messe, on le voyait sur sa porte avec de belles pantoufles en tapisserie.
Rientrava tardi, la sera; alle dieci, talvolta a mezzanotte. Non aveva ancora cenato, e siccome la governante era già andato a letto a quell'ora, lo serviva Emma. Charles, per mangiare più comodo, si toglieva la giacca. Elencava, una dopo l'altra, tutte le persone che aveva incontrato, i paesi dove si era recato, le ricette che aveva prescritto, soddisfatto di sé; mangiava la carne con le cipolle avanzata, toglieva la crosta al formaggio, sgranocchiava una mela, vuotava la bottiglia, poi se ne andava a letto e, supino, cominciava a russare. Il rentrait tard, à dix heures, minuit quelquefois. Alors il demandait à manger, et, comme la bonne était couchée, c'était Emma qui le servait. Il retirait sa redingote pour dîner plus à son aise. Il disait les uns après les autres tous les gens qu'il avait rencontrés, les villages où il avait été, les ordonnances qu'il avait écrites, et satisfait de lui-même, il mangeait le reste du miroton, épluchait son fromage, croquait une pomme, vidait sa carafe, puis s'allait mettre au lit, se couchait sur le dos et ronflait.
Aveva sempre portato una berretta da notte di cotone e adesso il fazzoletto di seta gli scivolava via dagli orecchi; si svegliava al mattino con i capelli che gli spiovevano sulla faccia, imbiancati dai piumini sfuggiti dal guanciale slacciatosi durante la notte. Portava sempre robusti stivali, con due grosse pieghe al collo del piede che scendevano oblique lungo le caviglie mentre il resto della tomaia era diritto e teso come se fosse sostenuto da una forma di legno. Asseriva che andavano benissimo per la campagna. Comme il avait eu longtemps l'habitude du bonnet de coton, son foulard ne lui tenait pas aux oreilles ; aussi ses cheveux, le matin, étaient rabattus pêle-mêle sur sa figure et blanchis par le duvet de son oreiller, dont les cordons se dénouaient pendant la nuit. Il portait toujours de fortes bottes, qui avaient au cou-de-pied deux plis épais obliquant vers les chevilles, tandis que le reste de l'empeigne se continuait en ligne droite, tendu comme par un pied de bois. Il disait que c'était bien assez bon pour la campagne .
La madre approvava le sue economie. Veniva infatti a trovarlo, come sempre, allorché in casa sua era scoppiata qualche burrasca più violenta del solito. Nutriva una certa prevenzione contro la nuora. La trovava troppo raffinata per la loro posizione finanziaria; la legna, lo zucchero e le candele si consumavano come in un palazzo e la quantità di carbonella che si bruciava in cucina sarebbe bastata per cucinare venticinque piatti. Le insegnava a riporre la biancheria negli armadi e a sorvegliare il macellaio quando portava la carne. Emma accettava queste lezioni e la suocera le prodigava senza risparmio. Gli appellativi 'figlia mia' e 'mamma' si incrociavano per tutto il giorno, accompagnati da piccoli fremiti delle labbra che pronunciavano parole dolci con voce tremante di collera. Sa mère l'approuvait en cette économie ; car elle le venait voir comme autrefois, lorsqu'il y avait eu chez elle quelque bourrasque un peu violente ; et cependant madame Bovary mère semblait prévenue contre sa bru. Elle lui trouvait un genre trop relevé pour leur position de fortune ; le bois, le sucre et la chandelle filaient comme dans une grande maison , et la quantité de braise qui se brûlait à la cuisine aurait suffi pour vingt-cinq plats ! Elle rangeait son linge dans les armoires et lui apprenait à surveiller le boucher quand il apportait la viande. Emma recevait ces leçons ; madame Bovary les prodiguait ; et les mots de ma fille et de ma mère s'échangeaient tout le long du jour, accompagnés d'un petit frémissement des lèvres, chacune lançant des paroles douces d'une voix tremblante de colère.
Ai tempi della signora Dubuc, la vecchia Bovary si sentiva la preferita nel cuore del figlio; ma ora l'amore di Charles per Emma le sembrava un tradimento alla sua tenerezza, un'invasione di ciò che le apparteneva. Considerava la felicità di suo figlio con un silenzio triste, come chi, caduto in rovina, si trovi a guardare, attraverso i vetri, estranei a tavola nella sua antica dimora. Rammentava a Charles, quando era in vena di rievocazioni, le proprie pene e i sacrifici sopportati, paragonandoli alla negligenza di Emma, perveniva alla conclusione che non era davvero il caso di adorarla in modo così esclusivo. Du temps de madame Dubuc, la vieille femme se sentait encore la préférée ; mais, à présent, l'amour de Charles pour Emma lui semblait une désertion de sa tendresse, un envahissement sur ce qui lui appartenait ; et elle observait le bonheur de son fils avec un silence triste, comme quelqu'un de ruiné qui regarde, à travers les carreaux, des gens attablés dans son ancienne maison. Elle lui rappelait, en manière de souvenirs, ses peines et ses sacrifices, et, les comparant aux négligences d'Emma, concluait qu'il n'était point raisonnable de l'adorer d'une façon si exclusive.
Charles non sapeva che cosa rispondere; rispettava la madre e amava profondamente la moglie. Considerava infallibile il giudizio dell'una e irreprensibile il comportamento dell'altra. Charles ne savait que répondre ; il respectait sa mère, et il aimait infiniment sa femme ; il considérait le jugement de l'une comme infaillible, et cependant il trouvait l'autre irréprochable.
Quando la madre non era più con loro, azzardava timidamente, e negli stessi termini, qualcuna delle più innocenti osservazioni che le aveva sentito fare. A Emma bastava una parola per dimostrargli che si sbagliava e per rispedirlo ai suoi malati. Quand madame Bovary était partie, il essayait de hasarder timidement, et dans les mêmes termes, une ou deux des plus anodines observations qu'il avait entendu faire à sa maman ; Emma, lui prouvant d'un mot qu'il se trompait, le renvoyait à ses malades.
Intanto, seguendo le teorie nelle quali credeva, ella cercò di crearsi l'amore. In giardino, al chiaro di luna, recitava tutte le rime amorose che sapeva a memoria e sospirava romanze malinconiche, ma non sentiva agitarsi dentro di sé nessuna passione, e Charles non sembrava né scosso né più innamorato. Cependant, d'après des théories qu'elle croyait bonnes, elle voulut se donner de l'amour. Au clair de lune, dans le jardin, elle récitait tout ce qu'elle savait par coeur de rimes passionnées et lui chantait en soupirant des adagios mélancoliques ; mais elle se trouvait ensuite aussi calme qu'auparavant, et Charles n'en paraissait ni plus amoureux ni plus remué.
Dopo aver tentato invano di far sprizzare la divina scintilla stuzzicando l'acciarino del suo cuore, e, del resto, del tutto incapace di comprendere quanto non provava come di credere a quanto non si manifestasse nelle forme tradizionali, non faticò a convincersi che la passione di Charles non era affatto qualcosa di grande. Quand elle eut ainsi un peu battu le briquet sur son coeur sans en faire jaillir une étincelle, incapable, du reste, de comprendre ce qu'elle n'éprouvait pas, comme de croire à tout ce qui ne se manifestait point par des formes convenues, elle se persuada sans peine que la passion de Charles n'avait plus rien d'exorbitant.
Le sue espansioni avevano preso un ritmo regolare; la baciava a orari fissi. Era un'abitudine come le altre. Era come un dessert già previsto dopo un monotono pranzo. Ses expansions étaient devenues régulières ; il l'embrassait à de certaines heures. C'était une habitude parmi les autres, et comme un dessert prévu d'avance, après la monotonie du dîner.
Un guardacaccia guarito da una pleurite le aveva regalato una cuccioletta di levriero italiana; Emma la portava con sé, nelle sue passeggiate, poiché talvolta usciva, per avere qualche momento di solitudine e per togliersi di davanti agli occhi l'eterno giardino o la strada polverosa. Un garde-chasse, guéri par Monsieur, d'une fluxion de poitrine, avait donné à Madame une petite levrette d'Italie ; elle la prenait pour se promener, car elle sortait quelquefois, afin d'être seule un instant et de n'avoir plus sous les yeux l'éternel jardin avec la route poudreuse.
Arrivava di solito fino al boschetto di faggi, e raggiungeva la casetta abbandonata che si trovava nell'angolo del muro di cinta, dalla parte della campagna. Nel fossato di confine, fra l'erba, crescevano lunghe canne dalle foglie taglienti. Elle allait jusqu'à la hêtraie de Banneville, prés du pavillon abandonné qui fait l'angle du mur, du côté des champs. Il y a dans le saut-de-loup, parmi les herbes, de longs roseaux à feuilles coupantes.
Cominciava con il guardarsi intorno per vedere se qualcosa fosse cambiato dall'ultima volta che era venuta. Ritrovava allo stesso posto le digitali, i radicchi, i ciuffi di ortiche intorno ai grossi ciottoli, e le macchie dei licheni sulle persiane delle tre finestre, sempre chiuse, che marcivano infradicite sopra le sbarre di ferro coperte di ruggine. I pensieri di Emma, dapprima imprecisi, vagabondavano a caso, come la cagnolina, che percorreva cerchi nei campi abbaiando alle farfalle gialline e dava la caccia ai topiragno addentando i papaveri al limitare di un campo di grano. A poco a poco le idee si delineavano, e, seduta sull'erba, frugandola piano con il puntale dell'ombrellino, Emma si domandava ripetutamente: Elle commençait par regarder tout alentour, pour voir si rien n'avait changé depuis la dernière fois qu'elle était venue. Elle retrouvait aux mêmes places les digitales et les ravenelles, les bouquets d'orties entourant les gros cailloux, et les plaques de lichen le long des trois fenêtres, dont les volets toujours clos s'égrenaient de pourriture, sur leurs barres de fer rouillées. Sa pensée, sans but d'abord, vagabondait au hasard, comme sa levrette, qui faisait des cercles dans la campagne, jappait après les papillons jaunes, donnait la chasse aux musaraignes, ou mordillait les coquelicots sur le bord d'une pièce de blé. Puis ses idées peu à peu se fixaient, et, assise sur le gazon, qu'elle fouillait à petits coups avec le bout de son ombrelle, Emma se répétait :
"Perché, buon Dio, mi sono sposata?" -- Pourquoi, mon Dieu ! me suis-je mariée ?
Diceva a se stessa che se le cose fossero andate diversamente avrebbe forse avuto modo di incontrare un altro uomo; e cercava di immaginare come sarebbero potuti essere questi avvenimenti non verificatisi, come sarebbe stata questa esistenza diversa, questo marito che non aveva conosciuto. Non tutti gli uomini, infatti, erano uguali a quello che aveva sposato. Sarebbe potuto essere bello, intelligente, distinto, attraente, proprio come dovevano esserlo i mariti delle sue ex compagne di collegio. Che cosa facevano loro, in questo momento? Nelle città ove le strade sono piene di rumore, con il chiasso dei teatri, gli splendori dei balli, potevano condurre un'esistenza nella quale il cuore si rallegra e i sensi si aprono. E invece la sua vita era fredda come un granaio con la finestra esposta a nord e in essa la noia, simile a un ragno silenzioso, filava ragnatele nell'ombra in tutti gli angoli del suo cuore. Rammentava i giorni in cui venivano distribuiti i premi, quando saliva sul palco per ricevere le piccole corone. Era assai graziosa, con i capelli raccolti in una treccia, l'abito bianco e le scarpette scollate di stoffa bruna; e, quando ritornava al suo posto, gli uomini si chinavano verso di lei per farle complimenti. Il cortile era pieno di carrozze, dai finestrini le facevano cenni di saluto, il maestro di musica, passando con la custodia del violino sotto il braccio, si chinava salutandola. Come tutto ciò era lontano, come era lontano! Elle se demandait s'il n'y aurait pas eu moyen, par d'autres combinaisons du hasard, de rencontrer un autre homme ; et elle cherchait à imaginer quels eussent été ces événements non survenus, cette vie différente, ce mari qu'elle ne connaissait pas. Tous, en effet, ne ressemblaient pas à celui-là. Il aurait pu être beau, spirituel, distingué, attirant, tels qu'ils étaient sans doute, ceux qu'avaient épousés ses anciennes camarades du couvent. Que faisaient-elles maintenant ? A la ville, avec le bruit des rues, le bourdonnement des théâtres et les clartés du bal, elles avaient des existences où le coeur se dilate, où les sens s'épanouissent. Mais elle, sa vie était froide comme un grenier dont la lucarne est au nord, et l'ennui, araignée silencieuse, filait sa toile dans l'ombre à tous les coins de son coeur. Elle se rappelait les jours de distribution de prix, où elle montait sur l'estrade pour aller chercher ses petites couronnes. Avec ses cheveux en tresse, sa robe blanche et ses souliers de prunelles découverts, elle avait une façon gentille, et les messieurs, quand elle regagnait sa place, se penchaient pour lui faire des compliments ; la cour était pleine de calèches, on lui disait adieu par les portières, le maître de musique passait en saluant, avec sa boîte à violon. Comme c'était loin, tout cela ! comme c'était loin !
Chiamava Djali, le faceva posare il muso sulle ginocchia, e, carezzandole la lunga testa affusolata, le diceva: Elle appelait Djali, la prenait entre ses genoux, passait ses doigts sur sa longue tête fine et lui disait :
"Avanti, da' un bacetto alla padrona, tu che non hai dispiaceri". -- Allons, baisez maîtresse, vous qui n'avez pas de chagrins.
Poi, osservando l'aria malinconica dell'agile bestiola che sbadigliava pigramente, si inteneriva e, paragonandola a se stessa, le parlava a voce alta, come con una persona bisognosa di consolazione. Puis, considérant la mine mélancolique du svelte animal qui bâillait avec lenteur, elle s'attendrissait, et, le comparant à elle-même, lui parlait tout haut, comme à quelqu'un d'affligé que l'on console.
A volte si alzava un vento a raffiche, brezze marine che, superando d'un balzo tutta la piantura della regione di Caux, portavano molto addentro nelle campagne una frescura salmastra. Raso terra fischiavano fra i giunchi, rumoreggiavano con un rapido fruscio fra le foglie dei faggi, mentre le cime di questi alberi continuavano il loro maestoso mormorio dondolandosi senza posa. Emma si stringeva addosso lo scialle e si alzava. Il arrivait parfois des rafales de vent, brises de la mer qui, roulant d'un bond sur tout le plateau du pays de Caux, apportaient, jusqu'au loin dans les champs, une fraîcheur salée. Les joncs sifflaient à ras de terre, et les feuilles des hêtres bruissaient en un frisson rapide, tandis que les cimes, se balançant toujours, continuaient leur grand murmure. Emma serrait son châle contre ses épaules et se levait.
Nel viale, una luce verde, attenuata dal fogliame, illuminava il musco rasato che scricchiolava dolcemente sotto i suoi passi. Il sole era al tramonto, il cielo rosseggiava fra i rami, e i tronchi tutti eguali e ben allineati somigliavano a un colonnato scuro contro un fondale d'oro; Emma si sentiva presa da un vago sgomento, chiamava Djali, e tornava svelta a Tostes, seguendo la via maestra. A casa, sprofondava in una poltrona e per tutta la sera non apriva più bocca. Dans l'avenue, un jour vert rabattu par le feuillage éclairait la mousse rase qui craquait doucement sous ses pieds. Le soleil se couchait ; le ciel était rouge entre les branches, et les troncs pareils des arbres plantés en ligne droite semblaient une colonnade brune se détachant sur un fond d'or ; une peur la prenait, elle appelait Djali, s'en retournait vite à Tostes par la grande route, s'affaissait dans un fauteuil, et de toute la soirée ne parlait pas.
Ma, verso la fine di settembre, nella sua vita accadde qualcosa di straordinario: fu invitata alla Vaubyessard, dal marchese di Andervilliers. Mais, vers la fin de septembre, quelque chose d'extraordinaire tomba dans sa vie : elle fut invitée à la Vaubyessard, chez le marquis d'Andervilliers.
Segretario di Stato sotto la Restaurazione, il marchese cercava di tornare all'attività politica e si preparava da molto tempo a presentare la propria candidatura alla Camera dei deputati. Secrétaire d'Etat sous la Restauration, le Marquis, cherchant à rentrer dans la vie politique, préparait de longue main sa candidature à la Chambre des députés.
D'inverno faceva molte distribuzioni di legna e, al Consiglio Generale, reclamava con gran foga nuove strade per il suo distretto. Il faisait, l'hiver, de nombreuses distributions de fagots, et, au Conseil général, réclamait avec exaltation toujours des routes pour son arrondissement.
Nel periodo più caldo dell'estate, aveva sofferto di un ascesso in bocca, dal quale Charles l'aveva liberato, come per miracolo, con un preciso colpo di bisturi. L'amministratore del marchese, mandato a Tostes per pagare l'operazione, raccontò al suo ritorno, la sera, di avere visto ciliegie magnifiche nel giardino del medico. Ora, poiché i ciliegi della Vaubyessard crescevano stenti, il marchese fece chiedere a Bovary qualche ramoscello per innestarli e in seguito si fece un dovere di andare di persona a ringraziarlo. Vide Emma e ne trovò l'aspetto assai grazioso, i modi tutt'altro che provinciali; tanto che al castello non si ritenne di eccedere in condiscendenza né di fare uno sgarbo a nessuno invitando la giovane coppia. Il avait eu, lors des grandes chaleurs, un abcès dans la bouche, dont Charles l'avait soulagé comme par miracle, en y donnant à point un coup de lancette. L'homme d'affaires, envoyé à Tostes pour payer l'opération, conta, le soir, qu'il avait vu dans le jardinet du médecin des cerises superbes. Or, les cerisiers poussaient mal à la Vaubyessard, M. le Marquis demanda quelques boutures à Bovary, se fit un devoir de l'en remercier lui-même, aperçut Emma, trouva qu'elle avait une jolie taille et qu'elle ne saluait point en paysanne ; si bien qu'on ne crut pas au château outrepasser les bornes de la condescendance, ni d'autre part commettre une maladresse, en invitant le jeune ménage.
Un mercoledì alle tre, il signore e la signora Bovary salirono sul loro carrozzino, e si partirono per la Vaubyessard. Dietro la vettura era stato sistemato un grande baule, davanti, sul grembialino, v'era una cappelliera, e Charles teneva fra le gambe una scatola di cartone. Un mercredi, à trois heures, M. et madame Bovary, montés dans leur boc , partirent pour la Vaubyessard, avec une grande malle attachée par-derrière et une boîte à chapeau qui était posée devant le tablier. Charles avait, de plus, un carton entre les jambes.
Giunsero a destinazione al calar della notte, mentre incominciavano ad accendere i lampioni del parco per illuminare la via alle carrozze. Ils arrivèrent à la nuit tombante, comme on commençait à allumer des lampions dans le parc, afin d'éclairer les voitures

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Italiano France
Il castello, una costruzione moderna, all'italiana, con due ale che si protendevano in avanti e tre scaloni, si ergeva in fondo a un immenso prato nel quale pascolavano alcune mucche fra gruppi di grandi alberi distanziati fra loro. Arbusti a cespuglio, rododendri, siringhe, palle di neve, gonfiavano i loro irregolari ciuffi di vegetazione sulla linea curva del sentiero cosparso di sabbia. Un fiumicello scorreva sotto un ponte; in mezzo alla bruma si intravedevano alcune capanne dal tetto di paglia sparse qua e là sulla distesa erbosa che saliva sui due fianchi in dolci pendii coperti di boschi. Dietro, nel fitto, v'erano, su due file parallele, le rimesse e le scuderie, ultimi resti dell'antico castello demolito. Le château, de construction moderne, à l'italienne avec deux ailes avançant et trois perrons, se déployait au bas d'une immense pelouse où paissaient quelques vaches, entre des bouquets de grands arbres espacés, tandis que des bannettes d'arbustes, rhododendrons, seringas et boules-de-neige bombaient leurs touffes de verdure inégales sur la ligne courbe du chemin sablé. Une rivière passait sous un pont ; à travers la brume, on distinguait des bâtiments à toit de chaume, éparpillés dans la prairie, que bordaient en pente douce deux coteaux couverts de bois, et par-derrière, dans les massifs, se tenaient, sur deux lignes parallèles, les remises et les écuries, restes conservés de l'ancien château démoli.
Il carrozzino di Charles si fermò davanti allo scalone centrale: comparvero alcuni domestici e il marchese si fece avanti offrendo il braccio alla moglie del medico ed entrò con lei nel vestibolo. Le boc de Charles s'arrêta devant le perron du milieu ; des domestiques parurent ; le Marquis s'avança, et, offrant son bras à la femme du médecin, l'introduisit dans le vestibule.
Questo locale era pavimentato con lastre di marmo e aveva un altissimo soffitto, tanto che i passi e le voci vi risonavano come in chiesa. Di fronte saliva uno scalone diritto, a sinistra una galleria, che dava sul giardino, conduceva alla sala da biliardo, dalla porta aperta della quale proveniva il suono prodotto dal cozzare delle biglie d'avorio. Quando Emma l'attraversò per andare nel salone, vide, intenti al gioco, uomini dal viso grave, con il mento affondato nelle alte cravatte, tutti con i segni delle onorificenze ricevute, i quali sorridevano silenziosamente usando le stecche. Sul rivestimento di legno scuro delle pareti, grandi quadri ostentavano nella parte bassa delle cornici dorate nomi scritti in caratteri neri. Vi lesse: Il était pavé de dalles en marbre, très haut, et le bruit des pas, avec celui des voix, y retentissait comme dans une église. En face montait un escalier droit, et à gauche une galerie donnant sur le jardin conduisait à la salle de billard dont on entendait, dès la porte, caramboler les boules d'ivoire. Comme elle la traversait pour aller au salon, Emma vit autour du jeu des hommes à figure grave, le menton posé sur de hautes cravates, décorés tous, et qui souriaient silencieusement, en poussant leur queue. Sur la boiserie sombre du lambris, de grands cadres dorés portaient, au bas de leur bordure, des noms écrits en lettres noires. Elle lut :
Jean-Antoine d'Andervilliers d'Yvervonville, conte di Vaubyessard e barone della Fresnay, caduto nella battaglia di Coutras il 20 ottobre 1587. E, su un altro: Jean-Antoine Henry-Guy d'Andervilliers della Vaubyessard, ammiraglio di Francia e cavaliere dell'Ordine di San Michele, ferito nel combattimento della Hougue-Saint-Vaast il 29 maggio 1692, morto alla Vaubyessard il 23 gennaio 1693. Riuscì a distinguere a malapena gli altri perché la luce delle lampade, concentrata sul tappeto verde del biliardo, lasciava in ombra il resto della stanza. Le tele orizzontali ne restavano oscurate e su di esse l'ombra veniva spezzata da sottili aghi luminosi lungo le screpolature della vernice. E in tutti quei grandi rettangoli neri incorniciati d'oro, spiccavano, qua e là, soltanto le parti più chiare della pittura, una fronte pallida, due occhi che fissavano la sala, parrucche fluenti su spalle incipriate, abiti rossi, o la fibbia di una giarrettiera sopra un polpaccio grassoccio. " Jean-Antoine d'Andervilliers d'Yverbonville, comte de la Vaubyessard et baron de la Fresnaye, tué à la bataille de Coutras, le 20 octobre 1587. " Et sur un autre : " Jean-Antoine-Henry-Guy d'Andervilliers de la Vaubyessard, amiral de France et chevalier de l'ordre de Saint-Michel, blessé au combat de la Hougue-Saint-Vaast, le 29 mai 1692, mort à la Vaubyessard le 23 janvier 1693. " Puis on distinguait à peine ceux qui suivaient, car la lumière des lampes, rabattue sur le tapis vert du billard, laissait flotter une ombre dans l'appartement. Brunissant les toiles horizontales, elle se brisait contre elles en arêtes fines, selon les craquelures du vernis ; et de tous ces grands carrés noirs brodés d'or sortaient, çà et là, quelque portion plus claire de la peinture, un front pâle, deux yeux qui vous regardaient, des perruques se déroulant sur l'épaule poudrée des habits rouges, ou bien la boucle d'une jarretière au haut d'un mollet rebondi.
Il marchese aprì la porta del salone; una delle signore si alzò (la marchesa in persona), andò incontro a Emma, la fece sedere accanto a sé su un divanetto a esse, e si mise a chiacchierare amichevolmente come se la conoscesse da lunghissimo tempo. Le Marquis ouvrit la porte du salon ; une des dames se leva ( la Marquise elle-même ) , vint à la rencontre d'Emma et la fit asseoir près d'elle, sur une causeuse, où elle se mit à lui parler amicalement, comme si elle la connaissait depuis longtemps.
Era una donna sulla quarantina, aveva belle spalle, un naso aquilino e la voce strascicata; quella sera portava sui capelli castani una semplice acconciatura di pizzo che ricadeva all'indietro in forma triangolare. Una giovane donna bionda sedeva accanto a lei su una sedia dall'alta spalliera, accanto al caminetto, alcuni uomini, tutti con un fiore all'occhiello, chiacchieravano con delle signore. C'était une femme de la quarantaine environ, à belles épaules, à nez busqué, à la voix traînante, et portant, ce soir-là, sur ses cheveux châtains, un simple fichu de guipure qui retombait par-derrière, en triangle. Une jeune personne blonde se tenait à côté, dans une chaise à dossier long ; et des messieurs, qui avaient une petite fleur à la boutonnière de leur habit, causaient avec les dames, tout autour de la cheminée.
La cena fu servita alle sette. Gli uomini, più numerosi, sedettero alla prima tavola preparata nel vestibolo, le signore alla seconda, nella sala da pranzo, con il marchese e la marchesa. A sept heures, on servit le dîner. Les hommes, plus nombreux, s'assirent à la première table, dans le vestibule, et les dames à la seconde, dans la salle à manger, avec le Marquis et la Marquise.
Entrando, Emma si sentì investita da una folata calda, nella quale si mescolavano i profumi dei fiori, della bella biancheria, delle carni cucinate e dei tartufi. Le candele dei candelabri si specchiavano come fiammelle allungate nelle campane d'argento, i cristalli sfaccettati, velati da un vapore opaco, si rimandavano pallidi raggi di luce lungo la tavola per tutta la lunghezza della quale erano disposti in linea diritta mazzolini di fiori, e, nei piatti decorati con una larga bordura, i tovaglioli piegati a forma di mitra avevano fra le due pieghe un panino ovale. Le zampe rosse dei gamberi sporgevano dall'orlo dei piatti; sul musco posto dentro cestini traforati grossi frutti erano disposti in bell'ordine: dalle quaglie ancora sotto le loro piume si levavano volute di fumo. Il maggiordomo, con le calze di seta, i pantaloni a coscia, la cravatta bianca a fiocco, grave come un giudice, passava fra le spalle dei convitati i piatti con le carni già tagliate in pezzi che, quando venivano scelti, egli faceva cadere con un solo colpo di cucchiaio nel piatto del commensale. Una statua di donna, avvolta fino al mento in drappeggi, guardava immobile la sala piena di gente, dall'alto di una grossa stufa di maiolica orlata di ottone. Emma se sentit, en entrant, enveloppée par un air chaud, mélange du parfum des fleurs et du beau linge, du fumet des viandes et de l'odeur des truffes. Les bougies des candélabres allongeaient des flammes sur les cloches d'argent ; les cristaux à facettes, couverts d'une buée mate, se renvoyaient des rayons pâles ; des bouquets étaient en ligne sur toute la longueur de la table, et, dans les assiettes à large bordure, les serviettes, arrangées en manière de bonnet d'évêque, tenaient entre le bâillement de leurs deux plis chacune un petit pain de forme ovale. Les pattes rouges des homards dépassaient les plats ; de gros fruits dans des corbeilles à jour s'étageaient sur la mousse ; les cailles avaient leurs plumes, des fumées montaient ; et, en bas de soie, en culotte courte, en cravate blanche, en jabot, grave comme un juge, le maître d'hôtel, passant entre les épaules des convives les plats tout découpés, faisait d'un coup de sa cuiller sauter pour vous le morceau qu'on choisissait. Sur le grand poêle de porcelaine à baguette de cuivre, une statue de femme drapée jusqu'au menton regardait immobile la salle pleine de monde.
La signora Bovary notò che molte delle signore non avevano messo i guanti nel bicchiere. Madame Bovary remarqua que plusieurs dames n'avaient pas mis leurs gants dans leur verre.
Seduto a capotavola, solo in mezzo alle signore, curvo sul piatto e con il tovagliolo annodato al collo come un bambino, un vecchio mangiava sbrodolandosi con i sughi delle vivande. Aveva gli occhi infiammati e portava il codino annodato con un sottile nastro nero. Era il suocero del marchese, il vecchio duca di Laverdère, il quale, si diceva, aveva goduto i favori del conte d'Artois più d'ogni altro, al tempo delle partite di caccia al Vaudreil, presso il marchese di Conflans, ed era stato l'amante della regina Maria Antonietta fra de Coigny e de Lauzun. Aveva condotto una vita clamorosa e debosciata, piena di duelli, di scommesse, di donne rapite, dilapidando la sua fortuna e gettando nella costernazione l'intera famiglia. Un domestico, in piedi dietro la seggiola, gli nominava ad alta voce nell'orecchio i piatti che lui gli indicava con il dito, balbettando qualcosa. Lo sguardo di Emma era irresistibilmente attratto da questo vegliardo dalle labbra cascanti, come da qualcosa di straordinario e di augusto: egli aveva vissuto a corte e si era coricato in letti di regine. Cependant, au haut bout de la table, seul parmi toutes ces femmes, courbé sur son assiette remplie, et la serviette nouée dans le dos comme un enfant, un vieillard mangeait, laissant tomber de sa bouche des gouttes de sauce. Il avait les yeux éraillés et portait une petite queue enroulée d'un ruban noir. C'était le beau-père du marquis, le vieux duc de Laverdière, l'ancien favori du comte d'Artois, dans le temps des parties de chasse au Vaudreuil, chez le marquis de Conflans, et qui avait été, disait-on, l'amant de la reine Marie-Antoinette entre MM. de Coigny et de Lauzun. Il avait mené une vie bruyante de débauches, pleine de duels, de paris, de femmes enlevées, avait dévoré sa fortune et effrayé toute sa famille. Un domestique, derrière sa chaise, lui nommait tout haut, dans l'oreille, les plats qu'il désignait du doigt en bégayant ; et sans cesse les yeux d'Emma revenaient d'eux-mêmes sur ce vieil homme à lèvres pendantes, comme sur quelque chose d'extraordinaire et d'auguste. Il avait vécu à la Cour et couché dans le lit des reines !
Venne servito lo champagne ghiacciato. A Emma corse un fremito sulla pelle quando ne sentì il gelo sulle labbra. Non aveva mai visto le melagrane né assaggiato l'ananasso. Anche lo zucchero le sembrò più fine e più bianco di com'era abituata a vederlo. On versa du vin de Champagne à la glace. Emma frissonna de toute sa peau en sentant ce froid dans sa bouche. Elle n'avait jamais vu de grenades ni mangé d'ananas. Le sucre en poudre même lui parut plus blanc et plus fin qu'ailleurs.
Terminata la cena, le signore salirono nelle loro stanze per prepararsi al ballo. Les dames, ensuite, montèrent dans leurs chambres s'apprêter pour le bal.
Emma si agghindò con la scrupolosa attenzione di un'attrice al suo debutto. Pettinò i capelli come le era stato consigliato dal parrucchiere, poi indossò una veste di lana leggera che aveva disteso sul letto. I pantaloni di Charles avevano la cintura troppo stretta. Emma fit sa toilette avec la conscience méticuleuse d'une actrice à son début. Elle disposa ses cheveux d'après les recommandations du coiffeur, et elle entra dans sa robe de barège, étalée sur le lit. Le pantalon de Charles le serrait au ventre.
"Le staffe mi daranno fastidio, per ballare" egli disse. -- Les sous-pieds vont me gêner pour danser, dit-il.
"Ballare?" domandò Emma. -- Danser ? reprit Emma.
"Sì!" -- Oui !
"Ma hai perso la testa? Vuoi renderti ridicolo? Rimani a sedere. È più dignitoso per un medico" soggiunse. -- Mais tu as perdu la tête ! On se moquerait de toi, reste à ta place. D'ailleurs, c'est plus convenable pour un médecin, ajouta-t-elle.
Charles tacque. Camminava su e giù, aspettando che Emma fosse pronta. Charles se tut. Il marchait de long en large, attendant qu'Emma fût habillée.
Standole alle spalle la vedeva nello specchio, fra due candelabri. Gli occhi neri parevano più fondi ancora. I capelli, dolcemente rigonfi sugli orecchi, splendevano di riflessi azzurri. Sui petali di una rosa dal gambo sottile, infilata nello chignon, tremolavano gocce di rugiada spruzzatevi ad arte. Indossava un abito di un color zafferano chiaro, drappeggiato da tre mazzi di roselline circondate di foglie verdi. Il la voyait par-derrière, dans la glace, entre deux flambeaux. Ses yeux noirs semblaient plus noirs. Ses bandeaux, doucement bombés vers les oreilles, luisaient d'un éclat bleu ; une rose à son chignon tremblait sur une tige mobile, avec des gouttes d'eau factices au bout de ses feuilles. Elle avait une robe de safran pâle, relevée par trois bouquets de roses pompon mêlées de verdure.
Charles fece per baciarla su una spalla. Charles vint l'embrasser sur l'épaule.
"Lasciami," disse Emma "mi sciupi il vestito". -- Laisse-moi ! dit-elle, tu me chiffonnes.
Un ritornello eseguito da un violino giunse fino a loro insieme con il suono di un corno. Emma discese lo scalone facendo uno sforzo per non correre. On entendit une ritournelle de violon et les sons d'un cor. Elle descendit l'escalier, se retenant de courir.
Le danze erano cominciate con una quadriglia. Stava arrivando gente. C'era ressa. Ella sedette su una panchetta vicino alla porta. Les quadrilles étaient commencés. Il arrivait du monde. On se poussait. Elle se plaça près de la porte, sur une banquette.
Quando la contraddanza ebbe termine, il centro della sala rimase vuoto per i gruppi di uomini che chiacchieravano in piedi e per i domestici in livrea che giravano con grandi vassoi. Le signore, sedute in fila, agitavano i ventagli dipinti, nascondevano a metà i sorrisi dietro i loro bouquet e facevano circolare con gesti graziosi i flaconcini dal tappo d'oro fra le mani strette nei guanti bianchi che rivelavano la forma delle unghie e serravano i polsi. Le guarnizioni di pizzo fremevano sui corsetti, le spille di diamanti scintillavano sui petti, i braccialetti a ciondoli tintinnavano sulle braccia nude. Le pettinature aderenti sulla fronte e raccolte in chignon sulla nuca, erano ornate da coroncine, grappoli o ramoscelli di non ti scordar di me, di gelsomini, di fiori di melograno, spighe e fiordalisi. Tranquille, al proprio posto, madri dal viso arcigno sfoggiavano turbanti rossi. Quand la contredanse fut finie, le parquet resta libre pour les groupes d'hommes causant debout et les domestiques en livrée qui apportaient de grands plateaux. Sur la ligne des femmes assises, les éventails peints s'agitaient, les bouquets cachaient à demi le sourire des visages, et les flacons à bouchons d'or tournaient dans des mains entrouvertes dont les gants blancs marquaient la forme des ongles et serraient la chair au poignet. Les garnitures de dentelles, les broches de diamants, les bracelets à médaillon frissonnaient aux corsages, scintillaient aux poitrines, bruissaient sur les bras nus. Les chevelures, bien collées sur les fronts et tordues à la nuque, avaient, en couronnes, en grappes ou en rameaux, des myosotis, du jasmin, des fleurs de grenadier, des épis ou des bleuets. Pacifiques à leurs places, des mères à figure renfrognée portaient des turbans rouges.
Emma aveva un po' di batticuore quando, mentre il suo cavaliere la teneva per la punta delle dita, si allineò con gli altri in attesa del colpo di archetto che dava inizio alla danza. Ben presto l'emozione svanì. Ondeggiando al ritmo dell'orchestra scivolò in avanti movendo lievemente il capo. Mentre ascoltava i virtuosismi del violino che di tanto in tanto sonava un a solo quando gli altri strumenti tacevano, un sorriso le salì alle labbra; in questi istanti era possibile udire il suono prodotto dai luigi d'oro che si rovesciavano sul tappeto verde della vicina sala da gioco. Poi, con uno squillo sonoro della cornetta, tutta l'orchestra riprendeva a suonare. I piedi segnavano ancora una volta il ritmo, le gonne si gonfiavano e frusciavano, le mani si stringevano e si lasciavano, gli occhi, che un momento prima si erano abbassati, si rialzavano e fissavano altri occhi. Le coeur d'Emma lui battit un peu lorsque, son cavalier la tenant par le bout des doigts, elle vint se mettre en ligne et attendit le coup d'archet pour partir. Mais bientôt l'émotion disparut ; et, se balançant au rythme de l'orchestre, elle glissait en avant, avec des mouvements légers du cou. Un sourire lui montait aux lèvres à certaines délicatesses du violon, qui jouait seul, quelquefois, quand les autres instruments se taisaient ; on entendait le bruit clair des louis d'or qui se versaient à côté, sur le tapis des tables ; puis tout reprenait à la fois, le cornet à pistons lançait un éclat sonore, les pieds retombaient en mesure, les jupes se bouffaient et frôlaient, les mains se donnaient, se quittaient ; les mêmes yeux, s'abaissant devant vous, revenaient se fixer sur les vôtres.
Alcuni uomini, una quindicina, di un'età che andava dai venticinque ai quarant'anni, sparsi fra i cavalieri o fra coloro che chiacchieravano sulla soglia delle porte, si facevano notare nella folla, per una certa qual aria di famiglia, evidente a prescindere dall'età, dall'abbigliamento o dalla fisionomia. Quelques hommes ( une quinzaine ) de vingt-cinq à quarante ans, disséminés parmi les danseurs ou causant à l'entrée des portes, se distinguaient de la foule par un air de famille, quelles que fussent leurs différences d'âge, de toilette ou de figure.
Gli abiti di queste persone, di ottimo taglio, sembravano fatti di un panno più morbido; i capelli, ondulati sulle tempie, trattati con lozioni più fini. Avevano il colorito della ricchezza, quella carnagione bianca che prende risalto dal colore delle porcellane, dalla lucentezza delle sete, dalle vernici dei mobili di pregio, e che si mantiene tale attraverso un regime moderato, ma fatto di cibi squisiti. Le cravatte basse indossate da queste persone consentivano loro di muovere il capo a proprio agio. I lunghi favoriti ricadevano su colletti rovesciati e questi gentiluomini solevano asciugarsi le labbra usando fazzoletti ricamati con grandi cifre e profumati con essenze soavi. Quelli di loro che cominciavano a invecchiare mantenevano un aspetto giovanile, mentre un'aria matura traspariva dalle fattezze dei giovani. Nei loro sguardi indifferenti aleggiava la tranquillità delle passioni sempre soddisfatte, e attraverso le maniere piacevoli traspariva quella particolare durezza che deriva dal dominio delle cose non del tutto facili, in cui la forza si esercita o la vanità si diverte: la doma dei cavalli di razza o l'amicizia delle donne perdute. Leurs habits, mieux faits, semblaient d'un drap plus souple, et leurs cheveux, ramenés en boucles vers les tempes, lustrés par des pommades plus fines. Ils avaient le teint de la richesse, ce teint blanc que rehaussent la pâleur des porcelaines, les moires du satin, le vernis des beaux meubles, et qu'entretient dans sa santé un régime discret de nourritures exquises. Leur cou tournait à l'aise sur des cravates basses ; leurs favoris longs tombaient sur des cols rabattus ; ils s'essuyaient les lèvres à des mouchoirs brodés d'un large chiffre, d'où sortait une odeur suave. Ceux qui commençaient à vieillir avaient l'air jeune, tandis que quelque chose de mûr s'étendait sur le visage des jeunes. Dans leurs regards indifférents flottait la quiétude de passions journellement assouvies ; et, à travers leurs manières douces, perçait cette brutalité particulière que communique la domination de choses à demi faciles, dans lesquelles la force s'exerce et où la vanité s'amuse, le maniement des chevaux de race et la société des femmes perdues.
A pochi passi da Emma, un gentiluomo in abito blu parlava dell'Italia con una giovane fanciulla pallida ingioiellata di perle. Magnificavano l'imponenza del colonnato di San Pietro, Tivoli, il Vesuvio, Castellamare e le Cascine, le rose di Genova e il Colosseo al chiaro di luna. Con l'altro orecchio, Emma ascoltava una conversazione piena di parole per lei incomprensibili. C'era ressa intorno a un giovanotto che aveva battuto, la settimana precedente, Miss Arabelle e Romulus, e aveva guadagnato duemila luigi saltando un fosso in Inghilterra. Uno si lamentava dei suoi cavalli da corsa che ingrassavano, un altro degli errori di stampa che avevano snaturato il nome del suo puledro. A trois pas d'Emma, un cavalier en habit bleu causait Italie avec une jeune femme pâle, portant une parure de perles. Ils vantaient la grosseur des piliers de Saint-Pierre, Tivoli, le Vésuve, Castellamare et les Cassines, les roses de Gênes, le Colisée au clair de lune. Emma écoutait de son autre oreille une conversation pleine de mots qu'elle ne comprenait pas. On entourait un tout jeune homme qui avait battu, la semaine d'avant, Miss-Arabelle et Romulus , et gagné deux mille louis à sauter un fossé, en Angleterre. L'un se plaignait de ses coureurs qui engraissaient ; un autre, des fautes d'impression qui avaient dénaturé le nom de son cheval.
L'aria nella sala da ballo era divenuta greve; la luce dei lampadari si affievoliva. Molti invitati andavano ad affollare la sala del biliardo. Un domestico salì su una sedia e ruppe due vetri; il rumore del cristallo in frantumi fece volgere il capo alla signora Bovary che vide, attraverso le vetrate, i volti curiosi dei contadini. Questo le ricordò i Bertaux. Rivide la fattoria, lo stagno melmoso, suo padre con il camiciotto nel frutteto, e lei stessa nell'atto di scremare, come faceva un tempo, con un dito, le ciotole di latte nella latteria. Ma nello sfolgorio dell'attuale realtà, la vita di un tempo, così nitida nel ricordo fino a un attimo prima, si dissolveva senza lasciar tracce, tanto da farle dubitare di averla davvero vissuta. Era qui: oltre i confini della sala da ballo non esistevano che le tenebre, avvolgenti tutto il resto. Stava gustando un gelato al maraschino; lo reggeva con la mano sinistra in una conchiglia dorata e lo assaporava con gli occhi socchiusi. L'air du bal était lourd ; les lampes pâlissaient. On refluait dans la salle de billard. Un domestique monta sur une chaise et cassa deux vitres ; au bruit des éclats de verre, madame Bovary tourna la tête et aperçut dans le jardin, contre les carreaux, des faces de paysans qui regardaient. Alors le souvenir des Bertaux lui arriva. Elle revit la ferme, la mare bourbeuse, son père en blouse sous les pommiers, et elle se revit elle-même, comme autrefois, écrémant avec son doigt les terrines de lait dans la laiterie. Mais, aux fulgurations de l'heure présente, sa vie passée, si nette jusqu'alors, s'évanouissait tout entière, et elle doutait presque de l'avoir vécue. Elle était là ; puis autour du bal, il n'y avait plus que de l'ombre, étalée sur tout le reste. Elle mangeait alors une glace au marasquin, qu'elle tenait de la main gauche dans une coquille de vermeil, et fermait à demi les yeux, la cuiller entre les dents.
Vicino a lei, una signora lasciò cadere il ventaglio, mentre passava uno dei ballerini. Une dame, près d'elle, laissa tomber son éventail. Un danseur passait.
"Sarebbe così gentile, signore," disse la dama "da volermi raccogliere il ventaglio? Mi è caduto dietro il divano." -- Que vous seriez bon, monsieur, dit la dame, de vouloir bien ramasser mon éventail, qui est derrière ce canapé !
Il giovanotto si chinò e, mentre faceva il gesto di tendere il braccio, Emma vide la mano della giovane signora gettargli nel cappello qualcosa di bianco, piegato a triangolo. Egli raccolse il ventaglio, lo porse rispettosamente alla dama che ringraziò con un cenno del capo e prese ad aspirare il profumo del suo bouquet. Le monsieur s'inclina, et, pendant qu'il faisait le mouvement d'étendre son bras, Emma vit la main de la jeune dame qui jetait dans son chapeau quelque chose de blanc, plié en triangle. Le monsieur, ramenant l'éventail, l'offrit à la dame, respectueusement ; elle le remercia d'un signe de tête et se mit à respirer son bouquet.
Dopo la cena, nel corso della quale erano stati serviti molti vini spagnoli e del Reno, zuppe di frutti di mare e di latte di mandorle, pudding alla Trafalgar e ogni sorta di carni fredde circondate da gelatine tremolanti nei piatti, le carrozze, una dopo l'altra, cominciarono ad andarsene. Scostando un angolo delle tende di mussolina si vedevano le luci delle loro lanterne scivolare nel buio. I divani restarono vuoti; soltanto qualche giocatore si tratteneva ancora intorno ai tavoli. I musicisti si rinfrescavano la punta delle dita umettandole di saliva; Charles era mezzo addormentato, con la schiena appoggiata contro una porta. Après le souper, où il y eut beaucoup de vins d'Espagne et de vins du Rhin, des potages à la bisque et au lait d'amandes, des puddings à la Trafalgar et toutes sortes de viandes froides avec des gelées alentour qui tremblaient dans les plats, les voitures, les unes après les autres, commencèrent à s'en aller. En écartant du coin le rideau de mousseline, on voyait glisser dans l'ombre la lumière de leurs lanternes. Les banquettes s'éclaircirent ; quelques joueurs restaient encore ; les musiciens rafraîchissaient, sur leur langue, le bout de leurs doigts ; Charles dormait à demi, le dos appuyé contre une porte.
Alle tre del mattino incominciò il cotillon. Emma non sapeva ballare il valzer. Tutte le altre signore lo ballavano, anche la signorina d'Andervilliers e la marchesa; erano rimasti soltanto gli ospiti che dormivano al castello, una dozzina di persone circa. A trois heures du matin, le cotillon commença. Emma ne savait pas valser. Tout le monde valsait, mademoiselle d'Andervilliers elle-même et la marquise ; il n'y avait plus que les hôtes du château, une douzaine de personnes à peu près.
Ciò nonostante uno dei ballerini, che tutti chiamavano familiarmente Visconte e che indossava un panciotto molto aperto e assai ben tagliato, invitò per la seconda volta la signora Bovary, assicurandole che avrebbe pensato lui a guidarla e che lei se la sarebbe cavata benissimo. Cependant, un des valseurs, qu'on appelait familièrement vicomte , et dont le gilet très ouvert semblait moulé sur sa poitrine, vint une seconde fois encore inviter madame Bovary, l'assurant qu'il la guiderait et qu'elle s'en tirerait bien.
Cominciarono a ballare, adagio, e poi sempre più in fretta, giravano e tutto girava intorno a loro, le lampade, i mobili, le pareti, il pavimento, come un disco su un perno. Quando passavano vicino alle porte, l'orlo della gonna di Emma si avvolgeva intorno ai pantaloni del suo cavaliere, le loro gambe si incrociavano; egli abbassava lo sguardo su di lei, e incontrava i suoi occhi; una improvvisa stanchezza la prese e la costrinse a fermarsi. Ricominciarono a ballare; trascinandola con un ritmo sempre più rapido, il visconte disparve con lei in fondo alla galleria, ove Emma, ansimante, si sentì cadere e per un attimo appoggiò il capo alla spalla di lui. Poi sempre girando, ma più lentamente, egli la condusse al suo posto; Emma si abbandonò contro la parete e si coprì gli occhi con una mano. Ils commencèrent lentement, puis allèrent plus vite. Ils tournaient : tout tournait autour d'eux, les lampes, les meubles, les lambris, et le parquet, comme un disque sur un pivot. En passant auprès des portes, la robe d'Emma, par le bas, s'éraflait au pantalon ; leurs jambes entraient l'une dans l'autre ; il baissait ses regards vers elle, elle levait les siens vers lui ; une torpeur la prenait, elle s'arrêta. Ils repartirent ; et, d'un mouvement plus rapide, le vicomte, l'entraînant, disparut avec elle jusqu'au bout de la galerie, où, haletante, elle faillit tomber, et, un instant, s'appuya la tête sur sa poitrine. Et puis, tournant toujours, mais plus doucement, il la reconduisit à sa place ; elle se renversa contre la muraille et mit la main devant ses yeux.
Quando li riaprì, al centro del salone, seduta su uno sgabello, si trovava una dama e ai suoi piedi erano inginocchiati tre cavalieri. Ella scelse il Visconte e il violino riprese a suonare. Quand elle les rouvrit, au milieu du salon, une dame assise sur un tabouret avait devant elle trois valseurs agenouillés. Elle choisit le Vicomte, et le violon recommença.
Tutti li guardavano. Passavano e ripassavano, lei con il busto diritto e fermo, il capo reclinato, lui sempre nella stessa posa, la figura inarcata, il braccio ben incurvato, il mento proteso. Quella sì, era una brava ballerina! Continuarono a lungo e stancarono tutti gli altri. On les regardait. Ils passaient et revenaient, elle immobile du corps et le menton baissé, et lui toujours dans sa même pose, la taille cambrée, le coude arrondi, la bouche en avant. Elle savait valser, celle-là ! Ils continuèrent longtemps et fatiguèrent tous les autres.
Vi fu ancora qualche breve conversazione, poi, dopo i saluti, o meglio, il buongiorno, gli ospiti del castello andarono a dormire. On causa quelques minutes encore, et, après les adieux ou plutôt le bonjour, les hôtes du château s'allèrent coucher.
Charles si trascinò per le scale, affermando di sentirsi le gambe che rientravano nel corpo. Aveva passato cinque ore di seguito sempre in piedi accanto a un tavolo, a osservare i giocatori di whist, senza capirci niente. Tirò un gran sospiro di sollievo quando poté togliersi le scarpe. Charles se traînait à la rampe, les genoux lui rentraient dans le corps . Il avait passé cinq heures de suite, tout debout devant les tables, à regarder jouer au whist sans y rien comprendre. Aussi poussa-t-il un grand soupir de satisfaction lorsqu'il eut retiré ses bottes.
Emma si gettò uno scialle sulle spalle, aprì la finestra e si affacciò. Emma mit un châle sur ses épaules, ouvrit la fenêtre et s'accouda.
La notte era buia. Cadeva qualche goccia di pioggia. Aspirò il vento umido che le rinfrescava le palpebre. Negli orecchie le risonava ancora la musica del ballo ed ella faceva uno sforzo per tenersi sveglia e prolungare in questo modo l'illusione di quella vita lussuosa che avrebbe dovuto abbandonare così presto. La nuit était noire. Quelques gouttes de pluie tombaient. Elle aspira le vent humide qui lui rafraîchissait les paupières. La musique du bal bourdonnait encore à ses oreilles, et elle faisait des efforts pour se tenir éveillée, afin de prolonger l'illusion de cette vie luxueuse qu'il lui faudrait tout à l'heure abandonner.
Albeggiava. Emma guardò a lungo le finestre del castello, cercando di indovinare dietro quali di esse si trovassero le camere di coloro che più l'avevano colpita durante la festa. Avrebbe voluto conoscere le loro vite, farne parte, confondervisi. Le petit jour parut. Elle regarda les fenêtres du château, longuement, tâchant de deviner quelles étaient les chambres de tous ceux qu'elle avait remarqués la veille. Elle aurait voulu savoir leurs existences, y pénétrer, s'y confondre.
Rabbrividiva di freddo. Si spogliò e si rannicchiò sotto le coperte contro Charles che dormiva. Mais elle grelottait de froid. Elle se déshabilla et se blottit entre les draps, contre Charles qui dormait.
A colazione v'era molta gente. Il pasto durò dieci minuti, e non vennero serviti liquori, cosa che stupì il medico. Poi la signorina d'Andervilliers raccolse in un panierino i pezzetti di ciambella per portarli ai cigni del laghetto e tutti andarono a passeggiare nelle serre, ove le piante più strane, irte di peli, erano disposte in piramidi sotto i vasi appesi simili a nidi di serpenti troppo gremiti, e dai quali traboccavano lunghi cordoni verdi attorcigliati. In fondo, la serra degli aranci conduceva fino ai locali di servizio del castello. Il marchese, per divertire la giovane ospite, l'accompagnò a visitare le scuderie. Sopra le mangiatoie a forme di cesta, su piccole targhe di porcellana, stava scritto in nero il nome dei cavalli. Ogni animale si agitava nel suo stallo quando qualcuno gli passava vicino facendo schioccare la lingua. Il pavimento della selleria era lucido come quello di un salone. Nel mezzo, su due colonne girevoli, erano appesi i finimenti per le carrozze, mentre sulle pareti si trovavano disposti in bell'ordine i morsi, gli speroni, le fruste, i barbazzali. Il y eut beaucoup de monde au déjeuner. Le repas dura dix minutes ; on ne servit aucune liqueur, ce qui étonna le médecin. Ensuite mademoiselle d'Andervilliers ramassa des morceaux de brioche dans une bannette, pour les porter aux cygnes sur la pièce d'eau, et on s'alla promener dans la serre chaude, où des plantes bizarres, hérissées de poils, s'étageaient en pyramides sous des vases suspendus, qui, pareils à des nids de serpents trop pleins, laissaient retomber, de leurs bords, de longs cordons verts entrelacés. L'orangerie, que l'on trouvait au bout, menait à couvert jusqu'aux communs du château. Le Marquis, pour amuser la jeune femme, la mena voir les écuries. Au-dessus des râteliers en forme de corbeille, des plaques de porcelaine portaient en noir le nom des chevaux. Chaque bête s'agitait dans sa stalle, quand on passait près d'elle, en claquant de la langue. Le plancher de la sellerie luisait à l'oeil comme le parquet d'un salon. Les harnais de voiture étaient dressés dans le milieu sur deux colonnes tournantes, et les mors, les fouets, les étriers, les gourmettes rangés en ligne tout le long de la muraille.
Charles aveva intanto pregato un domestico di preparargli un carrozzino. Glielo portarono davanti allo scalone e, non appena tutti i pacchi furono sistemati, i Bovary presentarono i loro omaggi al marchese e alla marchesa e ripartirono per Tostes. Charles, cependant, alla prier un domestique d'atteler son boc . On l'amena devant le perron, et, tous les paquets y étant fourrés, les époux Bovary firent leurs politesses au Marquis et à la Marquise, et repartirent pour Tostes.
Emma, silenziosa, guardava girare le ruote. Charles, seduto a un'estremità del sedile, guidava con le braccia in fuori il piccolo cavallo che trottava all'ambio fra le stanghe troppo larghe per lui. Le redini lente gli battevano sulla groppa e si inzuppavano di sudore e il baule, sistemato dietro, batteva contro il carrozzino colpi violenti a intervalli regolari. Emma, silencieuse, regardait tourner les roues. Charles, posé sur le bord extrême de la banquette, conduisait les deux bras écartés, et le petit cheval trottait l'amble dans les brancards, qui étaient trop larges pour lui. Les guides molles battaient sur sa croupe en s'y trempant d'écume, et la boîte ficelée derrière le boc donnait contre la caisse de grands coups réguliers.
Erano arrivati alle colline di Thibourville, quando incrociarono alcuni cavalieri che ridevano e fumavano sigari. Emma credette di riconoscere il Visconte; si voltò, ma non le riuscì di scorgere altro se non, lontano all'orizzonte, l'altalenare delle teste al ritmo ineguale del trotto o del galoppo. Ils étaient sur les hauteurs de Thibourville, lorsque devant eux, tout à coup, des cavaliers passèrent en riant, avec des cigares à la bouche. Emma crut reconnaître le Vicomte ; elle se détourna, et n'aperçut à l'horizon que le mouvement des têtes s'abaissant et montant, selon la cadence inégale du trot ou du galop.
Un quarto di miglio più avanti furono costretti a fermarsi per aggiustare con un po' di corda l'imbracatura che si era rotta. Un quart de lieue plus loin, il fallut s'arrêter pour raccommoder, avec de la corde, le reculement qui était rompu.
Charles diede un'ultima occhiata ai finimenti, e vide qualcosa in terra, fra le gambe del cavallo; lo raccolse: si trattava di un portasigari ricamato, di seta verde, con uno stemma al centro, come la portiera di una carrozza. Mais Charles, donnant au harnais un dernier coup d'oeil, vit quelque chose par terre, entre les jambes de son cheval ; et il ramassa un porte-cigares tout bordé de soie verte et blasonné à son milieu comme la portière d'un carrosse.
"Ci sono anche due sigari dentro" disse. "Andranno bene per questa sera, dopo cena." -- Il y a même deux cigares dedans, dit-il ; ce sera pour ce soir, après dîner.
"Ma tu fumi?" domandò Emma. -- Tu fumes donc ? demanda-t-elle.
"Qualche volta, quando mi capita." -- Quelquefois, quand l'occasion se présente.
Si mise in tasca l'oggetto e frustò il cavallino. Il mit sa trouvaille dans sa poche et fouetta le bidet.
Quando giunsero a casa, il pranzo non era ancora pronto. La signora andò in collera. Nastasie rispose con insolenza. Quand ils arrivèrent chez eux, le dîner n'était point prêt. Madame s'emporta. Nastasie répondit insolemment.
"Se ne vada! Questo è prendere in giro, lei è licenziata!" -- Partez ! dit Emma. -- C'est se moquer, je vous chasse.
Il pranzo consistette in una zuppa di cipolle e in un pezzo di vitello all'acetosella. Charles, seduto di fronte a Emma, fregandosi le mani con aria soddisfatta, disse: Il y avait pour dîner de la soupe à l'oignon, avec un morceau de veau à l'oseille. Charles, assis devant Emma, dit en se frottant les mains d'un air heureux :
"Com'è piacevole ritrovarsi a casa propria!" -- Cela fait plaisir de se retrouver chez soi !
Dalla cucina giungevano i singhiozzi di Nastasie. Charles era affezionato a questa povera donna, che si era occupata di lui e gli aveva tenuto compagnia per tante sere nell'inerzia della sua vedovanza. Era la sua prima paziente, la prima persona che aveva conosciuto a Tostes. On entendait Nastasie qui pleurait. Il aimait un peu cette pauvre fille. Elle lui avait, autrefois, tenu société pendant bien des soirs, dans les désoeuvrements de son veuvage. C'était sa première pratique, sa plus ancienne connaissance du pays.
"Ma l'hai licenziata sul serio?" domandò infine. - Est-ce que tu l'as renvoyée pour tout de bon ? dit-il enfin.
"Sì, chi me lo impedisce?" rispose Emma. - Oui. Qui m'en empêche ? répondit-elle.
Poi, mentre veniva preparata la camera da letto, andarono a scaldarsi in cucina. Charles si mise a fumare. Fumava sporgendo le labbra, sputando ogni minuto e allontanando il fumo a ogni boccata con la mano. Puis ils se chauffèrent dans la cuisine, pendant qu'on apprêtait leur chambre. Charles se mit à fumer. Il fumait en avançant les lèvres, crachant à toute minute, se reculant à chaque bouffée.
"Ti farà male" disse Emma sdegnosamente. -- Tu vas te faire mal, dit-elle dédaigneusement.
Charles posò il sigaro e corse a bere un bicchiere d'acqua fredda alla pompa. Emma afferrò il portasigari e lo gettò in fretta in fondo a un cassetto. Il déposa son cigare, et courut avaler, à la pompe, un verre d'eau froide. Emma, saisissant le porte-cigares, le jeta vivement au fond de l'armoire.
L'indomani fu una giornata interminabile. Emma passeggiò nel giardino, su e giù sempre per gli stessi vialetti, fermandosi davanti alle aiuole, alle spalliere, al curato di gesso, guardando sbalordita tutte queste vecchie cose che conosceva tanto bene. Come le sembrava lontana la festa al castello! Che cos'era a far sembrare tanto distanti il mattino dell'altro ieri e la sera di oggi? La gita alla Vaubyessard aveva aperto una voragine nella sua vita, un crepaccio come quelli che in una sola notte gli uragani riescono a scavare nei fianchi delle montagne. Ma era rassegnata: chiuse religiosamente nel cassettone il suo bell'abito da sera e le scarpine di raso alle quali la cera che rendeva lustro il pavimento del salone aveva ingiallito le suole. Anche al suo cuore era accaduto qualcosa di simile: sfiorato dal lusso si era velato di un non so che d'impalpabile e d'indelebile. La journée fut longue, le lendemain ! Elle se promena dans son jardinet, passant et revenant par les mêmes allées, s'arrêtant devant les plates-bandes, devant l'espalier, devant le curé de plâtre, considérant avec ébahissement toutes ces choses d'autrefois qu'elle connaissait si bien. Comme le bal déjà lui semblait loin ! Qui donc écartait, à tant de distance, le matin d'avant-hier et le soir d'aujourd'hui ? Son voyage à la Vaubyessard avait fait un trou dans sa vie, à la manière de ces grandes crevasses qu'un orage, en une seule nuit, creuse quelquefois dans les montagnes. Elle se résigna pourtant ; elle serra pieusement dans la commode sa belle toilette et jusqu'à ses souliers de satin, dont la semelle s'était jaunie à la cire glissante du parquet. Son coeur était comme eux : au frottement de la richesse, il s'était placé dessus quelque chose qui ne s'effacerait pas.
Ricordare il ballo fu una delle occupazioni di Emma: ogni mercoledì, svegliandosi si diceva: "Ah! Otto giorni fa... quindici giorni fa... tre settimane fa ero laggiù!" A poco a poco le fisionomie le si confusero nella memoria; dimenticò i motivi delle danze, non ricordò più con tanta chiarezza le livree o i saloni, i particolari svanirono, ma il rimpianto non l'abbandonò. Ce fut donc une occupation pour Emma que le souvenir de ce bal. Toutes les fois que revenait le mercredi, elle se disait en s'éveillant : Ah ! il y a huit jours... il y a quinze jours..., il y a trois semaines, j'y étais ! Et peu à peu, les physionomies se confondirent dans sa mémoire, elle oublia l'air des contredanses, elle ne vit plus si nettement les livrées et les appartements ; quelques détails s'en allèrent, mais le regret lui resta

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Spesso, quando Charles era fuori, Emma andava a prendere nell'armadio, fra le pieghe della biancheria dove lo aveva nascosto, il portasigari di seta verde. Lo guardava, lo apriva e ne aspirava l'odore della fodera, un misto di verbena e di tabacco. Di chi era? Del Visconte. Un regalo della sua amante, forse. L'avevano ricamato su un telaio di palissandro, piccola suppellettile facilmente occultabile, e questo lavoro aveva tenuto occupata per lunghe ore una pensosa ricamatrice che su di esso aveva reclinato i morbidi riccioli. Un soffio d'amore era passato fra i fili del canovaccio: ogni punto aveva fermato una speranza o un ricordo, e tutti i fili di seta intersecantisi rappresentavano l'insieme di una stessa silenziosa passione. E poi, un mattino, il Visconte l'aveva portato con sé. Di che cosa avevano parlato, mentre esso era posato sulla larga mensola del caminetto fra i vasi di fiori e la pendola Pompadour? Emma in quel momento si trovava a Tostes. Il visconte a Parigi. Così lontano. Com'era Parigi? Che nome pieno di smisurate promesse! Le piaceva ripeterlo a mezza voce; le risonava negli orecchi come lo scampanio di una cattedrale, fiammeggiava ai suoi occhi perfino sulle etichette dei vasetti delle creme. Elle le regardait, l'ouvrait, et même elle flairait l'odeur de sa doublure, mêlée de verveine et de tabac. A qui appartenait-il ?... Au Vicomte. C'était peut-être un cadeau de sa maîtresse. On avait brodé cela sur quelque métier de palissandre, meuble mignon que l'on cachait à tous les yeux, qui avait occupé bien des heures et où s'étaient penchées les boucles molles de la travailleuse pensive. Un souffle d'amour avait passé parmi les mailles du canevas ; chaque coup d'aiguille avait fixé là une espérance ou un souvenir, et tous ces fils de soie entrelacés n'étaient que la continuité de la même passion silencieuse. Et puis le Vicomte, un matin, l'avait emporté avec lui. De quoi avait-on parlé, lorsqu'il restait sur les cheminées à large chambranle, entre les vases de fleurs et les pendules Pompadour ? Elle était à Tostes. Lui, il était à Paris, maintenant ; là-bas ! Comment était ce Paris ? Quel nom démesuré ! Elle se le répétait à demi-voix, pour se faire plaisir ; il sonnait à ses oreilles comme un bourdon de cathédrale, il flamboyait à ses yeux jusque sur l'étiquette de ses pots de pommade.
La notte, quando i pescivendoli, sui loro carretti, passavano sotto le sue finestre cantando la Marjolaine, Emma si svegliava, ascoltava lo strepito delle ruote cerchiate di ferro che si smorzava sulla terra battuta all'uscita del villaggio e si diceva: La nuit, quand les mareyeurs, dans leurs charrettes, passaient sous ses fenêtres en chantant La Marjolaine , elle s'éveillait ; et écoutant le bruit des roues ferrées, qui, à la sortie du pays, s'amortissait vite sur la terre :
"Domani saranno laggiù!" -- Ils y seront demain ! se disait-elle.
Li seguiva con il pensiero, mentre salivano e scendevano nel superare le colline, mentre attraversavano i villaggi, mentre correvano sulla strada maestra al chiarore delle stelle. Al termine di una distanza imprecisata v'era sempre l'immagine confusa di una piazza ove il suo sogno aveva fine. Et elle les suivait dans sa pensée, montant et descendant les côtes, traversant les villages, filant sur la grande route à la clarté des étoiles. Au bout d'une distance indéterminée, il se trouvait toujours une place confuse où expirait son rêve.
Comperò una piantina di Parigi: facendo scorrere la punta del dito sulla carta, immaginava di fare lunghe passeggiate nella capitale. Risaliva i boulevard, si fermava ad ogni angolo formato dalle linee delle strade, davanti ai quadratini bianchi che rappresentavano le case. Alla fine aveva gli occhi stanchi: chiudeva le palpebre e nel buio vedeva palpitare al vento le fiammelle dei lampioni a gas o immaginava i predellini delle carrozze che ricadevano con gran fracasso davanti ai colonnati dei teatri. Elle s'acheta un plan de Paris, et, du bout de son doigt, sur la carte, elle faisait des courses dans la capitale. Elle remontait les boulevards, s'arrêtant à chaque angle, entre les lignes des rues, devant les carrés blancs qui figurent les maisons. Les yeux fatigués à la fin, elle fermait ses paupières, et elle voyait dans les ténèbres se tordre au vent des becs de gaz, avec des marche-pieds de calèches, qui se déployaient à grand fracas devant le péristyle des théâtres.
Si abbonò a un giornale femminile, il Cestino, e allo Spirito dei salotti. Divorava, senza lasciarsi sfuggire nulla, tutte le cronache delle prime, delle corse, delle serate, si interessava al debutto di una cantante o all'apertura di un negozio. Si teneva al corrente con la moda, conosceva gli indirizzi dei buoni sarti, i giorni in cui il bel mondo andava al Bois o all'Opéra. Studiò gli arredamenti descritti da Eugène Sue, lesse Balzac e George Sand, cercando in queste letture un immaginario soddisfacimento alle proprie brame. Portava i libri anche a tavola e li sfogliava mentre suo marito, mangiando, cercava di conversare. Il ricordo del Visconte veniva rinnovato di continuo dalle letture. Emma scopriva somiglianze tra lui e i personaggi inventati. Ma il cerchio del quale egli era il centro, a poco a poco si allargava e l'alone che lo circondava andava espandendosi intorno alla sua figura per illuminare altri sogni. Elle s'abonna à la Corbeille , journal des femmes, et au Sylphe des salons. Elle dévorait, sans en rien passer, tous les comptes rendus de premières représentations, de courses et de soirées, s'intéressait au début d'une chanteuse, à l'ouverture d'un magasin. Elle savait les modes nouvelles, l'adresse des bons tailleurs, les jours de Bois ou d'Opéra. Elle étudia, dans Eugène Sue, des descriptions d'ameublements ; elle lut Balzac et George Sand, y cherchant des assouvissements imaginaires pour ses convoitises personnelles. A table même, elle apportait son livre, et elle tournait les feuillets, pendant que Charles mangeait en lui parlant. Le souvenir du Vicomte revenait toujours dans ses lectures. Entre lui et les personnages inventés, elle établissait des rapprochements. Mais le cercle dont il était le centre peu à peu s'élargit autour de lui, et cette auréole qu'il avait, s'écartant de sa figure, s'étala plus au loin, pour illuminer d'autres rêves.
Parigi, più vasta di un oceano, scintillava dunque agli occhi di Emma, avvolta da un'atmosfera purpurea. I molteplici aspetti della vita che si agitava in quel tumulto erano però ben suddivisi e classificati in quadri distinti. Emma ne prendeva in considerazione soltanto due o tre, i quali finivano per cancellare tutti gli altri e per rappresentare da soli l'intera umanità. L'ambiente nel quale si movevano gli ambasciatori erano i saloni dai pavimenti lucidi, dalle pareti rivestite di specchi, in mezzo ai quali si trovavano tavole ovali ricoperte da tappeti di velluto con la frangia d'oro. Non mancavano gli abiti a strascico, i grandi misteri, le angosce dissimulate da un sorriso. Veniva poi il mondo delle duchesse: qui tutti erano pallidi, si alzavano alle quattro del pomeriggio, le donne, povere care!, portavano sottovesti dall'orlo ricamato a punto inglese, e gli uomini, dotati di insospettate capacità sotto un'apparenza frivola, sfiancavano i loro cavalli in gite di piacere, trascorrevano le estati a Baden, e, verso la quarantina, sposavano ricche ereditiere. Nei salottini dei ristoranti dove si cena dopo mezzanotte, si divertiva, al lume della candele, la folla eterogenea degli uomini di lettere e delle attrici. Creature prodighe come re, piene di ambizioni idealizzate e di deliri fantastici. Conducevano un'esistenza che si librava al di sopra di tutto fra cielo e terra, in mezzo alle tempeste, qualcosa di veramente sublime. Quanto al resto degli uomini, erano tutti nullità, senza una precisa ubicazione, quasi non esistessero affatto. D'altronde, quanto più le cose erano vicine, tanto più i pensieri di lei se ne allontanavano. Tutto ciò che le era prossimo in maniera immediata, la campagna noiosa, i piccoli borghesi imbecilli, la banalità della vita, le sembrava un'eccezione, un caso anormale in cui lei si trovava presa mentre, al di là di ciò, si stendeva a perdita d'occhio lo sterminato paese della felicità e delle passioni. Confondeva, nelle sue smanie, la sensualità del lusso con le gioie più intime, l'eleganza delle abitudini con le delicatezze del sentimento. Per l'amore, come per le piante esotiche, non era forse indispensabile un terreno adatto e una temperatura particolare? I sospiri al chiaro di luna, i lunghi abbracci, le lacrime che scorrono sulle mani abbandonate, gli ardori della carne e i languori della tenerezza non possono quindi andare separati dai balconi dei grandi castelli pieni di comodità, dai boudoir dalle tende di seta e dagli spessi tappeti, dalle giardiniere fiorite, dai letti troneggianti sopra un piedistallo né dallo scintillio delle pietre preziose e dai galloni delle livree. Paris, plus vague que l'Océan, miroitait donc aux yeux d'Emma dans une atmosphère vermeille. La vie nombreuse qui s'agitait en ce tumulte y était cependant divisée par parties, classée en tableaux distincts. Emma n'en apercevait que deux ou trois qui lui cachaient tous les autres, et représentaient à eux seuls l'humanité complète. Le monde des ambassadeurs marchait sur des parquets luisants, dans des salons lambrissés de miroirs, autour de tables ovales couvertes d'un tapis de velours à crépines d'or. Il y avait là des robes à queue, de grands mystères, des angoisses dissimulées sous des sourires. Venait ensuite la société des duchesses ; on y était pâle ; on se levait à quatre heures ; les femmes, pauvres anges ! portaient du point d'Angleterre au bas de leur jupon, et les hommes, capacités méconnues sous des dehors futiles, crevaient leurs chevaux par partie de plaisir, allaient passer à Bade la saison d'été, et, vers la quarantaine enfin, épousaient des héritières. Dans les cabinets de restaurants où l'on soupe après minuit riait, à la clarté des bougies, la foule bigarrée des gens de lettres et des actrices. Ils étaient, ceux-là, prodigues comme des rois, pleins d'ambitions idéales et de délires fantastiques. C'était une existence au-dessus des autres, entre ciel et terre, dans les orages, quelque chose de sublime. Quant au reste du monde, il était perdu, sans place précise, et comme n'existant pas. Plus les choses, d'ailleurs, étaient voisines, plus sa pensée s'en détournait. Tout ce qui l'entourait immédiatement, campagne ennuyeuse, petits bourgeois imbéciles, médiocrité de l'existence, lui semblait une exception dans le monde, un hasard particulier où elle se trouvait prise, tandis qu'au-delà s'étendait à perte de vue l'immense pays des félicités et des passions. Elle confondait, dans son désir, les sensualités du luxe avec les joies du coeur, l'élégance des habitudes et les délicatesses du sentiment. Ne fallait-il pas à l'amour, comme aux plantes indiennes, des terrains préparés, une température particulière ? Les soupirs au clair de lune, les longues étreintes, les larmes qui coulent sur les mains qu'on abandonne, toutes les fièvres de la chair et les langueurs de la tendresse ne se séparaient donc pas du balcon des grands châteaux qui sont pleins de loisirs, d'un boudoir à stores de soie avec un tapis bien épais, des jardinières remplies, un lit monté sur une estrade, ni du scintillement des pierres précieuses et des aiguillettes de la livrée.
Lo stalliere che ogni mattina veniva a strigliare la cavalla attraversava il corridoio con i piedi nudi entro grossi zoccoli e con indosso un lacero camiciotto. Era questo il valletto dai calzoni a coscia del quale ci si doveva accontentare! Quando aveva finito il suo lavoro, se ne andava e non tornava più per tutta la giornata; Charles infatti, appena rientrava, portava lui stesso la bestia nella scuderia, le toglieva la sella, le metteva la cavezza, mentre la domestica portava un fascio di fieno e lo gettava in qualche modo nella greppia. Le garçon de la poste, qui, chaque matin, venait panser la jument, traversait le corridor avec ses gros sabots ; sa blouse avait des trous, ses pieds étaient nus dans des chaussons. C'était là le groom en culotte courte dont il fallait se contenter ! Quand son ouvrage était fini, il ne revenait plus de la journée ; car Charles, en rentrant, mettait lui-même son cheval à l'écurie, retirait la selle et passait le licou, pendant que la bonne apportait une botte de paille et la jetait, comme elle le pouvait, dans la mangeoire.
Per sostituire Nastasie (era infatti andata via da Tostes versando fiumi di lacrime) Emma prese al suo servizio una ragazzetta di quattordici anni, orfana e dall'aria mite. Non le permise di portare cuffie di cotone, le insegnò a rivolgersi alla gente usando la terza persona, a portare un bicchiere d'acqua sul vassoio, a bussare alle porte prima di entrare, a stirare, inamidare e a vestirla, cercò di farne, insomma, la sua cameriera. La nuova domestica obbediva senza brontolare per non essere licenziata; e siccome la signora, di solito, non toglieva la chiave dalla credenza, Félicité, ogni sera, faceva una piccola provvista di zucchero e se lo mangiava tutta sola a letto dopo aver recitato le preghiere. Pour remplacer Nastasie ( qui enfin partit de Tostes, en versant des ruisseaux de larmes ) , Emma prit à son service une jeune fille de quatorze ans, orpheline et de physionomie douce. Elle lui interdit les bonnets de coton, lui apprit qu'il fallait vous parler à la troisième personne, apporter un verre d'eau dans une assiette, frapper aux portes avant d'entrer, et à repasser, à empeser, à l'habiller, voulut en faire sa femme de chambre. La nouvelle bonne obéissait sans murmure pour n'être point renvoyée ; et, comme Madame, d'habitude, laissait la clef au buffet, Félicité, chaque soir prenait une petite provision de sucre qu'elle mangeait toute seule, dans son lit, après avoir fait sa prière.
Qualche volta, nel pomeriggio, andava dirimpetto a casa a chiacchierare con i postiglioni, mentre la signora era di sopra in camera sua. L'après-midi, quelquefois, elle allait causer en face avec les postillons. Madame se tenait en haut, dans son appartement.
Emma indossava una vestaglia molto aperta sul davanti, con il collo a scialle che lasciava scorgere una camicetta plissettata e con tre bottoni d'oro. Un cordone con grosse nappine le serviva da cintura e le pantofoline color granato avevano un ciuffo di nastro alto che si allargava fin sul collo del piede. Si era comperata un sottomano, un blocco di carta da lettere, un portapenne, e delle buste benché non avesse nessuno con cui corrispondere; spolverava il suo scaffale, si guardava nello specchio, prendeva un libro, poi lo lasciava cadere sulle ginocchia seguendo un sogno scaturito fra una riga e l'altra. Aveva voglia di viaggiare o di tornare in collegio. Desiderava al contempo morire e andare ad abitare a Parigi. Elle portait une robe de chambre tout ouverte, qui laissait voir, entre les revers à châle du corsage, une chemisette plissée avec trois boutons d'or. Sa ceinture était une cordelière à gros glands, et ses petites pantoufles de couleur grenat avaient une touffe de rubans larges, qui s'étalait sur le couvre-pied. Elle s'était acheté un buvard, une papeterie, un porte-plume et des enveloppes, quoiqu'elle n'eût personne à qui écrire ; elle époussetait son étagère, se regardait dans la glace, prenait un livre, puis, rêvant entre les lignes, le laissait tomber sur ses genoux. Elle avait envie de faire des voyages ou de retourner vivre à son couvent. Elle souhaitait à la fois mourir et habiter Paris.
Con qualunque maltempo, con la pioggia o con la neve, Charles continuava a cavalcare per le strade di campagna. Mangiava la frittata insieme con i contadini, si trovava costretto a infilare il braccio in letti bagnati, a ricevere in viso il getto tiepido dei salassi, ad ascoltare i rantoli, a esaminare catini, a sollevare molta biancheria sporca, ma a casa, la sera, lo aspettavano il fuoco fiammeggiante, la tavola apparecchiata, mobili confortevoli, una moglie elegante, graziosa, che aveva un odore fresco, un profumo che non si sapeva bene da dove venisse, quasi fosse la pelle di lei a possederlo e a darlo anche ai suoi abiti. Charles, à la neige à la pluie, chevauchait par les chemins de traverse. Il mangeait des omelettes sur la table des fermes, entrait son bras dans des lits humides, recevait au visage le jet tiède des saignées, écoutait des râles, examinait des cuvettes, retroussait bien du linge sale ; mais il trouvait, tous les soirs, un feu flambant, la table servie, des meubles souples, et une femme en toilette fine, charmante et sentant frais, à ne savoir même d'où venait cette odeur, ou si ce n'était pas sa peau qui parfumait sa chemise.
Emma riusciva ad affascinarlo con innumerevoli raffinatezze: talvolta si trattava di un nuovo modo di confezionare i piattini di carta per i candelieri, oppure di una guarnizione diversa su un abito, o del nome esotico di una vivanda assai semplice, che la domestica non aveva saputo cucinare, ma che Charles ingoiava fino in fondo lo stesso, e con piacere. Elle le charmait par quantité de délicatesses : c'était tantôt une manière nouvelle de façonner pour les bougies des bobèches de papier, un volant qu'elle changeait à sa robe, ou le nom extraordinaire d'un mets bien simple, et que la bonne avait manqué, mais que Charles, jusqu'au bout, avalait avec plaisir.
Le capitò di vedere a Rouen alcune signore le quali portavano appeso all'orologio un mazzetto di ciondoli; subito comperò dei ciondoli. Volle mettere sul caminetto due grossi vasi di vetro azzurro e, qualche tempo dopo, una scatola da lavoro in avorio con un ditale dorato. Meno Charles capiva queste eleganze, più ne subiva il fascino. Esse aggiungevano qualcosa al piacere dei sensi e alla dolcezza del focolare. Cospargevano di una polvere d'oro tutto il modesto sentiero della sua vita. Elle vit à Rouen des dames qui portaient à leur montre un paquet de breloques ; elle acheta des breloques. Elle voulut sur sa cheminée deux grands vases de verre bleu, et, quelque temps après, un nécessaire d'ivoire, avec un dé de vermeil. Moins Charles comprenait ces élégances, plus il en subissait la séduction. Elles ajoutaient quelque chose au plaisir de ses sens et à la douceur de son foyer. C'était comme une poussière d'or qui sablait tout du long le petit sentier de sa vie.
Godeva buona salute, aveva un bel colorito, e la sua reputazione si era assai ben consolidata. I contadini gli volevano un gran bene perché non era altezzoso. Soleva accarezzare i bambini, non andava mai all'osteria e inoltre ispirava fiducia per la sua moralità. Otteneva particolari successi nella cura delle affezioni bronchiali e delle malattie di petto. Aveva una gran paura di mandare il suo prossimo al Creatore e di conseguenza si limitava a prescrivere pozioni calmanti, qualche emetico, un pediluvio o dei salassi. Non che la chirurgia gli facesse paura, anzi salassava la gente con facilità, come se si fosse trattato di cavalli e aveva una forza infernale nel cavare i denti. Il se portait bien, il avait bonne mine ; sa réputation était établie tout à fait. Les campagnards le chérissaient parce qu'il n'était pas fier. Il caressait les enfants, n'entrait jamais au cabaret, et, d'ailleurs, inspirait de la confiance par sa moralité. Il réussissait particulièrement dans les catarrhes et maladies de poitrine. Craignant beaucoup de tuer son monde, Charles, en effet, n'ordonnait guère que des potions calmantes, de temps à autre de l'émétique, un bain de pieds ou des sangsues. Ce n'est pas que la chirurgie lui fit peur ; il vous saignait les gens largement, comme des chevaux, et il avait pour l'extraction des dents une poigne d'enfer .
Per tenersi al corrente, si abbonò all'Alveare medico, un giornale nuovo di cui gli erano pervenuti i prospetti; lo leggeva, in parte, dopo cena, ma il tepore della stanza, insieme con la fatica della digestione, facevano sì che in capo a cinque minuti, fosse addormentato; rimaneva là, con il mento appoggiato alle mani e i capelli arruffati come una criniera che arrivavano fino al piede della lampada. Emma lo guardava e alzava le spalle. Perché non aveva almeno per marito uno di quegli uomini accesi di taciturno fervore che lavorano di notte in mezzo ai libri e che, giunti ai sessant'anni, l'età dei reumatismi, portano finalmente una piccola spilla a forma di croce sull'abito nero di cattivo taglio? Enfin, pour se tenir au courant , il prit un abonnement à la Ruche médicale , journal nouveau dont il avait reçu le prospectus. Il en lisait un peu après son dîner ; mais la chaleur de l'appartement, jointe à la digestion, faisait qu'au bout de cinq minutes il s'endormait ; et il restait là, le menton sur ses deux mains, et les cheveux étalés comme une crinière jusqu'au pied de la lampe. Emma le regardait en haussant les épaules. Que n'avait-elle, au moins, pour mari un de ces hommes d'ardeurs taciturnes qui travaillent la nuit dans les livres, et portent enfin, à soixante ans, quand vient l'âge des rhumatismes, une brochette de croix, sur leur habit noir, mal fait.
Emma avrebbe desiderato che il nome di Bovary, ora il suo nome, fosse illustre, le sarebbe piaciuto vederlo nelle librerie, leggerlo nei giornali, noto in tutta la Francia. Ma Charles non aveva ambizioni! Un medico di Yvetot, con il quale si era trovato ultimamente per un consulto, lo aveva quasi mortificato addirittura al capezzale del paziente e davanti a tutti i parenti riuniti. Quando Charles, la sera, raccontò il fatto, Emma si accalorò molto contro il collega del marito. Quest'ultimo fu intenerito dall'atteggiamento di sua moglie: la baciò sulla fronte con gli occhi pieni di lacrime. Ma Emma era esasperata e piena di vergogna, lo avrebbe preso volentieri a schiaffi. Andò nel corridoio, aprì la finestra e rimase a respirare l'aria fresca per calmarsi. Elle aurait voulu que ce nom de Bovary, qui était le sien, fût illustre, le voir étalé chez les libraires, répété dans les journaux, connu par toute la France. Mais Charles n'avait point d'ambition : Un médecin d'Yvetot, avec qui dernièrement il s'était trouvé en consultation, l'avait humilié quelque peu, au lit même du malade, devant les parents assemblés. Quand Charles lui raconta, le soir, cette anecdote, Emma s'emporta bien haut contre le confrère. Charles en fut attendri. Il la baisa au front avec une larme. Mais elle était exaspérée de honte, elle avait envie de le battre, elle alla dans le corridor ouvrir la fenêtre et huma l'air frais pour se calmer.
"Che disgraziato! Povero disgraziato!" ripeteva, mordendosi le labbra. -- Quel pauvre homme ! quel pauvre homme ! disait-elle tout bas, en se mordant les lèvres.
Si sentiva sempre più irritata dal suo modo di comportarsi. Con il passare degli anni Charles prendeva abitudini grossolane; alla fine del pranzo era solito tagliuzzare i tappi delle bottiglie vuote; dopo aver mangiato si passava la lingua sui denti. Sorbiva il brodo producendo gorgoglii chioccianti a ogni cucchiaiata, e, poiché cominciava a ingrassare, gli occhi, già piccoli, sembravano spostarsi verso le tempie, spinti verso l'alto dalle gote gonfie di adipe. Elle se sentait, d'ailleurs, plus irritée de lui. Il prenait, avec l'âge, des allures épaisses ; il coupait, au dessert, le bouchon des bouteilles vides ; il se passait, après manger, la langue sur les dents ; il faisait, en avalant sa soupe, un gloussement à chaque gorgée, et, comme il commençait d'engraisser, ses yeux, déjà petits, semblaient remontés vers les tempes par la bouffissure de ses pommettes.
A volte Emma gli ricacciava nel panciotto il bordo rosso delle maglie, gli raddrizzava la cravatta o buttava via i guanti consumati che egli stava per infilare. Ma non faceva questo per lui, bensì per se stessa, per una specie di estensione del suo egoismo, di irritazione nervosa. Altre volte gli parlava di ciò che aveva letto, un brano di un romanzo, una nuova commedia o l'ultimo aneddoto sul gran mondo riportato dal giornale; dopotutto, Charles era qualcuno, un orecchio sempre disposto ad ascoltare, un'approvazione sempre pronta. La cagnolina stessa riceveva le sue confidenze ed ella ne avrebbe fatte anche ai ceppi del caminetto e al bilanciere della pendola. Emma, quelquefois, lui rentrait dans son gilet la bordure rouge de ses tricots, rajustait sa cravate, ou jetait à l'écart les gants déteints qu'il se disposait à passer ; et ce n'était pas, comme il croyait, pour lui ; c'était pour elle-même, par expansion d'égoïsme, agacement nerveux. Quelquefois aussi, elle lui parlait des choses qu'elle avait lues, comme d'un passage de roman, d'une pièce nouvelle, ou de l'anecdote du grand monde que l'on racontait dans le feuilleton ; car, enfin, Charles était quelqu'un, une oreille toujours ouverte, une approbation toujours prête. Elle faisait bien des confidences à sa levrette ! Elle en eût fait aux bûches de la cheminée et au balancier de la pendule.
In fondo al cuore continuava a sperare che accadesse qualcosa di diverso. Come i marinai in pericolo, volgeva sguardi disperati sulla solitudine della sua vita, cercando di scorgere una vela bianca lontana fra le brume dell'orizzonte. Non sapeva che cosa stava aspettando, quale vento avrebbe spinto verso di lei l'avvenimento desiderato, a quale lido l'avrebbe fatta approdare, se si sarebbe trattato di una scialuppa o di un vascello a tre ponti carico di angosce o pieno di felicità fino ai boccaporti. Ogni mattino, al risveglio, sperava che ciò avvenisse, proprio quel giorno, e ascoltava ogni rumore, si alzava di soprassalto, e si stupiva che ancora non accadesse nulla; poi, al tramonto, sempre più triste, desiderava di essere all'indomani. Au fond de son âme, cependant, elle attendait un événement. Comme les matelots en détresse, elle promenait sur la solitude de sa vie des yeux désespérés, cherchant au loin quelque voile blanche dans les brumes de l'horizon. Elle ne savait pas quel serait ce hasard, le vent qui le pousserait jusqu'à elle, vers quel rivage il la mènerait, s'il était chaloupe ou vaisseau à trois ponts, chargé d'angoisses ou plein de félicités jusqu'aux sabords. Mais, chaque matin, à son réveil, elle l'espérait pour la journée, et elle écoutait tous les bruits, se levait en sursaut, s'étonnait qu'il ne vînt pas ; puis, au coucher du soleil, toujours plus triste, désirait être au lendemain.
Tornò la primavera. Emma provò a volte un senso di soffocamento, ai primi calori, quando fiorirono i peri. Le printemps reparut. Elle eut des étouffements aux premières chaleurs, quand les poiriers fleurirent.
Fin dai primi giorni di luglio, cominciò a contare sulle dita quante settimane mancavano per arrivare al mese di ottobre, nella speranza che il marchese di Andervilliers forse avrebbe dato ancora un ballo alla Vaubyessard. Ma tutto il mese di settembre trascorse senza che giungessero lettere o visite. Dès le commencement de juillet, elle compta sur ses doigts combien de semaines lui restaient pour arriver au mois d'octobre, pensant que le marquis d'Andervilliers, peut-être, donnerait encore un bal à la Vaubyessard. Mais tout septembre s'écoula sans lettres ni visites.
Dopo quella delusione, il suo cuore rimase vuoto ancora una volta, e la serie delle giornate tutte uguali ricominciò. Après l'ennui de cette déception, son coeur de nouveau resta vide, et alors la série des mêmes journées recommença.
Ormai si sarebbero susseguite dunque, così, tutte in fila, monotone, anonime, e senza portare con sé proprio nulla? Le altre esistenze, per quanto piatte fossero, avevano almeno la probabilità di un avvenimento imprevisto, e gli avvenimenti imprevisti provocano talora peripezie senza fine, e tutto cambia. Soltanto per lei non succedeva mai niente, Dio aveva voluto così! L'avvenire si presentava come un corridoio nero in fondo al quale v'era una porta sprangata. Elles allaient donc maintenant se suivre ainsi à la file, toujours pareilles, innombrables, et n'apportant rien ! Les autres existences, si plates qu'elles fussent, avaient du moins la chance d'un événement. Une aventure amenait parfois des péripéties à l'infini, et le décor changeait. Mais, pour elle, rien n'arrivait, Dieu l'avait voulu ! L'avenir était un corridor tout noir, et qui avait au fond sa porte bien fermée.
Non si interessò più di musica. Perché sonare? Chi l'avrebbe ascoltata? Dal momento che non avrebbe mai potuto esibirsi con un abito di velluto con le maniche corte, a un concerto, su un pianoforte Erard, facendo correre le dita leggere sui tasti d'avorio, e sentire intorno a sé, circondarla come una brezza, un mormorio estatico, non valeva la pena di annoiarsi a studiare. Lasciò in fondo a un cassetto anche i fogli da disegno e i ricami. A che serviva? A che serviva? E poi, cucire la innervosiva. Elle abandonna la musique. Pourquoi jouer ? qui l'entendrait ? Puisqu'elle ne pourrait jamais, en robe de velours à manches courtes, sur un piano d'Erard, dans un concert, battant de ses doigts légers les touches d'ivoire, sentir, comme une brise, circuler autour d'elle un murmure d'extase, ce n'était pas la peine de s'ennuyer à étudier. Elle laissa dans l'armoire ses cartons à dessin et la tapisserie. A quoi bon ? à quoi bon ? La couture l'irritait.
"Ho già letto tutto" si diceva. -- J'ai tout lu, se disait-elle.
E restava lì a far arroventare le molle nella brace del camino o a guardar cadere la pioggia. Et elle restait à faire rougir les pincettes, ou regardant la pluie tomber.
Che tristezza, la domenica, quando sonava il vespro! Ascoltava con una concentrazione attonita battere a uno a uno i rintocchi sordi della campana. Sul tetto un gatto camminava lentamente facendo la gobba, sotto i raggi di un pallido sole. Il vento sollevava nugoli di polvere sulla strada maestra. Di tanto in tanto, un cane lontano ululava: e la campana, a intervalli regolari, continuava i suoi rintocchi monotoni che si perdevano nella campagna. Comme elle était triste le dimanche, quand on sonnait les vêpres ! Elle écoutait, dans un hébétement attentif, tinter un à un les coups fêlés de la cloche. Quelque chat sur les toits, marchant lentement, bombait son dos aux rayons pâles du soleil. Le vent, sur la grande route, soufflait des traînées de poussières. Au loin, parfois, un chien hurlait : et la cloche, à temps égaux, continuait sa sonnerie monotone qui se perdait dans la campagne.
Intanto la gente usciva di chiesa. Le donne avevano gli zoccoli lucidati, i contadini le bluse nuove, i bambini piccoli, senza cappello, saltellavano davanti a loro; tutti si avviavano verso casa. E fino a notte cinque o sei uomini, sempre gli stessi, restavano a giocare al turacciolo, davanti alla porta dell'osteria. Cependant on sortait de l'église. Les femmes en sabots cirés, les paysans en blouse neuve, les petits enfants qui sautillaient nu-tête devant eux, tout rentrait chez soi. Et, jusqu'à la nuit, cinq ou six hommes, toujours les mêmes, restaient à jouer au bouchon, devant la grande porte de l'auberge.
Fu un inverno freddo. I vetri, la mattina, erano coperti da uno strato di gelo e la luce che filtrava attraverso essi, biancastra come quella dei vetri smerigliati, si manteneva talvolta uguale per tutta la giornata. Alle quattro del pomeriggio bisognava già accendere il lume. L'hiver fut froid. Les carreaux, chaque matin, étaient chargés de givre, et la lumière, blanchâtre à travers eux, comme par des verres dépolis, quelquefois ne variait pas de la journée. Dès quatre heures du soir, il fallait allumer la lampe.
Nelle belle giornate, Emma scendeva in giardino. La brina aveva posato sui cavoli merletti d'argento con lunghi fili chiari che andavano da un cespo all'altro. Gli uccelli tacevano, tutto sembrava addormentato, la spalliera coperta di paglia, e la vigna, simile a un grande serpente malato sotto la sporgenza del muro, dove, avvicinandosi, era possibile scorgere i centopiedi trascinarsi sulle innumerevoli gambe. In mezzo agli abeti nani, il curato con il tricorno, che leggeva il breviario, aveva perduto il piede destro e il gesso, sfaldandosi con il gelo, gli aveva coperto di croste bianche il viso. Les jours qu'il faisait beau, elle descendait dans le jardin. La rosée avait laissé sur les choux des guipures d'argent avec de longs fils clairs qui s'étendaient de l'un à l'autre. On n'entendait pas d'oiseaux, tout semblait dormir, l'espalier couvert de paille et la vigne comme un grand serpent malade sous le chaperon du mur, où l'on voyait, en s'approchant, se traîner des cloportes à pattes nombreuses. Dans les sapinettes, près de la haie, le curé en tricorne qui lisait son bréviaire avait perdu le pied droit et même le plâtre, s'écaillant à la gelée, avait fait des gales blanches sur sa figure.
Poi rientrava, chiudeva la porta, attizzava il fuoco e abbandonandosi al calore del caminetto sentiva ripiombare su di sé, ancora più pesante, la noia. Desiderava scendere in cucina a chiacchierare con la domestica, ma una specie di pudore la tratteneva. Puis elle remontait, fermait la porte, étalait les charbons, et, défaillant à la chaleur du foyer, sentait l'ennui plus lourd qui retombait sur elle. Elle serait bien descendue causer avec la bonne, mais une pudeur la retenait.
Tutti i giorni alla stessa ora il maestro di scuola, la berretta nera di seta sul capo, apriva le imposte di casa sua e la guardia campestre passava con la sciabola sul camiciotto. La sera e la mattina, i cavalli della posta, a tre a tre, attraversavano la strada per andare a bere al fontanile. Di tanto in tanto la campanella della porta di un'osteria tintinnava e quando c'era vento si sentiva cigolare sui ganci che lo reggevano il catino d'ottone che serviva da insegna alla bottega del barbiere. Questa bottega era decorata da una vecchia illustrazione di un giornale di moda incollata contro un vetro e da una testa femminile di cera dai capelli gialli. Anche il parrucchiere si lamentava della sua vocazione soffocata, del suo avvenire rovinato, e sognava una bottega in qualche grande città, come Rouen, per esempio, sul porto, vicino al teatro, e intanto passeggiava su e giù tutto il giorno, fra la chiesa e il municipio, imbronciato e in attesa di clientela. Quando la signora Bovary alzava gli occhi, lo vedeva sempre là, come una sentinella, di guardia con la papalina di traverso e una giacca di raso. Tous les jours, à la même heure, le maître d'école, en bonnet de soie noire, ouvrait les auvents de sa maison, et le garde-champêtre passait, portant son sabre sur sa blouse. Soir et matin, les chevaux de la poste, trois par trois, traversaient la rue pour aller boire à la mare. De temps à autre, la porte d'un cabaret faisait tinter sa sonnette, et, quand il y avait du vent, l'on entendait grincer sur leurs deux tringles les petites cuvettes en cuivre du perruquier, qui servaient d'enseigne à sa boutique. Elle avait pour décoration une vieille gravure de modes collée contre un carreau et un buste de femme en cire, dont les cheveux étaient jaunes. Lui aussi, le perruquier, il se lamentait de sa vocation arrêtée, de son avenir perdu, et, rêvant quelque boutique dans une grande ville, comme à Rouen, par exemple, sur le port, près du théâtre, il restait toute la journée à se promener en long, depuis la mairie jusqu'à l'église, sombre, et attendant la clientèle. Lorsque madame Bovary levait les yeux, elle le voyait toujours là, comme une sentinelle en faction, avec son bonnet grec sur l'oreille et sa veste de lasting.
Nel pomeriggio, talvolta, dietro i vetri della sala, nella via, compariva una testa d'uomo, dai favoriti neri e dal volto abbronzato, sul quale si stendeva lentamente un largo sorriso dolce che scopriva i denti bianchi. Subito si facevano sentire le note di un valzer e sopra l'organino, in una minuscola sala da ballo, ballerini alti un dito, dame in turbante rosa, tirolesi in giacchettino, scimmie in marsina nera, cavalieri in pantaloni a coscia giravano e giravano fra le poltrone, i divani, le mensole, moltiplicandosi nei pezzetti di specchio tenuti insieme da una carta d'oro. L'uomo girava la manovella guardando a destra e a sinistra e verso le finestre. Di tanto in tanto lanciava contro un paracarro un lungo getto di saliva scura e appoggiava su un ginocchio il suo strumento, la cui cinghia dura gli stancava la spalla; ora triste e lenta, ora gioiosa e veloce, la musica dell'organino si diffondeva attraverso una tendina di taffetà rosa o una grata di ottone ad arabeschi. Erano motivi in voga nei teatri, motivi che venivano cantati nei saloni, che accompagnavano, la sera, le danze sotto i lampadari splendenti, echi del mondo dai quali Emma veniva raggiunta. E allora sarabande senza fine si srotolavano nella sua mente: come una baiadera su un tappeto a fiori il suo pensiero saltellava con le note, ondeggiava di sogno in sogno, di malinconia in malinconia. L'uomo, dopo aver ricevuto l'elemosina che gli veniva gettata nel berretto, copriva l'organino con una vecchia coperta turchina, se lo passava sulla schiena e si allontanava con passo pesante. Emma lo guardava andar via. Dans l'après-midi, quelquefois, une tête d'homme apparaissait derrière les vitres de la salle, tête hâlée, à favoris noirs, et qui souriait lentement d'un large sourire doux à dents blanches. Une valse aussitôt commençait, et, sur l'orgue, dans un petit salon, des danseurs hauts comme le doigt, femmes en turban rose, Tyroliens en jaquette, singes en habit noir, messieurs en culotte courte, tournaient, tournaient entre les fauteuils, les canapés, les consoles, se répétant dans les morceaux de miroir que raccordait à leurs angles un filet de papier doré. L'homme faisait aller sa manivelle, regardant à droite, à gauche et vers les fenêtres. De temps à autre, tout en lançant contre la borne un long jet de salive brune, il soulevait du genou son instrument, dont la bretelle dure lui fatiguait l'épaule ; et, tantôt dolente et traînarde, ou joyeuse et précipitée, la musique de la boîte s'échappait en bourdonnant à travers un rideau de taffetas rose, sous une grille de cuivre en arabesque. C'étaient des airs que l'on jouait ailleurs sur les théâtres, que l'on chantait dans les salons, que l'on dansait le soir sous des lustres éclairés, échos du monde qui arrivaient jusqu'à Emma. Des sarabandes à n'en plus finir se déroulaient dans sa tête, et, comme une bayadère sur les fleurs d'un tapis, sa pensée bondissait avec les notes, se balançait de rêve en rêve, de tristesse en tristesse. Quand l'homme avait reçu l'aumône dans sa casquette, il rabattait une vieille couverture de laine bleue, passait son orgue sur son dos et s'éloignait d'un pas lourd. Elle le regardait partir.
Soprattutto all'ora dei pasti sentiva di non poterne più: in quella stanzetta al pianterreno, dove la stufa faceva fumo, la porta cigolava, i muri trasudavano e i pavimenti erano sempre umidi, le sembrava che tutta l'amarezza della sua esistenza le venisse servita nel piatto e, come il fumo del bollito, salivano dal fondo dell'anima sua altrettante zaffate di tedio insulso. Charles mangiava con lentezza, Emma sgranocchiava qualche nocciolina o si divertiva, appoggiata a un gomito, a disegnare linee con la punta del coltello, sulla tela cerata. Mais c'était surtout aux heures des repas qu'elle n'en pouvait plus, dans cette petite salle au rez-de-chaussée, avec le poêle qui fumait, la porte qui criait, les murs qui suintaient, les pavés humides ; toute l'amertume de l'existence lui semblait servie sur son assiette, et, à la fumée du bouilli, il montait du fond de son âme comme d'autres bouffées d'affadissement. Charles était long à manger ; elle grignotait quelques noisettes, ou bien, appuyée du coude, s'amusait, avec la pointe de son couteau, à faire des raies sur la toile cirée.
Adesso trascurava del tutto l'andamento della casa e la suocera, quando andò a Tostes a trascorrere una parte della quaresima, si stupì molto di questo cambiamento. Infatti, la nuora, un tempo tanto diligente e scrupolosa, trascorreva ora intere giornate senza vestirsi, portava calze di cotone grigio e si faceva lume con la candela. Ripeteva che bisognava fare economia, perché non erano ricchi, dichiarava di essere del tutto soddisfatta e felicissima, diceva che Tostes le piaceva molto e continuava con nuovi argomenti che tappavano la bocca alla suocera. Inoltre Emma non sembrava più disposta a seguire i suoi consigli. Una volta, essendosi la vecchia Bovary azzardata a dire che i padroni devono sorvegliare la religiosità dei domestici, Emma le aveva rivolto uno sguardo così irato e un sorriso tanto gelido, che la buona donna non aveva più fiatato. Elle laissait maintenant tout aller dans son ménage, et madame Bovary mère, lorsqu'elle vint passer à Tostes une partie du carême, s'étonna fort de ce changement. Elle, en effet, si soigneuse autrefois et délicate, elle restait à présent des journées entières sans s'habiller, portait des bas de coton gris, s'éclairait à la chandelle. Elle répétait qu'il fallait économiser, puisqu'ils n'étaient pas riches, ajoutant qu'elle était très contente, très heureuse, que Tostes lui plaisait beaucoup, et autres discours nouveaux qui fermaient la bouche à la belle-mère. Du reste, Emma ne semblait plus disposée à suivre ses conseils ; une fois même, madame Bovary s'étant avisée de prétendre que les maîtres devaient surveiller la religion de leurs domestiques, elle lui avait répondu d'un oeil si colère et avec un sourire tellement froid, que la bonne femme ne s'y frotta plus.
Emma divenne capricciosa e difficile. Ordinava per sé pietanze che poi non toccava nemmeno, un giorno beveva soltanto latte e il giorno dopo dozzine di tazze di tè. Spesso si ostinava a non voler uscire di casa e subito dopo si sentiva soffocare, apriva le finestre e indossava abiti leggeri. Dopo aver strapazzato duramente la domestica, le faceva dei regali o la mandava a passeggio dalle vicine, e talvolta perfino gettava ai poveri tutte le monete d'argento che aveva nel borsellino, benché non fosse di animo tenero né si lasciasse commuovere facilmente dalle pene altrui, come del resto la maggior parte di coloro che discendono da una stirpe contadina e conservano nell'anima qualcosa che ricorda la callosità delle mani dei padri. Emma devenait difficile, capricieuse. Elle se commandait des plats pour elle, n'y touchait point, un jour ne buvait que du lait pur, et, le lendemain, des tasses de thé à la douzaine. Souvent elle s'obstinait à ne pas sortir, puis elle suffoquait, ouvrait les fenêtres, s'habillait en robe légère. Lorsqu'elle avait bien rudoyé sa servante, elle lui faisait des cadeaux ou l'envoyait se promener chez les voisines, de même qu'elle jetait parfois aux pauvres toutes les pièces blanches de sa bourse, quoiqu'elle ne fût guère tendre cependant, ni facilement accessible à l'émotion d'autrui, comme la plupart des gens issus de campagnards, qui gardent toujours à l'âme quelque chose de la callosité des mains paternelles.
Verso la fine di febbraio, papà Rouault, memore della sua guarigione, portò di persona al genero una superba tacchina e si fermò tre giorni a Tostes. Fu Emma a tenergli compagnia, perché Charles era occupato con i malati. Papà Rouault fumò in camera, sputò sugli alari, parlò di colture, di vitelli, di mucche, di pollame e di consigli municipali; tanto che Emma, quando gli chiuse la porta alle spalle, fu presa da un senso di soddisfazione tale da lasciare stupita lei stessa. D'altro canto non nascondeva più il suo disprezzo per cose e persone; a volte manifestava opinioni bizzarre, biasimava ciò che otteneva l'approvazione di tutti e giudicava benevolmente perversità e immoralità da tutti riprovate: questi atteggiamenti facevano spalancare tanto d'occhi a suo marito. Vers la fin de février, le père Rouault, en souvenir de sa guérison, apporta lui-même à son gendre une dinde superbe, et il resta trois jours à Tostes. Charles étant à ses malades, Emma lui tint compagnie. Il fuma dans la chambre, cracha sur les chenets, causa culture, veaux, vaches, volailles et conseil municipal ; si bien qu'elle referma la porte, quand il fut parti, avec un sentiment de satisfaction qui la surprit elle-même. D'ailleurs, elle ne cachait plus son mépris pour rien, ni pour personne ; et elle se mettait quelque fois à exprimer des opinions singulières, blâmant ce que l'on approuvait, et approuvant des choses perverses ou immorales : ce qui faisait ouvrir de grands yeux à son mari.
Quella miserevole esistenza sarebbe durata per sempre? Non le sarebbe mai stato possibile uscirne? Era convinta di non valere meno di tutte le altre che vivevano felici. Alla Vaubyessard aveva visto duchesse più grasse di lei e dalle maniere più volgari delle sue ed esecrava l'ingiustizia del Cielo; appoggiava il capo al muro e piangeva; invidiava le vite tumultuose, i balli mascherati, i piaceri sfacciati con tutti quegli smarrimenti che lei ancora non conosceva, ma che certo dovevano causare. Est-ce que cette misère durerait toujours ? est-ce qu'elle n'en sortirait pas ? Elle valait bien cependant toutes celles qui vivaient heureuses ! Elle avait vu des duchesses à la Vaubyessard qui avaient la taille plus lourde et les façons plus communes, et elle exécrait l'injustice de Dieu ; elle s'appuyait la tête aux murs pour pleurer ; elle enviait les existences tumultueuses, les nuits masquées, les insolents plaisirs avec tous les éperduments qu'elle ne connaissait pas et qu'ils devaient donner.
Impallidiva e soffriva di palpitazioni. Charles le somministrò valeriana e le faceva fare bagni alla canfora. Qualsiasi cosa si tentasse, serviva soltanto ad aumentare il suo nervosismo. Elle pâlissait et avait des battements de coeur. Charles lui administra de la valériane et des bains de camphre. Tout ce que l'on essayait semblait l'irriter davantage.
V'erano giorni in cui parlava con un'irruenza febbrile; a tali esaltazioni facevano seguito d'improvviso torpori duranti i quali rimaneva muta e immobile. Allora soltanto in un modo riusciva a rianimarsi, versandosi sulle braccia il contenuto di un flacone di acqua di Colonia. En de certains jours, elle bavardait avec une abondance fébrile ; à ces exaltations succédaient tout à coup des torpeurs où elle restait sans parler, sans bouger. Ce qui la ranimait alors, c'était de se répandre sur les bras un flacon d'eau de Cologne.
Quel continuo lagnarsi di Tostes indusse Charles a supporre che la causa dei suoi malori dipendesse da qualche influsso dei luoghi, e, convinto di essere nel giusto, egli cominciò a prendere seriamente in esame la possibilità di andare a stabilirsi altrove. Comme elle se plaignait de Tostes continuellement, Charles imagina que la cause de sa maladie était sans doute dans quelque influence locale, et, s'arrêtant à cette idée, il songea sérieusement à aller s'établir ailleurs.
Da allora Emma si mise a bere aceto, per dimagrire, si buscò una tossettina secca e perse del tutto l'appetito. Dès lors, elle but du vinaigre pour se faire maigrir, contracta une petite toux sèche et perdit complètement l'appétit.
A Charles dispiaceva non poco lasciare, dopo quattro anni, Tostes, e proprio nel momento in cui la sua posizione cominciava a consolidarsi. Ma se era indispensabile!... La condusse a Rouen, per farla visitare dal suo ex maestro, il quale diagnosticò una forma nervosa e consigliò un cambiamento d'aria. Il en coûtait à Charles d'abandonner Tostes après quatre ans de séjour et au moment où il commençait à s'y poser . S'il le fallait, cependant ! Il la conduisit à Rouen voir son ancien maître. C'était une maladie nerveuse : on devait la changer d'air.
Dopo numerose ricerche, in diversi luoghi, Charles venne a sapere che nel dipartimento di Neufchâtel v'era una grossa borgata chiamata Yonville-l'Abbaye il cui medico, un esule polacco, se ne era andato da una settimana. Allora scrisse al farmacista del luogo per sapere il numero degli abitanti, a quale distanza si trovasse il più vicino collega, quanto guadagnasse in un anno il suo predecessore, eccetera. Le risposte furono soddisfacenti e venne così deciso di traslocare, verso la primavera, se nel frattempo la salute di Emma non fosse migliorata. Après s'être tourné de côté et d'autre, Charles apprit qu'il y avait dans l'arrondissement de Neufchâtel, un fort bourg nommé Yonville-l'Abbaye, dont le médecin, qui était un réfugié polonais, venait de décamper la semaine précédente. Alors il écrivit au pharmacien de l'endroit pour savoir quel était le chiffre de la population, la distance où se trouvait le confrère le plus voisin, combien par année gagnait son prédécesseur, etc. ; et, les réponses ayant été satisfaisantes, il se résolut à déménager vers le printemps, si la santé d'Emma ne s'améliorait pas.
Un giorno, mentre in previsione del trasloco, Emma stava riordinando un cassetto, qualcosa le punse un dito. Era un filo di ferro del suo bouquet di nozze. I fiori d'arancio erano gialli di polvere e i nastri di raso orlati d'argento si sfilacciavano ai bordi. Emma lo gettò nel caminetto. Prese fuoco più in fretta della paglia secca, e rimase sulla cenere come un cespuglio che si consumava a poco a poco. Rimase a guardarlo mentre bruciava. Le piccole bacche di cartone scoppiettavano, il filo di ottone si contorceva, il gallone d'argento si fondeva e le corolle di carta, raggrinzite, si dondolavano lungo la piastra del camino, come farfalle nere, per sparire poi su per la cappa. Quand on partit de Tostes, au mois de mars, madame Bovary était enceinte
Quando partirono da Tostes, nel mese di marzo, la signora Bovary era incinta.

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